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Full text of "Recueil de l'origine de la langue et poesie françoise, ryme et romans. Plus les noms et sommaire des oeuvres de CXXVII. Poëtes François, viuans avant l'an M. CCC."

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1 v <? 



FAocuet (cl.) 




R ECVEIL 



J^> C* 3L À A. 



DE L'ORIGINE D E 

LA LANGVE ET POESIE 
Françoise, ryme et romans. 

ÏLVS 

LES NOMS % ET SOMMAIRE 

DES OEVVRES DE CXXVII. 

Toetes François , <viuan$ auant 
tan m c c c. j 




09i : Il : ' • 



SJ. 



a paris; 

Par David le Clerc, rue Frcmcntcl, au petit Çorbeil. 

E T 

ChczlEAM de H e y e v i ti b, rue Sjaques,àla Paix, 



M. D C. X. 



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AV ROY DE FRANCE 

ET DE POLONGJSÏE. 




IRE, 

V ' Antiquité efi tellement recommandée d l'en- 
droit cles hommes 9 qui ont le moindre fentiment 
d'humanité , quil fe trouue feu de gens aife^ 
quelques ignorans quils fotent , qui ne défirent 
felareprefenteraleur pojjible : les l>ns par liures & médailles , les 
autres par toutes telles pièces quils en peuuent recouurer. De maniè- 
re qu on voit peu de grands hommes, qui ne parent leurs cabinets 
f0 efludes,ieneveux pas diredeftatues entières ( car à peine stn 
*y oit en toute t Europe T> ne douzaine garentie de l'iniure du temps) 
dins de tefles fans nez^ou oreilles, deHus fans bras &• ïambes. Cho- 
fe autrement laide à y oir y fi le plaisir de recognoifire cèpe precieufi 
antiquité ne leur esblouiff oit les yeux ,pour ne defdaigner telles figu- 
res des figurées. Or fi telle curiofité a imite les hommes de fçauoir, & 
les marchans mefmes , à rechercher des liures moifis* des monnoyes 
effacées, des pièces de marbre, la plus part in utiles , vaines ,&fou- 
uent contrefait tes :ie me tiens ( Sire ) très affeuré qu outre l'amour 
que vous portera voflre patrie, le plaifir de recognoifire les belles 
efludes & gentilles occupations , ou durant le repos delà guerre fe 
font autrefois employé^ tant d'illufires Rois, Ducs, Comtes, Barons 
& Cheualiers ( que maintenant ierameine & tire quafi de la prifon 
d'oubli,où l'ignorance les tenoit pefle-mejle enferme^) efmouucra vo- 

BBBBBBB ij 

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EPISTRE. 

fire Royal courage non feulement aies bien-veigner , mais encores 
à louer ïouuerture que premier ïayofé faire dvnefi cruelle char tre: 
four deliurerdes homes défi grande qualité, fans les autres de moin- 
dre efioffe. lAujfi efi-ce la caufe qui m'imite a 'vous prefenterce Re- 
cueil, lequel efiant fait pour la gloire du nom François j te riay deu 
addrejfer à autre qtiïk Itofrrc Majefié, laquelle dés (4 première ieu- 
nejfe a monfiréparejfeft combien elle fait cas de l'honneur de^e Roj- 
aume : & maintenant continue a chercher de bons moyens pour le 
tenir en paix gr vnion >vrayes nourrices de tous arts fjtffciences. 
Mais silplaifoita lafouueraine bonté \ tout ainfi que maniant les 
armes nous auons y eu tomber a vos pieds Tros aduerjaires : aujjîque 
les cœurs partiaux de vosfuietsperfuade^par la raifon , & s'ajfeu- 
rans en yofire finguliere humanité, fe rengeajjent a une entière 
ûbeyjfance ,ie nef ay doute que la reuerence du peuple François nen 
redoublafi en voftre endroit , & que vos ennemis ne vous encrah 
gnijfent dauantage , & quelesfciences iadis auec merueilleufedef- 
penfigr plus grand honneur deyofireayeulefpandues par ceT{oy- 
aume ,nj prijfent vn certain fîr tres-ajfeurê fondement. Lors vn 
pareil temps à celuy de cesTrinccs queïelteus reprefente {quia la 
Iteritéfutltn des plus glorieux où la France iamais fe foit veuè)fe 
reuerroit bien tofl,ay ont vn l{oy amides lettres , ts^douéde laplus 
rare éloquence quon puijfe remarquer depuis plusieurs fiecles : & 
l'honneur deu à nofire nation ^feulement querelé depuis nos difcordes 
ciuiles y nous fer oit incontinent rendu. 

Tlaife donc à la mefme bonté de Dieu tout puiffant vous main- 
tenir {Sire ) en la bonne volonté quaue% de compofer toutes chofes 
enmieHX y & vous donner tres-lotigue ($r tres-heureufe vie pour 
ïaccompliffiement de 'y os faints defirs.De Paris ce x^.juin.i^%u 

Voftre trc*-humble& tre?-obcyflant fcruiteur & fubicd Clavde 
Favchït, Piefident en voftre Cour des Monnoyes, 



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TABLE 

D ESC H A PITRES 

DV PREMIER LIVRE. 

O v R ovp y là parole éft propre âfhomme :Ji la C. i. 
langue Hébraïque efi lapremierede toutes autres 
langues : & la principale occafim de decouurirtjr 
peupler le monde* _ f*S33** 
Aucunes caufes du changement des langues : & oulon C. xx. 
pourront tronuer les traces àe V ancienne langue Ga#- 
loife. f.JS4.l> 
De quelle langue ont vfé les Gaulois depuis la vertue ni, 
des Romains & François, fourquojks François-Germéns ne plantèrent 
leur langue en la Gaule \ & quand ils commencèrent iïcfcrire en leur lan* 
gue. fis3t.* 
Quelle eftoit la langue appeUee Romande. Des Romains : quandilscom* 
menceret iauoir cours : &dela lague Gallonne ou Wallonne, & celle que 
maintenant nous appelions Françoife. f.S39>* 
gue la langue Françoife a efiecogneuè $rifee& parlée de piste dépens, qu'eL v. 

lenefiàprefent. " fis42.b 

Sommaire dijeours de Forigine de la poèJte,& quelque les anciens appelr VI# 

loient Rhythmos 9 & vers Rhythmiques anciens. f.S4f.4 
Jguand la Ryme 3 telle que nous l'auons, commenta :& que les Fjpagnqls & Vix. 

Italiens? ont prife des François. . f.S4S.b 
gui furent les Trouuerres , Cbanterres , lugleor & Iongleor : que ttft que v i u. 
Ry&cLconine & confinante. f.fjo.6 

J BBBBBBB iij 



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TABLE 

DES NOMS DES POETES 

FRANÇOIS, CONTENV.S AV 
fécond Livre. 




Dam deGuienci. 
Adam le Bocu. 
Alexandre de Paris. 
Andrieu. 

Aubins dcSczanc. 
B 



BAude de la Carrière. 
Baudouin des Autiex. 
Blondiaux. 
BlondiauxdeNeflé. 
Brunjaox de Tours. 



CArAuGmxd'Arras. 
Car Aufàux. 
Chanoine de S. Quentin. 
Chardon. 

Chaftelain de Concjr. 
ChrifticndcTroycs. 
Clerc deVaudoy; 
Colarsli Boutcillers. 
Colin Mufet. 
Courte Barbe. 
Courtois d'Arras, 



DOete de Troyes. 
Dorans. 
Duc de Brabant. 



B 



» Vftaceli Peintres. 
LEuftace, . 



;8 4 .b 
j8 7 .a 

J54-* 
5 8 4 .b 
57* .b 



J7M 

iS 6.b 
S6S.Z 
S7hb 



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5j8.a 
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57J-h 
579* 
584 a 



S77-b 
j8 4 .a 
S7hb 



S7*A 

ssyb 



pRere, 

G 

G Aces Brûlez. 
Garin. 
Gauthier d'Argies. 
Gauthier d'Elpinois. 
Gauthier de Soignies , ou de Saguies 
Gauthier de Belleperche. 
Gilles de Viez-maifons. 
Gilles le Vinicrs. 
Girardins d'Amiens. 
Girard de Boulongne. 
Godefroys de Leigni. 
Go mars de Villiers. 
Greîuillier. 
Guiart. 

Guillaume Viaux. 
Guilleaum e le Viniers. 
Guilleaume de Lorris. 
Guilleaume delà Ville -neuue. 
Guillebert de Berucuillc. 
Guiotde Prouins. 

H 

HAifiaux. 
Hcbers. 
Hues de Braie-felue. 
Hues de Cambray. 
Hugues de Brefi, ou Bcrfî 
Hues li Maronniers. 
Hues Piancelles. 
Huiftaces d* Amiens. 
Huon de Meri. 
Huon de Villeneuue. 
Huon le Roy. 

IAquesd'Elpinois. 
laques de Chifon. 



584* 



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5^.* 

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573- a 

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587.* 
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5*7* 

j 7 i.a 
j 7 x.a 



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laques de Hcdine. 

laqucraars Gielec. 

Iean fiodcL 

lean de Boues. 

Iean Bretel ou Bretiaux. 

Iean Chapelain. 

IcanduCnaftelct, 

Iean Clopine!, .dit de Meung, 

IcanliCunclicrs. 

Iean du Pin ou Pain. 

Iean Erars. 

Iean Frumiaux de l'Ule* 
Iean le Galois. 
IeandeMaifons. 
Iean Moniotd'Arras. 
Iean Moniot de Paris. 
Iean liNeuelois. 
lean lOrgucncur. 
Ionglct. 



LAmbertli Cors. 
Lambert Fcrris. 

M 

MAhicux de Gant. 
Mapolis. 
Marie de Fiance. 



o 



De de la Courroicrie 
Oudart dcLaccnie. 



PErrin d'Àngecort. 
PcrrotdeNecûc. 
Philippes Pa. 
PierosduRiez. 
Pierre Gentien. 
Pierre de Creon. 
PierrcdcS.Cloot. 



T A 

575«b 
j88.b 
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S*9 a 
57 i.b 

Î54 a 
574f 
577-° 



QVens d'Aniou. 
Qucns de Bretaigne. 
Quens de la Marche. 



RAoul de Biaûuàis. 
Raoul de Houdanc. 
Raoul de Ferrictcsi 
Renault d' Audon. 
Renaud de Sabueil. 
Richart de Semilli. 
Richart de Fourniual. 

Rie kart J#» Vlûc 

Robert deBlois. 
Robert du Cartel. 
Robert de Marberolles. 
Robert de Mauuoifins. 
Robert de Reims. 
Robins de Co'mpicgne. 
5f j.b Rogerin d'Andeli. 
57j,b Rogcrs de Cambray. 
Roix de Cambray. 
Roix Adenez. 
Rutebcuf. 



jyé.a 
5*8.a 

379* 



571. b 
573-* 



j*8.a 
58*.b 

574* 
j88.b 

574-a 
554* 



S Ain te des Prez. 
Saunage d'Arras. 
Simons d Anthic. 



THiebaut de Blazon. 
Thiebaut de Mailly. 
Thiebaut Roy de Nauarre. 
Thierry de Soldons. 
Thomas Erars. 
Thomas Eriers. 
ThrcforicrdclTfle. 

V 

VI dame de Chartres» 
ViellaxsdeCoxbie. 



S7*ù 
575-b 

577* 



557-b 
571a 
j8i.b 

577-* 
570.b 

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575-b 

574-b 

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S71.Z 
S%6.b 
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J7^> 



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5*8.a 

57** 
57«b 
57J* 

570.B 
57J* 



F I N. 



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PRIVILEGE VF ROT. 

|0?YS PAR LA GRACl DE DlIT, RoT Dl FRANCE IT DI 

[ N a v a mi,A nos Amez Se féaux les gens tenans nos Cours de Parlement, 
l Prcuoft de Paris, Baillifs , Scncfchaux, ou leurs Lieucenans , Se autres nos Iu- 
(liciers Se Officiers qu'il appartiendra, Salut. Nos chers 8c bien-amez David 
>le ^lbrc & Iian ni Hevqvevi lle, nous ont humblement fait 
remonitrer qu'ils ont rccouuré toutes les amures eyîners trdi&e%compofexj>ar le fem fient P R 1- 
SideHT ÏATCHïT, Uni non encarts imprimées qm antres defiU cy-âenant jfnbliaes , lelquelles 
toutes-fois Us ont fait rcuoir, corriger, fupplécrac augmenter furies cicrits Se mémoires 
de i'Authcur , defirant pareillement luy faire adioufter des Tables Se faire le tout publier 9c 
imprimer de nouueautant conioin&ementque feparement, pour Fvtilité Se commodité 
du public. Mais ils doutent qu'après v âuoir fait de grands frais , cela ne leur tournait à per- 
te , Se qu'ils ne Biffent fruitrez du fruict de leurs trauaux,s*il ne leur cftoit par nous pourueu : 
nous ayans à cefte fin humblement requis nos lettres en tel cas conuenables : Nous à cet 
caufes auons permis audit le Clerc & Hevqjtivillb, d'imprimer oufàire imprimer 
tant conioinctement que fcoarcment toutes les amures & traicle^dudii fient Favchbt, An- 
tiqmierje U France & antres, ioit qu'elles ay en t efl é def-ja imprimées cy - deuan t , Se par la di- 
ligence dcfdits le Clbrc&Hevqveville,, reueuës , corrigées, fuppleées Se aug- 
mentées fur les copies âceferits de l'Auteur, ou autrement Se encorcs nouuellement enri- 
chics.de Tables 3c Indices , foi t non encores imprimées. DefFendons a tous autres Impri- 
meurs Se Libraires , d'imprimer ou faire imprimer , vendre ne diftribuer aucun dcfdits œu- 
ures conioinâementou(èparem5t,(ànslecongé & licence defdits ti Clerc &Hïv- 
ovsville , Se ce durant le temps Se efpace de Hz ans , fur peine de mil liures d'amende ap- 
pliquâmes à leur profit Se confifquation de tous lefdits liures. Si vous mandons Se enioign6s 
que du prefent Priuilegc vous avez à faire iouyr plainement 3c paifîblemcnt lefdits l e 
Clerc Se Hivqveville, faifant cefTcr tous troubles Se cmpcfchemcns , Se procéder 
c.ôntre les contreuenans par les peines Se amendes cy-deflus , Se voulons cftrc adiugees fans 
aucune modération, & par toutes les voyes & rigueurs deiuftice ainfi qu'il appartiendra, 
Cartclcftnoftrcplaifir. Donné à Paris le aé.iour du mois de May, L'an de grâce mil fis 
cens dix, Se dcnottrcregnclcprcmicï. 

Par k Roy. e» fin Confeil 

Signé Bernard* 



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RECVEIL DE L'ORIGINE 

DE LA LANGVE ET POESIE 

FRANÇOISE^ RYME ET ROMANS; 

LIVRE PREMIER. 

CH API THE I. 

Pourquey la faroleêft frofre à f homme ;fi U langue Hêbraiaue ejl U jïre- ' 
miere Je toutes autres langues : & la pr 'mipak occdfiondedccouurir& 
feuf 1er U monde. 

Iev ayant doué l'homme delà raifon, foit ( comme 
Jifent aucuns /pour le recompenfer de la4bibleflede 
Ton corps , plusfubiet aux inconneniens que pas vne 
des autres créatures : ou ( qui eft plus croyable ) afin 
qu'il euft moyen de lotier fon Créateur , voulut qu'il 
la peu il déclarer par vn figne apparent, qui eft la paro- 
le. Ca r Pi 1 n'euft eu autre excellence que la raifon , elle 
luy euft auiH peu feruy qu'à d'autres beftes : lcfqucllcs 
baftiflans induftrieufement leurs nids , efleuans leurs 
petits , pourchafiàns leur viure , retournans à leurs repaires , & fe deffendans 
deriniureduCiel,oudeceuxquitafchent à leur nuire , monftrent qu'elles 
n'en font totalementdefpourueues. Dauantagelafocietc, gui rend les hom- 
mes maiftres des animaux (quelques forts de malins qu'ils (oient) n'euft peu 
f'entretenir, f*ils ne fe fuflent entédus.Et tout ainfi qu'vn inftrumét eft muer, 
qui ne l'enfle de vent , ou touche fes cordes des doigts ou de l'archet : auffi 1* 
raifon conccuc en noftre efprit n'euft peu cftre déclarée (que brutalement) 
(ans la parole : ne cefte-cy tirée hors la bouche , (ans lindrumcnt de la langue^ 
Puis donc que la parole eftoit fi neceflkire à l'vnion Se entretenement des hu- 1 
mains » voire à la louange du grand & admirable ouurkr de ce Monde, d'où 
vient que chacune langue a fi peu d'cftcnduë,& qu'il Ùy trouue tel changerait, 

CCCCCCC 




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,. ? DE LA LANCVE ET POESIE 

qu^j^î^e^ouspftu^pps cptcpdfc lcLm^age 4c nos bifayeul?.: 4c.tnamere 
qtiftp* wèicns q* nô4 teati* ^tiCconCvkts finit pfiis cmjicfchez à déchut cr \ 
lcltnotsdei vicillts ordonnances /pancartes & tihres , qu'à difcourir de la 

{>Ôlfce } Sans doute les Chrcfttens doiuent penfer que c'eft punition de Dieu: 
é^uel preuoyant noftre malice , orgueil, & ingratitude, verfadeflus nous vne 
confuuôn de langues : par laquelle il brifa les degrez que nous pendons badir 
popr jious allpt (eo^r pfçs de lpy : pofliblc en intention ( telle eft^npftre renjc- 
rftf ) $eïe cpafeèd^ OelÇarii comme la raifon eft commune à tous les hom- 
mes ( i'entends bien naiz) il n'y euft qu'vne langue : nous eulfions retenu trop 
de fefcretsde Ntfûre^ tant par la tradîcine de nos pères , quel'aifee communi- 
cation par tout le monde: &le temps que nous confommons pour appren- 
dre les parolçs euft eftc employé à la cognoiflance des chofcs que nous cher- 
chons, Cefte punition de Dieu , déclarée en la Bible par la contufion aduenue 
aubaftimentdçla^foi^r de Babel , a eftc fabulcufcment. reprefcntec par les 
Grecs : qui ont feirit que les Gcans erifansde la terre , entreprenans de mettre 
& entalfer les plus hautes montaignes > les vnes fur les autres , afin de mon- 
terai Ciel, furent deflbus accablez par Iupitcr-. Qui «'eft autre chofe à dire,fi- 
non que les hommes cuidans auec la forcode leur efprit aduenir àlacognoif- 
fance de ce qui fe fait là haut , (e perdent en leurs foies penfees, eftans premier 
• rçmént efbloiïis , &.pu is confommez par le feu de la diutnefapience» 

C^ùànt à vouloir rechercher , quelle fut la langue de nos premiers pères, iê 
penffc queceferoit vne trop pénible , 6c encore plus vaine curiofité. Auffi à 
Si/* UL quoy peut feruir telle enquefte ?dit S. Auguftin.Que fi les Hebrieuxfouftien- 
V* Him nent leur langue cftrc la plus ancienne : comme le pourront-ils prouuer , puis 
JaiUpre 3 u> d $ * ont d'accord de cette confufion:& qu'il nefctrouuecn ta Biblecndroit 
mertdt$ quidife , <^ledc tant d'hommes parlans diuers langages , l'vn retint plus toft 
**rrs que l'au tre celuy qui eftoit le premier? Et ftls perdér ce poinr, n'rft'cc p as vne 
Unpes. conséquence neceflaire , que ks autres langues ne font içfcendues del'He- 
bfaïqoelS'ils rcfpôdent que leurs mots font Ggnificatifs de la nature des cho- 
fes.Theodoret dir au contraire qu'Adam, Gain ^AheljNoé, & autrcs,font; 
propres à la langue Syrienne ou Aramicnnc>& non pas moins fignifians.O* 
n-'eft ce du ieurd'huy que ce débat d'antiquité de langue , a efté meu entre plu-t 
Bsjblrt fieurs nations: Car HerocJotc dit, que les Egyptiens penfer en t eftre nais auant 
éepfam- tousautresiiufquesàceque Pfcmmeticu&leur Roy ( qui viuoit lande la créa - 
* HUtm - tidh du monde umucclxxxyu ) euft fai&liurer deux enfans notiueaux nais i' 
des hergèrsc aufqueis il défendit parler en leur prefence , & feulement à cet-* 
raines heurcsmcueidesch cures pour les allait ter : imaginant, Çils eftoient 
tfleuezfansouyr proférer aucun langage humain, que nature leur feroit pro- 
noncer quelque voix ftgnificatiue de leur defir ou paffioru Ces enfansdonc 
fic«rns lbngheu£emcnt > ain(j.qu'ilauoir ordonné : & iepaftenrauhout de 
deux ans , yenanteommedecouftproe pour les faire manger , ils Te ietteren» 
àfes picds^&tendans les bras ciîoy ont Beccos~ Dont il ne fir femblanr pour 
lap^crnierefois- mais voyant cm'ils corrtiûùoientce cry les îoursenfumans, 
iUnaditçr tûic Roy, lequel defirant fçauoir que figuifioit cefte parole Bcccos* 



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FRANÇOISE LIVRE L „ 4 , 

trouai que les Phrygiens ( peuple delà Natoliej appelloient ai ri fi du p ain: 
&par là iugea quccefle nation eftott plus ancienne que celle des Egyptiens* 
..Maisqu'eult-ii refjpondu à quelque moqueur » quiluy eutfouftenu quec'e- 
*ftoit la voix des cfUures , nourrices de ces en fans ? Et comme fe fut il de* 
snefle des arguments d'vn Médecin hoa PhyficicJi f qui luyeuft monftrc pat 
raifons naturelles , que tous fourds de naiflance font muets ? & par confe- 

Suent, que la parole cftTeffeû du fens de l'oreille: qui a fon a$ion par Im- 
minent de la langue ? Auflî Diodore Sicilien, parlant de cette matière, dit 2"j£T 
après les grands Philofophes : que les premiers hommes ayaas le fon de la pUr & 
yoix contus , peu àpe^le diftineuereat , no m ma n s toutes chofe? par leur dam- 
nom. Et qu'eftans falchea Se aflailïis par lesbeftesjils f'aflèmblerenr, cherche- 
rent des lieux propres pour-habiter , Se réglèrent leurs Jahgucs : tou tes- fois 
pour cegue les premiers hommes nafquirent en diuers endroits de la terre* 
vn fon ayant pieu aux vns plus qu'aux autres, fut fuiuy par ceux du mcfmc 
quartier ,dont vint la multitude des langues ; & voila ce qu'en ont eferit les; 
autheursPayem.Si eft-il croyable( voire certain ) que Dieu voulant ( comme, 
i'ay dit) que l'homme peuft déclarer fa râifon, volonté & paflîon , lqy donna la 

{>arole&vn langage: lequel f'eft perdu auec d'autres chtfes ftngpliercs, que, 
e temps mange- tout a confommees . dautant que les hommes venanS à tùuU, 
tiplicr, & ne pouuans demeurer enfemble,ne viure ai(émen t eu périt païs,fu- 
rent contraints à la fin de f'eflargir.allans habiter les terres vagues. De manie* 
re, aue Pefloignant ainfi les vns des autres, ils fe pleurent en leurs inuentions: 
oubliant aucc le teraps,hjangage premier. Ce qui apparut bien euidemment, 

3 uand ils commencèrent à naoiger : pour ce qu'eftans tranfporttzplus loing, 
s fréquentèrent moins auec leurs parens. Et il y a grande apparence que les 
régions tempérées furent les premières habitées , comme la Mefopotamie Se 
Paleftine : eftant vray-fembIable,tout ainfi que le cœur & le foyefont(au dire 
d'vnc bonne partie des Médecins ) formez en l'homme auant los bras & les 
iambcstquaufli celles du milieu de la terre,ont eftépremierement habitées: & 
que de là font partis les premiers hommes, pour aller peupler les autres Pro-» 
uinces plus efloignecs. De faidk les Philofophes 8c hiftoriens Ethniques, f'ac- • 
cordent aucunement en cela auec nos Théologiens: qui penfent que leprel 
mier homme futerecaupaïsde Damas. Tant y a, que les plus anciennes 
marques d'antiquité, Se les inuentions plus belles (on t venues d'Orienr:entré 
autres le Nauigage, qui cftTart par lequel plus de terres ont efte decouuertes 
& peuplées. Les Phéniciens qui font orientaux & loge? enTaleftraè^iqsle ' \ 
bord du fonds de la mer Médit eranee, font les premier* qui en* pat raanftrc . ■ »> m 
l'vfagc:li vous croyez le Poe te Tibulle,qui dit, . : . -„ 

Prima ratem Sentis crtiert dotla Tjr$u 
Sur, la première aux vents bazarda le radeau., 
Et les mefmes Pheniciés , femblent auoir cfté icspt^miers voyageurs Se mai-> 
((tes fur la mer, au dire de S trabon ; ayans par ce^noyen dccouueçt «Scraonflrel 
à diuerfes nations, beaucoup de fingulacirez, Se entre autres les lettre$:lç pju& 
beau fecret qu'on euft feeu inupnter , pour cçnferuer la memoirc^des çhplcs, 

CCCCCCC ij 



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DE J1A LÀNGVE ET POESIE 
CâJbm Car lesautheurs Grecs &^rins font d'accord que Cadmus Phénicien, com- 
muniqua aux Grecs feize cara&ercs de lettres , depuis portez en Italie par 
2Si *^ r ' Euander: tellcmenrqoeles lettres Romaines refembloient à celles des plus , 
anciens Grecs. Er le liftre dos équivoques public fous le nom de Xenophon* 
dit que ces-caradert s apportez en Grèce par Cadra us, refembloient à ceux 
des Galates & Meones : fefquelsGalates ie pren pour Gaulois. L'origine Se an- 
tiquité defquels ayant affez deferke en mes Annalles,ie ne le repeteray en ce 
lieu, ne <jui furent ceux qui peuplèrent la Gaule. Seulement ie diray après Ce- 
far , que de tout temps ce pais cftoit party en trois peuples , différent en lan- 
gage, meurs & loix : fans que luy , ne au tre depuis, les ayent déclarez plus am - 

f)lement. Er Strabon dit^quede foivtemps les Gaulois cômmcncerentde faire 
éurs contrats en langue Grecque. S. Hier ofmeadioufte que le langage Gau- 
lois eftoit doux & abondant , pour lequel rendre plus graue la ieuneffe appre* 
noit le Latin: mais que les Aquitaniens plus que tous autres feplaifoicnt en 
là langue Grecque : pofliblel'ayansappriic des Marfillois leurs voifîns. D'aul- 
ne cdfté Ccfar difant qu' Ariouifte pour auoir longuement demeuré en Gaulé 
fçauok bienparler Gaulôis , monftreque la langue de ces deux peuples eftoit 
différente. Et Cornfclius Tacitus déclare que celle dès Gothinsdecouuroit.. 
qu'il* eftoientd'origine Gauloife: & que celle des peuples de la grande Brcrai- 
gnenediffefqir guerea délaGauloife , qui eft toute la lumière quci'aypca 
quant à prêtent apporter en telle obfcuritc. 



G HA P. EE. 

Aucunes çaufis du changement des hmg#cs? & ûu lonpmrroti trouver Us 
traces de l 'ancienne langue. Gauloifc. . 

T pour ce ton peut maintenant demander * où chacune 
langue Gau !oife, don t parle Gefar , f'eftretiree : & fi elle* 
lonrefteintes & altérées , en quel heu f'en trouuent les 
Dmx U|M ^pj^^^v meilleures Scplus certaines marques. Outrelescanfes de 
«"*ft s //fè |^p\^7^ 1 ' a diuerfitédcslangqesiacy-deflus récitées, ie croy que 
î«"<2» 4 " ^ ( aucc * c tcrn P 5 ^y^ c & confomme tout ) deux chofes 

( han?e- ^^ZJS^^^^ om grandement aidé à les changer : lefquelles ie declarc- 
ttwiI des ray fommairement ,ne voulantrepaflc'rfurleserresd'autres,quiont faitva 
Ungues. paceiWifcours. Iedy donc » que l'vne eft la prononciation : laquelle altérée 
7jÊ P ar y * Qe de nature, ou par accident, fait que la parole n a pas tounours eu racf- 
me foivenla bouche des hommes naiz fous pareil climat. Dont vient que vous 
oyez aucuns tirer leur parole plus du gofier: autres la contraindre ferransles 
dens : Se quelques vn s la ietter du bout des leures. Or puis qu'il eft certain, 
quenou*fomrae^tousiflusd'vnfeulpcrc,vne façon déparier ou prononcer 
ayant eftéfuiuie de quclqu'vn par vice dénaturera plaifir des oreilles, fon 




mkr* 



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FRANÇOISE LIVRE' I. " Jîr 
filsl'a prifc de luyi & de ecftui-cy d'autres : iufques à ce qae par. imitatftn elle 
i'eft continuée en vnefemiile : & fînalement«ftenduë en vn peuple^ ftation. 
L'autre féconde & plus forte caufe de hrmutation des langues, vient duckan-' 
geraent des feignturset , ou d'habitation : quand vit peuple cft contraint rece- kmdu 
uoir ert fa terre, vnjiouueau maiftrephif pui(Tant:& viure fousloix nouvelles. 
Gar vne partie des vaincus , 6c raefmes les principaux , pour euker le mauuait 
traitement que les opinkflùsrcçoiuenr,apprénent ûlangue des vi&oneux, 
oublians peu à peu bi leur propre :ce que toutesfois ils ne peuuent fi nettemet, 

Su'il ne demeure vne grande diuerfi té entre la prononciation des naturels, ou' 
esnouucaux&apprcn tifs. Encores le plus fouuentiladuietit que les victo- 
rieux fortans d'vn mauuais païs , pour entrer en vn bien gras & délicieux , fe 
laiiTent prendre aux voluptez qu'ils rencontrent , & ne les pouuans appçller 
par leurs noms propres, (ont côtraints de les emprunter de ceux quien vfoiérr' 
Se à laimeux-mefmes vaincus des ptaifirs , pour auoir vne en tiereioye, alté- 
rer leur langye , qui ne peut déclarer can t de delicàteffes. Ainfi fut perdue cel- 
te des Gots, Francs & Lombards, apieskconquefted'Efpagne,Gaule & Italie. 
A quoy les Romains nefurent fuiets, quand ils fe firent maiftres de ce païs. 
Car*e«ai« défia ( atfan t que venir en Gaulejla Grèce 9c partie d' Afi e, remplies • 
de toutes belles ebofes attrayantes , ils Pen aidèrent inconrinent^defpouitlans 
prefqtfes ces Prouinces de tous- leurs ornemens. De forte que l'orj'abondan- 
ce de tous fruits , beftatt , & des feefs qu'ils rrouoertm deçà , ne feruir qu'à 
continuer & entretenir leurs plaifirs. Au (files Gaulois ne furent pas inoins 
afiuietth par les armes des Romains , que par les délices cftrangercs qu'ils ap- 
portèrent: & Icfquellervolontiers les vaincus embraflerent, voyans qu'il» 
pouuoient y fournir , & les entretenir suffi aifement que leurs feigneurs. Tel- 
lement que les richeffes de ce païs furent caufe de faire tant plus toftappreo» 
dre les langueSjmaiftrefles du plus grand vfage des voluptés. 

Puis donc que la force cft vne des principales caufes du changera en tou al- 
tération des ligues : il f enfuit que les païs qui moins ont cfté enuahis & déno- 
tez ( comme les inacceffibles pour la roideur des montagnes ou mareftsbout»» 
beux ) ont moins fouffertde mutation : & par confequent ont gardé leut lan- 
gue entière par plus grande efpace de temps. Auffi eft-cc lacaùfe pburquov 
aucuns pen feu t , qu'il faut chercher l'ancienne langue Gauloife , aux lieux ef-^J^* 
quels les Romains n ont point efté , ou tou tle moins ) peu fréquenté, am il trâ€ts du 
que la batTc Bretagne,HoIande > 2elandcJes montagnes de Soiïifles & des Baf- ïanâw 
ques.Lefquels païseftans infertiles,rndes & malaifezd aborder,faruircnr(c& A -^* € .. 
roe il y a apparece) de retraitte aux G^lois^qui ne pouuans endurer la feruiru^!?* 11 ^ 
de-& iougdes Romains, y conferuerantlcut liberté auée leur langue mater- 
nelle. Car vous lifezau vin- liure des Mémoires deCe(ar,quçDumnac Ange- 
uin fe fauuaau bourde P A rmorique(c'eft la baffe 6rétagne )Et Florus dit,qùc 
les Romains ne ^efforcèrent de conquérir en la Gaule que ce qui eft oit bon, 
laiflans-le païs inaeceffible à caufe des paluds. que fi cela cft autat véripblé que 
vray fembUble, lés montagnes des Alpes iadis appellees Lepon tienpes (c'léft à 
dire le^rand mont de S. Gothard ) feruirentde retraite pou* les Celtes otien» 

CCCCCCC iij 



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DE LA LA N G VU IT POESIE 
taux : les marcfts d' A r morique pour les Occidentaux : la Mcnapie JSatatiie, 
àçFrizé pour les Belges : Cantâbrie &ies Pyrénées,, pour les Aquitaniens, 
De forte que Cil y a aucun refte de langage Gaulois > U eftparmy les Grifons» 
Bafques , Bretons Br etonnans, Hobndois , & Priions , qui maintenant occu- • 
penttles païsdeccsfuitifs. Mais cela roc ferablc plus vray-femblablequecer~. 
tain : car combien nous cft il demeuréde mots ancies* par lefquels nous puif- 
fions decouurir le vray langage Gaulois f Et fi Ion dit que Mars en bas Breton 
lignifie cheual : Ek , vrtSauroon : Dur , la terrç siela ne conclut pas , que tous , 
les autres mot ^ Bretons différends du Latin, foient vrais Gaulois: puis kjuçi 
l Alem an loulou auflîappellcr vn cheual Marx : 6c que Ek figmfioit en vieil 
langage , poi (Ton w général, & non pas vnecfpecc , ainfi quelc Saumon.. Et 
ie dy encores , qu'il foudroie que le langage des Grifons ( qui tiennent les four- 
ces du Rhin ) reflemblaft àceluy des Bretons Bretonnans, à tour le moins 
approchaft d'iceluy , puis que c'eftoient des Celtes fuyansla violance Romai- 
ne. Et fi Bec fignifioit lors à Thoukmfeynbec d'oifeau : les Bafques vferoicnt 
enccMrps de ce mot en raefmc lignification- Quant àmoy, tout ainfi que ie ne 
voudrois nier, qu'il ne ■foirdeincurc beaucoup de paroles Gatrfoifes, parroy 
le tangage des Grifons , Bafques , Bretons, & Holandois, auflî ne puis-ie çrok 
ic ? qu'il faille penfer que ce £oitlavraye langueancienne: pour ce que plu- 
fleurs rauages populaires font depuis aduenus , lefquels ayans contraint nos 
anciens pères de changeur leurs demeureront auffi dônp occafion de mutation 
de langue. Eft-il pas ctoyable,que quand Gaulois conduits par Brennus en- 
trèrent en Italie, & çh^fferen tics Toscans habitas le païs qu'on appelle Lom- 
barde, que ceux qui ne leur voulurent obeyr , fe fauuerent dans les monta- 
gnes qui flanquent cefte Prouincc ? Puis cinq ou fix cens ans après , quand les 
Romainsiurent les plus forts, cçs Gaulois ( ia accoutumez auec leurs voifins) 
n'eurent ils pas recours à la mefme force des lieux que les Tofcans ? Et quand 
les Gots , Lombards, & autres paflcrenr en Italie, cçs rnon tagnes ne feruirent 
elle* pas 4cTetraiueaux Romains ? Voila pour le code regardant l'Italie.Quat 
à cph*y»de deçà, neftnilp^as croyable que Cefar fift retirer les Helue tiens dans 
Je^nion tagnes regardans la Gaule : lçs Bourguignons Se Allemans, ceux que 
lc$ Romains y auoient laiflez : & les François ces derniers peuples Kela ne Ce 
peut rçier puis que Ion oy t les monragnars^parler Italien, Alleman & Fran- 
çois. Ainfi en peut-il eftre de Bafque , Bearn , Car daine , & autres endroits 
àcsfAoutt Pyrénées rpa^lefquels paÇanstant de nations diuerfes , pour allée 
en Efpagrçe, eïlcf contraignirent les peuples qui les fuypiçrit , de fe fauuer das 
tels lieux foffg „ L qui elt lacpufe pourquov Ion y voityiieautrcdiu^erfitédelan- 
g^ge^putaiiifi qu'aux Alpes. * , , , . ♦ 

Pour le regard de l'Àrmorique ( encores queles vieils Gallois compriflent 
fouscemot les.villesmarixtmesaàjfesfus l'Océan ie n'entens parler que du 
païs auiour^buy nommé Bretagne ) il a çuauflîbicn qu'autre part du change- 
xnçpr. jÇar ^pres.auoir caché les Gaulois,,^ llje a ferai aux Romains,quand les 
JFrançs conquirent le païs dentre Seiqe, Loire, &la mer d'Angleterre : & 
cpÇRlcs quand les Got$ entrèrent en Aquitaine y?uis quandics Bretoty d'Al^ 



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FR*Attcdr5É : livuê i. ' n$ 

bion ( qui eft Angleterre ) f vindrent à refùge , eftans chaffer par les Anglo~ 
iaxons peuples Germain*, que nos Romans appellent Sefncs. Et fUtéy que 
ces Bretons fokifs, f eftans logtz ëhjrn coiivd*Armoriqt*e, eh luy fàifant 
changer de non>quant Se quant y apportèrent leur langue , fera-ce pas chofe 
plus vray-femblable, que ioo (tenir quele langage Breton Bretonhant foit er- 
luy des vrais Gaulois ? le conclu donc que le temps ; la forcé, me 11 ange & fré- 
quentation de diuers peuples , ayant ©(teinte cefte ancienne langue , il faut en 
diuers lieux de France chercher \ts traces ét (on antiquité. Et que chacune 
Prouince peut fournir quelque mot, & les dernières vaincues plus que les au- 
tres. Pour la pfeuue dequoy il fuffira dire comme en partant que nous auons 
encores des mots recogneus pour anciens Gaulois , &qui fignifiènt auiouri 
d'huy la mefme chofe que iadis. Comme j€l**i* Aloete , Bulra Bouge & Boù* 
gete,Jm*c Ban n eau ( qui tft vne forte de charroy à ridtttcs cfofes pour porter 
du fablon ou autre chofe»qu'on ne veut efpâdre par la vùje)8cCote*nênes 9 iotit 
iefouftiem que vieil tCompiigfion^ Bfe tournant en la prononciation bien 
aifiéraent enP : & autres que ie laiffe , n'eftant quant à prcftnt mon en tf eprife 
déclarer l'origineou etymologic.de nos mots, 

— _ w 

CHAP. HI. 

2» quelle langue ont vsé les Gaulois depuis la venue des Romains & François* 
Pottrquoy les FrÉnfois-Gèrmains ne plantèrent leur langue en la Gaule: & 
quand tls commencèrent çTcfirire en leur langue. 

&àtè^ V a n t a u langage,duquel nos predeccfTeurs ont vfé depuis que les 
^^CTft Romains furent chaflez de la Gaule > iufques au Roy Hue Capet 8c 
S ^^gg fa cnfàns, ie croy qu'on- le doit appellèr Romad pluftoft que Fratt* 
çois:puifque la piufparrdes paroles font tirées dtt Latin. La kmggç 
frigneu rie que les Romains eurent en ce païs,y planta leur langue ïfc fe trou- 
uent d affcs bons tefmoignages^que quand les Francs entrérér en la Gaule > le 
peuple parloit ia vn langage corrôpo du Romain & de l'andf Gaulois.Dc ma* 1 
nierequelesGentil$4i6me$deccpaïs,faits Sénateurs Roroaihs auoiét peiné 
d'apprédre le Larin:toutainfi que pourraient auiourd'huy^ucus feigneurs dfe 
labaiTe Bretagne, cleuez en leurs maifons pat ernelles,que néant moins ôrioyt 
patler Fraçois, pour ce qu'ils lont appris de leurs père*, mères* ou fertritfcarr 
nourris en Franco j C eft pourcfboy en vn.Panegy tic Pacattrë frxttufe emiers 
H Empereur Theodofe , Piin'eft lit cloqué t queeewx quieftoiet naizeiHtalier 
pour ce (ie croy ) qo'eftant Gaulois^ il luy fàllok apprendre le langage Latin. 
Vray eft xpie ce tfeftoic aoec telle difficulté qu'auiourd'bûy , puis <}ifift-fc* 
POouoiebtap|prendfecomtM nous faifotvs MHeman, l'Italien eulï(fag«oi r 
nanftns parray ces na wons : ât poarccih ooutriflbicnt àcefo firf cksdxla-' 
ueapaalans Ladn& Grec , comme ?n certain dit en fon Ephemdrideaû^irap-i 
pris le Grec ^ . ^ 



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5 ? * T> E C A IANGVE fi T S &f .* k E 

j.w lt ' ( - < Cênl$q*H GrâHfum âJpHfkÛm fâmmlmmu 
*. V • M'accoufhinuntpkiJcraucccrchuofiGrcos. 
Je ne fey doute que nos François Peftans faits mai (1res de la Gtulç,n 'y ayent 
apporté beaucoup de nouueauté, aux mœurs & langage des anciens habi- 
tans , puifque leurs Rois eftans Sicambrims ( ainfi que. dit Eortunat d'Aû- 
bertRoy de Paris: 

CÙmJts^Pfgmùm ckr* de gente sicémkr, 

tUm in eUéfniê lin*** Lâtia* tm. 
Combien que foisiflu de gent Sicao&rienne, 
Le langage Latincoule en la bouche tienne.) 
il eft croyable que plusieurs des vaincus le voulurent apprendre , afin déplaire 
► aux viâorieux. Toutesfok les Frants venus de raaimais païs , ne furent pas fi 
furieux d'introduire leur langue que les Romains : tant pour les raifcnsque 
i'ay dite? , que pour auoir laine viure les aociensàabitans de la Gaule en leurs 
loixrvfer de m efmcs habillera ens, armes &enfeignes de guerre* quedeuant 
leur venue. De forte quedurant leur £eigneurielaiûftice le rendoit eir Gaule 
félon les loix Françoifes,Gortiques, Bourguignonnes & Romaines. Le tef- 
moignage que d'eux porte Agathicautheur Grec, viuant du temps des etifans 
de Clouis, m'a femblép^nuotr eftre icy mis : pour 8b qu'il fait aucune men- 
tion de leur langage,& qu'il a efte cy-déuant mal interprété en Latin. 
" Ccfte nation ( dit-il au i. Hure ) eft fi prochaine d'Italie , que lesdenx païs 
**narchifent:toutesfois les anciés les ont appeliez Germains,pour ce qu'ils na- 
>> bitoiét le long duRhin, & tiennét les provinces voifine* de ccfte riuicre auec 
*> la plus grande partie des Gaules^u'ils occupent non par droit dlieri tagfc, ains 
»■> par force d'armes. Outre cela ils ont la ville de Mar fcille , iadis colonie des Io- 
w niens^peuplee par les Phoccfes,quc les Medes chaflerc t de leur terre du tpnps 
" dcDaaus fils d'Hy ftafpes Roy de Perfe. Laquelle ville fe rouuernanr jadis à la 
» Grccque,cft maintenat deuenue Barbare: pour ce qu'ayât laifle fon anciénefa- 
" çon de viure, elle obéit aux ordonnances de ceux qui luy côraandcnr. Côbien 
»que pour ^gprefen telle ne femble pas eftre gueresdecheute de fon ancienne 
» dignitc:dau tat que ces Germains ne (ont pafteurs comme les aurres Barbares, 
" ains vfent & faidflp t beaucoup de lapoHce, loix, façons & couftumes Romai- 
" nés, tant en leurs aflcmblees, que nopees, & médicaments. Us font Chreftiës, 
»6c fur tou$ autres delà bonne opinion & créance. Ourre cela ils ont par les 
" villes des Euefques & Preftres obferuans les iours desieftes, tout amfi crue 
"nous., A la vérité encores qu'ils foirât Barbares au refte, ifeme femblent eftre 
" de bonnes moeurs &merueilleufement ciuilstfc courtois ;n'ay as rien qui les 
'* rendj^ifferens de nous,quc l'eftrange te dt leurs habillemens,& le fon de leur 
" voix mater ncllc.Quat ï moy ie les loiie & admiregrandemenr tant pour leurs 
"vertus excellentes , que la droite iuftice qu'ils font aux autres , & laconcorde 
" gardée entre eux. Car encores que par ci deuant& denoftre tcpsmefmcleue 
" Empire ait efté diuifé entre trois princes Se plus:toutesfoisîlnefetrouue 
" point que iamais il y ait eu guerre entr'eux , ne bataille qui aye fouillé le païs 
"de leur propre fang. Combien que volontiers &pr ef que ncccflaircra en t les 

grands 



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FRANÇOISE XIVRE I. n7 
grands Royaumes <jui font efgaux en force, enflent ceux qui le* tiennent , Se « 
leur engendrent vn defir de commander : aucc autres infinies partions , caufes «* 
de feditions & troubles. Ce neantmoins encores que les Royaumes foient di- « 
uifez,il ne fe trouue entre eux rien décela. Que fi d*aduanture il fourd conten- <c 
tion entre les Princes pour aucune chofe , tous les autres fe préparent effmme c€ 
pour guerroyer Se donner la bataille» marchans tn tel équipage. Mais les ar- <€ 
niées & les deux Princes ennemis ne font pas fi toftl'vn deuant l'autre, que cc 
tout foudain,oubiians leur querelle,ils retournent en amitié» & commandent <c 
à leurs chefs lai (fer pluftoft vuider leur différend par la voye de iuftice, que par cc 
celle des armes.Que fils ne veulent obeïr, ils les font eux mefmes combattre <r 
feul à feul>& prendre le hazard:di(ansquckratfon,nelacouftumc du pays ne cc 
veulcn t pas que foubs ombre d'inimitié particulière , la communauté de leur €€ 
patrie fouffre dommage aucun. Sur telles remonftrances ils fappaifent , def- <c 
potiillent leurs armes, rompent incontinent leurs aflèmblécs,& le frequentet €€ 
librement toute inimitié oftée.Parconfequent leurs fubiets honorcntlaiufti- « 
ce & leur patrie tout enfemble : & les Princes fe monftrent trai «Stables & bc- cC 
nins en temps & lieu. De là vient que leurs forces eftant grandes , Se vfans de " 
mefmes loix,ils font de grandes Se belles con quelles (ans crainte de rien per- " 
dre.Car il ne faut douter que là où la iuftice & équité (ont gardées ,1a Republi- <c 
que ne foit heureufe , de longue durée , & mal-aifée à forcer par (es ennemis. <c 
Ainfi donc les Francs ayant choifi vne bonne façon de viurc, ils f'efuertuét de u 
fe furmonter eux-mefmes premièrement,* puis tous leurs voifins: Se les en- <f 
fans héritent du royaume de leurs pères. 

Or ayant à parler de l'origine de la langue FrançoifeJI m'a femblé bon d'ap- 
proprier en ccft endroit ce difeours d'vn Autheur ancien: tant pour reprefen- 
ter vne partie des mœurs & façons de faire de nos deuanciers , Se la fucceflion 
héréditaire de nos Roys (mal à propos pour la paix de nous & de ceux qui vie* 
dront après nous,debatuc depuis peu de tcmpsjqu auffi pource qu'il fait men- 
tion de la rudefle de noftre langue ancienne , laquelle nos Roys de la première 
race ^efforcèrent de polir. Car Chilperic entre autres voulut adïouftcr à 
l'Alphabet Latin quatre caractères otzn, ainfi reprefentez aux liuresde 
Grégoire de Tours imprimez:ou k Se i, au lieu du n comme portent aucuns 
eferits à la main.quc monfieur Pithou fieur de Sauoye tres-fçauant Aduocat 
en la Cour de Parlement ,diâeftre le grand xidesGrecs, ou *, &les Cheth, 
Theth & Vvau des Hebrieux,dont les noms (c trouvent encores eferipts fur 
les caraâeres,que bien que mal reprefentez en fes exemplaires * & les miens 
eferits à la main il y a cinq cents ans Se plus. Ce qui luy fait vray-femblablc* 
ment penfer que ces lettres furent àdiouftées par ce Roy, non tant pour la lan- 
gue Latine(qui toufiours Pcftoit contentée des fiennes)que pour aider laFran- 
cik theu(ch(c*eft à dire Françoife-Thioifejlaquclleauoit befoin de femblables 
lettres pour faire fonner plus ouuettcment fes vv, ovv,cht, ht* ù,au, Se autres 
prononciations qui luy (ont frcquentes,& ne fe peuuent teprc&nterpar fim- " 
pies lertres Latines. Ce qui à fonopiniojtauoit plus d'apparence que tout ce 
qu'en a voulu dire l'Abbé Tritcmc. Quant àcc qu'on pourrait trouuer eftran- 

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DE L'A LAN6VE ET POESIE 
gc,qa'vn Roy de France fufl; allé emprunter des lettres de la langueHebraîqu* 
tant-cfloigncedc là fienne:ledit fieur Pithou refpondoit en vn mot, que par Ia^ 
mefmc hiftoire de Grégoire il appert que ce Roy fe gouuernoit fort par Iuifs, 
& entre autres par vn nommé Prifc,qui faifoit Tes prouifions,& eftoit l'vn dé 
les plus fauorirs.Maispourpluagrande preuue , il employoit ce que Otfrid 
moine de Vviflembourg & défciple de Raban Maur Abbé de Fulde , eferit au 
prologue Latin de fon liure des Euangiles, intitulé La grâce : compofé en lan- 
gage & ver^Thiois,& adreffé à Luithberr Euefque de Maience. Duquel noua 
auons bien vouluxx trafre ce qui fenfuir,tant pource qu'il appartient aucune- 
ment à ce difcours,que pource que le Liure n'ett pas fore commun : du moin» 
entre ceux de noftrc nation. H dit donc ainfi: 

Vumrerum quondam fonminuttlium pulfaret dures quorundam j?robatifiimorum ~ïi» 
r$rum,eorumquefian£titatemUicorumcantminquictaret obfcœnu* ,a quibufdam memorid 
dignufratribue rogatm^maximequeemufidam ~\enerand* matron* Irerbu nomme Iudith, 
"itpartem euangeltorum eisThcotificèconfcriberem Et peu 2ptCS 9 StripfinaqueEudngflio- 
rum partent Fran^ifcecompofitam. Ptois il ad iou (kCyCordss pracordia fetliones ha6 Theotifi 
eèconficripta^memoria tangent. Huimenimlinguabarbaries indtfciplin** 
lilûatqueinfuetacapirej^larifidnûGrammatic*anv: fic etiam in mult'u diltis ficrtpto efi 
froptertiterarumautcongeriemyOUt incongru* fonoritdtem dtfficilis .Nam interdit tria vv V; 
puto,qu*rit in feno>priores duo confinantes ^t mihi lfidetur y tertio in ~\ocali fono manete. 
* Jnterdum^erhnec^,necE i necI,necF' 9 lfocaliumfinospracauerepotui. lbi IfGracuWide- 
baturafcribvO* etiam hoc elementum lingua hdchorrefcit 9 interdum nuMfetharafkri, ait- 
quo tiens in quodamfono nifi difficile iungens.H^O* Z fitpim hdelingua extra ~\fium latini- 
tatis Ittitur^quaGrammatici in ter lit et *4 dicuntejfe fùperfiua4. ob ftridôrem dut cm interdum 
dèntimm^tputojn hac lingua Z^timur y î^autemobfaucium finoritdtetn, Patitur quoque 
metaplafmifigur*m,nimium tame afiidue y quam doejores Gramaticdortis ~\ocat fynalipha. 
Zthoc-nifi legentesprduideant> rations difta defirmim finanrJitera* interdum fcrtptiontfcr- 
vantes % wterdum ^eroffebnticdlingudmore'yirantfs, quibu ipfiuliterasratione fynaliphà 
in lineu^t quidam dicunt ,penitmamittere ty tr an filtre moru hdbetun non quo fèries feri* 
ftionis huiutmetrica fitfiébttlitatecofiriâajèdfihemaomœoteleuton afiiduè quarit.sAptam 
tniminhacle&ioneO* priori decentemer confimilem quatHt^erbatnfinefinoritatemity 
non tantum per hanc interduaa locales >fcd etiam inter alias literas fiepifiime patitur eollifio- 
nemJynalipha.Et hoenififi at,extenfio fitpim literarum inepte fonat difla~ïerboru. jguod in 
tommuni quoque nofira loeuttone,fi jolerterintendimw 9 nos agerenimMminuenimus.j^uarit 
tnimlwgudhuiu4ornatM4&alegentibHé$ coUtfionem lubricam praca- 

uereiO* d difldntibu* omçeoteleuton, idefi confimilem lierborum terminât ionem obferuare. 
Senfwenimkic interdum ^Itrdduês^eltres^erfim^il etiam quatuor in leftione débet ejjè 
fiifimfMc^rlcgtntibwqModleftùfi^atydpm cdterdque fimiliter 

mm tHo ^otaUsfimulinueniunturmfcript*>interdum in fono druifit focales manentes , in~ 
ândumconiunadpriûretranfèuntein confenantiumpoteftatem.Dutenimnegatiuidum in 
Ltinitattrationu diftaconfirmant^inhum lmgM^upenèafiiducnega»t:cr quamuishoc 
interdum pracauer* ^ahrem > ob 1 fum tame» quotiitanum % "Vf morum fe lêtutio prabuit, 
Mttarecuraui.Huim enim /ingu4pnprieta* 9 necnumerùm necgtnerdmeconferudrefinebdU 
Intcrduwtcnini mafeulinum latin* Imguain hdcfœminino promit >Cr cotera gtneranccfjfd* 



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FRANÇOISE LWKt h «8 

tUJtmUirmdopermifiui:numcrumpluralemfi^ Variant , t di modo in tartan/1 
mum crfektcifhmm fiepim codttw incidi.fforum fupràfiriptorum omnium l^itiomexepU 
de hotHkro Theofifcè ponerem 9 nijiirrijîonemtegtnH$*m deuitarem. Nam dum agreJHslingud 
inculta ^erba 'mferunturlatmtatUftà 

Tïelut agreftis haéetur,dum yropriu:netJeriprura,necanealiqud -yUisefiteporïbm expoUté. 

{htippequineehiftmdt Jùoruanteceforum, Tttmuttdgrntes coter* 9 commendantmemorid: 

neceommgfta >/l itam ornant digntatkamore.Quod fi raro contigt % aliarum gntium 

fingv*>id eftLatmorum ^clGrdamm,potimeylandntXaucntaliarum>Crdefr 

non Trerecundant Jùarum.StupentinJiù ^elliterula paruaartemtranjgredi, crpenrPro* 

pria lingta \itium gnerantperjînguU 'yerta.^es nurajam magtos lHros t prudentiddcdi~ 

rof,cautcUpraciptios^gUitatef^^^ 

nd lingudgloriam nawferre % 0* ^fum fcripturétinpnprUlmguamnhabere. 

Ceftàdirc, Ecpource que plufîeurs hommes de bien auoiencles oreilles " 
batues de ebofès vaine$,& que leur fainûcté eftoit molcftée par les vilaines 6c c< 
fales chantons des laies :ie m iadis prie d'aucuns de mes frères de bonne me> <€ 
moire, & principalement d'vne Dame honorable nommée Iudith,d eferire en " 
leur faueur partie des Euangiles en langage Thiois, 8cc.Sc peu après , Car i'ay €t 
mis en François partie des Euangiles, &c. Puis il adioufte, Ceft efeript mis en €€ 
Thiois rouchera iufques au fonds du cœur. Toutesfois outre que cefte langue €€ 
' eft tant barbare qu'elle ne reçoit aucun ornement,& ne peut eftre enfeignee, cc 
s'entrer en reigle contenue pat le frein de l'art de Grammaire : plufîeurs de fes cc 

Earoles fe peuuent difficilement eferiro, tant à caufe delà multitude de fes " 
îttres entaffees l'vnc fus l'autre « que leur fon mal ordonné. Car ie penfe que " 
par fois il luyconuient prononcer trois vvvi àfçauoir les deux premiers en cc 
confonante,ainfî qu'il mefcmble, & le troificfme en voyelle, Par foisie n'ay " 
peu fny r le fon des voyelles A,B,i,v>en lieu qu'il falloit mettre PYgrec , qui eft €€ 
vne lettre quecefte langue a en horreur. Par fois contre l'vfage des Latins elle <c 
fcfertduK&duZ, lefquels ne fe peuuent ioindre à nul autre cara&ere , ou <€ 
à tout le moins difficilement. Qui eft la caufe pourquoy les Grammairiens " 
les mettent entre les lettres fuperflucs. Ttfutcsfois nous vfons du Z pour re- 
prefen ter le grincement des dent s,& du K pour faire le fon de la gorge. Cette cc 
langue eft auffifubieâeàlafigufeappellcc Metaplafme (c'eftà dire transfor- " 
mation ,quiaduient quand la dernière fyllabe (échange foubs mefme cas) " 
mais encore plus à celle que les Docteurs de Grammaire appellent Synalephc " 
(qui eft quand la voyelle c fiant dernière d'vn mot eft mangée par celle qui <c 
commence le mot fuyuan t.) A quoy fi ceux qui lifent ne prennent garde , ilz " 
desfigueent & rendent mal plaifanr ce quieft bien di&,& compote. Pau fois " 
nous retenons les lettres en leur eferiture: par fois auffi nous les euitons(à <c 
la façon desHebricux qui ont accouftume, comme difçnt aucuns, dofter ou. cc 
pafttr des lettres,à caufe de la fynalephe ) non pource que l'ordre de cefte ma-/' 
nieredefcrire,foitfuiet&licàlafubtilitédeiS mètres ou versimaispource que»" 
la langue cherche continuellement la £gure Omiotcleuton :car telle compo- Cf 
fïtionveuttoufiours auoir vne pareille rerminaifon oulifiere de mots. Ce 1 * 
qui eft bien foujtentoufe non feulemet de manger les voyelles par fynalephe, c< 

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DE UA LANGVE ET POESIE 
„ mais encotes d'au très le ttresjcfqucllcs fi qaelcun vouloit laiffcr,iladuiédroîr 
„ que les vers feroienukfmcfiirez & mal~fonnans:chofe que nous pratiquons 
„fouuent en noftre commun parler, quand nous y voulons prendre garde de 

plus près. Pourcc que cette langue requiert tel ornement ,& que ceux qui la 
„ lifcnt,aduilent41a fynalephe , & ceux qui compofent à Tomioteleute , c'eft à 
„ dirc,confonânce:pour à laquelle venir il faut par fois tenir le fens fufpens par 
„ deux ou trois vers,a£n de le rendre plus clair & intelligible à ceux quitifenr. 
„ Bien fouuent en telle compoûtion I , & O , auec autres voyelles fc trouuenc 
yy eferires enfemble par fois retenantleur fon de voyelles: & par fois eftans con- 

ioin tes,la première dénient contenante. Deux negatiues qui font prifes en 
y, Latin pour vne affirmatiue, font prefque ordinairement vne negatiue. Et 
„ combien que ie m'en peufle. garder, i'ay c (te contraint le pratiquer pour* 
y, fuyurela manière de parler & façon commune & vfagere. Car le naturel de 
y, cette langue ne me perroettoit obfcrucr ne les nombres neles genres.E t pour- 
yy ce i'ay par fois fair d'vn mot mafculin Larin,vn féminin en cette langue : & en 
,> pareUi'ay entremette Us autres genres félon la neceflitc, faifant d'vn plurier 
^ vn fingulier , tombant par ce moyen aflez founenr, mais par contrainte, en 
yy Barbarifrae (c'eft à dire, corruption de parole) &Solecifme (c'eft à dire , vi- 
^ciepfeoraifon.j Dequoyie pourroy monftrer plufieurs exemples pris de ce 

prêtent Liure eferit enThiois : file n'auoy defir de fuyr 1& moquerie qu'en 
„ fer oient les Lcûcurs. Car les rudes mots d vne langue ruftique , mettez par- 
„ my la douceur Latine, ne font quapprefteri rire- Auffi cette langue cft bien 
yy tenue pour ruftiqué, puis qu'elle n'a iamais etté polie par les tiens , ne par 

eferiturcs, ne par aucun art ou eftude • Nïayant iaroais aucun deux eferir 

fhiftoire ou faits de leurs maieurs , ainfi que les autres natipns , pour aug- 
y, roenter leur mémoire ou honneur. Que Ml eft aduenù quelquesfois (maisc'eft 
9, bien rarement ) ils l'ont fait pluftoft en langue eftrangere , c'eft àdire Latine 
yy ou G recque^Ercombicn qu'ils fe gardent de faillir esautres langues , ils n'ont 

point de honte de voir la leur fi laide & marpolie.Ils admirét les autres &crai- 
» gncnrd'y faillir d'vne feule petite lettre , chopans prefque 2 chacun mot de la 
j» leur.Chofê cftncrucillablc,quede fi grands perfonnages, tant prudens Jes plus 
» aduifez-qu'on fçauroit trouuer,fùbtils,fages ârrenommezde fain teté,faccnc 
» tant d'honneur à vne langue eftrangere,fans vouloir mettre en vfage la fienne 
99 propre. 

Voila la plainte que fait Otfrid de la pauunwé de la langue Ffrançoife? 
Thioife.Qui monftrc affez que l'intention de Chïlperic n'auoit eftë recette des 
liens non plus que fes vers,fes hymnes & fesMeties'.fuft pourle peude refpedk 
qu'ils portèrent à fa mémoire depuis fa mort , ou par leur propre nencha- 
lànce.Si n'ay-ie voulu pour cela biffer teldifcours en arrière , quand ce ne fe- 
roit que pour efclaircir ce lieu de noftre Hiftoire, qui (emble n'auoir etté iuf- 
' ques ici aflez en tendu: Se qu'à prendre de près garde àce que ce moine (viuant 
cnuiron l'an dccclxx.), dit, il monftrc que noftre ryme Omiotdeute dont 
nousparlerons-cy apres,eftoit ia en vfage entre nos François Thioist finon e» 
cfcirure, pour le moins en chanfons & vaude-villcs Mais jour reprcdte mon 



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FRANÇOIS EL ÎV. I. * si9 

5* it>pos,iedi que ce quia pkis cmpefchélacrpifface Se augmération de la laguç 
rançoife Thioifc,« v reicou plus de roots Latins en la bouche des François Se 
Gaulois, ç'a efté la religion Chrcfticnnc > receiie , par l'vn 8c l'autre peuple félon 
la do&rine des Papes de Rome, lefquels deçà n'vfoyent point d'autre langue 

3ue de la Latine.Tellcment que lès Gaulois Se François vonlans paruenir aux 
ignitc^Ecclcfiaftiques(touuouFs J hortoreesjeftoycnt contraints apprendre 
le Latin. Vray eft que nosRois ayans leur royaume eftedu iufquc das la Germa* 
nie, Se Pépin eftan t verni de* Duck d* Auftrafic:la Cour de France eftoit durant 
les deux premières famrttcs hantee de deux fortes de gés pàrlans diaers langa^ 
ges, à fçauoir ceux de deçà la riuierede Meufe , Gaulois-Romain, ceux de dtli 
(vers & outre le Rhin)Tbeufch,ou fi voulez parler plus modernemér,Thioi?. 
Cequ'ilnefaulf trouuer eftrangc, pourcequclaptas partdupaïsdc Belges» 
quicftlelongdu coursduRhin ) Pappelk)it{ mefme fous les Empereurs Ro- 
mains) frima trfecundd Gernunieai comprenant les Eu efchez de Strazbourg»; 
Spire, V Vormes, Mayence , Golongne & Tutigresqui maintenant tient fort 
fiegeau Liège. Et iepenfe qdecenom luy demoura poureeque la meilleure 
partie des habirans parloir Germain ,y eftans plufreurs nations d'outre le Rhin 
venues habiter. Les nomsque Charles le grand donna aux vents &: mois en fa 
langue Françoife-Gêrmaine,monftreiK que la langue Romlande qui fe parloir 
du temps de fes enfans , ne celle dont maintenant nous vfoàs , n'approchent 
aucunement du François-Germain, Se que la noftre tient plus de la Romaine ; 
ou Latine. Qui peut eftre la câufe pourquoy ceux qui du tëps de ccft Empereur 
vîuoyen t delà la Meufe eftoyen t eftimez parler Theu tonicoo FraÇoisThiois: 
&ceux de deçà» Romain : poorce qu'on appelloir ce quartier où nous deroou- 
rons, France- Romaine. Et fuyuant cela au Concile tenu à Tours l'an dcccxii* 
il eft pprtéoar lcxvit. article , Qgtliltt Bpififm hdbett OmiltM , Cr i Et eafJém 
tjtt'tfjue âpmttrddHcert ftudedt in rètfhfdm JtyHaném linguàm & Tbtrtifedm: c eft à di- 
re, en langue Romande &Tbioife. 



: ri <.\ . ~ r ..3 », . 

gtullc tfiùii rt* longue dfçetiè^tipàtity. Des Romands ï quand ils com- 
mencèrent dlauoir cours : & dç la ( fyngue Gallohnc m Wallonne , dr 
cellt qut maintenant nom -afpellotxj f $rwfçifc. , 3 



E e langue iRortittmle 1 n'dtbit pas fa pure Latine , ainr 
Gàubife corrompiîfcpar h tbngue pofleflSon Se feigneurie 
des Rotnairts : queflfcplitf pâttdes hommes habitons depuis 
ladiâe riuiere de Meufe iufqufes aux monts des Alpci & des 
Pyrénées parloyent. Car k France que Luitpf and au chapi- 
tre vi. du premier liure dt (en hiftoire appelle Romaine; 
comprenoît feëlement iuftjues iLoirf.Et pôtik ftvonffttr Reparler Roman; 
nef'éàtenddit pasiu temps iadii pour parler Tlàtin î ié to-'àiderày deces ▼«* 

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DE LA LANGVE ET POESIE 
pris duRoman d' Alexandrc,compofc par gens viuans cnuiron l'an uci • (mc 
Louis le Ieune, Roy de France. 

La W <U CHtfhir fi corn li fyx Uft, 
ynClcnitC\u^t4Miun y tim^nUC9nl'efcTU: 
i. QmieUnnU i treft 9 l&' en B^man U mit. 

il &ut donc dire que Latin & Roman fuflent différent: puis que ccftuy-cy tire 
duLatin vnehiftoirc, pourla meure en Roman. Il eftvray que ces vers font 
fafts plus de ccc.ans après Charles le Grand, E t quai nû ne foie, qu'on enten- 
doicilya.ncc£<ani,quc parler Ruftic Romain fur ie langage commun dea 
habitans de deçà Meule : il ne faut que lire ce qu'a eferit Guicard en fon hiftoi- 
jre de ladifeorde des enfans de l'Empereur Louis le Débonnaire , aduenue en 
l'an dcccxli. Car faifant mention de Louis Roi de Germanic&de Char- 
les le Chauue (on frère Roy de France VVcftricnnc ou Occidentale (c'eft 
àditedecequicftentreMeufe£c Loire) il dit que les deux Rois voulans at- 
feurèr ceux qui les -auoycnt fuyuis, que cette aililnee ferpit perpétuelle» ils 
parlèrent chacun aux gens de fon patr(ceft le mot dontledit Guitard vfe)à fça- 
noir Louis Roi de Germanie aux François V x cftnen« (qui fuiuoyçnt ledic 
Charles ) en langue Romaipa (c'eftà direlaRuftiqucj & Charles à ceu* dé 
Louisfauieftoy ent Australiens , Alemans , Saxons» 6c autres habitans delà le 
Rhin)en langue Tkeutonique,quieft la Theotifquedudit Concile de Tours; 
ou^commei'ay dit , Thioifie. Les parolles du Serment que Louis fit en langue 
Romaine furcnt*elleç,ainfi que ic lesay prifes d'vn liure eferit il y alpins da 
cin q cens ans. ProJen, amour cr pro xpïan pohlo 0* mftro commun fiduamem iifidi en 4- 
' fsantinquantis JauirtyfJ^rmeJss^tfifia^sam in ddiuJh*» 

Cr in cadiuhd, CT in eadhun+eojd fi corn mm $ dreitjin fradra fiduardifiino quid il ItnaU 
trtfifaret. Et atludher nul plaid nunquamprinJrai quemeon ^olcifimeon f hulre JÇjtrie im 
danno fit. Et le peuple de V Veftric refpond en mefroe langage:.?; LoJhuuigs fagra- 
memqu^finfrùeJ^aAciurat confier uat , C J^arlm meofiendr ^ defitoparsfilo fianit : sis» 
returnar non tint fois neio ncnulscuicoretu.*narintpoisinnuila adiudba contra Lodhuui? 
nunli iuer. Orne peut-on dire que la lajj^uede ces fermens (laquelle Guitard 
appelle Romaine) foit vraiment Romaine (i encens Latine) mais pluftoft 
pareille à celle dontvfentà p'réfcnt lès Prbûénçaux , Cathalans , ou ceux de 
Languedoc-» Etil appert parlesJiures t compofez en langue Latine du temps 
de Charles le Chaude , qu'il y a grande différence entre ce Serment & ce qu'ils 
tenôyent lors pour Larin. Il raiit donc rteceflairement conclure , que cette 
langue Romaine entendue par ldlblHife du Roi Charles le Chauue,eftoic 
cette ruftiqueRçmame*<e!K^ Grand vouloir que les Orne» 

lies prefebces pjx Eglifés fu#qntf t 7 ran|îatee$; à fin d'eftre entendues par les 
fimplesgensjcomroejeur la^gue^matcrnelle r aux ^rofnes 6c fermons :ainfi 
qu'il ett aifé à deuiacr ou iuger. 

Il refte maintenant , fçauoir pourquoy cette langue Romaine "Rufttqne a 
eftcehaflee outre Loire,delàleRofne&la Garonne; cf que ieconfeflc libre- 
ment nq pouuoir aPçuf/cf. p^jrfjcfmoigrçages certains. Car qui feroit cçftuy- la 
t4Qt hardi, de fcqlcm^t promettre f pçauoip]tirèr la vérité d'vn fi profond 



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FRANÇOISE LIV. t. V j 4 o 
abyfrae , queceluy oùl'ignorance & nonchalance de feptou huit cens arts l'à 

Îwecipitce? Toutesfois i'en diray bien des caufes & raiforts finon vrayes, à tout 
e moins vray^femblables. Et f'il eft loifibled© deuincr , & les conic&ures 
ont lieu en cefte matière ( coi^mc iecroy qu'elles doiuent auoir ) ier fou (liens 
^ue le partage des enfans de l'Empereur Louis Débonnaire , apporta me 
grande mutation en i'eftat de Fiance : Se non feule ment fepara leurs fubiets, 
mais encore* rompit toute l'ancienne focieté , que les François & Gaulois de^ 
mon rans deçà }a Meufe auoyentauec ceux de delà : pour les grandes guerres 
que les frères , enfans dudit Empereur Débonnaire» curent les vns comte .les 
autres:& lefquelles après la morr de prcfqpc toute la noblefTe ( ruée en la bat- 
taille de Fontenay ) grandement altérèrent lés alliances 5 que les feigneurs vi- 
nans fous vn fi floriflan tempire, prenoien t auffi toft loûig que pres.Car durât 
le regnede Pepin,Charles le G r ad, & Louis fon fils:!' Auftrafien,Saxon, Bauie- 
rien, Aleman qui fe marioit en. VVcftrie, Bourgongne > Italie > Septimanie(qùi 
cftLanguedoe)ou en Aquhaine:necraignoir point de perdre fçs heritages,am- 
fi qu'il cft porte par tu article de hdiuifion que Charles le Grand ht de fes / 
Roiaumes entre fes enfans. Là où depuis Charles le Chauue f (bit.que la clan* 
fe 6c article fufdit euffen t efté oubliez en l'appointement faiâ l'an dcccx Lim 
entre les trois frères, enfans dudit Débonnaire : ou pour quelque autre raifon 
quenous n'auons point trouuccefcritte) il n'y eut plus d'efpcrance de fere- 
ioindte^ chacun voulant auoir vrt Roy de Ton langage. Voyla pourquoy les ' 
Auftrafiens n'euren t agréable ledi&Cbarles lfe Cbauue>quand il voulut pten* t 
dre le royaume de Lothairc fon»nepueu,Tnortians enfans légitimes: ne les < « 
V Veftriens.Charles le Gras,&cncor«s moins Arnoul,quand ils f'eftbrcerent 
delesgouucrner durant la minorité de Chirlesle Simple:voulant (jûnftquc 
i'ay dit) chacun eftrç commandé par vn homme de falangue.Cequi apparût 
bien eqidemment,quand la famille de Pépin vint à faillir atrRoiauraede Ger- 
raanie:d autant que les Italiens firent Roi Berangerjes Saxons Henri le Fau~ 
connier, & quel que temps après iesVVeftriens Hue Capct/mar ris de ce que 
Charles Duc de Lorraine fentoit trop fon Alemand. 

Cefte dernière ièparation de Capet fut caufe,& à mon aduis apporta vn-pius Des iu~ 
grand changement , voire ( fii'ofe dire) doubla la langue Romande. Car fon mÂnu 
entreprife eftant fuyuiede plufietirsaurresleigneurs, jagouuernansles gran- 
des Comtez^ Duchez, ils fe monftrerent non pas Roys(carils n'auoyent 
l'authorité acquife défi longue main que Hue Capet venu d'vn grand pere 
& d'vn grand oncle Roys ) mais vfurpateurs de tous droits royaux , tenant 
cour à part , battans monnoye , & ne (c rendans fubiets»qu'-à tel feruice qu'il . 
leur plaifoit faire à ce Roi, auffi nouueau en f*dignité;qu'eux mefmes qui la-, 
uoyent fupporté contre l'apparent héritier de la cou fon ne, pour auoir part au 
butin pluftoft que pour affcûion qu'ils luy portaient, ou defir de reforme* 
les abus lors regnans. De manière Qu'ils ne fe fouciexent-beaucoup de hau- 
ter la cour decc nouueau Roy, ne fe patronner fur fes meurs, & encores ^ 
moins fuyure fon langage: qui à la fin neie trouuade plus grande eftendue que 
fondomainc^raccourciparcçs Harpies. Car ledit. Hue Capet & Robert fon 



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DELA LANGVE ET POESIE 
fils neiouifloyent d'aucune ville de marque , focs d'Orléans , Paris 8c Laon: 
f ource que Lef autres auoyettt* leurs Comtes , 8c les prouinces des Ducs , qui 
tenoyent grand territoire* Gpmme Richard, fceigneur de toute Normandie: 
Hébert qui eftoit Com te de Meaux & Txoyes f x cft à dire de Brie & Champa- 
gnc:Thiebaul t Corn te de Chart res,Blois 8c Tours.-Guillaume Ducde Guyen- 
ne, 8c Corn te de Poi#ou:GéofFroy Comte d'Anjou: lefquels depuis Paccreu- 
rent graudemesit,pource<|ue ceux de Chartres joignirent à leur domaine 
Champaigne & Brie par vfurpationxcux de Normandie , Angleterre : la mai- 
fond' Anjou , Touraine: tellement que Ion veit en France de bettes cours 8c 
magnifiques tout à vn mefmc temps.Car ic Comte d'Anjou efpoufa l'héritier 
rc d' Angleterre 8c Normandie.Le Duc deGuyenneauoit les hommages d'Au- 
uergne > Limofin > d'Angouhnois > Agenois, &de toute!' Aquitaine. Le Comte 
de Champaigne,Brie>& toutee qui eftôit depuis lemboucheure delà riuiere 
de Marne dans celle de Seine, iufques vers ta Lorraine : & de là retournant! 
Sens. Les Berangeri, toute la Prouence, Languedoc 8c Cathalongne. Ce qui 
donna occafion aux poètes & hommes ingénieux , qui en ce temps-là voulu* 
rent eferire, vfer de la langue deces Royteïets , pour d'auantage leur comptai* 
re, 8c monftrer qu'ils n'auoient que faire d'emprunter aucune chofedè leurs 
voifins. 

^** ΀S Ce fut lorsfainfi que iepenfe) qu'eferire en Roman commença d'auoir 
tom^L ** ca » & 3 UC * cs Conteor & Iugleor , ou Iongleurs, Trouuerres & Chanterres, 
rentd'*- coururent par les cours deces Princes: pour reciter ou chanter leurs contes 
+otrv>*rs (ans ryme,chanfons & autresinuen rions poétiques : v(*ns du Romain Rufti- 
que,ainfiquedu langage entendu par plus de gens ,encores qu'il leur efcha* 
paft aflez de mots de leur terroir. De là vient que Ion' trouue tantde liures de 
diuersdiale&es,Limofin, Wallon ou François, 8c Prouençal portans le nom 
de Romans : voulans les poètes donner à cognoitre par cq tiltre, que leur œu- 
vre ou langajge n'eftoit pas Latin ou Romain Grammatic 9 ains Romain vulgai- 
re. Ce que icdcuine(car autrement ie neveux affleurer vnechofe tant obfcu- 
re)par vo partage d'vn liure coxnpofé enuiron l'an m c c x x v i i. ou x x v x x u 
par Huon de Mert : qui dit au commencement du Roman intitulé le Tour- 
noiment d'Antichrift. 

ifeft pas oijeux, dinsfetbon tenure 

L$ trouuerre qui Ja touche euure , 

Por bonne œuvre conter dire, * 

Md*\i bien treuue plmnefl iirt 

jouant Un dienuuieref oint. 

lokuetexfemondty point 

Mon cuerde direducun brou dit. 

Mdk ri 'di Ydeqmj , car tout efi dit . 

Fors ce que de nouuel duient* 

M au du Troutteor bien duitnt 

S* iljfditduenturt nouuetlf, ^ - 

(hSilfdcetdnt.quet* nouvelle i, 



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FRANÇOISE L1V. I. /41 

Partout seconde £r partout aiSe: 
Et que fin gr$s François dttastle 
Pour foire stunre pins déliée. 
Porte ma longue op déliée, 

,jZ*Uon<i m'en tient À ' trtfhewê 1 Omt£ 

Pour dire mon nouuei pense. emd£ 
Ce gros François détaillé racfcmblc deuoireftre pris pour le Roman & plus 
poli langage , dont les Trouuerresjugleor s,& autres cy dcffiis nômez vfoyent 
. plus quclc commun. Car Hébert ditau Romandes fept fcgcs, 

Moult Volontiers me peneroie 

Si ie m'en pooie entre m ettre 

Qucn bon Romans pëuffe^mettre 

Fne * Ejhire 1 omjues ancienne. 
Se puis quelques vers après iladiouftc, . l'jMfi 

li bons mêmes de bonne Trie 

De Houtt-ftlue Ï^Cbcic 

sA tl foire renouueUee, 

Par bel latin ta oriente, 

Hebers la 4 Vient en Romans trere ' \Vook. 

Et ici ^oman Trn linre foire: . 
El nom ey+ tnla reuerence 
Del jfp fil phelife de France 

* Lotis qu'en doit tant loir. 5 Cf. 

Ôc puisencores quelque peu après , JETiT 
por s antor encoeumencerap do 
> L'Efloire ir enromancerajr. &c. S.Um 

Suieft à dire, le mettray en François. Qu? fi quclcun penfequele.Romanne emume. 
ift qu'en ryme:ie luy refpons qu'il y auoit auffi des Romans (ans ryme 8c en fil *"' 
profe. Car *u la vie de Charles le Grand raife en François auant Tan mil deux 
cens , à la requefte dToland Comtcflc de fainâ Paul.fœur de Baudoin Comte 
de Hainau^fufnomraé le Baftifleur,au qutrieme liure 1 autheur dit ainfi : Bau- « 
doin Comte de Hainau trouua à Sens en Boûrgongne la vie de Charlemaigoe: <* 
& mourant la donna à fa foeur Yoland Comrefle de faint Paul , qui m'a prié « 
que ie la mette en Roman fans ry me. Parce que tel fe délirera elRoman qui del <c 
Latin n'eut cure:& par le Roman fera mielxgaidee. Maintes gens en ont ouy ce ' 
con ter& chanter , mais n'eft ce menfonge non ce qu'ils en dient & chantent <c 
cil Conteor,necil Iugleor. Nuzcontes ryraez n'en eft vrais: tôt cft menfonge <e 
ce qu'ils dient. Ce parler Roman eftoit lors pris pour le langage maintenant ce 
appelé François le plus poli , tefmoin ce vers du Roman f Alexandre de la 
coropofition de Lambert liCors: . 

Vtfh* comme François , 0* fit ' parler ^oman. i Scmi. 

Et les Souffles le penfent encores : car au lieu dédire. le fçay bien parler Fran- 
çois, il$ difent lefçgybien parler Roman. Eticdiroy volontiers que le par* 
1er Roman fur plus particulier à Paris & lieux voifins qu'à d'autres. Car au 

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»«'. DE LÀ t ÀMGV E ET POïSIE 

Roman d'Alexandre compofé par le clerc Simon ,en racontant les peuples 
diuers qui forcirent de Babylone , après la confufion aduenue en baftiflant la 
tfm. wu^ildir, 

Zi enfant Je départent 9 U ptert en fu dotons , 
1 E li autre dénient Mefepotamiens, 

li autre fié Torquois , li antre Blimitans. 
Se puis Quelques vers aptes , • 

li autre fu Romains li dutre Tofcans* 
& encores depuis, 

L'autre fu Efieingnos s'outre fié Normans , 
li autre Erupiei çr parla bien Romans, 
Li autre fit François ,. çr li autre Normans. 
***** * Lefquels Erupeis ou Erupers ie pren pour ceux du païs d'Hurepoix , qui n'ta 
t? 1 *?' ] point de limite certain ;fînon qu'à Paris nous difons que le quartier deueis 
Midi ou de rVniuctfitc eft en Hurepoix* Et néanmoins près de M eaux 8c 
Jocrre ily a vn terroir appelé Heu re poix , comme au ffi quelque endroit voi- 
fin de Montereaux-fault-Yonne. Que fi aucun veut dire que Simon prend le 
mot Erupeis pour Européens : ie refpons qu'il parlerait trop généralement, 
v ayant nommé tant de peuples particulier». le ne lui* pas d'opinion que Hu- 
repoix ait pris -Ton nom du vent Eurus , puis qu'il fc trouiie & à l'Orient & au 
Midide Paris. Mâisfadioufteray bien , qu'à Paris quand lan veut dire qu vne 
façon de faire n'eftgueres ciuile, on vfe de ces mars,C'e(tdu païs ou quar- 
tier de Hurcpoix : ce que d'autres difent , Cela fent fon efcoher Latin. Com- 
me fi nos Roys demourans du codé que nous appelions Cite, & viUe(i fçauotr 
au Palais, à S. Martin, au Louure,pres S. Geruais, S. Paul , & aux Tournelles, 
lieux habitez par nos Rois) cuffcntjplus façonné les habirans de ceft endroit 
de Paris:& quecelufde l'Vniuerfité tuft moinsciuil,pour n eft repas tat hao» 
té de Courtifans:ce qui luy au r oit plus fai Ot retenir le langage Ruftic Romain. 
Que les Erupers, Erupeis, Hu repois, ou H e ru pois fuflentltibicts des Rois d?e 
F* ance,il enappett au Roman de Bertain compofé pdr lé Roi Adenez , viuanf 
du temps du nls de faim Louisroù ils font nommez atieeccux^ui accôpagner 
• xent Châtier le grand contre les Saxons. Car parlant de Saxe il dit, > . 

jCnti -> : T ! i offres l'ot Ouidie^niqui'aiicnatnoërançois, 
%orpn 1 J ff« fu fils tufiamontmoutfu Je gsandr* hufiiâ. , 

jOr/ftD. Carlnen€U4éU&ua*ieffe£r4*re'& t --, 

àhampaignois Bourgrignetp* Flamant £r Envois* r t j 
Jufifua CoUngne fié , là Ufit maint defivis. . ; ' j 

4 r»fto~ Longuement tint Sajfiiffte tpùms nm n i mit 4 deftitt 

fi* ii Jûespuafmxeeonipiftp^ : . - 

s/£ié reconquerre fure U baron &erapojs , \ ; • <;*vru' • 

Et FUmanli EuMrage Brjihanfftr ^€rlemih- 
Quant iVctymologk,&: ftgnification de ce mot Hurepfcis» vcfiei ce que i'4n \y 
' trouué dans ie Roman dru comjuefte d'outre mer. Parlant dvnHclùu( qui 
furlccheualicr au Cygne) nourri auec fes frères dans vi* J?OÀ§> fans iamajs 



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FRANÇOISE L I V. I. f4 i 
auoirveu autre homme qu'vnHerraite, qui les veftoit de feuilles Se efeorces 
coufuesdeTil, il dit, , 

Li firtflier s 9 en tourne qui ot mm Majaqurrcz . 
thermtags "Vint hideux O* hurepel^. 
Et du mcfme Helias. \ r.jw 

Velue ejhit corn 1 Lem *> Ours 6 enkaèhe\, éEnchdi 

Les ongles grons ty Uns , Us 1 couds meeleT^ l ne^. 

La tefte hurepee nert fée feunent louez. * de- 

puis il en dit autant des pauu r es gens, Iefquelsayans perdu leurs cheuaux te 
biens,fuiuoyent à pieden ce voyage d'outre mer les autres Chrefticns : eftans 
conduits par Pierre THermite : 

La peupe^ 'Voir tant Trie^ draps depane^ 

Et tant grande barhe o* tant * Jjurepei. t 
De forte que le pais de Hurcpoix pourroi t auorr pris Ton nom de Ce, que les 
habitans portoyent leurs cheueux droits Se heriflez comme poil de Sanglier, 
la tefte duquel en vénerie {"'appelle Hure. DeHurepé donc vient par fyncope 
Hupé,quieftvne touffe de plumes leueesqu'vneefpece decoqs porte fus la 
tefte : & encores Houpe ,ce floc de foye ou de fil noué qui iadis fc met toit atl 
fommet des chapeaux & bonnets des hommes plus honorables: non feulemét 
Rois,Princes&gentishommes, niais encores Cardinaux ,Euefques & Do- 
ékeurs. Dont poflible vient le prouerbe , Abatre l'orgueil des plus houpez, 
«juandc'eftoyeru clercs : ou hupez , quand c'eftoyentgens de guerre portans 
plumes. Tant y a que le* anciens Sicambricns (defaucls autre part i'ay mon- 
ftré que font venus les François,) portoyent leurs cheueux nouez fus la tefte* 
te mot de Hurepc pour poil leuc Se mal pigné , dure encores en la bouche 
d'aucunes femmes de Pans, en mefmeiignincation que le Latin arrefta coma* 
Mais tout ceci fera dit pour refueillerl'efprit de quelcun , lequel poflible 
rencontrera d'autres endroits d'Au theurs plus exprès Se clairs queceux ci par 
moy alléguez. Les Efpagnolsaufli ont gardé ce root de Roman,appellans Ro- 
mancé Caftellano leur langage commun, & dont ils vfentenla compofition 
ou tranflation des Hures. le ne puis oublier que Giouan BaptiftaGiraldi ea 
Tes difeours penfe que les Romans ont pris leur nom de Reims : pour ce que 
leliurequeTurpin Eucfquedcceftc villeafaitde la vie & geftes de Charles 
le grand , a plus donné de fubietauxTrouuenes. Commeii le root Roman- 
cé venok de nhemenfes. Et Pigna vn autre Italien , allègue cette raifon 
au Hure qu'il a fait de l'origine des Romans : adiouftant que les Annales 
eftoyent ainfi appelées: & que depuis d'autres nommèrent ainfi leurs contes 
fableuxtce qui a hait appeller Romans les femblables poefies* Mais-il faur par- 
donner àceseftrangef s fils chopent enpaïs efloignéde leur congnoiffance, 
eftans les Romans vne forte de poëiie Gauloife ou Françoife* . 

Quantau Wallon ouGallonii'eftimequec'eftvn moyen & nouueau lari- De la 
gage,oay depuis Charles le grand: ainfi appelle pour ce qu'il fentoit ptys 
le Gaulois queThiois.: lequel toutefois on nel,aifla d'appelkr Rpmain,pour- VVû ^ m 
ce qu'il approchoit plus du Romain que du Thiois on mnçois Germain. nt ' 

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DELÀ t ANGVE ET POESIE 
Ce dialeûe(c'eftàdire propriété & diuerfité de langage) ayant trouué des 
cours riches:commé celles des Comtes de Flandres , d'Artois , de Hainau , de 
Louuain*Namur,Liege 8c Brabam,a donné occafion de penfer que ce fuft vne 
autre manière de parler François. Maislamaifonde Hue Capet ayant régné 
fi longuement, & peu à peu ioint à la couronne les grandes terres ,iadis occu- 
pées par des feigneurs particuliers^ quant & quant eftein t deçà Loire la lan- 
gue Romande, ou Romaine Ruftique,pareille à celle du ferment deflus eferit, 
quiPy partait (ainfiquei'aydit) du temps de l'Empereur Charles le grand: 
labaniflant aux cours plus efloignecs vers Italie, Prouence , Languedoc , GaG- 
congne, & partie d'Aquitaine, qui approche de Garomne: tourainfique le 
Wallon fe retira outre la riuierede Somme Se de Meufe : lai flanc vn langage 
moyen à ceux qui demourerent entre les montagnes d'Auuergne & ces riuie- 
res : depuis appelé François, pource que les Rois por tans le nom de France le 
parloyent. 




CHAÏ*. V. 

J>>ue la Ungue Trançoife a efte cagneue y fri/ee & parité de fias de gens y 
qu elle riejl àfrefenu 

Este langue que rappelle Françoife, fut iadis plus prifee 
qu elle n'eft,à caufe des viâoires de nos Rois, cftcnduesplus 
loin que maintenant.Car(ain(i que i'ay dit)les grandsRoiau- 
mes & Empires, fonr caufe de faire eftimer & apprendre les 
languesxc qui fe preuue affez parles Grecs & Romains. Les 
Grecs principalement, eftans gens d'efprit ,enuoyerent de 
leurs villes(quand la multitude y eftoit trop grande ) des gens habiter les païs 
eftranges : & quand ils auoyent trouué quelque bon terroir , ils y fondoyenc 
des villesrretenans la langue de celles dont ils eftoyent partis, & reconnoif- 
fans leur mere- ville. Tant en firent, que la plus grande partie des codes de la 
mer, d'entre l'Afie, Afrique, & Europe viaoyenr comme le peuple de Grèce 
xnefme. La feigneurie qu'Alexandre & fes fuccefleûrs, eurent prefque fus 
toute l'Afie , grande partie d'Afrique, & Europe, fut caufe de fon augmenta- 
tion : mais trop plus les hommes doâes, qui firent tant de Iiurcs , efquels 
ilstraittoyentdeplufieurs fcienccsvtilcs. Ce qui contraignit les eftrangers, 
aufquéls Dieu n auoit fait tant de grâce que d'inuenter , de les apprendre 
deux. Et pour monftrerque mon opinion eft véritable; il fuffiradire, que 
les Romains enuoyoyent leurs enfans, auflî toft à Marfeille ville de Pro- 
uence (colonie ou peuplade des Phocenfes Grecs ) pour apprendre la langue 
Grequc, qu'à Athènes :j)ource que ladifeipline decefte ville eftoit grande- 
ment prifee. On dit auffi. que les Druides Théologiens &preftres Gaulois, 
vfoyentfemblaWcment de langue Grcque:du moins Cefar dit^/rfwGr^c'cft 
àdirecareftcres.Lefquels Druides lediâ fieur Pithou pefeauoir donné le nô 



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FRANÇOISE LiyRE L J4i 
& DrutKn,qui fignifioit Seigneur ou Dieu en vieil langage François- Frizon, 
ainfi qu'il fe lie en la tjranflatjon des Euwgiles faiûcs par lediû Ocfrid.De for- 
te qu'à fonadutSjDruidevoudroit dire Diuin ou Théologien. Laquelle opi- 
nionn'eft pas hors d'apparence 2 pource qu'il n'y a encore ce. ans que nous 
appellions les Do&curscnTbcoJogieDiuinSr Se maiftres en diuinité : tcf- 
raoin ces vers de la complainûe de fainâe Eglif c : pour raaiftrc Guillaume de 
Sain û« Amour. 

V m Jcuin Cr deeretiftre, 
le ")fom iette firs de mon titre. , 
Ce qui fera dit non du tout hors de propos :ains pour toujours confirmer 
mon opink^que les marefts de Frife ayat cache les Belges, ils y ont laiflc quel- 
ques mots. Pour reprendre mô proposée dy que les Romains enuoyerét qué- 
rir en Athènes leurs loix des douze tables: &lefqucls venans depuis à eftrefei- 
gneurs du monde»firent en plus brief téps & d'vnc autre forte, eftedre leur la» 
gue.Car n'ay as chofe plus loiiable,quc leur difeiplinc m jlitairc(qui n'eftoit pas 
affez fuffiûmtc toute icuk^pour fi toft plater leur langyejils voulurent que le* - 
luges des païsconquis,£u(fènt Romains; ou pour le moins vfaflent en leurs 
fentéces & aûes publiqucs,de langue Romaine* Si rigoereufement qu'ils ne 
voulurent iamais refpôdre aux Grecs qu'en Latimles contraignant parler.par 
Trucheman,pour leur ofter le moyé de raonftrer la promptitude 8c facilite de 
leur langue(qui les faifoireftiraer)non feulement en la ville de Rome, roaisau 
milieu de la Grèce &d* A fietafin de rendre entiers les natiôs eftrages,la Romai- 
ne plus venerable.Cc qu'ib ne firent par y n mcfpris des feiences ,ains pour ne 
donner aux eft ragers occafion fi petite qu'elle fuft,de fe préférer auxRomains» 
Pefans que ce fuit chofe indigne,d abaifler la gradeur de leur Empiré, à la dou- 
xeur flateufe des lettres Cela contraignit leurs fubiets de l'apprendre: & pour < 
ce que leur fcigneuricchira longuemec,mefmes quede toutes prooinces ils ti- 
roiét des foldats pour leur fèruice,il n'eftoit poffible que pour côplaire à leur» 
chefs Se capitaines,ils n'appriflent la langoe,afin de paruentr aux dignités Les 
peuplades de gens qu'ils appelloient Colonies , aidoicnt grandement à eftedre 
k langage^ tenir les pays vaincus en leur obeïflance. Car commedit Tacite 
au xi i.liure de fes Annales , CoUnU CdmdiêdunumJeducititr in captifs dgns i Jùtji- 
itutn aiuerfm rtbtHts> o* imbutndis fiais ad rfficid Ugum. c*cft à dire , La colonie 
de ' Camalodum, fat menée au pays conquis : pour feruir de renfort contre ? * 
les rebelles, & accourt umer les alliez à obeyr aux loix. Qui eft vn des plus cer - 
tains paflagesd'hiftoh^pour monftrer l'occaûon d*enuoy cr des colonies. En- 
corcs le droit de Bourgeoificque les Romains donner et à tat de peuples, vil- 
les^ feigoeurs particuliers dekGaule &d'Ef pagne, tira (ai nfi qu'il eft croya- 
ble)dans Rome les plus riches hommes de ces pay srquand ils furet faits Sena*- 
teurs.Ettefquels pour cela ne vendoient leurs héritages ,mais y venoientf'ef* 
batre qnelquefoism'y ayant pas affèzdc fcrrc près Rome Se en Italie,pour lo- 
ger R grand nombre de riches feigneurs.Lefquels rapportans toujours des fa- 
çons Romaines en leurs maifons,furent caufe débrouiller de Latinles lagncs 
Gauloife > & Efpagnofoainfiquciietts voyons aoioord'buy. 

E E E E EEE ii) 

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DE LA L'ANGVE ET POESIE 
<^nt aux courfesdé$Got$,V Vandale* , Franc* ; Bourguignons, &atmw 
Cm*f- peuples Barbares^HeifeorroWpftent &iibti pas détacinfcrét le Latin, ne pou* 
twnieU uant introdutteeritieremetlt leur langdë- pdtfr dtû* raifons : i'vnc qu'eftant 
gens ihdùûsijBc menants de nt armais p£ys ^ttoùUafct tes délices Romaines , ilz 
farles commencèrent à fy-addonnennon toutefois tac-, qu'il ne demèutaft beaucoup 
Barba- de leur barbarie,en là bèuche des peuples par eux vaincuz. Et d'au tan t que ce- 
fte tempefte & rauage,n cftoient point aflcurcz fur richefles,ou puiflance cer- 
tainc,il fallut qu'en brief temps ilz f'aneantiflcnt , ainfi que toutes chofcs vio- 
lcnres.Car ces peuples diuifcz en plufieurs Rois foiblesà caufc de leur nom* 
bre,chacun veukftrgarder par armes, ce qu'il auoit acquis , ne le défendit pas 
Pw- auec plus grande opimaftrcté,qu'ilauoit<le moyens. Tellement qu'auec leurs 
V* u forces ainu diuifecs.ils amoindrirent premièrement leur authorité , & perdi- 
Tent depuis leurs H*>yaumes , &conlequcmmentieurs langues maternelles: 
l'eftper* demourant la Latkieplus forte, toute corrompue qu'elle fut par les trauerfes 
dmt- de tantde peuples diuers.Ce qui n'aduintaux Sarrazins , peuple d'Arabie : car 
ïayant conquis l'Egypte Afrique &rEfpagtte, ilz y plantèrent leur langue 
<jùant & quant leur religion:fe mônftrans fi curieux de l'entretenir & augme- 
cet, que plùfiéursdetf fours embraflàmles difciplines,rournerét en Arabe gead 
«dmbr^deboiisUùréSiCompofdzttuant leur venue, tant en Médecine qu A~ 
Urologie: iihcureiifemcrtt, que les principales fciences euffenr grandement 
foufFer t fans euxrayant Auerrois, Albumafar > Mefu^,& autrcs,eftc non moins 
eftimez par nos Philofobhes & Medecins,qu'Hippocrares & Galen. 

Toutcc long dîfcèfcra retranché dû premier & fécond chapitre, aeftéicy 
•rapporté pour moaftrer que les langues £e renforcent , à mefurc que les Prin- 
ces qui en vfent f'agrandWcht.Et pour autant que nos Roys ont iadis efté forr 
«doutezjicftime que leur langue cftoitapprife de plus de gens. Comme du 
tempsde fainâ Louys(queie penfe depuis Charles le Grand auoir efté le plus 
puiflam Roy de France, & le plus honoré des nations eftrange$)elle eftoit forr 
priféexar les nobles d'Apglecerre,& les gens de lufticeparloient François. Ce 
ï r ^£^ qui furcontinuépar ceux cyiufques à ce (diûPolydore Virgile au xix. Hure 
^^" derhiftoirequilafaiâre dcs Roys Anglois)quedu temps d'Edouard m. Se 
glacm. 1 an McccLxi.au Parlement tenu à Vveftmonftîer, il fut ordonné: Que les la- 
ges^laideurs^duocatSjprocùreurs.commiflàires^eparleroient plus Fran- 
çois ou Normand: & que les plaidoyers, fentences, & autres aâes de iuftice, 
feroient eferits en langue Angloife ou Latineiau grand profitait- aduan- 
tagedu peuple,lequel n'eut plus que faire d'vferdc Trucheman pour plaider 
fes caufes.Or la langue Françbife auoit efté portée en Anglete|re,paï Guillau- 
me le Baftard Duc de Normandie ,en conquérant ceft'e iflel'an mlxvii. Lequel 
defirant la ioindre à iamais auçc Can patrimoirie:apresauoix fiefé la plus gran- 
de partie dece qu'il auoit conquis, aux Gentils-hommes qui lauoieqt fuiuy 
(prefque tous François ) y voulut erftoxes planter fa langue,qu'il eftirooit plus 
polie que la Saxonc ou Angloife : ordonnant que Ici loix nouuelles,fai&ç$ par 
luy pour le règlement de fa Itiftice,firffenterciites en Frçnçois^Ge quicon- 
traignoitlcs habiuns* d'apprendre noftrc langue iwcççp^c les (iicçelTçyH 



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PU-AN COIJt XI T R E\ n c 5Ai . 

dè fcekttyjtchant dtf beau* Duchez Ôc Com tczJcça^o t»rc ferme -, y demett* 
roitncp1asfouuentqt^enii0e:e(hinsconrramâs:(iiifi:e b tlmiceur du pays, 
d'y venir à Caufcdesguefres qu'ils auoicnr continuellement contre les Roys • 
de France-.aufquels ils pouuoyenc faire tefte,par le moyen de leurs grandes ti* 
cheiTes.Car Henry II. Roy d'Angleterre ,&Duc4e Normandie par fa mere, , 
auok fuccedéà fon père auxComtez de Maine, Amou>& Touraine. Puis ayâc 
efpôufée Lconor,repudiéc patf Louys le ieune Roy d< France > elle luy app wa 
le Poi&ou & la Guyenne. De fptte'que ces grandes feigrteut ie^pkjçdeliçjeju- 
l'es que F Angletcrre,les contraignoient y demeurer : eûaut Chinbn en Tou- 
'taine^n-dts principaux feiours de ce Henry. Ain G donc les Aogloisauoient 
des loix Françoifes,leur Roy parloir cette langue, & les nobles l'apprenoient 
•pour Rapprocher de leur roaiure & auok fonor cille. Tout cela nie fait croire, 
que leurs fucxciTcutt retenoient ce langagc,ayant gvdé Bourdelois &Gûfcon- 
jjneiufques àlïan Mccccin.Que fi queleuntrop fcrupulçux, veut direque Pq- 
fydorc lai(Te èndome;fi c , cft François ou Normand , que Ton parloir en An* 

fleterrc aoam ce Parlement de Vvcftmonftier: Je, luy rcfpon. qn'ij çfteroya*» 
le,que chacun f'efttsdioir à mieux parler. ? E t ie vous ofedice, que les Anglois 
(Tentens-Roys & nobles)rie perdirent pas la langue aqec les feigneuries qu'ils 
ten oient par deçà: tcfrooift.ee quel* Aujthcur ntefuR? <jÀt peu aprcs:qu'Edouard 
cftabli (Tant l'ordre de la lanicrc,roulut qntU p^rpikqii'il^oudkc ^euant lq 
lien dclaçhaufîcde f'athie»6ift efc^itçU'entpu r de l'ordre ^fçauoir, Ho n ni 
ioxT^x-t <v^ïmai y pEN»^:^pqua raon(lrq r qtr , ilparloic, François; ôc 
n eâtitm oins ce Roy ne tenou cri France^* c Guyenrçe. Çe fut do ne vne pertf 
& diminution de ta langue ft ançoi(e ; que ceft Edidt <jte Vveftmqnftier. Car fi 
ranttennecouthimeeuftdurciu^^ plus grande partie de 

Tiflf pàrlcroit François : eftam certain qnç, chacun fie ra^ge volontiers du cor 

lié dQ pPOfitJ . . i m '.ij .;;<: Kt'.A ' "sf . \ i ( -r 

--•» t^langtieFrançoifen'efl^itp^îriôinspriftc cn.SicUc*Ie^^faIem,ÇHipre^^î , 
Oc Ahtioche :àcaufedes conqueftes de Robe t i Guifehar4* & 4es Pèlerins qui p\f£§ 
pafferènr idn la terre fain de , auec Hkjgucr le grahd.fr erc d< Phi lippe Roy dc/^t- 
France ; Godefroy de. Bolongne , Ôc autres Seigneurs François» Et la Sei-/famg<** 
gneurieque BaudoutoCorate def landre», & les- fi*ns eurent en Conftan ri- 
nople, l'efpace de pbs de foixante ans, fit encores apprendre le François 
aUxGrccs* ayant vne partie du pays cftéfdonno aux (pigneurs qui auoienc 
futuf leiir Comte Baudouin :::tèls que LoyvComre de B lois > Geofroy de 
Ville Hardo in „ Payen d'Orléans > Baudoin .de Biauuoir, Pierre Braiecul 
& infinis autres nobles de France. EUe fut encore plus çftiméc à Naples, à 
caufe de Charles Comte d'Anton, freredu Roy fiinft Louys : lequel conquift 
ce Royaume, & prenoit grandplaifirenfepoëfi^ Françoife, comme nous 
trouuons par les chanfons qu^ajbûjTpest.pççtailt fon nprp. L'Vniuerfitc dç _ 
Paris alors prefquc y nique pou rda Théologie, efto^t encore rrcs-farocafç en 
< toutes autres feiences ; lefquelles inuitoîent Jes eft ranger s àyvenkapp ren- 
■ dte /es lettres Latines^Sc par confeqqeyn quelque? traits 4c la langue praçoife. 
Auflr toutes forteideçcns y accouioié tUj(aliens,Efpagnols 3 AngTp is, Alcmâs; 

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DE LÀ LANGVE ET POESIE 
comme cefmoignent les cfcolc* Se colleges,que ces nations battirent en lt vil* 
ilVvW-U de Paris. 1 Dantfe Poète Florentin,& ' Bocacedomefmepaïs,y onteftudié; 
gm.€b- mi c ft l a caofc pourquoy vous rencontrez dans les liures de ceftuy-cy, vne in- 
1 "ne*- » n * c ^ ^e P* r< >llcs & manières de parler toutes Françoifes.Et qui voudra fueil- 
Xtcii. Ictcr nos vicils Poètes >il trouuera dedans,les mots dont les Italiens fe parent 
le plus : voire les noms Se différences de leurs Rymes , Sonnets , Ballades, 
Lais ,8c autres.Quntau Sonnet,Guitlaume de Lorris monftre que les Frâçois 
en ont vfé puisqu'il did au Roman de la Rofe, 
Lnêi i' s j€m*un cr Sêtmets t$urtm. 
Et ie monftreray bien dans nos fabkaux,& liures plus anciens que Bocacct 
cinq ou fîxde Tes meilleures & plus plaifantes nouuellcs. Ainfi donc y ayant 
en ce temps-la plufieurs Cours en Europe, qui auoient des (eigneurs nourri* 
de laiéfc François,d'aoamagc de gens Je partaient. E r qui plus eft , les façons de 
faire,mots de guerre Se de paix , fe prenoient en la Cour de France , (" pour 
lors mirouer desautres)àcaufe des richeties de nos Roys, qui relutfoient plus 
que leurs voifins:&lefquelseftant les plus puidàns ,auoyent par confisquent 
d'auantage d'officiers Se moyens de detpendre : vray leurre Y outre la 
courtoiue dont les François ont toufiours efté louez J&aflcz fumfantpour 
attirer des eftrangers. Auffi iifez vous que les peuples d'Afie Se d'Afrique, 
appellent Francs tous Chreftiens d'Occident : encore* qu'ils ne (oient Fran- 
çoi^ains Efpagnols,Portugais,Italiens:&brief tous Occidentaux, qui vôt tra- 
fiquer en ces païs. La Cour de Rome feruitencores beaucoup à faire cognoi- 
ftre Se appredre noftre langue^Car Icît Papes habitons en Auignon»il cft croya- 
) ble quêtes Cardinaux fefforçoient parler François, puisqu'ils demeuroient en 
Francc.Et les taxes de la Chancellerie Papale,monftrent bien qu'ils viuoienr à 
la Françoife,ayan t pris en France cette façon dç compter^ainfi que dit Gomes* 
SmU Uyauoitdoncplusdegensquifaifoient compte de noftre langue qu'au- 
rtgjle iourd'huy. Toutesfoisi'eftime > quefi les hommes doftes continuent à cf- 
S'^k- crire leurs conceptions en noftre langue vulgaire* que cela pourra no»s ren- 
wt ^'drel'honneorperdutl-enrichifiànrtouale^iours^ partantdefidelles tranfla* 
tions de Liures Grecs & Latins : mais plus ( à monaduis) par tantdcfça- 
uans perfonnages , qui emolo yen tics forces de leur vif efprit, à l'augmen- 
tation de la Pocfic Françoik. Laquelle ils vone tous tes iours efleuan t u haut, , 
qu'il y a efperante,ptiis que ia ils ont palft tous ceux qui depuis le temps d'AU- 
gufte,on t eferit en vets(ie n'excepte les Italiens, &encor moins les Efpâgnols ) 
que noftre langue fera recerchee paer letfaurreKàatlôs, autat qu'elle fut iamais. 
Car fi les Italiës,Efpagnois, Alemahs & autres ,ont efté contraints forger leurs 
Romas Se contes fableux/ur lé» telles quelles inuen tions de nos Trounerres, 
Chatetrcs,Conteor,& Iugleor(tat careflfet par toutes lesepurs d'Europcpour 
leutt chanfonsde la table tôde,Roland, Renaud de Montauban Se autres Pairs 
^Paladins de f râcc)Si Pétraroue Setéi ftmblables fe fonraidez des plus beaux 
trait* des chânfons deThlebaiît'Roy é^Nauihrc,, Gaces Brûlez* le Chaftclain 
de Coucy , & autre* ancien* Poëfes Ff cfrrçdis , *jttd feront ceux qui viucftr 
maintenant, quand il* viendront à foettlèter lescwamresde-ttnt d'dcellcots 

Poètes, 



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FRANÇOISE LIVRE I. t4f 
Po?tes,q*rifont venus depuis le règne du Roy François premier de ce nom* 
Iecrby qu ils ne fc feindront non plus de les piller , de qu il s auront encore* 
snoins de hôte de cueillit les fleurs défi beau* iardins drefiezfor no* dernier* 
Poètes, que leurs predeceffeurs n'ont feiû, d'emporter les cfpiacs&roncçs' 
«les landes & haliers fréquentez par nos anciens pères. 

chaK vi- 

j . " ' • . • 

Smmùrt Mjcvvrs de Torfelnt rdela toifie^étqueiefi yutles anciens 
ftllmm Khythmos y & vers Rhjtmiqucs anciens. 

L eft auffi difficile de m onftfer l'origine de la poefie , que 
nommer le premier Poe te. Ceftpourquoy me rapportant à 
ce queie fçay qu vn mien aitty «lâtfaiâ, & qu'il entend pu- 
blier vn de cesiours: iédirày feulement, que la Poefie a efté 
eftimec en Afie , Afrique > & Europe. De forte qu'elle a eft c 
I employée aux principales fcicnccs, voire aux lois diuines,hu- 
maines,& autres a&es de mémoire. Ce que iecroyauoircftc faic,àcaufede 
la tncfurerlaqaelleparfon harmonie, àide merueilleufement à la mémoire, 1 
quelle rafiraifehit par lacadèncfe du vers. EncoresVoit on vne partie dé laBi-' 
oie , parlant dçs temps derniers (& tbutes^feis efcriteauarit les plus viciîs liX 
mes quenous ayons en Latin) mife en vers ou nombres mefurez. Et aucuns 
des anciens oracles des Dieux Payens y (c trttauent rapportez de meffare. Nos 
vieils Poètes Gaulois appeliez Bardschântaient au fon des inftrumehts, tes 
faits des hommes illuftres : dont (pcffiblej) Vifcm qu'en Bfttà^eifehoratnënr 
Bai&iCeux que nous appcllohsMèriëttr^ 

lans à la guerre, chamoien f tes &its des Vàilfts hom mes mis en VertfB^l ptùt 
bien eftre que les Grecs ônfc^prfccefte ft^oh ( ainfi que plufîfcuïs autrçs ) des^ 
peuples d 1 Afie j on des Egyptiens ; quelon ticnt'pour inuenteurs de toutes les 
iciences, & autres plaifanrés ou profitables inuentions Mathématiques ou 
Mechaniques. Mais les Grecs ont tellement hatkffé la Poefie, qu'à bon droit 
Ion peurdire , qu'ils cri fonttaf-jjeres : l'ayatWphis qile routes autres nationi' 

{>ratiqueeveftendué , Se émbclhc des ornemeris çjdtfe p ou d oient defirèr. $ 
'imitationdefqudst/les^RkJthahisfeTônt'efipw fkire valoit teirrlangueP 
en ceftepartidt afféa hètf^eu&nicAt , &pé>ftr ettre cbmf£àtW aux maîftt'es qui 
les auoient ènfeignez, fi la douceur 8c richefle de la langue Grecque n'euft des- 
bauchéplufieursd'entr eux ( 5c les Empereurs mefmes) de l'amour de leur 
langue: felaiflans emporter aux délices que tes Grids ingénieux & plus fub- 
tils, inuentoien t afin de donner plaifiraux Monarques. Lefquels n'ayans plus 
contre qui efprouuer leurs forces, coraménccr£ntife donner du bon temps* 
baftir, ayMertfc*ftàttiêtf& ^faturefc: jetons ittùitcfc patiê^ètiftTefJ?itik 
ftibcflii4deSGte«s>aitldiïpkr-lci r krhTesi 8t ta(Bfcns àVegaigriet deîTui ; 
K FFFFFFF 

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DE I Ai L À NîG V E ETjPOESIE 
mrieifp5lf3tîtrl i £fprici : Ayi4nf4a!ftArip«f uk fàtfe parler les fiMeârdrt 
FiSmpn* Ronmniiâf>ltt ( eâraqgec^ jiar Trucheraans , efteroropue en fa-' 
ueiu ck MotottttCtGeptbu*^ au-* 
Sçi**fc:0â«wïWpaaà^TOi^ JdeJkeué caquet af-^ 

fburdiflent les oreilles de kÇoii^ Vilement qu'àlaifhijK Romains fe dc£- 
fianspouuoir atteindre & paruenir à leur degré, voulurent eux-mefmes peu 
àpeu Gteciftn Hrt^ppWtttrm^ pandteimînrtwr,lls pcrdbicnt la naif- 
ueté de leur langue: ce qui àrapnaduispjuaciiidenjment apparut fous l'Em- 




que Latin. v t 

s . QrlaPocfieayanteucoursentrecesdeux nations , a efte entretenue par 
vSSk lc * ho««e(pnt?i ^qW»^Bi^itc4rtThefrtpfc leŒSrariïb, aj*fts>qi^Bfcl 
A/*/** cpwigen«^ diuers peuples» 

fa 2^ Battes iuChriftianif- , 

m© ; lequel iicfe trouuam CQinp^iWe^uWfheaucotfp idr difeburs fa&lcux 8c ■ 
xnyÇkiues , que l& Pqctgapnt, acpppftqmé femètfparnjy/fleurs œuures > ainfi 
. que des fleurs ,\çs Chrçftiens p^sfeuerc^& deuQàoux rjrouuoient ifutuuais. 
Qyif^ Uçwfc delef e# ^çgQuftejijjçi^ipe^ & fim&tt*if aux. Hyndnes>fc«- 
lanen^^Pï! a /P^WtWPy W« - ^ W «BMW > g&t*M(k»gftf>n« df Prudence, Poe* 
teÇfcç&ifi»» Wff qui (c é ftHH^fl« de wPwfifafow rWej & mai polisttef- 
WipJÎ44^^>yiôftC Jf ^«4qiyiM*Sç^liAS > Iw^u^, Amto**iProfper,&^ 
apre«;tpu9ceûx^UF$rtMn^^ 

ppim^qucJepuis luy iufqucStaui^nc de Charles le y Chauue # ilfetrouueau~- 
cjâjà digne du çtomdf Ppëte : ayan£ ceux qui pççrioient plaiûr à la verfifica- 
tjpn^ffplftjfç jjpuilcpr cfprjt içpmj^feri^s vers de cadence *nifo»e , vul- ■ 
gadremepf flpflpjnà'ee f yme^ De manière q#U ffimblç que la figure appelles 
cxiifocq + op^flfu/o» ( c'cftàdire^^niŒiLejcde i^eOrne ) quelque-fois pki- 
fyutè $cf£çç\$ «jij^çofe-oiaifon \, .(fe (pit Ws affeÛG$& cherchée en toutes 
fimes Je comportions. ^ tout fe roomson peut r cmaprquer y que depuis i'atv ■ 
i*c. les versrymexont euplusde vogue: yoirefe font tournez. -en atts L'au- 
thwr eft iufques icy inçertajç $ f#i#rae dç t prcCq«£ Coptes inuentions : & 
nêa^tmôins- il y en q^^^ri^uept à JR^ÇiaçJWÇJUon f ictoefçayfL 
cVft^ il qui teçoit le fiege dejlpmjsran 684. ) leq^l oi> dit awir xeformé le * 
^ e c^i^cli^Hy^es $ef Egjifc ; ta^t y,a> qp'ype fprjtfl de < ry rae f'appeJk Léo*- : 

IcatoBaptifl^ftgmmcnçant , n ^ 

c i V t qtuànt UxU, refendre filr# 9i ; m, ' 
M ;t>!rV XM^^ ' '. , n:u..r..- ..• 

f<^U patron 4f tpufcs,lf s 4 ut rcs ryraes faiftes depuis en langues vjuJgaircs: 
mais il n'y a pair grande apparence ^ veu quoa tient poux ccrçajujKpKPaul: 



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QU'ANC O I SÈ 11VHS L ^i , 4tf 
*DiacrélVfait : &que ledit Hymnert'eft pas totft r^ttié-, ains feulement trow 
-tin quatre coupletsi^WJirtl fe trouaebektic^^^ 
^crament a ffeâ^z : (' prihàjfefcment *&Hyrii*résï, &*tôfite $*ttpa*auant lè 
teetnps dèPttfl«aeW:^tti ^îéôit fous^^Êli^ettrfXDhttios te^Craha : c'eft à 
•dire l'an? DC'ce.- ^H- .«îjoqr.'L • >;*^r,rl o.; n ^ i udali-::}*»/ y;>,rï 

^ Voik pduftpdy ceu^qui *î*eiitî* rj*mtfdeflu$ laiflg ■ , difent quelle fut en 
vfagtfdu temps meftne des KOrtains : & pour confirmer leur opinion aHe- 
^*ne^elqiHï$Va^ . , 

A la vente < 'AulûiG<Aliw$b*pt$^ diei- ^j,** 

ffacumeïieriiitriity pan conaaic lofa t.] 

iepuifle aider dt ces deux partages, p&et fonder noftrery me : veu la différence cht *> 
.qu'il y a de nos vers vulgaires r imez,à ceux des anciens Grecs eu Larins^qat ne 
fonopoint Gmiotelcutcs. Caaùi eftbefoin qu'en nos vers rymer^il y ait de la 
jnefureArdu fou r&îaux vers Grecî?mi ^ins >dckmefari ad quantité, fans 
.aqtrcvirtfon;Twresfots fiOuide roavfé^iecpoyqpedeft^anrcncontre, plus 
«toft qub par loyou fubieéHon tfatrçuwgenceide vèx:) *n hrigle verû^catoire. 
Auffineuoaaerezvmispomt ^ que 1er and^us GcarqmairLens ou Rhctori* , 
€Îens,ayienr parlcdc telle forte de compoûrion:li*>ù au contraire ils condam- • 
ncnt t les trop fréquentes cadences omio teleutes. , Mais CaHîodorc après vil 
acettaiaSacerdbs , mon fixe queedafeftoit eftiméea fini tefaips > Ukraine Jîgurc 
prat*quccde$ Orateurs^ Poètes, allegamce^vcrsv t i ynvi f *r;\ y. V k -j 

dit qoele Pape Grégoire en a vfc, comme auifi Je Btcftre ttierofme (iena 
tfçay f'itentend ccluy que nous appelions faim >teqbclapptcllmc telles figaten 
Q>an**s çhcfrurn dedamationes. Or afin de content crccu« qui pdûrtoient dou- 
ter (î noftcet y me viétdù ptfô^oV, dont les anciens Orateurd&Pobtei Grecs ott 
Latins ont nfc : i'ay penfc qu!il ne fera horsdcpiopo*.d'etorparler & iake vu 
fomtnaife difcôurs de ce que lcs^ancieos auihem» Gïecaiôc Latins çn ont dk# 
Caxautreocque pas vn de nos: François p'eÉi ayaricfquqi'ayevc*} i'çfpere 
^uepacle fil & fonedejnespeopo^i origine cfaaoOtè &ytnc&i tromlant ,1 is 
ieriy p lus exeufedaupir pris lamatiere.dcsU£bùrcc. V ; r n / i r ; .» 

RjiythmcdiwKipropa^ &£ 
toutes- fois pour cft qaele motde a cinabre à plqfteurs {ignificatiotis^poor ofteiî thme * 
i eb t equit*oqu*ifcyaiit tmâm «etenir )lc nbm Grec y afin d^pltf^JQlairemeot) 
dooperà entend te ce quo néMsmollMH dise. * Le Jlhy th(mc toi* Mufiqueaii 
gMfidccftcndue que tout^cejqui en Kîclk appartient àoe q*ek*Gt eos ont ap-r 
pelle <?* & 9ww? i dira * cleu atioh oà àb^feinc^ 5c #inéfc rAagHÛbwt 

Etis pour ce^qu'o^ appéUe^ri Latin 
>ngou brirtr) nejftc pommé Rbjthme^ Ptf^ quoltfrti?eu.^dirc^c^fll 
1* fwpctftian »qtt?il y a cuefie, daax ^whpfp4«(dlÛQrfe Jkw^*?ur , qttaM Hfl 

dtfitoiî&i qu dQdoigt^y wcic n^^fff pr»fefpeifrqttCfipii«%fi^ rfteftf ifcfoftfo 

^mo^efnew^icfit.pcw^^ ftWfed^^ ttv ^i^j|^t^ 

FF F F F F F' ij 



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DE LA XANGVE ET?* OESIE 
aqx pied*4c roàina de(*u*quid*i^em , qqand il* Us remuent pe&mmcnr ou 
JegewmcttwJ^d*^ propor- 
tioo. Autaitf du alpfl «i Mfcgquqcje* Çw^rfluc Ion oit g$w ou grefles, f'ils 
fcrçacontreot^btoittd^^^ 

Î>our fignifier le bon ou mauuaisbatemenc du pouls. Toutesfois n'eft&t à fxth 
en t notice intention atftre,que parler dm Rfay trime pratique en la prononcia- 
tion, noua lairrons faire codifçours à ceux qui t/aitterontde la Mufique,nous 
GOinentàntfrdcidtic quSly^df iuç ç W^^Bi f tyfem kparple plu$ jggreable 
. l'y nè que l'autre : Afçauoir ce que les arrçiéspnt appelle Rhy tbme $ Karma- 
* nie. Pour le regard du premier > ce n'eftf corn rot iaydit) autre choie que la 
• cUfferenccdu temps que nouseinplpyorwlpron^^ 
que nous mettons àîire vneautre. Car cela cftant vniuerfeltn la nature», que 
tout mouuement f« fait auec temps Je fon & les paroles eftans mouucments, 
ain(i qu'il appert par leur origite (qui rrcft, antre choft qu'vn air barant l'ar - 
tere par laquelle il palTe. * Se qiji depufc'eft modéré pat Je palais , la langue A . 
lcSdçots ) il cftncceiTairequeccmouuement de paroles fe face aucck temps. 
Stutteû Ainfidôncle R4iyxhmc p'cft autrcch^le qUc la différence que nous obficruôs 
^ pour Je regard du temps t en la prononciation des fy llabes. Et par confequen- 
Bhyth- ce il ne fc peut prononcer; aucune parole de plusieurs fyllabes , qui n'ait du 
** • Rhy thmcrmais la différence eft; quo la nature nous ayant donné l'oreille pour 
iugp r de ceqoi eftplaKant aux fens j ; 6? de ce qui ne i'eft pas»,* fi noui gardons 
ces différences , de forte qu elles foteat aggreaUes aur oreilles ( f ent ewds de 

{>lufieurs , & mefmcmcnt deceuxquin ontleiugement corrompu d'ailleurs) 
c Rhy thmefeJaloitabid ^jcdmmeau contraire naturellement u lesofrcnfc- 
ro,fetronuafitdetag|*âMpj& malplaifanr. Or t ou tain fi que pont ce regard : 
nous ne confider ans autre chafe que le temps : auffi en l'harmonie poas pre- 
nons garde à la qualité de lavoix > lahabiïam& baiffant.de certaines feçons, 
ou bien Taifarrtl'vp & l'autre en vincraéfmc fyliabc : contre Je voyons auoir 
etëé pratiqué desaniiens Grecs. Chofc bien difficile^ voire prefquc iropoffiblé 
deiifger ettec temps?; par cetqu'il eft certain quela gtaee des langues, quicon* 
I fifte à bien garder £r bonne façoq la psoponion des tempo, crtlamcfenge 
du hauflementou abai flemem de la Voir y nefepeutcognorftre que quand el- 
^/ksfontenieor fteûr &perfcAiônw Quicftl^caufepouriaquelfci'eftfme^ue 
fcces Jiommes tant honorez pai le paffc y pwrau&r efté excellents ch ce 
poin ou bieh que R Ifocwte mefme ( que lt>n ^dit auoir ^etté inoewe fu#4** 
nombresîtnf l^awifon >relFuftitdienf de prefeirc, tts n'ep rend roient non phfc 
vue de leurs^rafàwrrs, tecireepar lefiusfijauatti Gtccifeur d'entre nous , qtt$ 
noni ferions* vrt bas" Breton»: lequel n^ftomiajrmis fort y de fonpaïs, & {ça* 
chant feulement lire* y voudroit prononcer quelque bean -poème François; 
Puis donc ( dit Ariftote ) que le temps ëft le nombre du moralement : te 
Rhythmp (i'ileftfc mefme chofoquf l&femps ) tera le rnouurraent du, nom-t 
bfec Et £bure* lds 0»ifc^qûl#frbB«tôap*de4îd^ * Se principalcmen* 
ck trtf mit^des elaufet , 4Wfht def b6n nt^ptCpbf tion« de voix j foi t en ty\l& 
bcs ldhgtrts't^^ droft â^ellc^r nôahbreufe^ : pottroeq 



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I 



FRANÇOISE LIVRE F. * H7 
«pie les points qui la diutftnt * fe raDponém bien Wn à l'autre. Ccft pour- 
quoylcmeftnc Ariftote au liure de k Rhétorique a dit: Ce qui n'a point de €f 
nombre au Rhythme,n'eft poinrdos & finy : toutesfois fi fout-il que l'Orai- r# 
fonayev»cfïn>nonpasarreftceparvnvcrsou Mètre ( car ce feroitpoëroe}" 
mais par vu Rhythme , lequel on ne Pappcrçoiuc point auoir cfté cuneufe- <r 
ment cherché ,ainsrencoqtré. Ce lieu d'Ariftore ( quelque débat que cinq <€ 
ou fix interprètes ay*ntenfemble)aefté déclaré par Ciceron, qui à mon ad-" 
vis la mieux entendu que pas vn: quand il dit en fon Iiure,intitulé l'Orateur:^** 
Tout ce qui cher fous quelque raefurc & ingénient des oreilles , encores qu'il c * 
foit efloignédo vers ( lequel eft tenu pour vice en orai(ott)eft appelle nombr*:, <c ' 
& en Grec nhythrms. Le mefme eft deebifré par 1 Quintilian : les paroles du- » 
quelle ne tourneray,p0urçe que i'ay fûiuy pluftoft la fubftance de ce qu'il a ^'4* 
dit ,,que les propres mots. Toute ordonnance , conionûion , & aflemblemét ' 
de .paroles , eft compofe de mefures ou de nombres (ie veux, dit- il, que les^ 
Rhythmes forent nombres) Se de mettre : c'eftàdite,mcfure. E t combien " 
quel'vn & l'autre foit compofe de pieds ,jln'y a pas entre eux vne legeredik . f 
forence. Car les Rhy thmes^ c'ett 1 dire nombres ) font conipofez de certain <c 
efpace de temps : & les mètres d'ordre : qui eft la caufe pourquoy l'vn femble <- 
eftre de<iuan tité,& l'autre de qualité. Le mefme Quin&ilian , après âuoir no* 
té les différences d'entre le vers & les Rhythmes, femble conclure : Que les- 
Rhythmes ( en fon temps ) n'auoient point de certain bijt , né variété en leur* 
continuation : mais cooroient d-vn mefme fil, fahs'fe haulfer plus que dvk ■ " 
Commencement. Auquel propos Ion peut approprier ce que i^y dit cy-defftis 
de AulusGellius:queiefclairciray par ce que ledit Quin&ilran metau riief- 
mechapitre. Qu'au Rhythme ion eft afluieàiàlafliete despieds, ainfi qu'au • 
mètre ou versren la compofitiondefquets les pieds font aflis en certains lieux. ; 
AuffiAinift 1 Auguftin dit : Quanti oc quin'eftok point m^ëréjjttWt^ 
rain arreft , ains couroit par pied* raîfoftnableftiélvt' ordonnez^ * ni bkkatSé-J^^ - 
Rhythme; que Ion ne peur appellcr en Latin que nombre. Or puis que natu- 
rellement non* fomrties enclins à imiter ( dit Ariftote en fa poétique) thèt- 
monie& Rhythme, par lefquels nousimi tons, nous cftins donnekdtnat'à'- 
re«i ceux qui plus que les autres furent adonnez à imiter par harmonie âc 
Rhy rhmes , engendrèrent & enfantèrent la Poëlîe > d'vn lourd & 'périr com- 
menceraent (ainfîqu'iUdtriéten toutes origines dés chofe s) puis auec tetëtis ^ 
la rendirent en lapcrfc&ion , que iadis elle fat: y adfeoftàns ditterfes^elgres^^ 1 * 
& genres de vers Les Rhy*httttt donc eftans har monieàx St plirs ii(e?i . r , * 
troquer que les Mètres ( fuieéfeatfx pieds^aînfit^uc i ay dit )auoient codVs eit- 
tfe les fimplts gens,comme villageois^. Et veulent aucuns > que de rels Rhyrbr 
mes parle Virgile en fesQâcofiqties.quahdildit: 

-+numms memmi fi Itmdtmtrtm* ■ T ' * '' ' 1 

&H*raeé, — < ~ ' ^ ,: '"^'- t 

FPFFF F F iij Hm * 



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rJ ;. LA LANGVE ET P'OÈilE 

.c(kiipttibfc:Mctrcmc&ret&hythmccoole^r les pieds , tels que vous les 
v durez premièrement choifis : qu'il n'eft loUiblc d crttrt-mefl^r {foutre* de 
» contraire fon : & pour ceileft bien appelle» Rhy thme 9 c'tfkil dire nombre. 
^Touies-foisdautanr qu'il roule fans tnefure,.& qu'oaji'a point ordonne ch 
l" queipiedia fin apparoiftra^iln'adcurftcwppcUé Mctrc^pourn'auoir auco- 
ne mefure en fa continuation. Là où le Mètre a lVn & L'autre : car il eftioint 
.par certains pieds , Se finie par certain moyen. A cette, caufe il T'appelle noii 
^fçulçraent Mètre » pdur ce jquila vne fin remarquable-, mais il cftcticorfc 
» • Rhythrne, à caufe delà raifonnabledkifon de fes pieds. Et partant roue Mètre 
- çft Rhy thme, & tout Rhythme n'eftoos Mètre. Iladiouftcdauantage : Toute 
,[ légitime liaifon de pieds çft nombre : laquelle fe trouuanr au Mètre, il ne peut 
^faUUrdeftre nombre # c'eft à dire j Rhy thme. Mais pour cequecen'cft pas 
>9 tqut^yn de couler auec pieds leghimes,& toutes-fois lans bat certain; 8c mar- 
9i cher auec des pieds lçgkimefc,&auoir * n arreft certain : il a falladiftingucr fie 
'^Xepagtr qcs dçux^nres ûariraorsdiuers, ôc appeller ce premier Rhy thme,par 
' f (pApçoprç noqa ; flç oeft autre non pas tellement Rhyth me-, .qu'il ne fuft qoat 
&i}u?nc M eue. Encore, Pour ce que des nombres qui font dos parxertam 
s but (^c'eftà dire Mètres ) on ne fefoucie d'en couper les aucuns fus la moitié, 
y} &; à d'autres on le fait fongneufemerit :.il a fellu auffi marquer telle différence 
%i par çertaipes paroles. Ge^là vie t que l'efpece»ea laquelle telle diuifio iv'eft gar~ 
afyt^dçe,fe nomme proprement Rhythmc-Metre.:,& Utmtre oùejle cttgardee, 
mt-Mc- Rappelle Ver/s. Diorncde v Grammairien.dit qu aucuns repcenqeot Sallufte 
-d'auçircomaacncclaguerrcdelugurthapacvn Rhythme,£tkmcfmefaina 
^ifguftin , donne vn telexemjpJeduRhythaxfans Mètre:. compofédePyr- 
f jrjiiçhic t $, 

y •' ^g 9 ttleriffr âffle éfuod dptiiicpiMfmiméltetit. 

J .*U ' J^it^que le répétant, par autant; de fois qu'jLvoysplaira, vous ferez leRhy th- 
r^ xw ' $i£^$<^lp^ MewU veut quedtecc vers, 

jfpff cnpififfiezfaireyn^fioft^ 

yofls vouliez dire ( en mettant^ 4çMaçt4$^içrç|);^^ «iwM 
JfiâàtfHm. & lors.ee fera y n Mètre , & non pas vn vers Y : pour autant, que ce 
qui çicompofç de deux membiefec(<wl 'vn X)c peut entrer en la place de Tau« 
2>i^«-i;Vft>fiwP^ vçrs PV?§g¥?fi cpnu^e > ^caçfc qa-il^efepcjutrenuerfer â 
udmhd e-fi^i ^sBor n bfes aueçiefqrçels ?Û çft Ç pï <? WflffP^n rçp^pofie» E t la différent 
/^&^ji*4» Mqççajïy er ( t q»^çJ^W*«»Wt ,qu*il fo&çW, n'a point 

- ' ^art^lc J c^tain r & arreftq ; là pft W *rs>jicer^n4Vmy pigd j où il fed^i wi»* 

$er icomme, ^w^lfir^mque c^it Ttoi^^f^mm *h oty f {x vou$ pettfie^ lo 

- tourner,difant , rw<f 7*/ f ri^i 4$, ?w ^ifum*** ç**f » vous ^oraperic* 
les pieds , & le vers mefme- Qui efl^cayfçpourqu^ ies.ancienson t nommé 
l'efpece première Mètre : & cette cy (qui eft de deux membres ioinâa^^v^cff» 

f taineraifon& mefure) Vers. Dauantaeeoi^rypeurauMcrrjp, vferdefilcnce 
; 1 ^ ou paufe moindre que dvn temps>ne plusde quatre : car c'çft lamoderec pro- 



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r> FR A'NCôUfe LI VkE' t. : r 54 8 
qui ia vne certaine fin , &plusd'vnpied :&j>ar naturel mouueroent(auant la 
*contî3ê'raiîbn des nombres) chatouillèneTeiiidSme 
le Mètre. -1 \ V T > 

Or les Rhythmes eftans, comme i'ay dit , plus faciles à trouuer. par les Cim^ 
plês gens >qurnefç^oi*m- pastel f<mt lies 

maiftres & iuges des Poètes ) on t dbJiutcs auq£\fyti?beç\, |>our les rendre lon- 
gues ou briefues : il eft fort croyable qu'au déclin de l'Empire (lors que la mef- 
langedé tahrd'eftrtrogert eue encore* f)toï%&è\*jpt^*nii^& 9 & accents 
Rx>mains)xpieies Rhythmes furent daaafrt^gti frcqaJntcz. facilement que' 
Bosbe ;£brrtonHnéU V»peralJ!e > quia VefctMùtquesiiilîanDcciïx. en fonliurc 
àt Mefraièni gmtribm^ en fait le penuitiefibtcfaap^te de ûw atuurc : comme de ' 
compofirioir fort pratiquée de fon temps. l\j afàtTil) apparence queles <f 
Rhythmes tiennenrdu Métré : pour ce que c'eft vnc; harmonieufe compoli- (9 
ridirdeparoles,no pat mefore 6c certain qrdre tel qucèeluy qui jfc garde en la * 
cmnptoôtipîi des Matures ôu vers y airufrar nombres de fy llabes , fclon *tju'il «* 
plûift aux oreilles. Et tels font IcrCancrque* des Pocccs vulgaires. De vray < c 
lcRbythmcpeutdbefaiûparfoy fansMctsc: mais leJtfetrc ne peut eftre^ 
fans le Rhy t hme , ou roefurc. Ceqtie-Eonpcur dire plus clairement , Mc* (f 
tre eft vn chant contraint par certaine raifon:Rhythmc vnchaqt libre ÔCDon t€ 
fuied à aucune loy . Vray eft que bien founcn t vous tremicrêz de la raifon ou H 
mefure certaine au Rhy thîtoemon pour cexrueJûaotnpoÉteûr^y foitaffobie- c ^ 
ûi , mais pour ce que le fon ( ou roa , ftbn Vaébdxin ) : Se harmonie l'a parada, c 
uertruneconduit & menié iufcjues à oefie raifon : Laquelle il eJft dèneceffité que* 
loi f perès ; vulgai res ou commune fuiuen dourderrie* « ; & les fçaùants feiem^ M 
mentkCommerHymoequif'eiifuit, lequel cû trefbien en façondeverslam-^ 

biques. ~v ' * , f i .-'-■.< , ** ■ . rr 

t&c tttrm iêmmê 1 * , ,i - . 

t : ' 1 < %crimcrèmx9m*iiém % v ..A ?{',<, : \>„ , 

erMdnttfickU s } ;rmi ? * • " 
Sempercwn pâtre JUmet 1 1 
& autres en aflez bon nombre de fâinét Ambroife. Encores Peu: chaote^il eu t 
fijçon de Tiochaiques , comme ceftoy^cy du iour du iugement compoftpar 
alphabet* * 

z . ^ftdrcbit rtptntin* \i . 

vr .'1 JWv ifumtd dtmtm % • - , j . -m<-. 

tljStfd Iteiût $tô&t ' *i , 

fittoibee que Bcxl«hje du Rhy thaïe * après Marins Viûorinus lus anciens 
queluy j& duquel il a tout pris motîà mot, fors les exemples* Mais ne trouât 
uantenees Hymnes aucune cadence oroioteleutc, iepcnfc qrçelc Mhjthmm* 
des Poètes dont Bede parlé* tt'eftoitqu'vnyers de centaine quantité 4e fylbn 
bes fans loy ne pieds > tels que tels deui cpupks Latines cy-deflus tranferipu %v 
lequel neftant en vfagecRfrp|c$ dottes ,XtrciKiautts Mttaeus ria 4aignc epr 
ftucw<iuoncniàVjçr£^toirc* i;..,,^:! 



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*D B LA LANGVE ET POESIE 




CHAP. VU. 

& Juliens Vont frifedks F r art f dis. 

Va nt imoyie n'ofe rien conclure ,& diray feulement 
MleftainfiquelesHcbneux ont vie d'omiotelcute , en 
aucuns liur es du vieil teftamcfu ) que les Chrcftiens ont 
voulu rapporter leur pocfie à ccfte-la , ou pluftoft que 
quelque ignorant prenant plaifir aux cadences vnifones 
( lefqucllcs volontiers fe rencontrent entre ladic&if & 
fubftantif , tels que Ldxis fibris , gtlhrum tuorum , polluti 
bij) cuidans faire plus que ceux qui le paflbient en belles inuen t ions, vfa de ces 
vers finiflans dciTiefme fon, pour monftrer quelque chofe de nouueau & ren- 
forcer dauantage le Rhythme, duquel il retint abufiuement le nom : pour ce 
que fon vers eftoit de certain nombre de fyllabes, & non mefurc par pieds. 
Ne f'aduifant que ladite figure omoioteUuton reprefente plus proprement la 
confonaocc qu'il cherchoit en fon vers ry me. Cepourroit bien eftreaufli in- 
tention des peuples Septentrionnaux (car Saxon Grammairien , &01aus le i 
Grand, difent qu'on voit en Dinnemarr de grandes pierres grauees devers 
çoatenans les A nnalles do pns ) mais tant? a que depuisleur venue pour de- 
Ûruirei^ûatdeRome,leRhythrac ôclx Ryniconicu cours, & eftéreceus 
rantauxHyranesd'Eglifes^qucchinfons , Se autres comportions amourcu- 
Ces. Pour ce ( ie croy)que la quantité des fyllabes cftant ignoree,comme feien-' 
, ce de Grammaire , & à eau fe de la mauuaife prononciation de tant de Barba- 
res ,1a confonance leur toucha plus les oreilles. Mais lcfdits Saxon & Olaus 
nedifent fi ces vers grauez font en ryme; & toutes-fois les au theurs 4cThi- 
ûoire Ecclefiaftiquc compofee à Magdebourg ( allegans le Chronicon dHoU 
fjce /a fleurent que les Germains efcriuoicnt leurs guerces & vidfcôircren Ry- 
me, & que Charles le Grand commanda de fon temps d'en faire vn recueil* 
Et Je long difeours que i'ay tiré de la tranflation des Euangiles faite par le 
Moy ne Otfrid 3 monftj ebien que la ryme omoio teleute,eftoit ia de fon temps 
en vfage entre les François. Si eft-ce que les plus doftes Poètes en quelque 
temps qu'ils ayent vefeu , ont toufiours fuy la Ryme Latine. TefmoingHen- 
ryfçauantmoyned'Auxerre, quiraonftre en la vie de fairrd Germain ( fon 
Patron ) dediee à Charles ie Chiuue Roy de France , que telle ryftiericLatinc ' 
ne luy plaifoit ; comme au fli fit rt Udebcrt de Lauerdin , premièrement Eucf- 
que du Mans , & puis de Tours , Poëte aflez paflable. Gauthietqtfi fitiœuure 
intitulé Ligutinus , à la louange de l'Empereur Rideric i GuiltàUme itfflire^ 
cotf 4it Armoricanûs , qui fît la PWilippideen làloiiangfc de Philip Augufte ! 
Roy de France-.GtathititdeOâftiHèn, natif de Itflèen plandresiîqài €t i f A-- 
Icxtndridc Latine, & du viuantduditAugufti^oè v#riluren< vfetw<tt*Vers- 

rymez, 



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H$ANCOISE LIVRE I. H9 
ty me z, non plus que deux cens ans après Pétrarque en ceux qu f il fit en langue 
Latiq ci & lequel il faut prendre comme le premier qui fcft cffiwxé de chafler 
la barbarie meflee parmy le Latin. Monftran t à ceux qui font venus depuis 
luy,tels que Philclphe,Mantuan,Pontan > Politian > Sannazar,& autres, d'imi- 
ter en la langue Latine, Virgile,Horace,& les bons Poètes Latins: &en vul- 
gaire ce que ïuy-mcfmeauoit faift. 

La ry me donc oraio teleure & confonan te eftant venue de quelque pan, ou 
nation que ce foit(car ie veux confeffer quéîufques icy ie n'ay encorcs leu qui 
en eft 1' Autheur)il eft certainqu elle a eu cours parmy le peuple & les langues 
vulgaires nées depuis la ruinfde l'Empire Romain : à tout lemoinsdu temps 
Ac Charles le Grand. E t peut cftrc que ceux qui lors defiroient fe faire çognoi- 
ftre,prindrent ce chemin nouueau de rymer en toutes chofes, & principale- 
ment aux profesdesMe(Tes:dont poflîblc vient le prouerbe de Rymer en pro- 
fe,au{Etiftquerymerenprofeoraifon l quin , eftmefuréc. Les plus cogrieus 
font vn Theodolet ou T beodorct, Autheur de Teclogue commençant, 

i^thUfum temu iam feruida fortuit djtéês, 0 

In cancre filis dur» ^ùlaitur durent axu. 
a«cfafuhe,enaflezgrandnombre.Maisceluy,quiàmonaduis a pafle toute 
borne , eft Benard moine de Cluny , Autheur d'vn liure intitulé De cm- 
temptuMunJi, contenant bien près de trois mille vers tous da&yliques , & 
encores ry mez au milieu & (comme difoient les anciens) par la lifiere , qui eft 
la fi n : lequel il dédia à Pierre efleu Abti de Cluny , enuiron 1 an *#xx v. fe per- 
danten fes outrageufesinuentions,meurdrieres des gentils efpritr: au lieu 
qu'il fe deuoit employer à imiter lesanciçns Grecs, ou Romains. Ces pau- 
ur es gens reflembloient les feerc tains qui gardent les reliques des Eglifes , & 
lesmonftrentauxautres,fans y toucher. Car ayant leur slibrairics pleiqes de 
bons liures,ils ne les manioycht point : &fedeffiansde leur pouuoirreflcm- 
bler fuiuoicn t le peuple,toqfiours eftimé par les plus fages,mauuais maiftre Se 
autheur de chofe qui vaille. A la vérité nous liions dans les mémoires de Cc- 
far,que les Gaulois vfoient de vers:&Tacitus en dit autant des Germains.Mais 
ie ne trouue pas qu'ils fuftntomioteleutes. Et toutesfois il eft bien certain 
que nos François verfifioien tjpuis qu'Eginard recite que Châties le Grâd pre- 
noit plaifir à ouy r chanter les faids de fes predeceflèurs compofez en telle fa- 
çon.Ce qui me feroit volontiers opiniaftrer à fouftenir qu'ils fuflent rymefc 
en confonancc,puifque ledit O t frid eferit en ry me à Louys Roy de Germanie, 
petit fils dudit Charles: & que le mefme moine tranflata partie des Euangiles 
en confonanne & Leonine,ainû que tefmoignent les vers qui Penfuiuent , ti- 
rez de la préface de fonœuure: 

Nu ih fcrlbé» ~\nfer heil 
m Euangeliûno deil, • / ' 

So'yuir nu hUrbîgunnuH) 

In frankifgd rungun. 
c'eft ï dire prefque mot pour mot, 

le veux maintenant eferire noftrc falut - 

GGGGGGG 



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DE LA LANGVE ET POESIE 
Qu i con fift è en l'Euangile, 
Ce que nous aaons commencé 
En langage François. 
Vfcus voyez que de ces vers de vieiMangage François- Germain, mal enten- , 
cki pour le iourd'huy,finon parles Frizons ,& encores fçauans en leur langue^ 
les deux premiers font ry mcz,commc nous faifons par fyllabcs de mcfmes let~ 
cres:& les deux autres parxronfonance. Quand donc Eginard di£l que Charles 
le Grand prenoir plaifir à euyr reciter les fai&s des Roys compofez en fa lan- 
gue.ie croy qu'il entend ceux qui ia eftoicrit mis en ry me. De force qrfïl peut 
bien eftrc que de fon temps noftrery me fut en vÉgc^efmes en langues vul- 
gaires, puis qu'elle auoit cours en hymnes & profes Ecclefiaftïques Latines. le 
im *rX- paffe bien plus ou trc,&dy qu'il y a grande apparence, que nos François ont 
r> ,so j* monftré aux autres nations d'Europe l'vfagcdela ryme confonante ou omio- 
Urvne tc ^ cutc ^»fi q uc voudrcz.Ce que ie péfe prouucr par deux couples tifées d'vik 
*ux d»~ ^ ure efcrit à la main^il n'y a guieres moins de cinq cens ans, lequel ledift ficur: 
trtsn*- Pithoumaprcfté,contcnantIaviedefain6teFidcsd'Agen. 
Caneton dudi qes beUdntrefid 

que fi de rdron ejpdnefc* 4 
non jo de pdrdulld greiefid 
ne de lengu* ferrdTinefid* 
x Ce mot- dol7 \ ejudm ef y m que brefid 

fignifa }i t pïm que nuls piments qom mefi** 

?*' ben Udii a lei fi-ancefea 
*• • €uig men qt felgiw*i prof lencrefié ; 
eqeneït fige len pdrefid: 

Tota bafionnet drdgons . 
el encontrdid dels gdfeons 
fdben qudl fis dq/Jt canetons 
efts len Trem fid rd\ons 
eu laudi legir d dfrtyms . 
e dgrdnuubi d molr boni * 
„ Ji qo no mojhdl papous 
tnque om ligeftas lâchons 
efi Ifos piaf efi noftre fins 
difi eonlguiddl primer* tons 
eu ld ~) os cantdrei en dons. 
I'eftime que ce langage eft vieil Efpagnol , pour le moins Cathalàn, par le, 
vers jgue fidera^on ejfanefia : là où ra^on eft pris pour conte & langage,ainfi que 
declarel'autre vers, Fjfes ben ~verd fid rayons, c'eft à dire,Biea eft vray ce propos. v 
Audi Pétrarque ne l'entend pas autrement en la chanfon commençant , Vnd 
donna pin belld djfai ch'el file : où il diû à la fin , Canton ehi tnd ragton chidmajfe ofi 
w^c'eft à dire, Chanfon qui voudroit dire que ton fens <ou langage fuft ob- 
fcur.Et quand l'Autheur de cette viedefain&e Fides,adioufte,y«* benfadi^ a 
leifrdncefcdyil entend en r ymc.Gar ^quelle autre chofe pourroit- on rapporter 



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FRANÇOISE LIVRE T* fr o 
cefteloy"Françoife,finon àl'vfage & façon dccompofer?Toutesfois,afin de ne 
Jaitfer rien de ce qui peut feruir à l'efclaircifTement de la vérité , Iban de la En- 
«ina, confefle que la rymceftpaffce d'Italie en Efpagnc: ce qui les rend plus 
aifezàxonuaincre tous deux, puis que les Italiens lont d'accord la tenir des 
?rouençaux,ou S iciliens,deux peuples fubie&s des François.Le premier, de- 
puis la quittance que l'Empereur Iuftinian & les Oftrogots en firent aux Rois 
de France du quartier de Reims & Bourgongne,iufqucs au temps de Hue Ca- 
petrduquel encores les Princes tlcmeurcrent alliez par le moyen de Confiance 
fille du Comte d'Arlcs/crame de Robcrtfils ducjit Capet : & ençores pàrlç 
mariage de Charles Comte 3' Aniou,freredefain&Louys. L'autre conquis à 
-force d'armes par les François- Normands.Que fi les Prouençau^veulent dire 
qu'ils font autheurs de la ry rnc,c'eft à eux à monftrer vn tefmoignage plus an- 
cien quela tranflationqu'Otfridafaiâedcs Eu angi les: ou que leur langue fut 
icn prix du temps de Charles le Grand. Car fils cuident faider des parolles du 
ferment de Charles le Chauuc Bc fes foldats,cy deflus allègue , comme appro- 
chant plus de leur langage queceluy que maintenant nous parlons ( i'entend* 
•nous quihabitons depuis Lyon en ça)ie leur rcfpons auec Lqithprand , que la 
-Gaule Lyonnoifc Pappelloit de fon temps Francc-Romaine,& vfoit du langa- 
ge pareilau ferment qui fe trouueenGuitard. Autrement Louys Roy de Ger- 
manie euft parle en vain aux foldats de Charles fon frère ( tous habitans deçà 
tyonjvn langage qu'ils n'euflent point entendu. 

Pour le regard des Siciliens, ie me tiens prefque afteurc que Guillaume Fer- 
rabrach (c'eft à dire , bras de fer,dotot vient Fierabras ) frere de Robert Guif- . 
chard,& autres feigneurs deCalabre & Pouille, enfans de Tancred François- 
Normand l'ont portée ^ux pays de leur conquefte, eftant vne couftuttie des 
gens de deçà chanter,auant que combattrc,les beaux fai&s de leurs anccftrcç, 
compofez en vcrs.Ce que les Normands auoient pris des François. Tant y a 
que Mathieu Paris dit en fon hiftoire,que les foldats de Guillaume le Baftard 
Duc de Normandie auant que donner la bataille(qui le fit maiftre d' Angletcr- 
re)chanterent les faits de Roland pour Pcnçourager à bien faire. Or il eft cer- 
tain que les Normans-Ff ançois parloienten ce temps-là François-Romain, 
comme eftans de la Gaule Lionnoifeou France-Romaine,puis quel on trouuc 
les loix que ce Roy Guillaume fit après la conquefte d'Angleterre, eferites en 
Fqmçois.E t ne faut pas penfer que les Normands retinrent le langage de Dâ- 
nemàrk(duquel on dit qu'ils font fortis ) pourec que les premiers pirates qui 
fappellcrent Normans,ne firent pas tous feuls les rauages de France,dont nos 
hiftoi tjcs parlent fant,ains auoyent pluficurs François parmy eux, mal-côtans 
de nos Rois & gouuerneurs Jors maniât les affaires du Royaume. Ce qui eft ai- 
fc iprouuer par vn trait de daber Radulphus viuant du temps de Hue Ca- 
pet, quidit que Hafting (tant rcnonrfné chef des Normands ) eftoit natif 
d'vn village près Troye, que l'on penfc cftre celuy qui pour le iourd'huy fe 
nomme Trancofttde manière que lors tous brigands f'appelloycnt Normans, 
comme auiourdhuy Reiftres tous pîftoliers bien noircis. le dis encore dauan- 
tfge qu'il y a grande apparence que Robert cuifehard & fes frères , portèrent 

G G G G G G G ij 

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DE LA LANGVE ET POESIE 
la langue Italienne vulgaire en Sicilc:eftant bien ccruinquece pays-là n'a pas 
toujours parlé Latin ne Italien: tefrooin Ciceron qui par routes les otaifons 
prononcccsxomre Verrcs,appelleordinaircmenr Grecs les Siciliens.. Et les 
Grammairiens difent que le diale&e des gens de riûe,cftoit Dorique: voire la 
Pouille &CalabrePappclloient la grande Grèce » laquelle approchoit fipres 
de Rome,que Néron alla faire fon eflay d'hiftrion à Naples, comme en yne 
ville Grtcque.Ce qui monftre bien que les Romains n'abaftardirent tan t aif c- 
ment les prouinces parlans Grec,comrne celles qu'ils eftimoient Barbares : tac 
pource que les arts & principales feiences eftoient eferites en cefte langue, que 
auffi pource que le tranfport del'Empire Romain en Conftan tinople>confcr- 
ua les Grccs^n leurs manières & façons de viure plus polies que la commune 
Romaine. Et combien qu'Apulée dife que les Siciliens auoient trois langues, 
ily a ntantraoins grande apparence que rifle a toufiours vefeu à la Grecque, 

J>uis que durant le règne des Sarrazins(qui en furent maiftres cccxxx. ans auâc 
aconquefte des Nojrmans) ils auoient encôrcs des Euefques Grecs. Audi voui 
que Robert Guifchard remit Nicodeme Grec en lEuefché de Païenne, 
quand il eut conquis cefte ville. Mais Roger qui fut le premier Roy derace 
Normandc > ayant(ainfi que dit Falcand)diligemment fait recueillir les bonnes 
ordonnance^ & couftumes des autresRoyaumes, enfemble bien appointé les 
plus vaillans hommes qu'il peut trouuer,principaleraent François (lors cfti- 
niez fur tous Chrefticns)peupla fon Royaume de gens de deçà les monts, & 
d'Italiens Dont poffibleeft venue la plus forte meflange du langage Sicilien, 
maintenant plus approchant de L'Italien queduGrec, pour l'obeyflànce que 
les Roys deucefte ifle ont portée aux Papes,depuis qu'ils leur permiret d'eftre 
Roys:& l'alliance qu'ils eurent pluftoft deçà que deuers la Grèce , ioint la fré- 
quentation ordinaire auec les Italiens.Ie ne veux rien afleurer , mais cety foit 
JÀ€t afin d'apporter quelque lumière en vne (i grande obfcuri té , que l'origine 
de la ryme:pour laquelle efclaijcir tant de fçauans hommes d'Italie fc font iuf- 
ques icy trauaillez. 



CHAR VIIL 



J%ui furent Us Trcunerres, Chanterres - y lugkor & longteor : que 
ccftqutRymcLtQnwc &c$nfinantc. 



R eft-ilcerrain que bien toft après la diuifïon de ce grâd Em- 
pire François en tant de petits Royaumes , Duchez & Corn- 
rcz,aulieudePoëtetèommcncerent à fe faire cognoiftre les 
Trouuerres & Chanterres,Contcours 8c Iuglëours: qui font 
Trouuenrs,Chantres,Conreurs,IongleursouIuglturs,c'eft 
àdire,Meneftrierschantansaucc la viole. Les vns defquels 
compof<acrit,commelesTrouueurs > ou Conteurs; les autres chantoient les 



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FRANÇOISE LIV. I. s$l 
inuentions d'autrny^ommc les Chanrcrrcs & Iugleours.Encores peut on di- 
re, que les Trouuerres faifoyenc & inuentoyent les rymes , 6c les Conteor le» 
profcsrvous ayant dit cydeuant , qu'il y aooit Roman rymé,& Roman fans 
ryrac. Ces Trouueurs donc & Chantres , ayans affaire l'vn de l'autre fao 
compagnoyent volontiers. Et à fin de rendre leurs inuentions & mélodies 
plus plaifantes & agréables > venoy en t aux grandes affemblees & fcftins,do»- 
nerplaifir aux Princes: ainfi que vous en trouuez exemple dans le Tournoya 
mentd'Antichriftrquieftvn Roman corapofeau commencement du règne 
de fainû Louis: qui dit, * 
Quand Ut tables offees furent, * 
Cil lugleur in fies 1 efiurent, i". Cvjfc 

S'ont nielles *y harpes prifes, . fittwnu 
Chanfins , fins , lais, 'yers ty reprifes, 
Et de gefle chanté nos ont* 

Li efcujer sstntethrift fint %(fefli 
Le * rebarder par grand déduit. - dire , la 

Ce qu'anciennement ont fait les Poètes Grecs,chatans les louanges des Dieux 
& des Rois, comme récite Hérodote en la vie .d'Homère: les œuurcs duquel l™^^* 
ont elle ainfi chantées parles Cours & maifons des feigneurs pièce à pièce, tpfdaf 
quiaeftecaufe de les faire appeller Rhapfodics. Nos Trouuerres, ainfi que 
ceux-la,prenans leur fubiedfusles faits des vaillans hommes (qu'ils appel- fl™*** 
loyent Gcftes, venant de gtfjta Latin ) alloyent , comme i'ay dit , par les Cours j^ 4 - 
refiouir les Princes , meuans quelque fois des Fabliaux:qui eftoyent comptes ^ * 
faiâs à plaifir, ainfi que des nouuelles : des Soruantois* ou Seruantoisauffi; 
efquels ils reprenoyent les vices, ainfi qu'en des Satyres ( combien que Fabri 
Curé de Merai ,dife queles Seruantois font inuention de Picards , fie parlent , 
plus d'amour que d'autre chofe ) deschanfons, lais , virelais > fonnets,ballades > 
trait tans volontiers d'amours , fie par fois à l'honneur de Dieu. Remportant 
de grandes recompenfes des fcigneurs.qui bien fouuent leur- donnoyen t iuf- 
ques aux robes qu'ils auoy en c veftues ; Se lesquelles ces Iugleors ne failloyeii t % 
de porter aux au très Cours, à fin d'inuiter les feigneurs à pareille libéralité. 
Ce qui a duré fi longuement , qirïl me fouuientauoir veu Martin Baraton (ia 
vieitmeneftrier dOticans)lequelaux feftes & nopees batoit vn tabourin d'ar- 
gent, femédeplaques auffi d'argent , grauees des armoiries de ceux à qui il 9 
auoit appris à danfer. Le fabliau de la Robe vermeille le dit tout ouuerremenr» 
quand la femmed'vn VVâuaflTcurle blaftne de ce qu'il veut prendre endon 
vue robe. 

Bien doit eflre rraDaffor* * *Pr 

jguilruet deuen'w Mtnejhi'e^y 
Mie^ ~ïMdnj que fitfUe^ re^ 

• Sans oigne , la tefie&*e*td* * 
gue ta ni remanfit cheumil : 
j;* appartient à tes Ungleours* 
Et a tes antres Chantmrs, 

GGGGGGG iif 



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DELA LANGUE ET POE SI E 

Qt£ils àjent de ces Cheudliers 
J <Les robes , carc'eft lor mcfaers. 

< Ces Trouuerres & Chanterrcs eftoyent ia en cours du temps de Henri ii.En*- 
pereur qui mourut l'an m.lvi. Car Vincent enfon miroir hiftorial ,dit, /#ca- 
Uforcsè curia Jua remouit,Cr qu*hh ddn c$nj«tHerAnt>paHpmbw engtuit. Mais leur 
grand' force (à mon aduis \ ) fut cnuiron le voyage tic Ierufalem. Ce Qui 
mêle fait foupçonucr,eft qu auparan 1 1 an m. xcvi. auquel ledit voyage fut 
entrepris , prefque tous les princes d'Europe eftoyent nouueaux venus en 
leurs feigneurics. Car il n'y auoit guère plus de cent ans, que lafamille de 
Hue Capettenoit le Roiaume de France : celle de Normandie eftoit pafTce en 
Angleterre depuis xxx. ans:& l'Empire alloué venoitde Saxe en Suauc,& 
autres maifons d'Alcmagne. L'Italie eftoit fous plufieurs princes aflez foi- 
bles:& encore plus l'Efpagne meflee de Rois Chreftiens & Sarrazins. De ma- 
nière qu'il n'y auoit pas grand acqueft ,ncfuier , pour magnifier ces princes 
encorês petits. Mais les faits heroiques de Guillaume Baftard de Normâdic,& 
de Robert Guifchard ; puisdes pelerinsde Ierufalem conduits par Hugues le 
grand ,Godcfroy de Boulongnc ,& tant d'autres feigneurs & nobles Fran- 
çois,fircnt croire ( à tout le moins trouuer vray-femblable ) les contes ia faits 
d'Arthus, Charles le grand, & feigneurs de (a Cour. Ce fut donc lors , à mon 
aduis > que les Trouuerres & Chanterres eurent plus grand moyen d'encon* 
ter. Auffi oyez-vous prefque tous les Romans de ce temps-la , parler de Ie- 
rufalem, des Soudans d'Acre, dfcÇoigne',Babylone, Damas ,& autrestota- 
lement incogneus auantee voyageT Caries Romans qui deuant parloyent 
des faits de Charles le grand, ne font mention que des Amiraux, ou Rois de 
Tolède , Sarragoce , Siuille , Conimbre , lors feigneurs d'Efpagne. Et par les 
hiftoires de Louis le Gros & Louis le ieune fon fils, lesautheurs principalemcc 
les ECclefiaftiques,commencentàfe plaindre deces Iongleurs, plus que ceux 
quiont efeript les vies desautres Rois précédents: (oit qu'ils n'euflent pas 
-tant de cours, ou qu'il n'y en eut encores gueres. Il y a grandeapparenec , que 
ries T rouuerres firent bien leur profit en la Cour dudit Louis le Ieune: lequel 
.fut le premier Roi de fa maifon,qui monftra dehors fes richefles allan t en Ie- 
rufalem. Auffi la France commença de fon temps à f'embelir de baftimens 

S lus magnifiques prendre plaifir aux pierreries, & autres delicatafles goû- 
tes en Leuant par luy,ou les feigneurs qui auoy en tia fait ce voyage. De for- 
teqaon peut dire qu'ilaefte le premier tenant Cour de grand Roi :eftant fi 
magnifique que fa femme dedaignam la fimplicirédefes predecefleurs,luy fit 
eleuer vne fepulture d'argentau lieu Jepierre. Lesvi&oiresfc profpcritez 
de Philippe Augufte fon fils, en ripèrent femblablemçnt plufieurs en fa Cour, 
ainfi qu il Ce voit par les Romans la plus part compofer de fon temps, ou de S. 
Louis (on petit fils:côtinuans quelque tcmpsjufqucs à ce q<ae les bons Trou- 
uerres venans à faillir, &Jcs Iongleurs ne fçacbans plus que copier de beau, 
lonfemocqua deux, comme ne difans rien qui valut. Et leurs Jfttes eftarçs 
raefprifez à caufe des menteries trop euidentes , Se lourdes:-quand on vouloir 
parler de quelque chofe folle & vaioejon difoir,Cc a'eft que ionglerie : cftant 



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FRANCOrSE LIV. h si t 
en fin Iongler, ou Ianglcr, pris pour bourder Se mentir. . 
le mettoy fin à ce chapitre quand ie me fuis aduifé ne deuois oublier l'exera- mt 
. pie, qui monftre que noftre Ry me a efte nommée Confonante & Léonine ou 
JLconime. ïe nefaiy fi c'eft pour ledit Pape Léon duquel f ay parle: tant y a que 
iay leuau fabliau intitule, Des trois dames, les vers qui fuiuent: 
Ma peine mttraj Çrnt entente 
Tant corn* fera? en ma intente, 
^eomer.ltnfabltauparryme 
SdnscwlourCr fansLcmime: 
Mais s'il j a confinant ie 
H ne mechault qui mal en did 
Carne peut pas plaifit a tots 
Confenancie fans hiaux mçts\ 
Gauthier Arbalcftrier de Belle-perche, qui à compofe le Romande Iudas Ma~ 
chabec auant Tan m. cclxxx. fait auffi mention de ces deux fortes de ry me tour : 
. au commencement de fonœuure: 

Unedi p a* ({aucun biaudit 
Ni mette por faire!* ryme 

Ktocfonantc *> Letnime. ~ 
comme auffi vn Simon au t heur d'vn Romand Alexandre ,con>pofé en Pôite* 
uin ou LimofiiKcommcnçant, 

Chan^m^oildirperrymeC^perleoin. • 

Del fil Vilipe h J{oj de Macedoin. 
aufquels exemples on doit remarquer ( fçauoix en* celuy de Gauthier ) que les 
efcriuains faidoy ent du k, pour c: de l'v, pour ou : & en celuy de Simon que 
ja ils vfoyent du ç : vous a fleurant que lesliurcs où i'ay pris ces exemples* (bnc » 
eferitsil n'y aguietesrooinsde c ce. ans. Ce qui fera dit comme en paflanr, 
&pour toufiours aider ceux qui trauaillent à embellir noftre langue Françoi- 
fe:& conformer l'efcriture à la prononciation , ou reformer la pocfieFran- 
çoife (elon l'art pratiqué en la mefurcdesfyllabes & pieds par les Grecs &Ro~ 
mains : comme fait Iean Antoinede Baififcoëte François , trcflçauanc és lan- 
gues Grecque & Latine* Bena rdmoy ne de Cluny, duquel i'ayctdeflus parlé* 
femble ne diftinguer point cette ryme. Car en l'epiftrc adreflee àfon Abbé, ÔC 
mife tout au commencement dudit liure intitulé Decontemptu Mundi , parlant 
de {on ocuure compofe en versDaû y liquesrymez,ildit, /</ enim genm-metri* 
cum dafljlum c$ntinuum , exceptk finalibw Tnchao IrelspènJLeo , tum etiam finoritatem 
Lcpninicam fèruans , *b fui difpcultatem iam pene> mn dicam penitm , obfelcuit. Dentquë 
Htldebertut de Lauerdino , qui ob JcientU prarogatiuam prim in Epifctpum^poftin Me* 
tropo/itanum promotm efi : VVichardw Lugdunenfis canoniew, ~)ierfificatorcs prJefiantifiimi, 
^uodfaucainhocmetrumcontulerint^lam efi. Ledit Uildebert en fit la louange de 
iainteMaricrEgypticnne,& V Vichard vne fatyrcd>enuiron trcntcvers,doat» 
les deux premiers commencent, 

Ordo monafiiem etclefiafticm efefilebat, 
f Pura cibarUdumper agnftia r*ra .cilebat>. 



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D E LA L A N G V E ET POESIE 
quint à ceux dodit Benard ils font tel», m 

H9rdmuifm4, tfmf9rMrpe&imd fmt,^iffhnm: 
Ecce mindeiter imminet drbiter iUe fufremm* ' 
de (or te qu'à Ton dire il y a appatéce que le fon (que le fabliai^wppelc coûlour 
Léonin) foit encoresmots, confonaa- 
tie en iriglemmSt fufremm , qui fon t au bout des vers. De fiu t iife trouuue des 
couples anciennes bafties comme les quatre vers Laeinjscydeflus tranferipts, 
principalement celle qui fui t , prit d'va Diâ , intitulé Peur orgueilleux hu- 
milier: 

Certes fixefii demefure 

Cors qui nefi quefiens G* ordure 

J£t firmé^ de fi >*/ matière % 

HOÎPf* orgueil fi défigure 
t Et fut au il efi en duenturt 

D'ejtre demain mis en U bière» . 
Uo&lesi,ii,iiii,&v,versreprefententla Léonine de muifiima peBsmd, mi- 
tuteiter & arbiter : comme , matière , & , bierc , la confonance de ^igfemm & fu- 
fremm. Gauthier Mapes Anglois a (uiui cette ftru&ure en fes ry mes Latines, 

Tant* *yiro locuturi Cdrum care ~ïenerari, 

StudedmmeJfePuri* Et ~rt cm fimw cdri 

Sedcr' loquifibrii Caredmm cdrie. 

Cette confonance eftdcclarcepàr Godefroy de Viterbe en fon liure intitulé 
Panthéon: CÙm^erfuafequeMes'uiftexerint> confondntUcr deleffdtione metrorum du 
Ugtndum^Uertmp^mcentuuQax ayant commencé par quelques vers Léonins 
là* que ceux cy: 

Fecerit drchetypum diuiud potentid mundum, 
Mente fùd cldufum non relus adhuc oriundum. 
il n'acontinué : aim fait vnc autre confonance qn'l la fin:comme il appert par 
ecuxey, 

Stgtfdciunt tempm i fdcit& 0 dimenfio rerum, 
<s€ttdtes dnni motm mord metd dterunu 
Finalement après auoir longuement fueilleté des liures , que ie penfoy me de* 
uoi&apprendre que c'eftoit que ry me Léonine , i'en ay trouuc vn petit ., inti- 
tulé L'art èc feienec de Rhétorique pour faire ry mes & balades, imprime Tan 
r M.ccccxciii.qui<Ut,RymeLeonitmeeftquand deuxdiitions font ferabla- 
99 bles & dépareille confonance en fyllabes, comme il appert au chapitre de 
99 Ialoufic ( c'eft de Iean Je Meung ) 

Preude femmes fdr fdint Denis \ , 
^Autant eft que de Feras. 
de forte qu'au dire deceft autheur , ry me Lconirte cft celle que ceux qui depuis 
(ont venus ont appelée Ry me riche, Maiftre Pierre Fabr y cure de Meray , qui 
^viuoit du temps du Roy Charles vi n. cft dece mefmeaduis. Carildit.Ryme 
„ qui fc termine à fon Léonine eft la plus belle des r y mes , ainfi que le Lion eft le 
„ plus noble des belles. Et doit auoir la dernière fyllabe&lapenultime depuis 

la 

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FRANÇOISE LIV. I. x 
la *oe*W,.Grmblablc ea^(ogr*p We^accen tuagMi «c pt^<mcûtiatvlWUguc 
cèft exemple, W - 

r' cUrieufi Ifiergt > Cf : fuceUt 

j^w « de Dieu mere o* ABccBe, ' 
Pardonne mytJuu mts péçh࣠^ . > 

DefqueL te Juifhrt entedne7. 
îWitén^bres que décelé Ljtoniifc foi&ïcs ahckni Romatu , qui mcttoicrtt 
douze 8t Trcizçfyllabéstuix vcrs,^c vingt ou trente lignes toutes dVne liûcrè 
& termiaaifop:$ que ry^c Cïoîftfe eft celle qui n'eft pas Leonincçaais entre- 
iricflec^ar le prbpqs duquclFabry i'apprën que la Léonine eftoit ce que nous 
appelions rimeache,& platequandlaufierefc'eftàdhrelâfin de* Vets ) eftoit 
toute d'vn Ton & non cnrrcnacflçe ne proifet d'autre cadence» comme les vers 
pris des vieils Rorùans d'Alexandre & Siperis, que i'allegueray au fécond li- 
ure. Celiureejtdntprtfquedcheut'& chrifHne;com- 

f*feeenuironiani$oo. les^m qui enfument. . ... 

Seigneurs ^^^t^m^rktn^ 
Equrncéitions Grleontmerei, \, _ . 

Seie teln^pukf4ire,ne : depn^erjmn Hure. , [ * r ,. * ^ 
Car qui 4 frouuern'é fiultil cuer O* deliure, 1 • 

; h ' M ' Zt leQnibiài^èd ^ V*. ' 

; Î,4,, '* T ; ^ Màuh fouubit ehntlefl ce qu'il deurotr ekfiwfà ^ > > r < 
Dfcfortié^Rrael^^ 

fe. Câr céu* tté^efte vie fbitt crbire^yedxwnt^c^ctfx bar tout ; forseA 
ces quatre <fôfcn!èfr : nèânttbblns ïà Hfietë'fcft de ifttnë trèfriche. Vojr- 
la ce que iê puis dire de la rime quan t à prcfçnt,& iufques à ce que i'en ay e plus 
grande certaincté:laiffantliugcriux lè&eurs fî i'ctiraologie de Léonine eft 
bien prouuee ou non. Car n'eftant rboy rtrefîbe raifonnâbléraent (atisfàit pour 
ce regard , ie ne conclu rien , & fufiïc, que fumant raadcuife , Fai rbcveil- 
xi ce qvi estoit espars et DELAISSE* : ou fi bien cache , qui! euft efté 
malaifé de le trouuer fans grand trauaiL { 

;.. FIN D V h t I V R E. 

* f 

; HHHHHHH 



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jt. .«> »t r-- v- licîls t.-.iiioïj flou' .nv a., i vi;h i • - , : :rï. r.:::t 

... IfÔMiSjÇ iTe!W)¥!KA-Jl*.Bi»E^ OJEYVR^S D AV- 

; ji ctffts Prêtes '& L Ryn^r^p^ois ; yiiians ; 5 




Ombifn qu'il fe trc^gc pluftcurs fiiircç fa i fans mention de 
Charles le grand , & âiitf^sp.uta^ foup- 
çonneauoir procède ç^^Uy^y^^cs autcufsduRom d'A- 

LxanJrc:on ne les pcut^f^^^(^^u r s noms , ne par 
le, temps de lacompoiitjiPB^ ic 
^^fuls.ÇL.iHiaiïu JemetcV^^ VViftace 



£arcesvcrs; r. ; : :riM.p -^iitt vfai?-';! 



r f \ ( . ? -7 î . ». i i î v : , 
-;; «irai îc'j wOi*' *„b *. 



; 3,1/3 Ji'i/p ^^É^ 



Kpj 4 e» Wre ( . 

•Afr/r* Huiftace le tranflata. 
te ne fçay pas quand ce Me VViftJce nïourut£taai*à là fih de l'œuure il dit, 
Puis que Dieu incarnation 
Frift four nofire rédemption 
) ' i i ) { fyMffW cinquante cinq ans - 
Fit mètre FF t^ace cet Romans. : 
De force qu'on peut Paffeurer par ceftcdatte,du temps auquel H a vefeu. 
LAMBERT LI CORS, II. 

APres VViftace Ion peut mettre LambertliCors^c'eftidirelc court) 
natif de Chafteaudun,pKeftre> efeolier, ou homme de robe longue , qui 
ïcair les lcttres:car ainû faut-il interpréter le nom de clerc qu'il préd. Ceftuy- 
cy rranftaran tics faits d'Alexandre le grand, Roi de Macédoine, donna com- 
mencement au Roroand\Alexandrc,où Ion trouueen va endroit, 



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DES ANCIENS POETES FRANÇOIS XIV. II. jj 4 

L. 1a ^erte de fhifhir fi eam lil{p M fit, 
Fn tiers de ChÀeasJsm Umbert li Cirs tefoit/ ^ 
Qm de LéUwUtnfi % e^en^ 



\ • 



^ AL£XANDR£D£PA RIS. III. 

ÀVjae UqttfJ fcftant ioint Aie widrc 4e ferit firent :c^f«afe^fi»«t le, 
commencement du Roman d'Alexandre. Car en vh enduit dç J^uure . 

Ccdcrniçr vers me fait dire qu'ils ont çfté compagnons , & poffiWç affbciez * 
en leur Iongleriç<>Cc$ deux pourfuiuii£i|t lesgefte* dudij: Roi iufques à fa.j 
mortzacleurjiurecpimoacnçe, i!: ;j , : , : r„ i. C j:,> 



J? tf 0tyifbrer<ùfi*, fdmer^ de fa*?,. ; ! . i « >\ i < > : > : 
pe fiséUM^der&rÀ . ;h j v 

Vc^tnnemugrtun qu'on ^ en fu^eUr^r, 

JXe Ludures Trenger 0* deihi^ifàts merir. J 

tins <7>- • : a"'..' ï«3. 

I>y voulu tranfçrire ces vers du cômencement de leur œuurc , pour tnûnftrer 
que Vint^tiop^esTronuer tes eftoit d'animer lc&feigncuis,& leseneduta- , 

a 1 -pxERkE de s. cloOt- lli i. ; * J 

Y'' Ê teftattiènt duïiéRoy , a effté feit par Piértc dé S V Clèot \ âitiïi féifej 
Ijj uinc par ce? vers meflez audit teftament,' ' *" ; 

f fîmes de Jkint Clootji ' troUtte enftfcritdre, 

i£ueriUuHex.eftfcd ! u ijtfflwi 

mïititfiictréuuieautrtchdfedc Aheftrei. nB ' lb <^>'> ^ - ^ *• ' 

QVantaulmrccklavcngcanccdcQçRo^acA biw Çflftain quVn febanli 
Neudois l'a^i* ; ainfi qu'il apper* par^f vers^ : ^il , : 

/i NtHehisfiit moult hieri 1 fjfà^Xorr.;.,;: ;n . b - M/»/fiJ 

HJHrTïiHHH ij 



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.DBS ANCIENS POETES 

^ finhofielfi jitd : fi fi§>Uy*ns {y liex * \ 
rtfckdntwi fadit XjcUxdnàre * fis fieT^. 
% uarry % £t qudnÀ HU oi s'en fié * grsmi & srie^ , 

S * tlh Dfé 1 fiwquot de Candace en d ~)ters commenciez , 

^iimfak&'%iehrmtei}lie3 A 
tncor fera du Conte Henrt molt bien lose^. 
le tfzy par tt*n* oc de quelle qualité & d'où furent ces- quatre t rouuerrcs 1( fi- 
si&ti que cfc dernier vcïs % r . 

Fncorfira du- Conte JFfenqr moult bien loieç, C 
me fait deuiner qu'il veus pâ*kï de* Henry Cocntedc Ckarimagne furnomnré 
» leLarge,depuisRoide Ierufateml Que fi m# ècmieétofceft vraye ,Ncuelois 
4, ^uroit yefeu du tem.psde Louis le ieiine,Roide Pfatioe,*îaaant Tan m. cxciii: 
qùi fut celûy^u couronnement dudif Hè*f ^auquel Nirûeloi* adroit prêtante 
fon ceuurè. Cari'oferoy pT^qûcafôtfrer,qtt , i^ 
eiKorcs à Troycs,vfiç bonnette famille portant le notti drNeoelet. 
J£* dn *~ Le genre des vers ckeesauf heuri, êft d^âouzè Ôcittizé fittabes: & Ion pen- 
tom- & quelesautres quileur iefeihbletic ont ft te leur rtom , ou pource que les - 
faits du Roi Alexandre furedttfômpéfcz eta^cef vers ,ou pburce que Alexan- 
dre de Paris a vfé de telle rime. Iepenftrôf Bien quclespltii anciens vers fuf- 
fentdebuit & neuf fillabes coÂme vbus auéz vcuceuxdu liurc de la Grâce 
compoféenTbiois^&.dti^luy deBrur. It^ft vray qù'vné grande partie des 
. f . Romans qui parlent de Gefte ,fotit corn pofez en vers de douze & treize filla- 
bes:maisen quelque forte qùet<fôtf>î*g^ 

endemoureàceft AlexandtfcdçT^ris; Vàedtofedoit eftrc notée aux œuures 
de ces bons pères, c'eft qu'ils fàitoycnlr lkfifiere<hT fih de leurs vers toute 
vnc, tant qu'ils pouuoyent fournir de fillabès cpnfonanteV: à fin comme ie 
croy, que/celuy qui riuchoit la harpe x violon, buaufre irrftrumettt, en les* 
cbànWTrr'hé fuft contraint muer trçp fouûeiu Te ton defaçKanfbti,eftanstes 
vers mafeulins & féminins méfiez enfemiîi in^ahcnVcti hïriîfî^uè voasWfc; 
veu par le comn^ejnceuieEt fki Rojnan d, Al^x^nd^e,cy deflus^rranfaipt. A 
quoy ie penfe que Pierre de Ronfaril Prince de noftre poefie Frânçoife, & les 
aiitfjçsyçfji^ppu^ que 
les odes,déux vers de rime mafeuline à deux décime féminine, & au çpn traire' 
Car c'eft le>vray moyen de fairpcliatcr (ops vn (eul chat) r, toutes leur* pccfîesl 
ChofeWen inuentec dçrç^ta pWeden y^e f'eftoyçnt aduifez. Geofroy 
' 4 Thory de Bourges f'eftabufe, dilante# fon^u^^^titjilé te f d^pp,ftCMn ? 
que Pierre de faint Cloot,& Iehanle NeueJois,eftoient feuls autheùrs du 
- Romans d' Alexandre. ?Idhéh Je:M<itf ftt &lge*^pÀriMi@aii Temple d'A- 
>9 mour de cefte façon de vers r dit , Laquelle raille iadis auoit grand bruit 
" ert F&ficc* pqurceÇâ* Je prode/Tes-dù $ïoi Alexandre fc grand , en fotitrf-, 
'* crites en anciens Romani :<toma^jmié ^t>dern«t ne tienrietu coa^ptr a^^ 
^'jourdhuy : toutefois eeT&i^iitakttt^ I'ayrc- 
" marque quelqucifrVr^\*e%rtfa^û*i a^tanv^cfr p*ddpr de gens qui tom- 
* - *boyentd'vnemontacnâi^"ft ' 1 ^ \w -m v< •< >y,\,\ \\ v^;. À \ 
fc ' 7 lîJlfflHHH 

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FRANÇOIS LIVRE tï. m 

De la cofiedefrochenr 9 aual ^Hnt périmant. 
par lequel vers Ton peut,à mon aduis^renoaueller deux mots,* fçauok, defro- 
eher,& periller.Ca^ fi nous difons dcfcrochcr 5 poor ofter dVn etoerpourquoi : 
ne dirons nousjdcfrocher pour tomber ^précipiter tfvh roc.'Et comme fçau- 
riez vous mieux reprefen ter le Latin de péricliter 6c feriditari ,que par perillcr^ 
puis que nous difons péril pour pcriculkmHt n'ay pas délibéré cy après de faire 
ainfi de tous les mots ,qui fe trouueron t aux vers que i'allegueray en ce recueil ' 
de Poctes-.mais i'ay voulu monftrer par ccux-cy, ç6me Ton fe peut aider d'au- 
cuns>qui vallent bien le réhouuèler.Ces vers donc qui fuiuent , pourrbpt fer* 
uir à ceftefft#:& donher à cognoHtrévne partie du ftildefdits Authcuts: l'vn 
defquels parlant d'vn cheualier qui donna vn coup d'cfpée fur le heaume dVrt 
autre,dit 

Si la féru del hranc que fus F arçon tadehte. 

&t De morts o* de nauures entonche latampagne. 

& sAbi Dame fortune tant cfies muueliere. f . 
comment fçauriez-vou$ mieuxTçpreftrtter nouatrix Latin. &xeftuy-cy, 

Du longcomme il eftoit mefura la campagne. ' 
parlant d'vn porte à terre d'vn coup de lance : ne vaut-il pas bien Italiam mettre 
;4ff»j?Ilferrouueencores plufieurs autres belles manières de parler ,& des • 
mots,queleftudieuxdela poefic Françoife pourra imiter, ou refondre ainfi> 
que i'ay diéfc,fe les approprian t comme Virgile ceux dTnmus,Pàcuuius,&3u- 
tres qu'il rt'a defdaigné lire: 6c atrfqùèls ces ? vieux Àuthcuts , don t maintenant 
i'efeti les vers^euucnt cftre comparez. Yràjf eft qu'il faut du iugement pour • 
refondre tel*mots:car on ne les doit chôïfîr rârit vfez*qVils foyent inutiles 8e • 
hors decognoiflance. Pourcequ'ilyaurotydàhger q^vn autre Phauorin ne 
nous reprochaft que nous parlerions comme aùeC Bafine,Clotttdç4Fredeg9n— 
de ou Brunehaut/cmmcs 8c mères de nos premiers Roy$. Mais auflî , oâ il fe~ 
trouueroi t qu'ils fu (fent en vîage en quelque contrée de noftre France > il me 
femble qu'on peut hardiment les ramener en vfage : encores qu'ils fe foyent 
pour quelque temps efloignez de Paris ou de k Cour. Le ornai du Paon , cli 
vnç continuation des faiûsd'Atexandr^: leqi^fçtfouuê lajbityiotfyeque^ 
doRoy^uec plufieups autres^doni te n'ày peu nommer les Àuthcurs, pour ne r 
les auoir entièrement leus. • s . ! 

I>E GVIOT DE PRO VINS, *j€uthêurd'yn%oma* 

intitulé la Bible G mot. .VI.* 



A Près ceux-là peut élire comptée' la Bible Goiolîpourcefcomraeditl'Ati^ 
theur)que fon liure contient vérité: mais c'eft vne bien fanglan te fatyre^ 
en laquelle il blafme les vices de tous eftats, depuis les Princes iufqucs auxpe*- 
tits.Lacopiequcx'ay,efcriteilya trois cens ans, l'appelle Bible dç;$ûiof 
Prouins:& toutesfois par tout le liure il ne fcnorame.de ce nom. Il comment- 
ce ainfi fon liure, " 

HHHHHHH iij 



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DES ANC! E'NrS rJ?>OETES 

Dou fiecle puant O* horrible 
iM«c. A 1 Mefiuet cmmencier T nt B ibk. 
mm i' Por poindre typt+ipilUnner* 

Etpor gant efempU mtnftrer 
inoerit. Çe* wenpas Bible* loyingicre, , 

3 moc ' . . Mais fine ^Tfoire droiÛuriere, 

î^fi' Miroirs iert à fptes gens. 

4 vraye. a c q. * k ommc g ranc j c expérience, & a v*fcalongueintat:cat ayant par- 

le derErapcreurFride^^^ & Ri- 

chard Roys d'Angleterre , du Comte d' Arragon , Sç Raimond jfcranger Coa 
frerc,d' Arnaud Roy de IerufaLera,& autres (ans nombre,il dit. 

Les Rois les Empereours, 
Et ces dont ïdy *i parler 
Aïe Treuil iepas tes ci conter: 
Maiâ ces princes ay-ieTèus. 
Et puis âpres en auoir nommé plus de cent , il4tt, 
le ne bornai Baron nommé, 
J^tume*it~*eu&»donn{* 
Mm fe furent li plus eflit, 
Porte font en mon cuer efertt. 

£P rcs auoir bien couru & efl *y é dc P'^ficu" fortes de religions , il femblc 
qu'il fe rendit moine de S. Benoift.Car ayant mcfdit dçs mainç*,iladioufte # j 
Stfi* ' t . ^ Sus moy cherra treftouslii g*, • . s ! 

ÇST ' ! ïorceaueitpoHUes noirs drar. \ . . . \ [ : .r..-, 

dfI tl yYi: Tap/usdedouleanspajfe^ . -v!:. 

g*&r. Q^es noirs dras fui enuehpe7. 

puis*ttvn autre lieu,il dit, 

Tntàe^oj-ie bien nof ire ordre, \ 
tieflm Jdiecuitneporront 6 eftordre 9 
ntr. Ltbon ùreudhomme, li ^bbe, 

>froiw- ' a Dontli lieu furent 7 h entre. 

fêtent j>làint que les anpieris Abbez entrais aux charges , èfpoufoienr trois 
pacdles^harircjVerfcé,^ Droiaqrealfemble aiioir voulu cfprouucr diuer- 
fitez d'ordres;car parlant de Citcaux,U dit, 
Si ne fui onques de l eur ordre, 

5 moqué Mais pource* raponne^en fui, r 
Mttf '» QuaClcreuaux auatrcmoxs fui. 

• Or dit en que mal miprouuai, 
.. T orce que tant y feiournaj. ^ r 

Site eujfeejié en la route '' : " 1 ' 

Veux mou ou trois, lien fai fans 'dtute 
Que n'en fuffent Ji refbonne7. 

&apresiWirtnëorcs, J/ '** ' " 1 ^ : ' 

guatre rmU fui à Clereuaux. ' ' , 



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FRANÇOIS L4>^E I*. j,* 
Ce qurme fait plus dire qu'il fût raoiiwy& encarc$deCluny,foûr ces vers, 

MdisaCjunjcomimmengue^ / 

Meftuet feoir k bouche mue. 

Trop fint a Clunj l?oir dijonr? 

De ce au ils ont en conuenant,. 

Tàtestor ententes y metentf . 

TsvpInentienmtcequUspnmetenti ' ! /n/ 

Zeurconuiue euffeplusthier . ' < 

4 s'il fuffent^nptmenftn^m* 

Il a grandement voyagé par le rnomfejpois qu'il dity 

Moult veut Us Hojbitaliers ^ . 

Outre mer ey damans & fien f 

Moult ks Tri en Ierufalem, 
U , Erdegantpriscrdegrantfek. . 

ftautre part iïmonftre qu'il fut en Grèce, 

i C4r/> en Confiantinoble * 

Quittât ert telle ey riche Crnotle x x 

En moins faner d'autre eydenu .* . 

jguatreEmperèots r puis les ~)tï i 

Dedans le terme tos morir r ••. 
\ Delfilm9n^car l ge7C^iwmrdrir. wltil 

Il t(fti)icn certain qu'il a vefeu & faidt foulure depuis Tan mclxxxi. puis 
fltt'ildir* r 

EtdeÎEmpereor^terri- x-wriie* 
F*sj>uis bien dire que ie~ïi 

J^u il tintant Cort à Maiena: \ .i. . 

. I ce ^di+ic fans dotante 

Conques fi pareille ne fu. . : ., . t . 

&laquclter Abbéde Vrfperg,ditauoir eftétenueaucKtânrquandrEmperc» « 
Frideric firfes deufcenfans chcualicrs.Maisauffi y a-il gjrande apparence qu'il : 
racôpofécnuironran izoo^rayapprisdeceGuiotdeProuins , le vraynom » 
François de lapderred* Aimant, de laquelle vfent lés marinîcis à la conduite 
des nauires allans fur mcr>Car après auoir parlèdu Pôle Ar&iquc qu'il appeU 
IcLTrarapatane^ldiô, 

JceUeefioileneJinmet; 

Vnart font qui mentir ne puet - > 
P*r~ïertudeUiMarinette, )ALm£ 
r V ne pierre laide Çr*noirette rmitn. 

Ce Ilote feront trop grorqui voudroit mejttre tous lis foemes queiay.lwat: 
& lex trai<$ que i ay toit d aucuij^feruira pour foire garder les viciîslmres ^ 
ne les vendre plus duac relieurs: car ilfe trouue quelquefois de bonnes pièces 
parmi tels cahiers moifis Lcs vers qui enfuiacmxne font croire qu'il vefquit^ 
oiuantlacbnqucftedcConftantttioplft, . 



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DES ANCIENS POETES 

. Tm lijittUftr fw iul*t 
•Grtci. / Str d»x tins que fir la 1 grifftmt. 

BLONDI A VX. VII. 

I'Euflc peu mettre Blondiaux auantGuiot de Prouins,n'eftoit que ie ne trou- 
ue point ta mort de lVn & l'autre: mais tous deux ont veu Richard Roy 
d'Angleterre, lequel mourut Tan ixoo. Fay vnc bonne chronique Françoife 
quidit,quelcdi& Roy Richard ayaûi eu querelle outre mer contre le Duc 
d'Auftriche,n'ofant pafter<par r Allemagne en c (fa tcogn eu, Se encores moins 

{>ar la France, pour la doute qu'il auoit de Philippes Augufte , fe deguifa. Mais 
c Duc qui fçauoit fa venue,leiïtarrefter & enfermer dans vn chaftcau,où il 
> V> demeuitprifonnier:(ans que Ton jfccuflrdc long temps où il eftoit. Or ce Roy 
*>ayant(ainfi que dit cefte chronique) nourri vn Mcneftrd appelé Blondel , il 
» penfaque ne voyant point fon feigneur il li^y en eftoit pis » & en auoit fa fiel 
plus grand mefaife.Et fi eftoit bien nouuelles qu'il eftoit party d'outre mer, 
y, mais nus ne fçauoit en quel pays il eftoit arriue. Et pource Blondel chercha 
>i maintes contrées,fçauoir fil en pourvoit ouyr nouuelles. Si aduint après plu* 
» fieurs iours pa(Tez,il arriua d'auanture en vne ville aflez près du Chaftel où fon 
» maiftre le Roy Richard eftoit, & demanda à fon hofte à qui eftoit ce Chaftel: Se 
» Thofte luy did qu'il eftoit au Ducd'Auftriche. Puis demanda fil y auoit nus 
»» prifonniers,car toufioucs enenqueroitfecrettemencoù qu'il alla fi Et fon ho* 
» fteluy dit qu'il y auoit vn prifonnier,mais il ne fçauoit qui il eftoit,fors qu'il y 
9, auoit efté bien plustl'vn an. Quand Blondel entendit cccy,il fit tant qu'il f'ac- 
w »cointa d'aucuns deceux du Chaftel, comme Menefterels f'accointent légère- 
„ raen t,mais il ne peut v6ir le Roi,ne fçauoir fi c'eftoit il. Si vint v n iour endroit 
„ vnefeneftredelatouroùeftoitle Roy Richart prifonnier , & commença à 
» chanter vne chanfon en François, que le Roy Richart & Blondel auoien t vne 
„ fois fai&eenfemWe. Quand le Roy Richart entendit la chanfon , il cogneut 
» que c'eftoit BlondekEt quand Blondel oc dide la moitié de la chanfon,le Kof 
„ Richart fe prift à dire l'autre mqitié,& l'acrtcua.Et ainfi feeut Blondel que c'e- 
» ftoitlc Roy fon maiftre.Sifen retourna en Angleterre,* aux Barons du pay^ 
» conta l'aucn turc. Voila ce que dit mon liure , lequel ne parle autrement de ce 
Blondehraaisi'enay vn autre de chanfons, entre lefquelUs il f'en trouue vnc 
douzaine fous le nom de Blondiax de Nèfle, que ic ne puis apurer eftre ceftui 
cy,familier du Roy d'Angletérre. 

Monfeignor THIEBAVLT DE MAILLI. VIII. 

i 

KmonvolumcdclabibleGuiot,fuiuoicvne fatyre intitulée l'Èftoire U 
omans de monfeignor Thicbault de Maill^commençant, ? 1 
^Cceane "W a/i fiecle ai pçnfe longuement y 

Force ^ueilretrere le mien entendement, ' ^ 

Si ejl hten <jue h die ce ou ie penffruuent, ' ' ' ; V 

Force 



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i FRANÇOIS IIVRÈ II. , / m 

fmt^stineffâjfletresUdirefl^ 
H feœbtajtftfi'aitt^te par commandement d va plus grand fdgtteur rcar 

Mtdtsûfenfî âtsfiede depuis que M connut, 

Mes* Sorts me froid uusustu f sorti deli, 

jgHetJUchêfe feiffe oufenfiftons 1 endos. 
Iclioreatftcfaic depuis le voyage de Iernfalem^ainfi qu'il appert par ces 1 
vcxs,8c principalement par le mot de Beduin. 

EtTsn%Cr<Atài x Bed*m&Perpmt^ 1 
qui eftoient tncogmts à nos François auant tel voyage. Encore! y «-il appa- 
rence quttavefcudqwis l'an Mcuncpourcc qu'il du, 

sA'ms fçdiàefcUnt au Usâurontf Imbonté 

Que ri en ot fissnfl Tnonus qui fut écris four % Je. t nU* 

car iepenfe qu'il entend parler de Thomas Archeuefque de Cantorbic cfttraé 
martyr,&canonizcl an MCtxxii£pour la renommée de fa grande ûinAeté.Il 
fait auffi mention dVn Guicharsde Biaugous comme d'vn homme de grand 
fçauoir,retiré du monde,ou Prcfcheur. 

£tàflm fait fins cnrcflusenefl * pasurom, . if 40 **. 
Moult s* en dpfetetutbien dons Guschors de Bsoug 



» Bsstugm* ' ***** 
Il fiai â: auffi mention d , autfes,queienommeray afin de remarquer plus cer- 
tainement le temps qu'il a vcfcu>f'il fe trouue puis après liurc ou tiltre falfant 
mention de quclcun.dVux ; nelepoufciant dire, au vray pour le prefent.. 

. Ce^tseky^yneUdi^Cr ce<^4He\oi \ 

Sm^queceriefi - ^ 

• ^ins^os^ueil+étmentoiuredeSimondâCreJpi tmèr. 
» Qui le Comte %do*l fin feredefoui 

£ttnuu4enjk bouchtlrn * froitffaqueslemi 50**t~ 

Qmli menait UUn^dùntiurdty^ptenti. ftUevn 

UCucns^itldinerueilUjnoultenfssesbdi* . 

Es-cr donc mes perti \qmi tant chdftidssx 6 broj> , mmmio 

l'a nauoit-ilenfrineem^f >rince fihstrdi ~ if* mu* 

J^ofifiymliferenenserreneepri mimtpar 

4uildu*iré»JifdeUiffdCrtnbaj, * fïîj'* 

. /• ♦ Dcdasss^ne frrcfiencfUs enfôus^ * 

Ce Simon dcCrefpâfut filsbato 

mandois,fils de Hugues le Grand, frerc de Philippes premier P ' 0 y j e Pj ancCî 
lequel Jimon deÇrefpiyiupiU'an mcxxx. 
teigni.Il en nomme tneored autres,. 

^*m7 *confieKt&iet^ié* x ?aHth)t 

le: riches ty> les panures ri en im'kusdeportex * 

^lecoupè^ngdrctnfatfinfm^eftex. - 

IIIIIII 

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DES ÀMCtENS P ôtYES 

'Moulteft-ffoîfmtifet tnfdefià^èUnfét^àrc.\ : ^ • 

^y,. guet mont oit fipreudbomtantert grand 1 manmdic » 

\ guetnmouttpeu ditmïntèoittouteguerpit. 

' Pàr fon œtrore il aducrtit chacun de bien&ke^abftenir de pécher, craindre la 
* mort,& n'efpecer auoir (opposes chofcs que plus nous aûons aimées en ce 
moadeJ , 4y;emrqûé&^^ ' 
Por néant aPouoiriUqui ne 'yolfdepondre^ ÔC< " \ ' - ' 1 
Maternent fa&U fit *dte quiau drefiierla bnfi. 
e«orcs*â^t^ J 
*»HP * pUde*r % loëUentende\entendexj> f 1 

Gransdolors^osliientprts^mespou^osenwde^ 
ïyojfy ^Auel^-^oue mes fit Rendre quant * THndeQ t 

fy % * Scautreparrilâit aux Roys,DuCs & Gokâtes, 
JIMMr^ : , fruHresn**^ 

r . Ctlqutflm donne *um fi arnvillornHtler; ^ :u 

Et qui miex fiait trahir on k tient amener. V 

De RAOVL DE HOVDANC ou HOVDON. ix. 

IL «ft bien certain que Raoul de Houdatic & Chriftiett de Tfoyes font 
mojrtsfcuan^'an mccxxvii, pârcequ'al'*iffod'e«x Huotvde Mcri au tour- 
jioiment d'An techrifti& lequel nommément dit que Raoul auoit compofé le 
Romans des aefles, 

Car Raoul fin efiu défait 
El Komans des aejles comment 
x Le pourtrait,eyci ' ' 

Dejfm auoifïnGolemheaux ' v 
jgui de cortoifie ot deux efles, 
ïtfçm . Ou et autant* panes tytltes, \ 

' Corn' Kaoul de Bouddnc raconte 
Qui des deux elles fait^rn conte* 
. Mais ie ne vcykmais ce Romans, ains feulement vn fabliau > quieft vn conte 
faiû à plaifir,comme vne nouuellp méfiée de fablcs,où volontiers à la fin il y a 



ionge d'Enfer,qui eft en fomme le chemin que tiennent ectix qui cherchent 
cour dl! fdgnèur43tolwlÉ«ï deu*detmè*s versle notriment ^ ;> > 
• . r^demudan [ahsmenfihgi r : , y : m!. n:,:if.\: 



quelque interprétation moralcCc fabliau de Raoul eft intitulé La voyeou le 
ionge d'Enfer, 
Ufdttfeîgnè 

^ù^ldeHoudah fansmenfihgï 

plefant chemin &*beh»l^*ie 
* Treuuent cil qui enfer Iront quetr&*~ 
Ilnommeaucunstauernier$deParis> : - 
Gautier Mouans ne doute tien, 
lehans Bojfue li amjien> * * 



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FRANÇOIS, WVRB IL jfl 

ffemdn&simlifardeliers, ^ 
. gmmainf* Brie*m4mtdepUieT^&e. ^ , \*q**m 
«lofait tous aniïs deHafafcfeconfimeauffi Micht* des Treilles <fc Giran it 
Trois Jlrcmarquc vue couftumclors ptatiquicjCOflime ic cwp # en Bretagne, 

Mes tetdinfifemfiiefktfe 

^Gwmela*t0**mmcr 

Mefhét eferemir €T Initier. 
I ay leu de loy vu Roman intitulé Mcraugis de Potlefgucz, en vers de huit CjU 
labcsaffezcoulansrà la fin duquel il dit, ? 

Ci* tente fout >fi s tndetim* ■ 

C§mmmçadecekmatire. 

Senm i troue plm^uedirt 

jféiln*iadit>fidte*uont % 

j^ejfaeul /entairaatant. 
Etvoilatoutceq^i'aylcudeluy. Certainement il auott dVtflez bonnes 
uontions, t ^ 

De CHRIS TIEN DE TROYES. <X. 

QVant à Chtiftien de Troycs , le oofcCme Huon de Ucd te loue grande^ 
raent,difant, 

Car tel matière ai pourpenfie> 
gnonques mes net en fi penfi 
IfeSarraJtns neChrefti***** 
> / j .r. imeifievmrt éftC&riJhcns 
> De treye qui tant et deprts. 
r % mah diex Huendc Meri, ****** 
• i'oi £fù d grdnd peine a fait tel Iturt^ 

L Quil ne fit pas prendre a detiure 
.i: : . Ij bel François a fin talent, r 

i?- , i Hue cil qui trouuerent auant ^ 
r 0** reeœnillitoKteFeflite: 

; feri eft cefk œuurè tneins ejlitt* 
x ftfi*pb*firadehéuer; 
Meut mis grant peine a * efihiuer . - j $fi&>& 

les dis naoul & ckrifians,' ; jj^f" 1 
gnon^ne touche Je chrifians* 
a,-,;, e:, i v^JitR Hen&mme 4 difiient. s e#*if. 

liyfl^eiswnsr qu'allant en v*e I mprimerie, ie troftuay que les Imprimeurs 
fcfcrMQicnf > rçqiplir leur timpan d'y ne fueillc de parchemin bien eferite: où 
ayant leu quelques vers aflez bons,ie demanday le refte:& lors onme monftra . 
enuironhuit.ftieilles de parchemin, toutes de dipers cahiers, mais de pareil- 
le ryme&fuie&: qui me faifoit croire que ceftoit d vn roçfrac liurc-Lcprc- 

* I1IIIII ij 



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DES ANCIENS POETES ' 
mier monftroic euidcmmcn tl'autheur, & poorcc qqcie crain que le refte (oit 
écrduXfwnrayfcytoutceq 
njahsdu Gî^îCommciiccaiaS, 

^ ' St qui nuques rtcaHiUir^elt 

Zntelle*fifementeeJ}éi»de 

. Cdr*ntemfàrienn* x lr*lt. 

Muenefimencefechecrlfilt^ 

" Cbrifiumsfi^ \ 

V'^ni^mdnsqueUennmmente* 
It file fente en fihuenleu 
j^iïnepisettftrefiuugrantfrm. 
jhSilltfitPor le flm freudhomme * 
j^ifiitenfEmptreJeJ^omme, 
CtftUq*ens*helifideFl4*Jrés* + 
' \t Philïppes fut note méPhilippes d^Alfatie^Sc tenait lè Coté , l'attucixviil; 
. mourut l'an mcxci.U appert quelcdkfc Chrifticn anonuné vn de fcs-œuurcs,, 
IeRomansduGraal,pui$qu*i|dit> 

, chriftidns qus entent tyfdini ' 
r ^f rimoyer le meilUr tente, % 

Pétrie commandement le Comte, 

' Qiïilfehconteienctrtnjtd* 

Ce eJM tîntes JelOrddl, 

Dont tiquent IrbtilL le liftre.. 
Ce qui monftre que partie des Romans ont cflé en profe premienqu'enryme: 
mais iecroy bien que ceux que nous auons auiourd huy imprime? , tels que ' 
lancclotduIjic/rjiftai* > &^ profes Se ry- 

mcs,& puis refiraichis deJangaee .11 continua le Romans de la Table ronde: & 
Huon de Meri a bonne raifon de le nommer le premier de ceux de Ton tempsr 
car en ce peu que i'ay veu de f es œuurcs*il y a d'aÈez-bons traits,que ie mettrai ? 
afin qu'il prenne enuie à ceux qui en ont des liur es«nticrs,de les gardes y & oc 
les vendre pour les perdreramh qu'ont cfhf ceux dont i»ay retiré ces pièces* Eh . 
fin i ay trouuc que la plufpart des fuetlles dont i'ay parlé,eftoietit d'vnRânçttr 
portant le nom du Cneualier au Liomaoquel i'ay trouué touttesbeaux traits, , 
comme cette deferiptibade Printemps! 

CefueltermquéttbnsfUmiffenti, 

Foeulles ttfcdgts feruerdijfent* 
Comment voudriez vous dire en deux mots fdU filutftnd ,<\*c par cet &ax, 
Fpeulles bofcages?car on difoit Bos pour boisant vient Bocheroii» Au ca- \ 
hier de la table ronde, 6c parmi d'autres fueiikts,ilfait vnc aflez bonne deferi* 
pfiondelouyet 

Puis quêltét plditorm'efioutefy 
/. Cuet^eremimefre^: 



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FfcÀ-NCOîS' XIV.'IL 

Car parolle orne efi perdtte. 

Selle tftfk de tuer entendue* 

2*4$ milles Tient U parolle " ' v . V - ! 

^€$nfi corn U Tem ^HuTolty 1 \ • 
f Mes ni anfie ne den^ ^^ » 

\Ains fen fart en mole petit tto^ - 

SeU esters nefifi etsesBex , 

Quoi prendre fit apareilh^^ ' 

Et quil la pmjfe en jmïïmw ' * v 

Prendre t*r* endorre retenir* 

Les oreiUerfint Troie 1 des* 

Par ott Trient istfiptastwer la Trie , * 

Et li esters prent^dedans le Centre 

La Ifeix qui far tore&ey entre: 

Et qui or me Ttèssdra entendre 

Ctter oreilles me Joit tendre. > 
Quant an ver* qui dit, Les oreille* font xoyt «rdois: ce mot Doisfignifié 
conduitoucanal* tefraoing vn veu delà première ebanfonde Monfefencu* / 
Gaces Brûlez, • 

%Ah renouveau délai doucour oVefif 9 . r - ' 

jgue redakcit kdm*H4afintasne* 
Etcncores en Nprm?pdfecmappç»e dotticvn Canal. ïidtfcïkVnc dccoafitài- 
rc de gens, ainfi qu'il tnfoit, . 

Et est qui, ehdjfeht les débranchent M 
^lorstheuauxloreipèèentj, V 
L*s Tùfcdefor les mmsroêtént, V' 
Jtys'entrtfiUenttr occident, / 
Laidement s'entrecontralient. 



tcrM$> 



prtaekfcei&fetit^ces^ctettei / 

• • Cé' tèferoh trép ^Udnkttx r ° M ; ; 
: ' >^\D*^< olÊn\&ç fere deùx* JBfîr, " < 

Ne doit on faire fe malnon. Se, ] 

Car tiex a p attitré cuerey loche, . 
4^y*ttynfmtdJ^ 
Vefir foi tourne tefihgnè, Y * 

j^maintenanthontecr ^*rg*&* < 
JÙcmfmXrfiicttefm^ iy 
- Upauure cuer àn U a d cert \ 

Et fi li denneptamemen* > 
s Cuer& 

AvKùtùzà do Chreualier au Lyon qui cft de lot ^cfine: 
li autre parlement tt^mtrs t 
J>a*ngtJJisG+desDolorsy 

iinni 

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DESIANCEEtfS «OETE* 

ttdesffansbuensqueont,fiuu^^, V*v •> ^ ^ 

Lesdejapledefinanue&ù''^ 
jgui lors efioit riches 0*/k*t*f+ \\>\u , *^ \Ji 
jfjftifc. -A*« orjapetit des *jto$s*< t r '\ ^ 4 > ^ 

Carbienpres knt tretuit Utëii^ ; ; u r 

Car cil qui filoient amer, Wa> '* V v '•■• ,v > 
Se fdifiuntctmif cUt^y^ y v.m-m'Vv^ 
Et prou cr large O^hmmUtsl ^ • * p : Vï 

ïmeq*ecilqwritnciità finfemr \ < i\V.s l 
P*W quilaimm,tn$w*tekt: v v.» '. 
. Etcilfalety>/nenjfag m a , T 

^finl>antem&ne»#ipnt:\ ~ v * \* \ 
Mais per parler de (et£p* {uhnt+ i i v 
IsiJfmceliauienyUiton^ 

Ilmtftmtïcqucccs quatre vers derniers font d c bonne inuention >5r qtfïl 
fault ainfi les interpréter , Qu'vn h6tp« i iadts&ourrois, encore* qu'il foit more 
cfr raroentuenla bouche dc ceux qui hmt cou tui,& peut feruM'exera|>le 

llmacortoifienefin ,-!;?.; ^ , c f'p *lrx : , ! t 

pUitd$ifeufi^^t^\, ai ... .» v \ , , 
* Tojiours doit U tumier puif$ ? ^ Vl \ /' . v v \> mi v- 

t O»4f- Et tahons poindre &.lnt4fa%irvirty ; >W r. * 

pt&eainfi Enuiom \enuier ty* nuire. ■ ^ - vs'. V V- ! *.^ 7 v VV 
a Tn7« Geoffroy Thori de Bourges au tiureïu? alftguc,dit auoir v^ules œuure* deecs 
JJJjJf ckuxbonsperescnla po{C<%a4e%xc^ 

^y lww# me:& que ce Chrifticn a cbmpofé Vnliitfç WK^kl^wUçp à réfpee,&Vn 
# autre nommé Perceual dedic à Rh^ltf^pcs Cotpteijç F^drcs^ftui cft celuy du 
quel i'ayparlc cy deflus. Ce qui fuit eft d# Roma^^ChoAtelicr au Lyon, 

Carmltefifix^uifidenm^ v , ^ ,W ,v K 

De fin prou fiere^ine filehpre* * -m. "* l< - , v> > 
& dVneDame qui fe faifoit prier d'^ 

Et les prières riens ni grje^e^ A u> *- ^ ir V '\ÇL 

9 ^insliefmêeve^jj&j$ /U 

le tuera fere fin thlcnt. r ^ 

IÀcheHauxqvipatne^.enti\\\^ 

s'effircequantimFeftennne, fcÇf - 4 
Ce peu que i en ay veu , me fait ùigcr qu'il y auoi^ beaucoupde belles ic ^tn^ 
taicsinucntions,&^|^#^^ nrc \ . \ 

; 'ni 



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DE GODFFROIS DE tEîGNt; XL 

G; Ôdié$o»#B^!^^^^ 
mans duquel parlant de Lancclot, intitulé Lacharcrte^ cedeL^ignia- 
cheua : par le congé dudit Chtifticn , ainfi qu'iljcft clair par ces- vers mit 

àla fin du lime. 3 g 3 1 z C 

Codefro is de Leigni liciers, | 

y . : - .Aparfinee la charrette : .i/ii J 'X r I j~ ]f 

!/ 1 ... ; Mes nmhim blafme ne li-mete, - : \ £-.ff|*!o\t sh.iTjlt. 

• H-..;, ci,; .c SeforChrefiienaduré; :l j? .. • ; ' ?0 'n * 

_ . Car il U fet for le bon gré ' 

chreftien qui le commença, 1. 



Ou Lancelot fu e mmurex i9 
1 Tant corn Ihcmte eftdttrtfe 

Ity a de fort belles inuentions en cehuce» telles que celie^c| 
EtZancelot iufqu'alentrt* 

Vesiexeyducucrlaconuoic: 

Mesaxiexfueortelaioie, 

Que trop e^oit la chambre près* 
A * i - • ' Ztoil fujfent entré après ' > '/ . -î :':«:! /V, 

. ; : . «A/M/ ^olentiers feil peuft ejlrel r- •• / . " ;/» ;i/ 

ZiCuersquieJlJjres cr mejfrc v , ■. .f 5 'j 

De grèïgnor pooir ajfe^ '.• . ' » 

... Eft oucc lui outre paffcT^, - . . ,!,f> 

Fthod font reme*^ dehors •;•> j i ? - 

' T lams de larmes ouec le cors. . . il* ! > b -, 

Il introduit le mefme Lancelot, fe reprenant qu'il Pcftoit voulu fai r « mourir, 
pour euiter la peine du mal qu'il enduroit pour fa Dame. , 1 

Miexltoilltiure £r fofrir les 1 colx • 

Que morir por auoir repos. Se entières, . 

Gene fcailiquiexpbamehet, * 

Ou la \tequi me dejirre, j ; 

Ou la mort quimelreutoceirre: < <; _ 

tmfiï^ns^t autre ni otciu &encoret, 

Bien eïl~\oir que moult fe foloie , • r .\ 

gui de famé garder fe peine, \\ v\> "y. • 

Son trauatl i pertcr fa peine, i -'''y ..• 

Qifainslapcrt cil qui la garde, . r, 
'..•.•.'il jgue cil quine s'en donne garde. ôCJGiUQQttSy ' < J 
, j;! { -.;■>. Quenauondita fôlpetif\ault w a .ii i . iîtr.irj 
>*>.n:\ ;"] i ; Queilne faifiqut /? debatre, nvrwj ! * «>;•' i I * .* *j 

r^r.:: Sndtfdyutfilieabmt h. . \. ( 



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DES.AN.CIINS.P0f y ES 

'-t Cfr Etlebim qu'en enfeigne 1 dateur* % rr- 

<>»rr*- *j€w efl top dU o* ftriu. 

JLc liiitecfhdfezf latfcntwtar ièpriodpalc ft ftit pat OWftte» ^ àU W^té 
/utpleih de belles inoentitas. : : '. 



DE HEBERT XII. 



HEbers qui prend tilcre de dcrs, cft amheurdu Romans des fept fages , ou 
deDolopatosdcquel ildicarfoIrti^nfU^ dtt^LWtin^lt pacvn moinp de 
l'Abbaiede Haute-felue , nommé dam khans, anff*ju'itditau commence* 
ment. 

Lihon moine deionm^ie 

De Hdute-fdue t^fitêh v v A *• - 

*A Fe/hire rrnôuuciee, * 

Ptrbel l<tf m Lerimtt ' v . r 

Et del J^mdmlrnuur* faire ^ 4) 
' Elwm tr en la reuerence > w ■ 

Deluoijil phelife de France 
* Lotis qu'en doit tant l*m ^ . 1 
Ce Loeis Roi fil Phclipe, toc femble eftreLouis pcrc de faktt Louis » léqûel dis 
viuantdefonpcrcfatcouronncRbid'Anglcceirc:6ubicn Louis Htmn,Roi 
de Nauarre, par fa raetc. Car ie necogaoi autre que ces <leux qui ayent porté 
tilcre de Roi viuans leurs pères. Et ne fauk raporcer celai Louis le Gros (le- 
quel à la vérité fut couronne du viuant de Philipc premier ) car il me femble 
<jue le langage de ce Roman n'eft fi ancien. Il cft tant plein démontes moraux 
le plaiûns,dcprouerbes François te belles fentenecs* Ccptouctbc cft de luy* 
. \ W '..:n m :. " i^ ' * < 

Ztfêrfd^arktlxùuter; . lun >■ . ■■■ *. **. 

Bdtfe U DdmefEfeuier. v /\u ' 
Ceftçfcntcncem'afemblcbtllc entre autres, 
J{lens tant ne grette meneur^ 
*A lamnne a roheor ' > , 
jfamauue'^honfifuiex rjuijiityy x\*u ; . 
. Ccm ^ùr'u*7 quand fafferpki ^ u. r > V •. 
£r Méritez eft ta mtyqe.* v« >•!. V^^, 
* jgW w /p ma»/ «Anr^*^.^W< v '/ > 

La deuxième nonudlé de la m. iourneedu DccamerondeBocace peut eftre 
prifedeceft autheur. Car il raconted-*nqqi<x>achaaucG la fille d'vn Roi , la- 
qucllerayant marqué aufodnt, il en alla firire autan 1 1 tous les Cheualiers dor- 
mans en ce Palais, La i nu nouuelfc de la feptiefmc tournée eft de ceft autheur, 
pour le regard de la pierre ietteededanslëpàis* L*v rtr t. delà viu.iour née 
peut auffi eftre prife de luy mcfmc,pott*k regard de kjeuange du Sienots, qui 
v accouftra 



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FRANÇOIS XIV, IL f 6z 
accouftrala femme de fon compagnon (ut fit telle, ttemtojrcfon Uureà TE« 
uefquede Mcaux , qu'il ne nomme* 

Hébert de fine ici fionliure, 

^AfEuefijtie de Meaux tellure, > . 

Qmdiexdointhemrenfia^ie. t 
Il fcrablc quelavicdcIofaphas(quicft vne ii>ftruârion pour les Rois ) foîtdc 
la mefme veine. Duquel aufli Bocacepeuc auoit pris ce qu'il dit de ce ieune 
garçon , qui n'ayant iatpais veu des fettimt^en demanda vne àfon pefc, corn- 
me la dIus belle chofequ'ileuftiaraaisvetfe. Tout lefubieâdu liure Italien, 
intitulé Eraftut , cft pris de ce Doloparho* , qui eut les mcfmcs aduentures 
que ledit Eraftus Italien. 

DE HVONDE M E RI, autheurdu ; 

mans d'^€nt$chrift< XIILv ; t 

IL eft bien certaio^ue Htton de Meri eft^utheucdu Roma* d'Amethrift* 
parce que luy mefraedit, ; < 

ImaintdiexHuondeMeri, 
Quiagrand feint* fit ce liure. 
mais ie n'ay rien trouué de fa naiflanec 6c qualité. Il déclare M commence^ 
«nent de fon œuure,en quel temps il l'a compoféjpuis qu'il dit, 
llauint après celle entprtfe, 
j^eli François orenrentpriû, ■ 
Contre le Conte de Champatgue: s 

guelitigis 1 LeisenBretaime' t Ce fié 

v] Mena fin oflfw poiktdaleintl S.t.-p» 

v QuemorsertliquensdeBohme - 
;J Jt Vont li François orent fit dnefi 

SZjùremesfontagantmeihiefi v . . 

U membres fiiyiey&* mal * bailli. • t gfc 

jguantlichief au membre failli. 
/ Eh s 9 en trahirent tretuit arriers, 
- Fors Malclerc qui tant epit fiers* 
Quamercinedei^ia^enir, 
Btencuida Bretaigie tenir 
; Contre le %oy par fin défini 

a - , 4 ; Comcil qm auoit cner de fyi, . i 

Vehardement crde -yahnr; . w 
Vecortoifictyde Urgtflh, 
Lors ne me pot tenir parefe, 
P'allerenfofidu^oj de France, - j 
Tant fisencelofidermrance* .. . 

^S^deBrminefupartie . . ; 

KKKKKKK 



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. *. , DBS ANCIENS POETE* 

Li dcwds de U jpdnd difcorde ] t — 
S>ue cil %oy fi comme fe* retorde, 
xAuoit du Conte (kjlretdigte. 
Pir ces »crs que i'ay voulu mettr*** 16g » pource qu'il* feruenr à l'hittoir c du 
icmpî, il apport que HiHtti V.lupif au commencement du regrieduRoy tàiht 
.^P^à^/w/çi^aMs p^nyiifc W^çljinitcc^ucrrc.dcBrctaigiw. 11 ^ 
fte*j>lftqé' iWf,eJî^r^^i;ux4«^? -fat W»'^ p rez près de Pawu caul dkv 

lu/qu'a fEglsJcjdint Gcrmdin* 
VesprcJ lejjes murs de Paris. 
It n'ay pas remarqueddgrans cràits de poëfccifcfoot (bnl<fcuure:queldn peut- 
mettre entre les fatyriqufci,p«is qiiec'cft vu combat des vertus contre les vi- 
C Ç S >. & qu'il reprend beaucoup de diuerfes qualitez de gens. Ilfcrable qu'il a » 
tài*&ïffs*#cjûie Raoul fc-SChfiftien auoyentcommencc : principale* 
ment fus lefabliau du chemin d'Enfer: car il dit, / 
jAmfi T l m % ditdiex^HuondfMeri* 
"tek - jgW dffdnt peine dfkit ce liure^ 

: ur.Ktfauiïfk^ 

Cdtcil qui trouvèrent d**nt> 
Prindrent dudnt toutdiïtflite, 
Poutre eficefie œtmn#*emseflite*\> - 
Et fu flut 1 fort* achever, \ s 
f^t/. Moult mis grdntytitud eèmte^, 

Zesdisj^aoulcr chrjjtiinir. 
Onque bouche de Cknfiiatr . r *. 

Ife dit Ji bien confrneik dfâentj ^ 
t Mes qudntquihdtrent prennent 

Zibelfrancoid trefiatdfJëin, - ^ ,\ 

Sicom illeur Benoit dmdin> '. 
si^u dfres eux nont rien guerfù 
Seidjrtnuué ducuncjpi. - 
^ ssfpresla main as a meftimerr * » • r ■ * 

Hafnier* Jefdjgldnc'molt ""volontiers** , " " 

Quant i ce qu'il dit , Et fu plus foa à achever » il fepem entendre qu'il ne ' 
■'Jfoff'.pourfuiuit pasl'œuure commence par ftfdit Raoul & Chtiftian: mais qu'il 
auoit eu grand' peine ne voulant repeter ce qu'ils auoyettt iadit. Alafin il 
nomme fonlitire* 

Pdr fondroitnomdpedvcer Uure ,l 
Qmtresbien sUccordei fifent * . 
£« tournoiement d^^tuhnjr^^ 
Il appelle en vn endroit les cfpees accriaes,qui cft tnéeptthete alTez bon. 



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FRANCO^ L ! IV. H" 1 • f €x 
r j€s grans eftees aeerinès 
- ' ' Fièrent corn firuures fis enclume* r ^ v 

DE H V O N D E VILLE NE V V E. XIIII. 

IEcroy que les Romans de Regnaut de Monttuban,Doonde.N*ntucil, 
Garnicrde Nantaeil,& Aie d' Auignon, Guiot de Nàntueii , & Garhier fon 
fils font tous 4'vainefme;poc te* Premièrement parce quec'eftvne fuite de 
conte, & que ie leaay veuscoufus i'vn après l'autre. Car il faut confeffer que le 
liure ne vint iamais entier en mes mains: & encores le fueillet des commence* 
mens de chacun liure(pour ce que les lettres clïbyentdorces fie cnluminecs)a- ^ ' 
uoyen t efte defehirez. Toutefois en i' vn qui ettoit demi rompu , ie trouuay le 
. àomduTrouuerre, 

Seignorfeie^en f es tait* . . • 
QuèUyeTfmielàel foitén Ifos demoree 9 

Quant \ns Charfterrres ^yient entre gtnt henort* 

Etilaendroit foi fi ~>ièBe atrempee .,.:.„,, 

Idtantnauramantelneattedeframee 

Qje fi première 1 Uiffe nefik bien ffoutee, f rf4&: 

Pais font chanterauant fi de riens Ur apte; u,a>*pU 
Oui^fifim\iUmpuetrtcoi!l^ x sefreei ' ; ; nti 

*le*\os en dirai d"yne qmmolt eftbemree, 
Elj^paumedeFrancenanuUefiloee, 

ffmude^iie noeueftrmlteffroit gardée, \ ,7 ^Ewhafi 

tfenlfdprendrecbeualneUmule'^ naùee.' 
Pelicon yair ne gis, mantel, chape firee , 

Xehbuem+farefolrne&atu'hmetee, % en £ 
}ÇrmaitjlmauJ^\quelelieîiembUe, ÇanfaJ 
Vnemolt riche piecelwsenai afiortee* 5.P*- 
Tay voulu mettre ces vers, & pour raonftrer rentrée de ces Chanterres auant 
que faire leurs recits,&auffi les rcCompenfcs qu'ils tiroyent des feigneurs , en 
chcuaux,habits,fic deniers. Le frvets me fait foupçonner qu'vn Chanterre 
defroba ce Romans àHuoq deVille-çeuucqpi^ cjloitle Trouuerre, & in- 
uenteur. Il f*y trouued'aflcz bonnes fenteBces^defcriptions{ & entre autres 

cellesci, » v ' . ■ a >•* 

jgaiyne faabcnndmietoufiounnuu. &, , 

Lacbofcquon ne puet amender ne dreaer - 

NmpreudhomneUdoiteUuer^efiu^m^ &, 

J^neftmtdroà pùçat^dire. V ;;^4f*"-A 

QgaHbefimgpe*tftofinécm 

TofiorttnentUsfa queUtempette, durç* v ,&^\a t 
Que ta nuV 

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I 



. DES ANCIENS POETES 

He France (ce dit-il )firtote$lameiU$r, 
Eimnefu^smcore^nU^rfinstrahitor^ 
par tout il donne à la France l'epithete de douce France* 

' ' ; i>u Rimons de Voon. ' 

Deraorts&dcnaurez&ionchier&couurir. 6c, 

Tofiotstaioidire fiuuentefireprouuê 
, , ' cUltenge mal fin dueU qui parmi la dettL te, * " 
sAincoucnimorrontdix mille firarmi:^ 6c, 
xCeftlt J cheuaux ne hennit ne nul mut ne x rrcaigne.SCt 

fi*q»* sAinfi com a celée s'ahaiÏÏc li Faucon, 

faittaf- s^àndUfaimleiufiiJeenUfh^ 
m * Brochent François enfimtle centrerai le Jatlon* Se, 

D*fingO*dc ceruel la place eolorir* ÔC, 
En el fins de la fait les ~)w marhrin piller. , 
& oar tout Pcliçon hermin, lancefrefnine,cendal pourprin,& autres mots de 
telle façon, dont Ion peut *fer encores auiourd'buy , I'aubis oublié ce y ers, 

Influe &fiiff*curie fait mainte chofi fiire. - 
tant y a que Ion peut f'en aider. 

■ ■'<■ • Pu Romans t^Cie £ ^fkigmn, 0* Garnier. 

> ^ le ne fçay fi Aufanions Ta fàiû, tant y a queie trouue ces vers, 
xAufamons hr chante cThne cheualerie " • 
Comme eTotrante prifl Flandrtne s* amie. 
poffible que c'eftoit le Iongleur du liure. Cccy cft dudit Romans. 

H^eofimefaduientFhom quant il moins s'en prent garde, & 9 
* , Treflot ta pourfendu défit quala 1 corte 

lâUC *7 Licorss'efteftendue, famé s'en eft-yoleè, 

Et li cheuaux s'en fuit la règne abandonnée. &, 
Sufint Sanfes ce regarde T/itcheoir Beranger, 
Les ejberons aortorne^deuersleciel, 
Et PbiaumeisArabe en elfablon fichier v J 
La feJUtreflournnty*Çuirledeflrter. ÔC, 
Veauoiramefiierhpreudhomouquifiit, &, 
•' - Laioie dècrl fictteneftpdétojiors durant, - " 

Or ey argent CrpailUsJachie^toteJrnojant* Se, 
Ce fie 4prèslapafijucquc~ycr~veti dedin, \ 
Hue fioriffent cil préty cil gaut font foilli, 
J^chantentcilofâhaurcrelerty*feri, 
Lm change folle dame tamor de fin fnari. te, 
Qrijtaroïc$ènfansnedoitonmetreenpru; & 
plm*que faucon ne ?voi quant àfktm démanger, 
PoifittlpH*b<beualdese/fansderniier. ' ÔC, 



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FRANÇOIS LIVRE IL 

Mois qui fit 'trahifin ne doit efire ef^arJU % 

Ne tenir le Kojdume ne couronne porter. 
Le mot de pailles fignifie vn riche drap defoye. Et en Italie Correre il tagio cft 
courre pour gaigner des pièces de drap d'onde veloux,foyé, ou cfcarlate , que 
les feigneurs & republiques donnent à cerratos ionrs de l'armée pour rcfiouir 
le peuple à voir courir les cheuaux de barbarie. Qu^ant au roo t Gaut, il fignifie 
boisjtefmoins ces vers du Romans de Regnaut de Môntaùban, 

tins charpentier en tes ne fit fi charpenter, 
, Ne mena telle noifè en parfont Goût ramé. 
& Goien Breton fignifie bois:Efperons~d'ormier fîgnifiedc fer doré. Encore* 
à Paris Ton appelle fellier Tourner celuy qui peut taire des Telles garnie* de 
boucles & ferrures neccflàires.E t l'ormenc en ce meftier , fappelle toute fer* 
rurçqui appartient au. harnois d'vn cheual,hors le mors. 

Du Romans de Gutot de NantueiU v « 

X> cables foitauoir al mdfe\le comment 
Hue tant fort le conuoitentli petites livrant, 
* Encore en trahir* lipere fort enfant. & 

li^e^sefi^enmjiiors'efiabefiiex. Se I 

xi ter ~)>et a déclin Ji ~ïejfrres efi "tenus. • • 9c 
• Vne pierre reonde ha a fis pie*£ trouuee, 

Par deuifi Jt^npri fu iUec apportée, . ? 
llfufeney>mmbrmfilaam*nttmec. x , & ^ JJ[J£ 

*Autrefixom oifiil s'enfuit deuant faucon, Lsmtsa- 
% Guenchijfint enter luilesparensGanelon. 
te parlant dvnaflàut, x J %i ^ 
Quanti chaUen^eu fis gensquielfifii fffiient l Kj!' 
• Sondons mers ey* naurc\,*yc. Se j,^ 

sstlons eftie 4 ^ tranchant ont la prejfe rompue* 3 tour 

la pcufite\~ïosr^neftour commeneier ChmUs. 
Tant fort efiu trouer, tante lance brifier 9 
X*>» mort par defue l'autre chèeireytrebuchier 
i De fangey de ceruel ~Wf la terre couurant. tC 4 R«4* 

leiours'eft+esttudH,beUe efi la matinée,, hum. 
ZiSolauxeftleue7quiabatlaroufic, 
lioifil chantent cier en la filueramee. êc « 

xA F abe&er des lances ils les ont Hem recette, 
llsUrmment eicors ey les jersey les fm, 6c 
Tu fais ainfieem cil qui débat le buijjon, 

Puis \%enii tofioir après qui mange foifUlen. ÔC $ tâtt 

SorUlonce frefnine le ù&n otocher* ÔC fin** 

CefuelmoU,de\Qfaiqueletemps € s 9 at*igna. *$nlbn* 
Quant au mot de Malfez^ç'eft Idire diable , & cfprit infernal , tefmoing*** 

KKKKKKK iij 



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DES A KCTB N S PO ET S S 

f % t*Jt ] ; Caroifontlifaints 1 lApoftolles, « , 

D' aubes Ircjluf, d'amas toêfcxj 
V g£? pé \fi*t*V9t? fors qutJlefiùles^ 

i : Dent par 1+ col prend h maûfr^ ; 
c'cft à dire mal faits. Aufli les peintres fontlcsdiables horribles 8c contrefaits^ 
comme Pils auoien t perdu cefte beauté quifix monter Luciabel en fi grand or- 
gueil. Ces quatre Romans ont efte compofez depuis le commencement du rè- 
gne de Philippcs Augufte* CareAceluydeRegnautdc Montauban,il nom- 
me les Comtes de Rames,Galerans de Saiete > Geofrois de Nazarcr , tous Ba- 
rons d>u trçra ce qui furent en pris onuiron 1 an mcc & du temps <j«c Saladia 
prift Iarufalcm. 

Parceluy.de Doojvde Nantucil il dit, 

par la frjque ie ioj la couronne II dou 

%e 'ejt jgue dans chaUe li * çhaux aporta à Charnu. 

cb***<. Celamefmefe ttouue autre parr,& que ce Roy fut fondateur de ladite Ab- 
baye. Mais nous tenons à Paris que ce fut fainft Louys qui acheta la couronne 
d'efpines: de forte qu'on peut deuincr,que ce Romans précède le temps dudit 
Rôy &inû Lonys. 

Du Romans de siperis de Psnedux* ^ 

Encores que ie ne fçachepointlc nom de TAutheur de ce Romans, pour- 
ce que ie ne le vey tsunais entierde puis dire qu'il eft compofe depuis la cloftu- 
redubois de Vincenncs:que nous trounonsauoir efte ceint de-murailles par 
Je commandement du Roy Philippes Auguftc,cnuiron l'an mcc Les bons, 
^traits qui fe trouuent dedans me l'ont fait icy mettrc;& craignant auffi que ce 
iquei'enay vcuUy,apbsde^x.ansfoitpcrdu;cai:le liure neftoit pas mien. Il 
dit donc, 

On 4 bienynamtefotffaramort engendre 
Enfansaui depuis ontgroHrhonorcmqueJté % 
Tel cuide bien avoir de fa chair engendre 
Des en/ans en fa femme qui ne tuj font *>/* di 9 
Pis Tïaut péché xouuert ee difent U letré, 

* \,.\ Que ce que chacun fait qu'on n'a mie celi. 

Et cilefr bien bafiardx. quitta cuer ne penfe, 
ForfdemauuaifiUfm laidurety fauceté. & 
Cartieliefibienarme^quipode pouuoira, * * 
Ettitl^eftmal^efimquiaueorpsboneuera. * 
Lecuern 'eftmie es armes 9 mais efiouDieumifla.de 
M^m^puctbienregnerenmauua^ilfaffant, 1 
M4ÎtÀlafinonltoitonlc~\oit apparent* 

, DeteljintelùjàDieukyacommendant. & * 



g£onnejkttàpreuJhom~riuantenpauurete'. 8c 



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FRANÇOIS LIVRE IL s q 

& qm doit avenir on ne p net nullement 
- a y . • Pejhnmer qu'il ri mienne te dit-cn bien feuumt. Se 

G4rentrrféreey'dire 9 ey 0 ^euhirey'penfie 9 
ta grand différence eefk chofc bienfronuee* & 

? * " Sentent f dit en grène ioye encontre fin tturment. Se 

plm n'a If aillant li hem* au mande entièrement % 
gue benne renommée de tom communément. & 
Car fit» pert-en (Tamis moins a douter fit on. Se 1 ~ 
CarVieucrlenrbendreite^benne'yolonté, i, j 

Laboure en bon onurage fans penfer fouette, 
Et il t'aidera bien fe tu ta* appelle. ÔC 
Hardementne Itientmiedeneble 1 garnem e nt* tuMa 
sAins^ientde gentil tuer on proejfe fe prend* êampagp 

li deuine que l' A utheur fut Picard,parce qu'il prend fon principal fuieû d va 

feigneur de Boulenôis,& auflî que oc vcr< iuy cft cfch*pi. 

Dont fonnerent le cloque q*s bopdi hautement. 

Toutefois te n'ofe rien aflepre^car ainfi que i'aydit^e ne vcy iamais que deux < 

copies de ceiiure^encores rompues au commencement^ milieu^ àlafi*. 

De TmEZAVLT,%j de Navarre. XV. 

ENtreplufienrsJiures excellents entpute* bngoes,dont la librairie de mefr 
fire Henry de MefoijeS , Cheualier , feigneur de Roifly , Confeiller d'eftat, 
eft Midi bien garnie que pas vne qui fepuitfetrouOer: 11 y en a vn de vieilles 
cbanfons,le plus entier & curiemetnent recueilli d'entre celles des meilleurs. 
inaiftres,que i'aye veu pour ce regard. Car il nomme 64. Autheurs de thanfons 
tous louables,&lefquelsie veux icy mettre félon l'ordre du Jiure. D'autant 
que ieiie puis aiïeurerenquel temps plufeurs d'eux ont vefcu: & qu'il y aap- 
paxence que celay qui a faiû^e recueil, les a mis félon l'aage qu'ils «ny floric 
poureequ'il eferit deuant, auflî toft les Chanfons d'vn Mcnefttel,que d'va 
Duc.ComtejOU Cheualier* Le commencement du Hure eft perdu: mais la prc r 
jaierechanfon eftcottéeàlaraarge,Roy dcNauarreiquclon tient pqpr cet- 
tainauoir efté Tbicbault vu. Comte de Champagne, & Roy de Nauarre 1. du 
noro.CePrincecftant Comte de Champagne lors que fainâ Louys vint à la 
couronne(c'eft à dire l'an mccxxVi ) fit alliance auec les Barons François? con- 
tre Blanche de Caftillc mere du Roy : que lefdits feigneurs pretendoien't auoir 
entrepris la Régence du Royaume & gouuernemcnt de fon fils ( aagé feule- 
mentdext.àxu.aiHjfous ombre d'ynteftament du feu Roy fon npary : par le* 
quel elle difoit celle Régence luy auoir efte laiffec. Le principal autheqr de la 
iigue,eftoit Philippe Comte de Boulongne oncle du Roy : & les plus puilTans, 
ee Thicbauk Comte de Champagne, & P^rrcfurnommé Mauçler, Comte 
de Bmagne.Mai* Blanche qui eftoit beîle 9 ieune > & encore EJpagnole , fçeut 
^1 bien raçnet Tbiebaultyqu'il abandonnâtes filtres Barons: & qui plus eft def- 
couurit icntreprifefaiûc pour prç ndf ele ^07, rcueufoir ^^M 3 »* Pa ^* 



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DES ANCIENS PÔETES 
Or les amours du Comte de Cbipagncdcfplaifansdcpuii à aucuns feigneurs: 
il aduint(ainfi que dit yne bône chronique que i'ay eferite à la main)que Thie- 
bault vn iour encrant en la falle oà eftoit. la Roy ne Blanche , Robert Comte 
d' Artois,frere du Roy,luy fit ietter au vifage vn fromage mol , dont le Chant - 
penois eut honte: &prift delà occafion de fc retirer de la Cour, afin deuirer 
plus grand fcandale. Toutes fois la grand chronique de France dit que le Com- 
te ayant derechef pris les krmes contre le Roy, &,fçachant le grand appareil 
qu'on faifoit pour luy courre fus,il enuoyades plus fages hommes de Ton con* 
feil requérir paix: laquelle luy fat accordée. Mais d'autant que le Roy auok 
faiét grande dcfpcnfe,il fut cô train t quitter Morttereaufautt«Yonne,& Bray 
fur Seine,auec leurs dépendances. A celle befongne eftoit (ce font les mots de 
» la gtandchroniquc)la Roy neClanchc, laquelle dit au Comte, qu'il ne deuoic 
» prendre lès armes contre le Roy fon fil$:& fe deuoit fouuenir qu'il le doit allé 
„ iecourir iufques en fa terre,quand les Barons le vindren t guerroyer.Lc Comte 
t> regarda la Roy ne qui tant eftoit belle & fage : de forrcquetouteibahydeïa 
» grande beauté,il luy refpondit:Par ma foyJUadatr^mon cœur,mon corps,& 
» toute ma terré cft à voftre commaodemenr*ne n'eft riens qui vous peu ft plaire 
*>■ que/ie fiflè volontiers:iamais fi Dieu plaift,contre vous ne les voftres ie n'irai. 
» D'illec fe parti tout penfif,& luy yenoit fouuen t en remembrance le doux rc- 
» gard de la Roine,& la belle contenance. Lors fi entroit en fon cœur la douceur 
» amoureufe : mais quand Uluy fouuenoit qu'elle eftoit fi haute Dame & de fi 
bonne renommée, Se de fa bonne vie 6c nette, qu'il n'en pourroit ia iouyr , û 
» fnuoit fa douce penfee amoureufe en grande trifteffe. Et pource que profon- 
%> des penfees engendrent mélancolies ,il luy fut dit d'aucuns fages homes , qu'il 
» lefttidiaft en beaux fons,& doux chants d'inftrumems: Ce fi fit-il. Car il fit les 
t» plus belles chanfons,& les plus delitables & melodieufes , qui onques fufiènt 
» oyes en chahfons ne en inftruments,& les fit eferire en fa falle à Prouins,& en 
» celte de Troy es. Et font appellées les chapfons au Roy de Nauarrc. Voila le 
tefhioignagc que portent de fes amours CL cftiide poétique , lesgrandes chro- 
niques de Francc.Quant au Royaumède Nauarre il cfcheutaudiû Thiebauk 
l'an mccxxxv .par la mort! de Sance v.Roy de Nauarre fon oncle, frère de Blan- 
che fa mere.Pluûeurs des chanfons de ce Roy,fc trouuent auiourd'huy notées 
à vncvoix.Etfen voit encores quelque refte peint au chafteau de Prouins, à 
"l'endroit de la prifon.La première de celles dp Hure du feigneur deRoiifi corn- 
mence; ^ 

? fi nt Wttr me frie q ue k chdnt $ ' 

UTdnter meftuet,&'c. 

laquelle ne doit cftre la première en nombrc,pource que le lia* t Wcft criticrtSc 
toutesfois il y en a iufques à dix, toutes portant à cofté le nom de Roy de Na- 
uarre. Les Italiens ont iadis eftimé ces chanfons, & d'autres François de ce 
temps-là,fi bonnes,qu*Us eh ont pris des exemples, ainfique raonftre Dante, 
lequel en fon liure ie Vulgm eU^uemU \ allegùece Roy comme vtie*ôdlcnt 
maiftre en poeficadeuns traits duquel i'ay voulu icyTeprefen ter. Il demande 
(puis quétèotfôtt mal vient d'aimer)qà amours face tant entiers fa Damc,pat 

prière 



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FRANÇOIS LIVRE n. fgf 
priere z oarcdmm*iuicment,qtt'il foit aiméd'ciie. Car G bien limer 7 fer t , il 
aura iov rte longent corps* 
En la a. qui eft bclM îeplainepar le troifîefmecoaplet de l^ceaftauce de 

&dame,di&at, 

le de cirque madame aime cent, 

jCc dernier couplet eft affez bon, 

ienedyfatquenste dim follement: 

{Que liplm fox en fitmiex a friper) 

Mes front ëurj nmefin fondent, 

plm^Hettetftmynemfinnefléiier. 

De bien amer no fuet mos enfeirnier, 

tors q ue li cuers qui dont le ment. 

Jhti lien urne de fin tuer lo^fdunte^t, 

cHen feast flm Cr moins s'en peut aidser. 
^nia ru.flditcpefiron meurt deîoye,^ 

4e fadame.Mais s'il mouroir pour l'amour d'elle , ce fer oit bien raifon qu'elle 
en cur le cœur dolent/Toutesfoispource qu'il craint de la courroucer , il ne 
voudroit eftreen Paradis s'elle n'y c&oiu Aufli n'aille occafion de dire qu'il l'a 
vueillc tromper ,cat il l'aime de tout fon coeur. 
£nlanu*ldit qu'il l'aime &lahait:car 

Moult me feeut tien e$rtndreey>alumer 9 

En biau parler ey<acomtement rire. 

JNm ne ternit fi doucement parler, ~ 

Sfuj ne cuidafi de s'amourejbt sine. 

Par dieu amours ce Iront $fe bien dire, 

OnTrem doit bien feruirey* honorer, 

Mais on^f eut bienof^rn fou trop fier. 
Et en lav.il dit encore*, 

t^ar nulle rien ne fait tant tuer ftUn> , 

Com grant fooir qui en Treultméllffcr. 

jguetant dépens si Iront tuit enuiron, 

le feey devoir que à efi pour moygrtuer. 
y >Adex dient dame on ~>*m 'y eut guiller: 

Mais ils mentent U traiter filon. 

Us fiucementn aenerd-nsse preudhons. 

Car qui flm a 9 doitmiex amoursgarder. 
& encore*, Çdfe^jdtfdètnsque Une fui, 

Qm U Prient de fineuer bonâement. 

1 Ekuuufefiit gùfper fouuent. \ieû 
mais il nefmpeutaider,qu«idU eft deuant elle. L'efperancc luy fer t de refis- 
ge,comme à l'oif elet qui va ferir en la glus, 

Quondtl nefeoit trouuer outre garent. 
La vj.cûaeftjSïe, pleine de fimilitude$& rranflations. Attffirft-cêccUe que 

LLLLjLLL 

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DES ANCIENS POETES 
0A«tc^ltgtté comme pour exemple, ainfi que i'ay ditcy defii»; Elle cota* 
raence, 

t filent « De bonne dmourfïient l fedàet&*beduti. 

Chômé. La vzx .déclare cuidemment le nom de f Au tlieur,di&nr, 
. Nua ne doit amou/s trahir 
fùrs que&rpn&'ribéUilt. 
Ce et nejt four fin pldijtr^ 
le ne~y*j ne baene bdult* 
% tr$tm ^inslreuilquer'me* fruit bd*tt,> 

gayer Sdns piller Cr fins, faillir. 

*Q<*x. it p te fuiconfmuir. . • 

UCerf oui f% fait fair 9 : 
Nutn'eftiojanj come Thittdtlt. 
En lavin.il fe plaint d'cftrein&cn nonchaloir:& qu'en dormant il tient Pa- 
nne: & en veillant il la perd.Mieux voufift en dormant la tenir ton te fà vie. 
5 md "■'!-;'■ fomcebitniedeut * Ixttomrner amours cddaudntÀemere: fit i • " 
mmer. ^.ï ,r,- li dermirs fat tn ouUj^ 

:: îf r \ - It-genjften'ytiHént lyz 
lors feroitldioye entière» 
En la îx.il dit .Bonne aduen rureauienne a fol cfpoir, « 

jgm les amans fer Attire cr rejtouin , ^ , 

Defefterdncc fet languir cr douloir > 
Et mes fax cuer penfeade^ a guérir. 
S* il fat figes , il me fejijimourm 
force fet ton de la folie auoin 
Quentrevgrant fens peut il bien mefeheoir. 
A la fin de la x. il prend congé d'Amour, puis qu'il plaid à fk Damé le luy don- 
ner:difant; '# , , 

lAmourlclteutCr nid dame m'en f rie, - " 

QMiem*cn*dn\&bm*dttmmertï % 
gpand pdrlegèémdddmemencbtfi. > 
Meilleur ratfon np ^ey a md fart te. 
fay eftévn peu long à l'extrait de cet Autheur, afin de montrer dauantage dè 
fes traits. 

Z>* Monfesgneur G AC E S BJÙVX E Zt *v« 

■ 1 

MOnfeigneur Gaces Brûlez fut vn Cheualiec fort aîiroé de Thiebaul t Roy 
de Nauarrc,qui(ainfi que dtfi»t nos grandes chroniques) le prift pour 
compagnon,afîn de l'aider en fes ebanfons & complaintes amôureufes:àcaufe 
qiMl^oitucfboi^ 
de lu y: dont la première commence, i 

Sfu renouuiau de la doufour ettifte'. 

l»auclJp H jpriç fa dwiieqUieWeiny ftc*la fepmaiine vri.dQu^fenblant. Car 

* i ! i.i.î 



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FRANÇOIS 1IVRB H, J s tt 
11 en attendra plus volontiers les biens d'amour i,tnalgré Içrmtfdifâis, qui &t * 
luy nuiftnr. Par la ii.il dit: quedlquilcveutdiaïjw^ 

One riamaenfd~)tie. ( ' 

/ Si faM trop nice folié, ^ ^ 1 ' 

Qui s'entremet du meftier 
Dontitneféfkit+idicr. 

Quand il di&, 

IletUnehe elere tylrermeille, 

Portes fine mt pit ffinpir. 
Te^enfc que cède chanfon cft faite pour Thiebattl t Roy de Nauarre , atnoa* 
tcùxdelaRoyneBlanche^infiquei'aydiâ;. En bm.Ufc plaint, 

Madame s Une ~\om f*tftie\ % 

FeijZiè^ moy autel femblant, 

Commets feremifilie^. 
i Lav«eftexcellente,&diâ: > 

D' amm me plain&* dit pourvut? . i , 

Car ceux qui la trahijfent ~Voj t , 

Soutient i leur ioye "tenir. -•>'.. 

Et gi fail par ma bone foy: \ 

jQuamors por efiueierfa lojt, 

Peut fis ennemis retenir* ' . " • : t 

Ve femli\%ent fi com te eroy, 

J&t Jiens ne puet elle faillir. r : : 

En la viii.il cft pTusioy eux, &fc contente d'amour: difant, 
féty oublié point eytrauaux, 
S?ay de fine ioye chanté* 

Defir ne fuy-ie mes de 1 eaux, utuxl 
JÇs por noyant ayent amé. ' 
En la xxnii.il fc plainâ que P amie eft trop commune,& dift # 
si diex plut que ie fèujfc ^ 
De ma dame le plus haur. 
Certes bon gré Penfiuffè, 
Mes ttvp partft communaux. 
Moult ia de eaux, 

Qui deflient aulmoniere: » . .. ù 

S en font Torautaux, , 

Et gen fui bouté arriéré. , î- • s : - r 1 

La xmh.eft eferite par dialogue, & addrcflféel Gui de Pônciaux; cJIe cft bonne 
comme auffi tout.Car à la vérité Gaccs Brulczfut bon poâtf * Et cft recogneu 
parmeflïrçGauthierjd'Argks^r^^ n 

. : ùchaftelain dé Couçy. xvn, 7: ; ' ' ' ' u> ' 

\ Près les chanfpns de Monfeigneur .G aces Brûles £ fuiuoyenc 
XX les Chaiifons du CbafteUaiû de Coiicy duquel ync bonac 

LLLLLLL i; 

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DES ANCIENS POETES 

* chronique que i'ay,porte ce tefmoignage. Ou temps que le Roy Ptylipper re- 
„ gnoir,& le Roy Ricnart d'Angleterre viuoit, il y auoit en Vermandois vn au- 
„ tre moult gentil, gaillard , & preux Cheualier en armes qui f'appdloit Re~ 
M gnault de Couci,& eftoit Chaftelain de Couci. Ce Cheualier fut moultamou* 
„ reuxd'vnc Dame du pays» qui eftoit femme du feigneur de Faicl. Moùlc 
„ orent de poine Se trauail pour leurs amours,ce Chaftelain de Couci , & la Da* 

me de Faicl : fi comme raconte qui parle de leur vie : dont il y a 

Romans propre. Or aduint que quand les voyages d'outre mer fe firenr,dont 
„ il cft parle cy dcflus,que les Roys de France & d'Angleterre y furent , ce Cha- 

ft$ lain de Couci y fut , pource qu'il exercitoit volontiers les armes. Da- 
„ me de Faiel quand elle fçeut ou'il fin dcuoit aller ,fiftvnlaqs de foye moult 
„ bel & bien faiû, Se y auoit de fes chcuèux ouurcz parmi la foye : dont l'opuifre 
„ fembloit moult belle & riche» dont il lioit vn bourrelet moult riche par def- 
„ fus fonheaume:& auoit longs pendans par derrierc 3 à gros boutons de perles. 
„ Le Chaftelain alla outre mer ,à grand regret de laifler fa Dame par dcça.Quand 
„ il fut outre meril fit moult de chenalcries: car il eftoit vaillant Cheualier, & 
„ auoit grand ioye qu'on rapportait par deçà nouuellesdefes faits , à fin que (à 
M Dame y prift plaiur. Si aduint qu'à y n fiege , que les Chreftiens tenoient de* 
„ uantSarrazinsouItre mer 9 ce Chaftelain fut fera d'vn quarel au cofte bien 
y , auant : duquel coup il luy conuint mourir. Si auoit à fa mort moult grand rc- 
„ gret à fa Dame: & pource appellavn fien Efcuyer,&luy dift, le te prie que 
„ quand ie feray mort^que tu prennes mon cœur,&le mete en telle manière que 
„.tu le puiffe porter en France à madame de Faiel , Se l'enùeloppe de ces longes 
„ icy:&hiy bailla le las que la Dame auoit faiâ de fescheueux, & vn petit eferi- 
„ niet où H auoit plu fleurs anelez &diamans ,qucla Dame luy auoit donnez: 
„ qu'il por toit toufiours auant luy ,pour l'amour & fobutnancedel le Quand le 
„ Cheualier fut mort ,ainfi le fit l'Lfcuycr: &orifti'efcrinict,& luyouuritle 
„ corps,& prift le cœur,&fala& confit bien en bonnes cfpices,& mit cnl'ef- 
„ crinietauec le las de fes chcueux,&j>lufieors anelez &diamans que la Dame 

luy auoit donnez, & auecques vne lettre moult piteufe, que le Chaftelain auoie 
M eferite à fa mort , & fignee de fa main.Quand TEfcuyer fut retourné en Fran- 
„ cc,il vint vers le lieu oùJa Dame demeur oit : &fe bouta en vn bois près de ce 
„ lieu : & luy mefaduint tellement, qu'il fat veu du feigneur de Faiel , qui 
„ bien Ucogneut. Si vint le feigneur de Faiel à tout deux fes priuez en ce 

• „ bois,& trouuaceft Efcuycr : auquel il voult courir fus en defpitde fon mai- 
„ ftre, qu'il hayqit plus que nul homme du monde. J-'Efcuyet luy cria mer- 
„ cy : Se le Cheualier luy diû, Ou ie te occiray , ou tu me diras où eft le Chafte- 
„ kin. L'Efcuyer luy dift, qu'il eftoit trefpaflc: & pource qu'il ne l'en vouloit 
„ croire, Se auoit ctftEfcuyer paour de mourir, il luy monftra referiniet oour 
» l'en faire certain. Le feigneur de Faicl prift l'cfcrinietic donna congé àl'Ef- 
„ cuy er. Ce feigneur vin t à fpn queux, Se luy di& qu'il mit ce cœur en fi bon- 

ne roaniere,& l'appareillage en telle confiture,qu on en peut bien mangcr.Lc 
„:queux ie fit v-fcifit Vautre viande toute pareille, & mit en bonne char- 
„ fenw en vn £la? wk. en fut la Dame feruie au difncr: Se le feigneur mangeait 



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FRANÇOIS LIV. II. j* 7 
dNrneautrc viande qui luy reflembloir : 6c ainfi mangea la dame fc comr do ,€ 
Chaftelain fon ami. Quand elleor njaugic , le feigneur luy demanda , Dame 
aucz vous mangé bonne viande? & elle luy refpondir , qu'elle l'auoi t mangée €$ 
bonne:il luy dit, Pour cela vous l'ay-ie fait appareiller .car c'eft vne viande que** 
vous auez mouit aimée. La dame qui iamais ne penfaft que ce fur, n'en dit plus c< 
sien. Et le feigneur hiy dit de rcchefiSçauez que vous auez mangé? 6c elle ref* ct 
podit, que non:& il luy dit adonc,Or fâchiez que vous auez mangé le cœur du " 
Chaftelain de Coucy. Quant elle ot ce , fi fut en grand penfeepour la fouue- <€ 
mnec qu elle eut de fon ami:mais encores ne peu t elle croire cefte chofe , iuf- u 
quesàcequele feigneur lui bailla l'efcriniet,& les lettres*- Et quand elle vit <€ 
les choies qui eftoy ent dedans l'efcrain, elle les cogneut: fi commença lire les " 
lettres,quand ellecongneut fon figne manuel 6c les enfeignes. A donc com- cc 
mença fort à changer, & auoir couleur: & puis commença forment à penfer. c< 
Quand elle ot penfé, elle dit à fon feigneur : Il eft vray que cefte viande ay-ie " 
moult aimée : 6c croy qu'il foit mort , dont* cft domage comme do plqs " 
loyal Cheualier du monde. Vous m auez (ait manger fon cœur , 6c cft la der- <f 
nierc viande que ic mangeray onques; ne onqùes ie ne mançé point de fi no- " 
ble, ne de fi gentil. Sin'eft pas rai fon que après fi gentil viande ,ie en dcyp' € 
mettre autre de(Tus:& vous iure par ma (oy que iamais ie n'en mangeray d'au- c< 
tre après cefte-cy. La dame leuadu difner , 6c Pen alla en fa chambre > faifant 
moult granf douleur: & plus auoir dedouleur qu'elle n'en monftroit la chère. (< 
Et en celle douleur, a grands regrets & complaintes de la mort de fon ami, " 
fiàa (à vie & mourut* De cefte chofe fut le feigneur de Faiel courroucé, mais il '* 
n'y peut mettre remède , ne homme ne femme du monde. Cette chofe fut " 
fceuë par tout le païs,& en ot gran t guerre le feigneur de Faiel , aux amis de fâ €c 
femme: tant qu'il conuint que la chofe fut rapaifecdu Roi & des Barons du 
païs. Ainfi fineren t les amours du Chaftelain de Couci , 6c de la dame de Faiel. 
Truffe peu mettre la mefme hiftoke, en autre langage : mais i'ay penfé que 
pour plus grande authorité, il failloit feullement copier ce que i'auois trouué 
decqj amours cArangcs & merueilleufes. Ichande Noftredame qui a eferit 
des poètes Proucnçaux, fait ce mefme conte de Tricline Carbonnelle, femme 
dcHaimond de Silhans feigneur de Rouffillon, amie de Guillem de Cab^Wn 
poctcProuençal.Et Bocaceendit prcfquc autant, delà femme du Com te de 
Rouffillon , en la ix* nouuelle delà mi , iournee de fon liure appelé Decaroe- 
ron.Toutesfois ievou»puis a(Teurer,que cette hiftoireeft dans vne bonne 
chtonique qui m'appartient,dfcriteauant ce. ans. Tant y a que les amours du 
Chaftelain de Couci , font remarquées anciennement, pour grandes Se peni- 
blcf .ainfi que dit l'autheur incertain d'vne chanfon commençant, 

ZeChdftrlUm deCtuctdmn tdnt 

Qj£âins fvràmernm riens #r doUr 1 grdinJre, 

Tmefirdimacomfldinteen fenchdnt. 
& Eufaect H Pein tres,fe plaignant à fa dame,dit que Triftan,le Chaftelain, 6c 
Blondiaux^'aimerent onques de telle manière. De forte que par ces tefmoi- 
gnages, on peur eftiroer ma Chronique véritable en ceft endroit. Maifttc 

L LLLLLLL iij 



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DES ANCIENS POETES 
François de 1' Alouetc qui a bien curieufecnenc efcrit l'hiftoire des fetgnearr 

* Couct, ne fait en fon liurc des nobles, aucune -mention de ce Régnant , de fc# 
« araours,ncJcreftude^poëtic d'aucun fcigneur de Couci: Etdit feulement que 

* Raoul i. du nom,feigneur de Couci.mourut bien âge outre mcnayant cfté tue 
àlaprifed , Afcalon,ranM.cxci. Etfon corps apporte pour enterrer en i'ab- 
baie de FoifnL Qup Enguerran fils de ce Raoul mourut l'an m. ccxl. en la cité 
de Sur, âge de Lxx.ans:& ayant demeuré dix en Surie, fon filsfitapporter fon 
corps en France enterrer en l' Abbaie de Long-pont. Quj Raoul n. accompa- 
gna outre mer faint Louis, & fut tué à la Maflburre, auec Robert Comte 
d'Artois, frerodudit Roy , l'an m. ccxlix. Et fon corps à la pourfuitc d'En- 

fuerran fon frère Se héritier , apporté enterrer en 1! Abbaie de faint Martin de 
,aon. Tay autrefois eftime que ceftui-cy fut l'autheur des chanfons, qoef ay 
veues eferites auec celles du Roy de Nauarre > après adles de Gaces Bruflez, 
comme ayant vefeuen mcfmc temps. Mais ma Cronique femble monftrcr 
que ce Régnant dont elle parle» fut Raoul i. feigneur de Couci: le fang duquel 
cfchauffé d'amour, ne le garda d'auoirçrç fa viciHefîè les paflbns d'vn ieune 
homme. La. i. de fes chantons commençant 
sAhi amours comdure de partit. 
dcfcouure fon voyage : difant, 

Se mes corps ^ajerstirnojhe feigneur, 
t fmâm Mescuers ' remaint du tout en Jataillie. 

net. Itorli m'en Itois foupirant en Surie. 

. La mi. couple de la i- chanfon » monftre qu'il a ^vefeu -depuis la prife de Guy 
Roy de Ierufalcoi , &dcJacroix:c , eft àdkc,dcpuisranM. cLXXxvn.car il die 
. parlant dé Iefus Chrift > Quant il fu mors en la croix que Turc ont. C'eft cho- 
ie notable que les Sarrazins fuflent ia communément pris pour Turcs,conrre 
ce que pluûcurs ont opinion :di(ans, que le nom des Turcs commença quant 
&la/cjgoeariedes O thomans-Cc quieft fauxxar plus de ccc. ans deuanr,les 
. Turcs eftoyent en pris. 

Par la n. chanfon, le Chaftelain fe plaint qu'il noze déclarer fonamçur ,à 
caufe de la gent mauparliere: 
J9 Mon bonne dame doit fauoir 

ConnoiffancejCr merci auoir. 
Par lan i . il la fouhai t te auoir nue entre fes bras, au^nt qu'aller outre mer. Par 
laim.iLdit, 

Cet don neft fat courtois, qu'on trop délaie: 

-Si s en cfinaiety plaint cil .qui attend 

1 En " -Fnp.aitbien^aséitmicxfidiex.mtltoit, 

i?u'a Trn ami len fait xourtoifement: 
met*. J , . J j 

x j,4r Quecentgreigneurquon fait ennutaument* 

font Car qui le fien donne x recroiaument, 

regret- v Son gré enpertgr ficoujle} enfement, . ^ 

ïuments Compte fetcelqui kowptpent employé. , 

m€lt ïl y apparence que fadaracjne luy^fittjcouïi^rs cruelû/*^ en la xv. 
chanfon» " 



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FRAtfCois ;liv. il . * { a 

far dieuamoimgirfmeftàconfumritr % 
Le rrant foula cr U erant compaignse, 
Efle déduit que me fouloit montrer f 
Celle qui* mimer nui dame t7* no omit* 4mU 



trot. 



De BLONDIAYX DE NE S LE. XVIII. 

X% Londiauxde Nèfle fut excellent Poète ^omroe nous trouuons parvne 
douzaine de chanfons qui fe voyent de luy, pleines 4c beaux traits, tels que 
ceux-cy,prodelarii.chanfon, 

Selojaute\ Trahit mie/x que trahir, 

Etamors TteultleS tons a droit partir: 

OncorpournjÀeagrantioyeTtenir. < 

Mai* - pitie^efi en li fi endormit, \ 

Quel ne me")tculi occire ne guérir. 
Ilconfcffcenlavjr faimparcouflurto&par~ïs y { 

Laounmne peut ateindre. 
Mais iaviu.monftre qu'en fin il obtint l'amour de ia dame: puîsqu'ildi», ; 

Car la beie que long temps ajr aimée, 

Qui de s* amour me fouloit- deffier, 

Nouucllement s*eft a moj accordée» 
Il fchôrac Blondiaux en la ix. chafon:& ce couplet de la x,me femble gaillard» 
Se fautent mon tourment Qui mielx s en défit retraire 

Et auques monafairei 

Cil qui demanl comment Mes pour ce chant feulement, 

le puk tant chanfons fere: 

ils dirojent Ifojrement Que ïcn muir plus doucement. 

. Que nu* a chaneer n'entent , i 
Les amours de Blondiaux font (comme iay ditjrcmarquecs pour bien gran- 
des, par Euftaccli peintres. Lequel <4c croy ) entend, parler de ceftuy-cy , plus 
toft que du Meneftrcl, qui defcouurit la prifon où cftoit détenu Richard Roy 
d'Angleterre:donti'ay parle cy deuanr. 

PERRIN D'ANGECQRT. XIX. 

PErrin d' Angecort femble par fa première chanfon , dire que f'amie fut de 
Paris:où il (eiournoit pour l'amour d cllc,ainfi que monftre fa 4 . U faîfoi t 
des chanfons pour autruy .car en la l,*il introduit vnc dame , qui dit ne fe vou- 
loir marier, ains aimer conte fa vie.Les,xi.& xxvii*addreflees aoCotn ted'An- 
jou,decouurent le temps qu'il a vefeu. Car ie tiens nour certain , que ce fut 
Charles frère de S. Louis^cpuis Roy de Naples. Par laxv^il prie vn Philippe 
demourant à Paris , & l'adiure, 

sonques orna Ujaumenr, 
PourDieuquiln*enrecroyemie: x 
Mes toufioursaim que que tendit, . , x 

Car ammfait Traloir la gept* j.. 



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DES ANCIENS POETES 
. La xvn cft aidre&e à rn Mtgnot. La s. monftrc qu'il n'e&oic juieret loyal i 
fomtet&fefburroUoùii pouuoit. C'cft paurquoy ic ne poif croire ce qu'A 
ditenlatoca . 

Seuffrir Uid fenitenet . gêtil anquiere pAr pUUier. 

MefewUefm hn, Tefieirne m'd mejher, 

Sl*éUêêir férMcmmct Dufdunhdfim, néiid fuueir. 

Ne fdr inJtifith 

immt, *Awù* : fkute 1 imerU tAsm mU*x LngKtr que fkute qft 

" ' S Ans finir, eut U tri&eur, *u$ir. 

La uu.le nomme par fon nom:& par la xxn.il femblequefiro habitation fat 
en Prouence: poffible comme ftruitear duditCom te d'Anjou, qui en efootifit 
l'héritière. Toutefois ce mot â % Angecort, me fait foupçonner qu'il fut Cnam~ 
pcoois:pourcequclcdialcfo Angecort 
pour Angecourt* . 



M! 



pemefirt THIERRY JeSeiflins. XX. 

1 Effire TbierridrSoflTons , mefctnble eftrdceluy qui accompagna S* 
. Louis au Toyage d'outre men& duquel parle le feigneur de lonuilleen 
fon hiftoire. S'il cft ainfi , ce fut vn trefnoble feigneur de la maifon de Soif- 
fons. La n xhanfonaddrcffcc au Comte d'An joufqueie tiens eftreledicChar- 
. Icsjmonftrc en quel temps il a vefeu & de fon voyage en Surie: quand il dit, 
Bien m 4 amours effnuué en Surie, 
Et en Enfteeuie fip mené frit: 
4£aJ$£j fui en f-r de nu Trie, 
.Etchdcuuier cnùUi tien efire $cw. 
N*enaues fewte tmneuerne fu fArtie^ 
Ne Jefeure^ Je tm Jeuce ennemie, 
iT>mn* i^een FrAnce trrmA grdnt mdUJie, 

JZudntiecmbiMmd pute marin 
pntf, NefefcuuêitmcncuerJelifArtin 
^ En la tm. ildû, Ha tAnt mefi Jeux li -yieillers, 

QuAntre&rt Ça Jouet chierr. 
Qt^AUrs fuis Je Jeux eSequim 
Ehsileries pinthtem entiers, 
DefinebeAuté flenierr. 
Par iav.ilfcmblc que (a dame mourut àuantqu'ileneutioye: car fldiv 
f Q**nt Je cède me fit m$rt Jefeurtr, 

Pêrquiie fiy chénfin enrememkmnce: 
jÇueforli^eil Adnt ty iye finer. 
La ix. parle encore d'autres voyages. 

; St idi efiéleng tems en tomenie, 
v Et outre mer fait m$n felerisugs \ 

elle eft trefbonne chanfon : ôc fut addredec au Roy de Naoarçc , Sire de 

Verrue 



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M 



FRANÇOIS LIV. IL j<fc 
Vcrtu:queicpcûfc cftrcThicbault, duquel nouiauoni parlé. 

De Monfeigunr THIEBAVLT DE BLAZON. XXI. 

Onfcigneur Thicbault de BUfpD,afiUtciaqçhaii(bni,dont la preenic- 
rccft belle 

DiMefoire GAVTHlER D'ARGIES. XXII. 

MEflïre Gauthier d* Argics, où de Dafgics, fait mention de Gaces (ie croy ,.'..> 
Brulczjcommc dVn grand raaiftrt en amours. Car cnlavr. de fes chan- 
tons il dit, Mes me fore Gaceaprent: ^ 
Quf s umilie franchement 
p/h* s'effkucec?' 1 monteplie. 
Ilfe trouue vin. chanfons de fa façon : il (ùtamid'vn maiftreRichard(iecroy im*W* 
de Scmili ou Fourniual)auquel il adrefle vnc chanfon> commençant, t^ît 
xAmi Richard ie enfle bien meflier 
Que mi me<hef i amour furent celi. 
Par laquelle il demande ce qu'il doit faire , quand fadamc luy a donne congé ï 
iamai$,pdforenchoifirvnpire,La vin. chanfonduieuparti(quieftde mai- 
ftre Richard) dit de ce Gauthier, , 
yA *>oH* me fore Gauthier 
De Dames + conjeil quïer, 
JOgi fins aue^ejjnrouuc 
D'amour, quhom qui aitefie. 
Il y a apparence qu'ila vefcudutempsdeS. Louis. t 

DE IEHAN MONIOT D'ARRAS. XXIIL 

MOniot d' Arras fcmble par fa m. chanfon déclarer que (on nom de bap- 
rcfmc,fu t Iehan. En la un. il dit que nul n'a paix & foulas (ans bonne 
amour: fiepource il prie Dieu qu'il le foit toùfiours. Ce neantmoinsil aime 
tant l'honneur, qu'il n'oze aller voirs'amie, par crainte de ialouficrqui ne 
bouge de la maifon à la garder. * 
La vi. me femble bonne, & eft telle. 

sAmorsn eft pat que qu'on iie 
Sages ne bien euros * 
t Cuerquine firent k~ïos> 

llUconuientfifilie, K 

Sa l guiUeeyfil>i/ennie, i frtm- 

Sesmeiisçr fesmauxtos « , ferU. 

Guerpir,t>uû que fins * boiflie vrnoquf 
lll ! Semetinltortwbaillie. ^ rïitin'us 

. • , j .IwJu A : ^ffs^rtokJams 9 pns, - > • \ y \ ; ) 

t>euientparlfonrenu\ifine* • • i - ' ~ Jï 

M MM MM MM 

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DBS ANCIENS POETES 

>m qui Trtftrefens * gtie, 
peiteftre fimples tr ♦ dois, 
^tomcomfimdmms, 

,j€s bons forte compagnie: 
Bien fifért des enuies. 
for Trnedêntd enuie, 
Montre d tos fi comf digue. 
VebmfinùrefiidUs, 
fmiu ' J>orduoirtosen s die. 

Qui aime fins tricherie 

44**; % f "Vf 

Xf^ne feule efidefiro7 % * 
Cil que lojax dîners lie 
jfelïoudroitotwmduoirmié 
Seslteuléirtetdefhros. 
Cdrnm feldi nUfiltie 
Gueriém s'iin'ddmie. 
Celui tient d fiueros, 
jÇtS il conquiert fdrdriierie. 

Cilquid guJUr s'éuoie, 
fen "rditdutres dtnntdnt. 
ijt Aucune fait fimbUnt 
Que fer li morir Je doit. 
Et s aucune lt otroie 
S <xmour , lors li quiert itdnt, 
gHettelidointtdutreieje. 
lin en cbduts'éRe fôUoie: 
Fers que fin Un li 1 crednt, y 
mm, .rVflc s amour mdl emploie. r 

iUuu \s4ddme % le qu'elle ne croie* 

Ceux, quitrofje Iront hdftdnt 
p'dùeir, ce qu'en dtenddnt * 
Conquier cil qui de tuer proie. 
Ith dejiriermontefloie 
Menne amour ey fit fins grdut. 
Mes fdux drue qudnt on lo no ie 
Son Vouloir 9 tdntofts'effroie 
Mt Itet dutres dcotntdnt > 
i/tf quifaucement 4 dognoie. 



i Tro- 



tiube* 



GV1LLEBERT DE BERNEVILLE. XXIIII 
! Villcbcrt de Ber ncuillc mon ftre par fa n . cbanfon , que (à dame demou- 
: roit àCoumai. Car par l'enuoy il dit, 



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FRANÇOIS L1V. Il n% 
Chanfin^atcnà Omtmdmtement : 
Cdrld Jêktu premièrement dller. 
Md (Umedi , de p<*fi» àsdnttsr 

gufnt tdstrd êtffe: 
Vd fins dtrefttr, 

Km ne fi pstet dssencer 
En dmers, firspdr mentir. 
Et quiex l'en fiit didier, 
K flufbTlendfinpldipr. -, 
<toefcdamelïiyoaroyafomottr,maisptt^^^ 
celavcngencc.LaiiKeftfaitepoarvncdame,q^ 
desmefififans. Iifc trouue deluy vncebanfon de Icu parti, addtcflbcàUdamc 
deGofnai. 

Jfcm* Je &fndig*deZ> 
^ fyahienconfeillie. 

^J^terfyfijuetpdrltfb 

Tdntqu'UfiitdeyÇredie. . ^ 

^ le^mifétrtSngumétnxS fiy * 

Sd^s y subir le prené% , ftm. 
C'iert fins le gre 1res mis: 
Enfi tfi le ieu pdrtit. 

Ois tdnre\ pdr Fsrgri* 
. Mdugré Ifojhe TrsUnte. t * - 

l ; enuoy cft à Hue d' Arras. Il vefquit enuiron l'an M.ccix: & fut aune de Hen- 
ry Ducde Brabantperedela Ji.fcmmede Philippe ni.Roy de France. Uqucl 
Henry , adrefle audit Gillebcrt, vnechanfon commençant: Beau «UcbcR. 
Lavu-raonftrc qu'il fut marie: mais queeela ne le gardad'airaer w«Uc Bie- 
trix. Erladernierccouplede ceftechanfon,fait mention du Comte d; Anjou 
fufdit.La vin. chanloncftcxccUcnte:commeauffitoutcequ , aatait.Ux. 
cftaddreflccàvnMonfcigncur Euftacc:cn laqucUcUcric merci, de ce qu il 

auoitdir, - , 

jtààmoiérridMit^dLsirnefeigMme. 

le dernier coupletîe l'onzième chanfon eft beau, 

Chdnfen t* t'en irA* U, En fi merci m'd^ 

oisÎQ fut mm oser donne. Jffmurs U*uge: 

Ld dame du mont t'aura, Et strié, 

Qui flm dm en écrite Qudn fselipUtrd. 

Fsj cr hduti M*" " 

Et qui f lus end. PdrUde tenffe. 

CeftcBictrixeftQitd'Audenarde,ainfiquemonftrera ^chanfon. 

MMMMMMM ij 

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DES ANCIENS POETES 

Maijhe RICHART DE SEMILLI. XXV. 

MAiftrc Richard de SctnilH, prie fa dame qu'elle luy foit courtoife , & fe 
fouuienne que Telle vir quelque temps vieillcfle l'accueillera: & lors el- 
le fe plaindra n'auoir point aimé. Par la un. il la remercie de ce qu'elle daigna 
vn foir parler à luy, la priant l'excufer s'il fe retira bien toft : pcnfantquelede- 
mourer plus longucménr, ne îuy fût agréable. Si deux ou trois de fes chanfons 
racontent hiftoire, il prenoit pafture où il en pouuoit trouacr. Le recueil des 
ieux partis luy donne la ix. chanfon, par la vin. couple de laquelle il dit qu'il 
ne fit onechanfon qu'en gênerai. 

Mi chant senltont le grant chemin p tenter, 
Et mon cuer tourna Itnefbroit /entier . 
•^4infi doitonlesguefbes deuoycr. 
En vn autre duditleu partitil demande à médire Gauthier d'Argie* , comme il 
ft doit gouuerner en amours, pour f auoir du bien. 

Le VIDAME*DE CHARTRES. XX' VI. 

IE ne fçay pas le nom de ce feigncurTtte f'il eftoit du nom de Vendofme. le 
n'ay veu de luy que ji n. chanfons : dont les deux premières couples de la n. 
font tranferittes aû Romans de Guillaume de Dole comme bonnes. 
Quand lidomtemfs <y fa Jèfens s'atfeure 
QuehiâHx cfie^fe rafermeCr ef claire, 
jgue tout riens a fi douce nature, 
Fient Cr retrait fe trop riefide mole aire. tct. 
mais le dernier couplet de fa 1 1 1. mérite bien d'eftre recité* 
Douce dolor ejt la 1 moie. 
Car tant en aile, mal chier, 
gue tout le mont rien frendroie 
S 'cl me conuenoit changer. 

Diex au'aj dit : le ne ptmie, 
/fe ia dolente ri en quier. 
Et ne pour quant toute ~\oie, 
Me fet f enfer ey Treiller. 
Mais ie ne me fuis efloigner, 
De li ft mbrir deuoie* 

ROBERT DE BLOIS. XXVII. 

RObert de Blois dit en fa xi. chanfon, que par trop celer fon courage, il ne 
peut à ioye/monter. Et neantmoins il tient quec'eft outrage de trop ge- 
hir (c'eft à diredefcouurir & confefler ,mot qui vient degehenne)fon penfer. 
Auflincpèut on cftimer (âge homme, qui trop, fçait celer. Mais celuy-là fait 

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FRANÇOIS LIVRE II. m 
bien Ton affair^qui fc couurç fagcmcnt* II furdc Blois , ainfi qu'on peut veoir 
par fa première chanfon: & ie n en troune que quatre* 

RAOV^L DE FERRIERE&. XXVIII. 

RAoul de derrières dit qu'il n ofc defcountir ton amour, craignant fil prie 
fa dame, qu'il ayepis.La n.moftftrequvnenouuelle amour auoic cnaf- 
fce lapremiere,difanr, 

Ses doux regars me A pramet garifon: iprmot 
Mais iejùi en doutante 
Se n^n fenfi luyoferoy gehir. 
xsffe^aimmiex ejfrouuer que faillir. 
II fe rrouue de luy mx.chanfons^ui monftrent qu'il fax bon maiftre. 

ROBERT DE REIMS. XXIX- 

RObert de Reims futbon Pocte-.en & nx.il fait des antithcfcs d'amoundi- 
fent: 

gui bien "veut antour défaire: 

^Amours eftey 'nulle ey bonne* . > %gttrtpi 

leplus x mefurableenjure > . . 

Etleplusfagi^embriconne. tUm*- 
Usemùrifinnex délivre, lotru, 
les deliure\ emprifonne. * vient & 

Chacun fit mourir ty^fiire^ 
Et à chacun rouit ey donc. 
Efilcey fageeftamors. 
Fié ey mort, ioje ey dolors. 

sAmourseft Urge ey auere 7 
S*eft qui le*\oir enretraie. - 
xA meurs eft faute ey amere 
sAceliqui bien teflkyc* 
^Amours efitnarafire ey tnerei y 
frimes bat ty puis rapaie. 
Et cil qui plus le compère, 
Ce^àqmmcimienefm^e. 

^Amours ">4 parauenture: 
Chacun y pert {ygaagne. 

Far outrage ey par mefùre, ' r— 
+Sane chacun tyimehagne. ^«S* 
Eurs ey mefaduenture y ftropiaf. 
Senttofiorsenjkcompaigne. 
Pourceftraifonseydmture, < 

g*e chacuns s'en lotey plaigne. - ^ 

MMMMMMM iij 

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1C0M* 



DES ANCIENS POETES 

i S***mnt O f fiuuentfUm 9 
Umbien éùme m foneourugu 
Bu* o» nul li 

SoUfreutfu$one2r fi* lump* 
Et fi libtensli demeure, 
PettMàdUdébwdige: 

. ^ Sl^l*hven$Ilmefe^%tml^ . 

tpnUp LesnkUtxd t lfHân l dpM. 

JfémmeftUieffipuùte* 
De ce que il endeuifi, 
J&eniï le neuve on fins faille. 
cGarc'U qui amours* iuftifi. 
Et qui four li fi fraudtâei 
NeforroitennuUegtifi,] 
lt gréuncùeuiâir fins U paille. 

1EHAN MONIOT de Paris. XXX. 

IEhan Monîot(ie croi que c'eft ï dire,petit môine)futile Parisrpar fa vixha- 
fon ilinftruic les amourcux.Il eut Kcfprit gentil & kiuentif.La vm.raonftre 
qiulfenommoitIchan(<^leliureuel^^ )6c qu'il 

r ch*ngeoitfouuentfesamours:ou/aifoit des chanfons pour autruy. Il dit par 
ot la féconde qu'elle eft fai&e en vaduric. le croy pource que le refrain dit , Vada 
* vadu vadu va:belle ie vous aime pieça. il en* fait «. aflfez bonnes. Il fe trouue 
vn pcyt ouuragc fous le nom de Momot,intitulé Le diteiet de fortune,afTca 
bien fak,& commençant, 

Seignor or cfioute^li gant li mener, 
Et H ioene *y li \%ed. 
mais ic nefçai G c'eft Moniot d'Arras, car àkfîti difanr,. 

Or "\cut ci Moniot fin ditelei fine*. 
il laiflè incertain lequelc'eft des deux» 

ODE DE LA COVRROIERIE. XXXL 

ODedelaCourroieriefaifoiuflczbicnûladdreflevnc defes chanfonrau 
Marinier d'araoursrqui peut bien cftre Hue le Maronnicre: dont ie parle- 
ray tantoft.ll fe trouue v-chanfons de ceftuy Ode. 

IEHAN ERARS. XXXII. 

IEhan Erars en prenoit où ilpouuoit;& fes amours quoy quïl die, ne furent 
rcrmes:ou il faifoit des chanfons pour autruy. 

De RAOVL DE BIAWAIS. XXXIII. 



RAoul de Biauuais fut a(Tcz bon poète: il dit que, 
\tmembranct de bonne amour, 



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C FRANÇOIS VtVRE Ut ^» 

t^UJUuxtemfs 1 ^furilleux* xiiMtil 
M'ont tende lagrant doulour, fi»>- 
la ou m ont mû tes envieux» . . * 
chantenty par douçour, - * , 

Or il m'eft de mes maux mieux. 

GAVLTHIER ]> ES PIN 01 S. XXXÎIII. 

G Aulthierd'Efpinoisaddrefle le dernier couptet de & uchanfon, auftf- 
gneur de Bar. Il cft hault:& la n.cft pleine de belles cosnparaifons. 
Tout autre f% comme tannant dépit 
l'aguiHetttiparfirce dclrertui 
*/f madame tôt te m*nt retenu > 
jÇuifi liante connoifk ey apfercoiu 
&e tic or CS. Si com li arbre qui encontre te froit^ 

SXsiwdefiwilUcrdelaflort0ftm r , 
<sfi-ie > mon fins oublié & perdu, 
Fers ma dame quant ptmnieftier mauroit. \ 
La v. chanfbn cft trdbelle 1 & pojctiqae.il dit en k x^couple. . , . . . 

Si com' Eqsto qutjèrt de recerder, f r 
Se qu'autre dit : eyfar fa forcuidanct k 
Heladeina^arcijfm regarder: 

*Ains Jecha toute * de ardeure, , f ' ' : 

Fors de la lfoixquiencores lidure. ul 
K/fuBi perdrai tout fors merci mer r " : ' *- 

Et ficherai de dueil çr depefance^c* 
En la iiiiâl vfe encores de cette comparaifon. 

Mais l'amour qui Ndrajfm fit mirer, 

Quant pour Echo en Iroult prendre Ireniancc 

Senti pormoy lefijtfî a amer, 

Tel qui de li tient cure* 

M is auroit à fa droiture, 

le grant orgueil qui la fit releûer: 

Si en "tenons t pîujhfi a repentante. * 

IAQVES D'ESPINOIS. XXXT. 

IE ne fçay G laques d'Efpinois fut frère ou coufin de Gauthier: & ie ne trou» 
ne qu'y ne chanfon de ceftui-cy : laquelle m onftre qu'il f u raflez bon inuen* 
tcur.il dit qu'il vit en cfpoir: & luy cft auis qui & droit veut iueer que nul û£ 
doit d'amour fe depar tir,pource qu'en peu d'heure il rend tel foyer qu'on né 
lepeutdeferuir. 

Xfcw^IAQVES DE CHÏSÔN. XXXVI.- 

iLyTEffirelacquesde Ghifon fut excellent Poète : tomme ihônftrenr t& 
JLYLchanfonsr & entre autres la ni, où il dit <jue cel»y* qui vit de «er<y fins 

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DES - ANCIENS P O ETE S 
dottjfie peut croire qu'illujr vienne d'araouri Gnon douleur: mail l'attente da 
gnerdonleraaiftrife:dit, 

L'endeunit amours nommer, 

Penfee decuerioli. » 

En lin a riens fors ftnfir % ,s 

^€dexattendte merci, m 

Et qui fournit tftbkuér * ^ - 1 TJV/. ) 
I*s biens quivienhentdeln . - . . , 

V . * y ers line fe'feùi renier; 1 '''' ' " •'•* i -<- : - i:i*n.. *' 
' ' Tùt téti^mett^ * 
Quil li tournent endurer, 1 , ^ 
t^u 1 main er à U*y ejpree} ' 
Joiededueil dejtrempee: * 
Cefi lidoux aux fins amu -n, t^.. 

De GAVLTIER PE SOIG^ÏES, 
ou de Sàgyies. XXXVII. 

GAulcier de Soignies^fe plaint qu fl demotirè en m païs malgré lui:& qa'il 
n'auraioye en Ion cœur, f'en France ne luyjeft donnée. Autre part il fe 
plaint que (a dame fait cour toife chère à rous,fors qu à luy: mais rien ne chan- 
gera fa nature: car Pelle eft toute telle que mônftre fa contenance , ia longue- 
ment ne luy fera fi dure-Fay leuau Romans de la Roze de Guittaume de Dole, 
ces vers, 

Des bons If ers Gauthier de Sagties ' 

J^efemint 1 .bon bachelier, 

Si les commença à chanter,crc. 

Trop vilainement filoie, 

jgui ce qu'il aime ne crient, 

Etquid'amors fe cointoie, ~ 

Saches qu'il aime nient. 

ïAmors doit efire fi cote, 

Làoio ele~\ao*~ïient\ 

Quenmnenait duelne ioie, 

Ce cil non qui la maintient* 
Ces couples tirées tfvnechanfon commençant, Lors que florit labruiere,&c. 
^e fetrouuentpârmilcschanfonsdeGaulr^ a u liuredu 

fieùt de Roiffi dé fotte M peut eftrc queGaukierde Saguics^omméau-Ro- 
rifonide Gufllaumfe de D6le,futvh autre. 4 * ::; 11 

{ . SIMONS D'ANTHIE. XXXyiII. : 

JHtiJtre 

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FRANÇOIS LIVRE II. S7i 
Mai/ht RÏCR ART DE FOVRNIVAL. XXXIX. 

MAiftre Richarr de Fourniual ou Forniuaux,fut Chancelier d'Araicns:& 
acompofe plufieurs liures en profère premier que fay veu, eft intitulé 
Li comment ou commandemens d'amours. Dans lequel il a mis yne allez bon- 
ne chanfon.Len.fe nomme puiflance d'amour. Le ni. Beftiaire d'amours. En 
cous lefquels il traite d'amour,par raifons 8c deraon ftration naturelle: & exc- 
ples pris des beftes.En fçs chanfons,il introduit vne Vieille Dame , qui fe Tan • 
te que le Barrois a ploré pour elle.Que ie penfe eftre le Barrois des Barres,vail- 
lant & trefbeau Cneualier,fort eftime du teps de Philippe Augufte. Ce Four- 
niual fut homme de fçauoir. 

VIELLARS DE CORBIE* XL. 

leilars de Corbie fe plainû d'auoir baife fa Dame contre le gvé 
d'elle. 

OVDART DE LACE NIE. XLI. 

O Vdart dcLacenie fut bon poctc.Ildit qu'il aimeroit mieux auoir l'amour 
de ùl dame qu'eftre Roy de Paradis, 



B 



BAVDE DE LA CARRIERE. XLLL 

Aude de la Carrière^ fait vn beau dialogue,de l'amant, de fes yeux , 6c fon 
cœur.Il conclud parlant aux yeux, M*u mef^ra en ">om trouué, 
Li cuers qui lalrom enuojai 
Vont il a tel dolor eu. 

THRESORIER DE L'ISLE. XLIII. 



LEThrcforictdcl'Iflc neft autrement nommé. U dit que promettre (ans 
donnerait pis que mort à fins amans, 

GILLES DE VIEZ-MAISONS. XLIIIL i 

GlUes ie Pié^-tHdifim dit, 
le neltoj Point comment onpuet 1 hier, itaU 
Xe étendre a plm hau/t 1 mufardie, 

S>ue Je quérir le bien là ou neft miel . Badar*. 

Bien ne dmour ne fournit on trouuer 9 . xfwuL- 

La ou feul point j eut de "iiUonnie; i t$fi. 

Vilonnte ne fuet amours amer. 

NflNNNNN 

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DES ANGfcENS POBT&S 
Bnkn.qmcftm{btcnfaitc&trcfbcllc,ildi(Skqucccft mauuais fignc qu'en 
chantant il fe defçpnfor te. Auffi tfttt d%nc aucun de chanterai! ne chante par 
plaifir : mais à Win il dit de luy, 

: f guand plut ieme réconforte, . 
De la douleur que ie portez 
Vm tout ainfi^t IiCigne\, 
s jgui chante devant fi mort*. 
an fC que ceux qpi viuen i d'am our s, chantent iby eufement > mais luy qui n'en - 
vit pas,chimtçra toutautrcment.Puisiladioufte, , 
On dit qu [amours ont doux mm > 
Mais ffm eft amers que fuie. 
£uen amer, n'a s 9 amer non. «. 

BUT NI ATX: DE..T.OVRS4 XLV: ' 

Runiaux de Tours fut bon;Pbëte,iIdic que fes foupks lui apportent ûutik 
/Sciourfalut& amitié. 

D'Tw biau defir qui nient ie ma filour. . 

COLIN M VS ET; XLVI. 

COKn Mùfet fût vtrio uêur dé violle , qui alloit par lés cours des Princes» 
ainfi que déclare fa 1 .chanfon.Par la ii.il donne à cognoiftre que (à vielle 
n'eftoirpaspareilkàcelLedQntiouentcommuncnient les aueugles du ioui- 
dTiuyicaril dit, 

ïalay ali elfrœleh ' 
OtotUlfieiec^fairthen. 
% Si li ai chanté le mufet. 
la figure d'vn lougleortenantcefte forme dç vielle ou violle fevoit en bofle 
au cofte dextre du portail de l'Eglife S-Iulian des Meneftricrs , aflîs à Paris, en 
Uruc S.Martin,reprcfentant vninftruraent communément appelle Rcbcc. 

IAQYES DE HEDING XLVIU 

IAqucs deHedincdit qu'il ne fault pas fentremettre d'aimer femme , oui 
n'a de l'argen t:& qui toute iour ne demoure près d'elle: car elle eft variable. 
1a il chanfcn-cft bonne. 

Le Dut de Bralan. XI VI I I. 

LE Duc de Braban,duqucl entend parler celiiy qui à ramaffe les chanfons, 
doit (à mon aduis)eftre Henry maiftred'Adenef Meneflrel , nomme ey 
après Ce Duc aimalapoëfie,& fut père de Marie RoynedcFrance 11. femme 
de Philippe fils de fain& Louy s. Sa i.chanfôn eft vh dialogue addreffe à Guille- 



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FRANÇOIS LIVRE II. , 74 
te rifeui cft celuy de Berneuillejqu'il interroge, Wl doit quiter 1 -amour dVne 
qu i l'a laifl&l'autrc raonftr e qu'il h'çftoi t pas Fort loyal en amours ; & en pre- 
noitoùilpouuoitXeRoy Adenezdi&,que Henry DucdeBraban fon maiftre 
auant mourir commanda ouurir (à chambre à tous ceux qui le voudroienr re* 
nir vorr,pauur / es,& riches. Ay an t fait merrre grande quan tité d'or Se d argent 
près de foy,ie croy pour donner ;Il mourut enuiron l'an 1x60. 

COLARS LI BOVTErLLERS. XLIX. 

COlarsliBouteillersfienefçay fic'ettpour ce qu'il fut delà maifon de 
Bouteille^ tres-noble & ancienne en France)addreffe fachanfon à Phili- 
potVcrdiere,qu'il prie de lachanter*prbteftantiaraais n'en feire, fi clic n cft 
bien receuç de &dame,qu il a feruieloyaument. Deccftui-çy fitfâ: mention la 
vi.chanfon,du recueil des icuxjpartisr&l'addrefle à maiftre Guillaume le Vi- 
triers. Auquel il demande/ il cftoit fins amis d'vne dame ioKe , & elle fans tri- 
cherie l'aimaft,que perfonne ne le fçcu t: lequel doit plus douter , ou luy de la 
prier d'ara ours, ou elle de luy oâroyer. 

7 • IEHAN LORGYENEVR. L. 

IEhan Lorguencur(ic croy l'organifte) dit qu'vn doux regard tous maux cu- 
reté fins cuersli veut aider. 

Mefiire GILLES LE VINJERS. LIv . 

MEffireGiUcsle Vinicrsdi&àfadame qu'allant en Surie , 8c luylaiflant 
fon cœur» il ne penfe pas y faire grand chofe : mais Pelle luy vouloir dô- 
ner le fien,il feroit de belles cheualeries. Au ieu parti il demadel Simon d'An*. 
tie,lequei vaut mieux que vieil homme aye ieune amie, ou vieille*raicfoit à 
viïiouencel. " 

jffj&VPIERRE Db CREON. LU. 



3* 



Vf Eflîrè Pierre de Creon(ie croy de Craon ) di& qu'il aimejparheritage , 
lVlquc l cs (xens ont toufiours loyaument aimé. Cette maifon de Creon ou 
Craon,a depuis efté fort eftirace, potur les grands biens qu ont tenu les chefs 
d'icelle : Se pour leur vaillance. 

i - • 1 : ' ' • . . •;■ • * * : , . t l ' - : j: :"" - " ; 

i 

Le Chanoine de ftinlt gfftnthu LUI. ; 

E chanoine de S.Quentin n^ftautremetitnomrté:fachatifoûeft belle, Se 
qu'amour le fait endurer. 

Seul peur iront fjnellefi fuit lHt*ttr> : -; 1 s iC 

1 . a^ducuns tmtns Rit n&rs ep finforuijk - , 

NNNNNNN ij 

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LEchan 
^itqu'i 



DES ANCIENS POETES 

Mes ce nefl pae lojaureï ne franchifi, 

De fin feriantqui loyal la % greuen M 
r S 9 amours 'you/tft outrer félon droiture. 
mais amour n'a cure de garder loyauté: au contraire, 
Jgui plut^voue fert,plu6eftenauenture 
De guerre don enuers prou* recouvrer. . 
Mes ie aini miex en loiaument ouurer r 
Perte ey enntty que gaain en faintife, 
Oncor foie or ma ioje arrière mife, 
• rainer* f orrai par loUumene aimer. 

BAVDOVIN DES AVTIEX. LIIIT. 

BAudouindes Autiex ou Autels, prie fa dame qu'elle ne prefte l'oreille à 
mefdifans & traiftres en amours. 

CHARDON. LV. 

C~ Hardonditqu'ailantàlaguerrepourfcruirnoftreScigncur^ilkifle fon 
cœur à fa dame :1a priant ne le touloir oublier. 

SAVVAGE D'ARRAS. LVI. 

SAuuage d'Arras,dit que les oifeaux on t repos en hyucr fans chater & crien 
mais quant à luy il ne<^fle d'auoir dueiL 

Mepre ROBERT de MARBEROLES. LVII. 

* 

MEÛîrc Robert deMarberollcs,dit qu'il chante par vfage 8c pour foi-mef- 
me refiouïr,puis qu'on Ta trôpc. Auffi toutes femmes ioiïcnt àbourfer. 
6c, Morte efi amors, mors font cil quiaimoient, 
la faux amans l'ont fait du tout faillir, 
Par leur tarât , ey par leur tricherie: 
Par leur faux plaindre ty par, leur faux foupir. 
cette cbatofo'nefttrcfbcllc, 

PHILIPPES Pà. LVIIt 

PHîlippes Pà fe tenoit fort content <faraour,car luy & (à dame difent fi aox 
lozangiers:&pouptifebtlor dangiers. . 

Jif«f&»HVt3V.ESi DE BRESI, OV BERSI. LIX. 

►t 

MEffire Hugues de Brefi ou Bcrfi fut rrefbon poëte , ainfi que deux ebah- 
fonslc teimoignem: Il di&que quand il fera mort , fa Dame con- 

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FRANÇOIS LIV. IL $7S 
noiftra quelle perte elle aura faite :& combien qu'il n'accomplit jamais fon 
vouloir d'elle, il eft délibéré mourir fous l'cfqi , pluftoft que fc confefler vain- 
cuncncorcs qu'elle luyaye deux ou trois fois menti, & qu'il fe doute qu'elle 
ave autre ami,fi a- til tan t cha(Té qu'jldeut bien acheuer. Toutefois fa deftinee 
eft qu'il n'aura iamais bien d'aimer, puis qu'il ne peut plus voir fa dame, ne 
trouuer occafion d'aller en fon païs. Encores fera-til vnc chanfon perdue, 
puis qu'a perdre font tournez touffes chants. Mais poffiblc que-cclle-cy aura 
telle vertu,qu'elle luy fera droiture des autres. Maiftre Eftienne Pafquier clo- 
quentaduoeaten la Cour de Parlcmcnt,m'aprcftévnliuré qui après ces deux 

vers de la Bible Guiot, ' * ' 5 /' ; 
LortlfeUqueil tient fi.lroie, 

Si Uing que ùméis ne klreie. • 
en adioufte bien vi. ou vin cens , tous Satyriques : dont 1er premiers com~ 
mencent: 

Moult ài dlle, moult di "Venu: . 

Mtultm* mt^Uenti Irat*. 
&puisàlafinildit, 

CU qui plm ^oit plu* doit ffduoir. f v 

Hugues de Betfi qui tdntd, 

cherehicle monde çdO* Id, 

gufild'yeu qu'il ne Trdut rien: 

Preftbe ores de foire tien. 

Et fi Jki tien que liplufiur, 

Tendront mes fermons o film: 

Que ils ontlreuqueiedmoiey 

ffu* que nmbidux foldtO* me, 
quipourroit bien eftrele mefme Hugues de Berffi, que les efcriuains ont 
changé en Bcrfi.oa Brefi^côme dit vn liure qui eft en la bibliothèque du Roi. 
Lequel auffi appelle ledit opufcule.coramençan t,Moult ai allé moult ai venu* « 
&c.Ld>ibledufeigneurdeBerzéChaftelain. Ilfemble que ce de Berfi après 
auoir longuement démené l'amour ,fc foit rendu moineau pour le moins xe^ 
tiré des ioyeufes compaignies. 



ROGERS DE CAMBRAI. LX. 

Ogers de Cambrai /dirquilfaifottfonner bien fouùcnt fa vielle poèr 
'amie , qu'il aimoit cor'aument : c eft 1 dire cordiallement. /' 

; IÇHAN DE MAISONS. LXI. 

IEhan de Maifons, prie fa dame ne croire vn,en qui iadis il s'eft fié comme 
fonbien vcuillant:& lequel il prouucroittraiftrcPillp vouloir a ttendrccnl 
champ; 1 ' li * ' 

NNNNNNN iij 



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DES ANCIENS POETES 



QVËNS DE BRET AI-GNE. LXH. 

IE ne Pay doute qoece Quens de Bretaigne, ne foit Pierre fur nommé Mm* - 
clerc. Il demande à Benard de la Fer te , lequel vraie mieux de proefle , ou 
delargefle. Benard refpond, que proeffcfans largetfc, cft foible. Et pourec 
que le Comte Je Bretaignc^i'en eft Raccord , us fan «portent auConuc 
d'Anjou, 

1£uen tom fans a mù fin pensé. 
lequel iençfai doute eftre Charles frère de faint Louis. Duce Comte de Bec- 
taigne fait mention le ieu parti, en la vu. chanfon : & le fait parler auec Gaces 
Brulez:lui demandant û ay an tloyauraenc aimé vne daraey& il f'apperçoiue 
qa'clle vueille le trahir: OA doitat tendre , ou la guerpir. 



R 



ROBERT DV CASTIL XXIII. 1 

Obert du Cartel , dit que ceux la mentent qui difentqu amours leur Sxfc 
mort receuoir. " • 

Cartonne amour eft fterivrabU Trie, 
l/eft pas amant qui trop yuiert a s amie: 
- Ne tins fes bons "reult a II acbeuer* 

à ia fin il dit, 

Car i'éàm miex parfisiffrance, 

Et par fin gréauoirrmn iefirier. 

QÙeftrekmonbel o li par feuhaidser. 
Ces deux chanfons font cottees en marge, Coroneç. le croy p&urauoir auec 
icellcs gaigné quelque prix:eftant iugees bonne* , comme à la vérité elles 
font II dit encores, que nul ne doit auoir honneur , fil n'a mis fa puiflanec en 
bonneamour honorer* Caries maux d'amour , font leeers. Qucfifon chant 
^luy peut plaire : il fera tout guéri de Ces maux. Le recueildesieux partis, mon- 
flrreparla iy. chanfon, que Robert du Cartel fur marie : &avefcudu temps 
it Btctel,duquel-nou$ parlerons tantoft, c'eft à dire , cuuiroa l'an izto. 

LAMBERT FE-RRIS. LXIHL 

LAmbert Jerris dit, que tant qui) auravdedaps le corps la vte^l aimera fanr 
fcôifdie. De fo'y .parle le recueil, des teux partis : & le fait interroger par_ 
Iean BreteloU Btetiaui. EtfcmBle par la xlv! chanfon dudit recueil , qu'il eut 
amie à Abeuille. Luy mefmeafait auflides ieuxparri^çar il demande à Brerel: 
lequel vaultmieukeïtfçloyaunrètuefc^ faulfe pitié. 

Plus fi l'amant fç mariant à 0 amie, perd Tenuie qu'il fouloit auok-de chantée 
Demande^encoresa mai (Ire Ièhan dé Marli:de deux amans l'vn cft ialoux , & 
l'autre ttonrlequel ayme le plus corautbeut . Il a vefeu enuiron ledit au ii6q. \ 

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FRANÇOIS L1Y; /LU sis 
IEHAN L V- € V'NE 1 1ER, S» LJC*. 

IEhanli Candiew , dirqa'amoots Juy a embléfon «*nr , po« ïem^ttetn 
la puiflance de fa dame. E t puis qo'il cft en fon dangiçr ,il ne l'en doit la tirer 
Gat efperance luy dit.qu'encoraura recouurier à la ioye< Deçeftui-çy fait en- 
cores mention le iea parti en la xmKchanfoa»&4c6ita»ide Ichan Bxctel, 
4c forte qu'on le peut meure de/on temps. . 

E VS T ACE XI PEINTRE S. LXV I. 

EVftaccIi Peintres ,futtre(bon poëte. Dit que ceux qùiçhantentdc floÉ 
&dcverdure,fontaraourcuxainû qiKd'auenture^uânt ils veulent ils 
ont allégement. Mais quant à luy,iltrouuc fodame*antd«rcquec*eft met- 
neilie comme fon cœur l'endure. Que les Ours & Lions fe gardent quelque- 
fois de mal faïre:& fa dame tous leyiours faitfon pouûoirdelegrcucr. On- 
quesTriftan,li Chaftclainsfiecrpy qu'il entend celuy de Couci; ne Blon- 
diaxn'aimerentdetellefaçon. La n. chanfon eft belle >& toutes auffi.maw 
ce trait de la v. me fembie digne d'eftte renouucllé. 

Pdme ou tût* biens rreft €r naift O* eJHàire: : 
s/t qui kidute nulle autre ne Je prend. 
Vint fans mtnùrne fournit m remire; 

Sots grant Valeur xr benenfeignemenn . , # ^ 
££Unjfault rien 9 firs merci feulement.. 
Bien fontes fais à *>w doux ris contrairel 
Cuer fins merci , Cr femUdnt Jefonnéirt: - 
Jîe diex pourquêjr enfimhle les confent» 



MAHIEVX DE GANTV LXVII. v , x 

Ahituxde Gant a fait feschanfons en dialogue : & parhii.il diexàatf^ 
fi l'on peut changer f'amie pour vne plusoelle» 

Mepre ROBERT DE M AV VOISINS. LXVI II. 

Effire Robert de Maûuoifms, dit Ma dame ,que fi aucun pour bien 
aimer a de fes amours alleiance : qu'elle fe deuroit fouucnir de luy. 

THOMAS ERARS. LXIX. 

THomas Erars , dit auoir en tendu que vrai amant font iauuez f'ib meu- 
rent en defirant . la première de iwhanfons *ft cottec en marge, co- 
ronce. 1 



M" 
M 



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DES ANCIENS POETES 
CAR AWSAVX D' AURAS; LXX. 

Ac AuGmxd'AriM» dit que£ bien (kpoiaccftp crduc,ques*amour n'en 

f eft décrue. 

AYBIMS DJB SEZ ANE. LXXL 

r A Vbin* de Sezane parle comme vn fol defctperc^difant, 
^^XjL ^ t*w fdins le di f 

Se ie fers trtamie, 

Q£cn Dieu ne me fi: 

Ne fien ne fui mie^ 
~ , ^infiie^. t t 

IEHAN FRVMIAVX JeHJU. LXXIfc 

IEtan Frumiaux,fut de llûe(ie croy en fclandres ) dit que fa damele perdant 
feroit déshéritée d Vn ferf : & pourçe feroit inoins redoutée* Sa çhanfon eft 
cottee enmarge, coronce. 

Mefire GVILLAVME VIAVX.* LXXIIL 

M Effire Guillaume Viaux, dit qu'il a aimé tout fon viuant.Qul fa dame 
rien ne plaid de ce qu'il dit: & toutesfois il aime mieux la feruir & 
mourir en aimant , que de toutes autres iouïr. 

CAR AVSAVX. LXXI'III. 

CAr Aufaux^ienéfçay (ïc'eftceluyd'Arras , nomme fadâme Bone : Se 
fc plaint qu'il eft ami fans amie , toutefois il fe fie en Amours. 

THOMAS ERIERS. LXXV. 

THomas Eriers fe plaint , que li félon l'ont fait mefler ( c'eft à dire tancer 
ou débat re) àucc fa dame. 

le QJT E N S 'tjt^m. LXX VI. 

IEnefaidoutequeceQuensd'Ânjou,nefoit Charles frère du Roy fainû 
Louis» depuis Roy de Sicile : Prince gaillard en fa iquneflTe , & volontaire» 
alnfi qu'on peut voir en l'hiftoire du Seigneur delonuille. Ce Côte d'Anjou, 
dit combien qu'il n'eut iaraaispenfee de feruir autre que fa dame .elle l'a mis 
en nonchaloir: encorcs qu'il nel'ayepas deferuw Si attendra-il fon vouloir 
comme loyal aray. 

ROGERIN 



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François liv. il 



S77 



ROGERIN D'ANDELI. LXXVIL 

ROgerin d'Andeli dit qu'il neceflcra de chanter , encore^ qu'il fe deuille 
d'Amours : & (bit taillé de mourir en fes tourments, fe merci ne vainc fa 
dame. Il fe plaint de fes yeux qui l'ont trahi. 

Le Q^ENS DÊ 1 LA MARCHE. LXXVIII. 

IE n'ofe afleurer le nom de ce Comte de la Marche > mais il eft aifé à iuger , 
qu'il a vefcu du temps des dcflufdits* Il dit que la première fois qu'il vit fa 
dame il oublia delà fafuer. Et ne fut merueilles'il fe trouua lors efbahi. Car il 
ne fefcconfeilla pas à fon cœur, qu'elle auoitia pris: ficonqucs puis ne 1ère- 
couura. Il nom me «'amie Biaux doux Rubi. Car tout atnfi (dit il) quçc'eft 
la meilleure pierre wecieufc:4uffi eft elle le mirouer des autres dames? ll(c 
plaint quelcs toefdifatttri^ n'aima tatft 

la Geneure. Qu'il eft comme le vaifleautânglant en mer ne fâchant où arriuer. 
Et combien qu'il n aye iamais maudit amours.il n'aura ia fiance en fa dame qui 
l'a trahi. Que fon maHuy double ,pource qu'il luyconuitnt aller en eftrange 
contrée. En la x.il dit que fa dame pafle toutes autres» comme vn beau bouton 
derofesefpanouies. Il l'appelle encorcsBiaux doux Rubi. Sa dernière chan- 
foneftbelle.Leliuredufeigneurde Roiffi, ne homme plus aucun apre? les 
chanfons de ce Comte : encores qu'il y en ait plus de deux cens autres : finon 
qu'au 177. fueillet il fait mention d'vn Ioliuetde Paris, Qui d'amors agrante 
renom. le pouuois extraire dauancage de belles manières de parler, tant de 
ceux qui font nommez, aue des autres fans nom:mais tout ainfî que ie me fuis 
lafle 4c tire, auffi croy-ie toien,le dkcur , que tu ne le fente pus* toomsî ; 

Mtnfcigseur RENAVLT DE SABVEIL. LXXIX. 

MOnfeigneur Renault de Sabucîl eft fort eftimé par'l'autheur du Ro- 
mans Guillaume de Dole,qui parle de luyainfi: 

Pesions 'Vers celui Je Sabueil 
Monfieignor Renault luy Jouxtent. - 
Il fe trouue de lui vne chanfon , commençant, 

la de chanter en ma Tri* - ; ' • 1 1 



Ne épier mes auètrcvHragcr , ' ' ' 
*Ams ^eilmiex quatmrs nfocciej ' I ' 

For fere fengrant domage. 

Car tamau fi finement 
rfertdimee ne feruiex : - ,kt: ' 
Porc en chaflt tore gent, - ' ' 4 ; ; " : 
' Quel ma mort Cr ii traie. 

L44t'4iditptrmaf6lt4' - v - ,? « : V- ts ' ;î - ? ° r 

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DES AtyÇlENjS POETES;- 

* Ce foi ie loir gram outrage: 

, Mesa mon cuerprift ennie , , ^ " 

" D'eftrelegierçyl otage. 
, Xt , Ha dame fi irienrepent, . ' • 4 j . t • "* ; 
Mes cil à l art merci crie, 
gui atentuntquonic fent: 
P$r cdi U mort déforme. 
Guiot en (U>iUc^no»incilQbcrt dcSâbueil co^c fc* Princç* fcfeignear* 
fcsbien-faitcurs, "* 



DO ETE DE TRJDIES» . LXXX* 



TvOc te dç Tmcs chanter^ft 5c Trpuuc ox* wifi: que iç croy> eft fort cftfc* 
Juy iOfC par lc4û auth<«r : qui U w>mme cnu&fcfrM*«ftreU qui fe trouue* 
^ntàJUcourt quçl'Empçreur Conrad tint à Maioicc comme il fcinc;iidit 

X# MenefhelM meintt terrt r 
Qui ère lenu4 for aquerre, 

j jo l ;r ' : pe Troie LleUeppete 

-iïi\z~\:\i\r:\j^ ••*;■ 

rr il : êyrjui .10 ..:r- 

r . {i V-.'- " ^ jïONCLET- LXXXI; 



i 



bnclc^lfîiti mcwftricc bit* appris # 'fi*t reoomme & cftiœc^ar le 
mcmieautheur,comrac principal en ce meftierpres ledit Empereur Con- 

lad > .;-:txxj .jï ■£.;■■. / ^ : t ; v ' • 

: ^*n*u1U éumUQçto, 
Fit dpelerfar In Idfht. 

Et sauoit oi ty *$m - " ^ 

Mainte chanfin m^int^id^coM/f. y r ^ : • 
11 fe trouue vn fabliau de la moquerie qu* JUift fit vne efpoufee : au mari de la* 
queile(qui eftoit vn riche villageois, fi niais 4} uc ce Ionglet ne luy auoit iamais 
feeu ofter fon ramage)il auoit perfuade que pour fe tenir plus honneftemenr, 
ilnedeuoitleiourdefes nopees defeharger fon venue. De manière que le 
pauure foc endurant vne extrême douleur de tjpncbtes, pour auoir trop man- 
ge de poires crues, ne peut la première nui&^colcr fo. femme. Iufques à ce 
qu'elle aduertie du finit l'eut preiïc de fe leuef ; Juy^t^uadant aller perfomer 
Ionglet couché en vne chambre voifine. Ce qu'il (u tinduifan t les chauffes, 
pourpoint 9 6c cftuy du meneftrel, qui n'c;^;9^a6pn def'en moquer. 



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H 



FRANÇOIS lilV. it. ' v s7 t 

HVÈS 'de braie-selvê. l^xxiî, t 

Vcsde Braie-felue pre*Oignon;futvnMenêfhelf^ 
me auteur du Romans de Guillaume de Dole qui die de luy. 

Ve Braie-felue ^ers oigun 
I 'yintHuesàceUcnt. 



Z 9 empereresletinr»$ottcorrj 

Queli afreiftlrnedance, 

jgue firent puccllcs de France, 

^(•rmeldeuantTrenMi: 

Ou len a meint benflet iafii. 

C 'eftlrers Je telle Marguerite, 

gui fi bel fefde^aquite 

DeU ehdnfinnete MuueUe, 

Celle etoiffèri, 1 

Ne met en eubly , 

£ae naiUe au x renibel, iCeft 
Tant a bien en li , w w j" 

Que mêutt embeU imnvt 
— - u U peu fiù\ tmnd. - ■ 

Ces plaids & gieux dufeuxfôuzi'ormël , eftoyent vne àffemÊleede dames & . 
gentilshommes, où fe tenoit comme vn parlement de fcourtotfie fit gentillef- 
fe pour y vuiderplufieursdiffetens: Il y en auoit d'autres en aurtrcsprouidces, 
félon qu'il fe trouuoit des feigneurs & dames de gentil éfytit. te imefmc au* 
theurnoramc^nCupclinMcneftrcl. . * 

RVTEBEVF.; tXXXtIT. J ! 

RVtebeuf fut vri Menéftrel , duauel on ttouue plèfiètirs fabliaux Yc'cftV 
dire , contes de plaifir Se nouueîles } mis en ryme&cnfcorèî des plaintes 
de la terre fainte,adreffees au Roy S. Louis, le Comte de Poitiers & la noblcf- 
fcdé)France:pourfccourirmeflirc Geoffroy de Sareihes vaillant Chcuâlier, 
qui la deféndoit à fon poûuoir. La plainte d'Anceau de l'Ifle eft auffi-dudit Ru- 
febeuf>de laquelle ce couplet me femble bon: 



foifàukieM^treuJfomtlrwh: 1 : ^îi i ^ : - ^ 
^ ' ^Semmtut fans ne fatmr. \ jt :nt . iGW«#: 

s'ilfur'màrs, il defy'rèii**:> • ■ i . . 'H. !>^.>. /-^ t 

I te doit bien chacun fauoit] f 1 rî \ • * vnfir- 

Mesmors èjtfluifiere que* Huiurt ^ ' : t : •'•• lî,î ' fmt y td 

^ 1 itfiptakedem*n fau<HrO < <• ; ^ -ir.i m ui! ■ 'i-w i 

- Çueies fois leJ^Mà^ £ - a.^:?:^ 1 ; Joi /i; 

Il àfiiiren vers lavitfdc S ; E«iibetdtff*fi^ 

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DES ANfClENS POETES 
Nauarrc.Ilfcmblequ'ila auflifaidfc le dit des ordres de Paris? auquel parlant 
ainfides aueugles que 4ious appelions Qjiip Yingt^ilroçfait foupçonner 
que ceux que S. Louis premièrement y amaffa , ne fureàt Cheualiers , comme 
ron,pe*fe;ai as «jucjlqiws pauvre* gpWrÇar ceôpy-cy les fa.it mcpdians.dtfant 
d'eux: ' \ . .■ , * • * - ' * 



Mes te ne faifasporquoy faire , 
Trois cens aueugfes me 4 rote. 
Parmi Paris en Ira trois fAire, 
Tote m ne finent de braire, 
*As trois cens qui ne ^oyent gott 
là "ïns fâche ,li autre kote, 
Se fe donnent mainte fccojfe, 



L 9 ordre fera bruflee tote, 
S'aura li Xgix *flu*a réfère. 
Par le mefme opu feule il raôftre que ceux du val des efcolicrs fouloyenr men- 
dier :& que les Guiliemains(cc fondes Blancm^ntcaux) furent première- 
ment reclus. Ceft luy ( à mon aduis ) quia fait le fabliau du Clerc : lequel m 
pouuant perfuader à vné dame, qui n'eftoit des plus fages , qu elle ne pourrpit 
voiler C^afcs'Sf pfame$4ai>aitant pour luy faire le bec,& j&aniat nue pour 
faitç&rtjr les piumes^uy; S fi a*wn t fa. qqeuc qu'elle ma ( difoit la da- 
mejdcdam fon v^mrç^^^peilcbant t^Hfemçnrdeyoler^qu'^pcine pouuoit 
elle voir te pied^raatj^vcntre luy eftoitereu. Ienefai doute» que ce fabel 
n'ait donné occaifion à Bocacedefairelax. nouuelledela ix. lourueede fou 
Decameron. Il en a fait encoresvne autre de' la femme d'vn cfcuyer: laquel- 
le ayant donne affignation à (on Curé , de l'aller ttouucr en vn petit bois voi-* 
fin : fon mary eftant venu contre fon efpèrance, elle l'chuoya coucher de bon- 
TO^MI^di^^Kpqlloirvdilerurd, pour acbeucr faxoile. Puis le (ent^ne 
endpjçtt>i , gljç vipf : trouver Çon Guré : h race lequel demeurant trop^lqh- 
guettent , & le mary ne la fenrant point couchée près de foy * dcfnandaou elle 
çftoit. La chambrière luy dit y qu'elle vcilloic chez favoifinc. Le mary *opr- 
toucc felçu$, # Ir vient chercher che* Ces voifines:tnais oyant duy. .qu'elle n'y 
auoit point efte: il Oen retourne tçwfewwx Ladamequilanoit feotypaflet 
le long du bois , Se la menacer anec le Prettre, fen retourna eh Ta maifon. 
iLa où eftant accueillie d'iniures par Cqn mary , qui lappclloir putain , & 
qu'elle venoit dauec le Curé: elle nçtoy rcfpondit mat. Ce qu'ayant mis le 
mary en plus grand cdere,comme lien fc taiiàfet elle çonfeflaft ce qu'il difoit, 
voulant luy couper les cheueqx > cilelpy dit: Omettant grofle on lauoit con- 
feillee d'aller fur la mi-nuiû faire trois tours iPeptQ«r d^ Monfticr , en di- 
sant trois patenoftres : puis fans n^fc^e^fafrt auCc le talon vne fofle, la- 
quelle fctrouuanrouuerte au bop*4* ttpittaura ^çe sfçroit vn fils: Se f'ellc 
.imml^ p^«>jlml«l<)jcre 4e Ifon tfiary Rwçbfttf 

|i OûOOOOO . 






FRANÇOIS LIVRE II. A r79 
fe plaignoit fort en equiuoques. Et pourec au dit d'Hypocrifie,iTveut que fon 
nom vienne de Rude & de Bœuf. Il fut marie par deux fois : & combien qu'il 
euft peu de biensiHprift(dit-il)femme qui n'eftoit ne gétc ne belle. Au (B Pieu 
la u oit fait compagnon de lob ,luy ayant ofte tout à coup ce qu'il auoit, aoec 
l'œil dextre dont iïvoyoit le mieux. Il addrefle ùl complainte au Comte de 
Poitiers & de Thoulouze(ce fut Alphans frère de (ainû Louys) qui lujrdon-* 
noit volontiers. Rutcbeuf a vefeu longuement: & le plusfoubs le régne dé S* 
Louys. Toutesfois par vn de fes œuures il femble qu'il foit vi nu iufques à 
Tan 1310. 

MARIE DE FRANCE. LXXXIIIL 

MAric de France ne porte ce furnom pource qu'elle fuft du fahg des Rois: 
mais pource qu'elle eftoit natifpc de Franceicar elle dit, 
finement de eet efirh* 
Me nommerai par remembrante, 
Marte ai nom f Jt foi de France. 
Elle a mis en ver» François les fables d'sfope moralises, qu'elle dit auok trait- 
datées d'Anglois eh François. 

Pour l'amour au Conte Guilleaume, 
le flm If aillant de ce Heaume. 

IEHAN DV PI N< LXX*X V. 

IEhan du Pin,ou Pain, fat moine de Vaucelles, & a fait vn opu feule, intitule 
pEuangile des fjemmes^lTez bien fait & plaifant > compofe en ryme Alcxaa* 
drine qui commence, , 

l'Bsutogle des femmes ItoMfytnil d retorden 
àla fin il dit, . 

Cesser* lehans du jpainlrn moine de PauceUes, 
fèt moult feHtilment>eyc. 

CQVRTE BARBE. LXXXVI. 

COurte Barbe fut vn Meneftrel,qwafaiû le fabliau des trois aoeugles de 
Compiegnç,a(Tc2 plaifant.Troistueiiçles(dit^il)fonans de Comjiiegtfé; 
rencontrent! y n efeolier de nature gaye : , lequel 7 voulant tirer du parc temps 
d'eux,quand ils luy demandèrent raûmofne>leurdit:Tefcez , ie vous donne c& 
Befan t(c'cftoit c nuirô vne pièce d'or valat vn angelo t)cbacun des aoeugles pé* 
fant qu'il leutdonncà ton compagnô^eâ remercièrent grâdemennEtayanj 
çhçroiné quelque peu d'efpacejlcplus.ancien d'eurcommçnce à dire atyt au- 
tres: que palTé long temps ils n'auoient faiû bonne chère , & falloiutetourue* 
à Coropiegne fe refiouïr:à quoy les autres Raccordèrent, ïftans donc ar riuez 
cnlavillc,&oyanscricr,Ceans adcbonVm:iIsprient l'hofte dc les loger en 

OOOOOOO iiy 



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DES ANCIENS POETES 
* ne benurfattc peinte, les bien «aifter , 6c n'auoir efgard à leur eftar: car ib 
leoontenteroientbien. Le Clerc qui auoi t rois pied à terre, depuis ce don 
imaginaire, & les fuiuoitpour entendre leurs propos : vintfcrnblablemcnt 
loger en la mcfmè boftcllerie , où les aueugles le firent bien traiéker de chair, 
de poiffon,& toutes fortes de vins: puis après auoir bien beuils f'en allèrent 
epucher, dorraans fi haute matinée , que Ihoftc les vint cfaeiller , & deman- 
derîeurs çfeots. Les aueugles rcfpondiren t que c'eftoit râifon,qu'iis4uoient 
yn befant fus lequel i! fe payait. Ca donc (ditt Thofte) & vn des<aucuglcs 

f variant à fon compagnon , Robert baillez- le luy , car ce fut à vous qui alliez 
e premier qu'on le donna. Par Dieu vous auez menti, dit Robert, mais ce fut 
vous qui veniez le dernier. Ceftui-cy iurant que non , T-ui'as donc, difent 
les deux au troifiefmc : Nonay , rcfpondoit-il , fnais vous. Cependant 1 ho- 
ftc courrouce pdnfant qu'ils femocquaflentdc lûy , commençoioà frapper 
deflus les aueugles, quand le Clerc quUûoiwoutouy ,didk à l'hofte, qu'il de 
fe fafchaft , ains mit î'efcotdes aueugles fus le fien , car il payeroit tout , dont 
l'hofte le remercia: & louant fa Ubcralitclaifla for tir les aueugles. Le Clerc 
veftu , & oy an t Tonner la Méfie, demanda à l'hofte fcl vouloir pas prendre Ton 
Curé pour pleigcdes xv.fols , que luy & les aueugles deuoient pour leurs èf- 
cots: lequel reipondit, que non feulement pour cela , mais qu'il luyprefte- 
roit iufques à trente liures. Faiûcs donc^didt le Clerc) que ie fois quitte 
quand on m'amènera mon pallcfroy , & l'hofte diét qu'auffi feroit-il. Cepen- 
dant le Clerc commande à fon valet tirer fon cheual de leftable , 8c le luy a* 
mener. Ce faillit Pachcraineyer$rEghfc :laioù eftattt venu , il prend fon 
hofte par le doigt , & le mené vers) au tel: où trouuant le Preftre veftu de fon 
aube, & pteft de dire la MelTe/il tire de fa bourfe douze deniers,& ky dit bas, 
que l'homme qu'il tenoit eftoit frénétique , mais pour le prefent il te portoir 
allez bié de fa perfonne:qu'il lui plcuft toutefois après la Me(Te,dire fus fa tefte 
vne Euangile.Le Preftre fe tournant deuers l'hofte,Iuy di£k,Mon ami.ie le fe- 
ray après fa Mefle.Lc clerc ainfi quittc,forr de rEglife,prend congé de fon ho- 
fte,& monte à cheual. Orpourcequ'H eftoit Dimanche,lhoftc retourne poujr 
ouïrMeffe,laquclleacheuéeilfapprochede l'Autel: & le Cnrc ayant encores 
reftolcaucol,luyfait ligne qu'il l'approche & f'agenoiiille :mais l'hofte qui 
n'eftoit en dcuotiôjiuy dit,qq'4 ne.v^enoit pour celà,ains pour receuoir quinze 
fols qu'il luy auoit promis au nom du Clerc. L'hofte ne voulan t ("'agenouiller, 
6c au contraire fe courrouçant : le Caré appelle ceux qui eftoient demeurez, 
^Sc les prie de tenir ceftètimjM , qui n'eftoit pas bien fage : mais Jhofte moir- — 
te def lus en plus encolcre, Se fiifchéoutrc mefure , commence à Wafpherticr. 
Ce qui fotcaufe que le Cùrc parlant plus haut , aflembla des gens priant qu'il 
eftoit fol:d*mainier*qu'il fut lié,& l'Euangilc dite fus fa tefte. L'oraifon achc- 
u^c, qudn4 U demanda fesxri fols; iieftrenuoyc comraeinfenfé, Se encàtes 
mocqMcd^GcuxAquiiil coma fou af&ire. .{*es deux vers dernier déclarent 
LA ut heur. t v: ^ : ■ • ■ . t 

GHttrbarbe dit ci tninit^ • 
Jl*ê*f4it ttirv/r maint hmme h$nte. 



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FRANÇOIS LIVRE II, 



Le CLERC DE V.AVDOY. LXXXVI L 

LE Clerc de Vaodoy furaflez bon Trouucrrc: ila faitt le* fabliaux , iç tu». 
lcz,Niferole,qui commence, ; £ n 

Seigwr t*y follement mes deniers dej^endw: 
Corbcign^&Trambloyjqiieicn'ayveus^cnfcmbleceluy des Droits qu'il fit 
«âgé de quarante à cinquante ans. C eft vne faty rc contre les Iacobins & Cor - 
del iers.li fit encarts vn fabliau d^dicad* Amours, d'Efté > & de May : dont ie 
n'ayveuquelcs xx^premiers vers, a 

IEH'AN LE GALOIS. LXXXVlIïv 

IEhan le Galois fut natif d' Aubepierre, & afait le fabliau de la Bourfe pleine 
defens, qui cft moral. 

v Vn riche marchant de Dcfife nommé Renier , marié 1 vne bonnette Da* 
me,qu'ilcarcflbit aflèz,aymoit toutesfois vne putain. Ccfte femme Pappcr- 
ceuant qu'il portoit hors la maifon cequiluy appartenoit,cYncantraoins le 
cognoirfant pour homme allez greffier »vn iour qu'il deliberoit aller à la fbyte 
de Troyes ( lors fort eftimee ) le pria luy apporter v jte bourfe de la valeur cPvn 
denier, pleine de iéns: ce qu'il meit en fon mémoire. Apres allant vifitei 
Mabillefa garce, elle luy demanda vne robe. Le temps de la foyre appro- 
chant, Renier partit de fa maifon: & venu à Troyes feu très -grand profit 
deia marchandée , laquelle il remployé eh autres cfpeccs* Puis le fouuenant 
de fa garce,il luy va achep ter vne belle robe : & encores ne voulant oublier fà 
femme , il fertquift où l'on vendoit des bourfes pleines de fens. Celuy auquel 
il f'addrefla, qui n'eftoit pas plus habile homme queluy,lerenuoyaà vn Sa- 
uoyartefpicicr, ou verdeur de drogues: & ceftui-ci non plus fage que l'au- 
tre , l'addr efla à vn vieil homme E fpagnol: lequel feeu t fi bien interroger Xc* 
nier, qu'il luy confeffa eftre marié à vne.honnefte dame , qui l'au oit prié luy 
apporter cefte bourfe , & fa pu tam Vne robe.L'Efpagnol lui remonftra la fau- 
te qu'il comraettoit de paillarder, ayant eipoufé vne fi fage femme> toutes- 
fois f'il fe vouloit afleurer de l'amitié de l'vne & de l'autre , enfemble cognoi- 
ftre celle qui lui portoit plus vraye aflfeâion^ qu'il deuançaft fes chariots d vn 
iour ou deux: &feveftantdemefcbanshabilleracns,fift courir le brui& qu'il 
auoit tout j>erdu. Apres cela qU'iWint voir fa garce, puis fa femme :.& fer 
Ion la réception qu'elles lui feraient* il iugeaft de leur amitié. Le fage aduer» 
tiftemenr de l'Efpagnol , ayant oupert i Renier les yeux de fon entendement, 
il commande à fes gens arriucr à Dezife, à certain iour qu'il leur di£t,&^non 
plus toft. Cependant il les deuance : &auant qu'entrer en la ville, ayant ofle 
les vefteraents accouftumez, comme fil fuft^fchappé des brigands, il vient 
qu'il eftoit la nuiû,heur ter en la maifon de Mabillc /laquelle luiouurit Thuis: 
maille voyant en fipauure eftat, luy demanda qui il eftok. Renier refpondit 
qu'ij auoit tout perdu, &fcvenpit cacher, nç voulant que fes créanciers le 



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DES ANCIENS POE T~E S 
trouùaflent: car il n auoit moyen de lear fatisfaire, pource qu'il dcuoic beau- 
coup plus quJil n'aaoit vaillant. La garéclu y di&,qu'ilallaft donc autre part:& 
nonobftan t que Renier luy ramen teùft les biens que iadis il luy auoit faits, (us 
l'heure mefme ellelechaflahorsdefa maifon. De là il vient à là Benne , qu'il 
eftok nuid toute noire;& huebant (a fcmme,ellc qui entendit fa voixdefccn- 
dit inçontinent,& luy vint ouurir la porte. Renier entrée ioyeufement rc- 
rcu,nefut pas fi toft monté en fa chambre, que fa femme luy demamb lacaufç 
pourquoy il eftoit en fi pauurt «ftat:à quoy il refpondit en peu de mots > M'*- 
sniei'ay tout perdu ma marchandife , Se qui pis eft ie dôy beaucoup plus qu'il 
ne me refte de vaillant, fe monftran t fort courroucé. La dame luy diét qu'il ne 
fe fafchaft,qu'clleauoit encores bien vaillant dix mille liures de fon patrimoi- 
ne , lequel elle luy abàhdoAnoit pour payes fes debtfcs. Cependant qu'il def- 
pouillaft ceftemefchantc robe, gu'il en priftvne meilleure , & fift bonne cbe- 
re.Puis l'ayant fâiâ manger, ils l'en vont coucher. Le lendemain la nouuelle de 
la perte de Renier fut feeue par routela ville dés le poinû du iooncar la garce 
l'auoit publiée.De forte que fa maifon fe veit incontinent pleine de fes créan- 
ciers pu cautions : au fqucls Renier fai fan t bien du pireux*Temonftre comme il 
«uoit tout perdudes priant auoir patience auffi bien que luy, ce qui en eftonna 
plufieurs:mais fur ce poinéfc voicy arriuer (on varlet,aoec fon pallefroy, eftanc 
iuiuy des chariots qui port oient fa marchandife.Lorsayan t conté en prefence 
delà compagnie,roccafion de (à feinte pertetfa femme luy di& , qu'il luy auoit 
apporte la bourfe qu'elle demandoit iôc Renier affaire de (a fidélité, par la 
preoue qu'il en auoit trouuée,luy donna la robe promife a la garcetayant parla 
ugeffed'auuuy appris à cognoiftre la différence d'vncvraye 8c feinte amitié. 

^lEHANXHAPELAIN. LXXXIX. 

Sire Iehan Chapelain a faiét vn febliau du Secretain* Cluny , fort plaifant 
5c bien meflé d'aduen tures : lequel commence, 
Ffages eft en Normandie, ' 

Jgue qui herbergitx. efi, au il die t 
iéhle ou chanfen dte 4 thofte. 
Cefte coutume fM rien ofie, 
Sire lehdn li Chapelain .* 

Fourra conter du Souçretain*** w / • 

Et le refte en ryme que i'ay mis en profe liplus près du fens de Y Autheur , re- 
tenant beaucoupde fes propres mors podr d auan tage defcouurir le temps. 

Iadis il y eut à Cluny vne bien fage& belle dame mariée à vn bourgeois de 
laville,nomméHué. Laquelle ayantd$ftutned'ouyr tous les iour s le feruice 
' que les moines y fouloient faire en belle* cérémonies: il aduint que çeluy qui 
, auoir charge de l'Eglifcqu'on^ppelleSccretain, en deuintû fort amoureux, 
quek voyàntvn matin ptesvn pilier ,ilfenhaxdift de l'approcher, & prenant 
u tûain luy dire«Madame Dieu vous gard: & me dointvoftrt amour. Ilyaia 
long temps que ic vous aimc:voire des que i'eftoy petit clergeôn, Se que vous 

demouricx 



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% FRANÇOIS TIVRE II. ,j r 
demouriez chez voftxepcre.Cc mal qui me tenoie comme enfantine ma laiflTé 
à cefte heure que ie fuis homme,pour le vous monftrer plus certainement. le 
vous prie donc m'o&roycr voftreamour : vousaduifan t que i'ay le manimene 
du threfor de céans, lequel eft tout à voftre commandement pour vous fair* 
riche, & fi iolie de robes 8c ioyaux,qu'il n'y a femme à Cluni , qui le foi t d'a& 
uanrageJLadame nouueilc mariée, Se qui ne l'auoit pas agréable , luy refpon- 
dit : Sire Secretain, vous vous trauaillez pour néant :iàmais ie ne feroy cefte 
* faute à mon mary. Et fi vous en mettes d'auan tage en peine , i'en aduertiray 
foftrcAbbc. Le moine tout confus, ne luyfceut dire autre chofe, finon, ma- 
dame à ce que ie voy,il me conuien t mourir par voftre rigueur .Là de/Tus il f en 
vabiehmarry, (ans plus luy en faire in ftance Vn aflez long temps apres,cé 
Hue ayant par fon mauuais gouuerriement veiyjta vigne ; terres , & meubles, 
deuint fi pauure qu'il fut contraint dire à fa femme l'extrême neceffité en la- 
quelle ils eftoient: & luy rcraonftrer qu'ils ne pouuoientdemourer au pays, 
n'ayant plus que la maifon où ils habitoient : & laquelle encoresils ne pou- 
noient vendre,ne fçachant lieu auquel ils peuflent mieux celer leur pauureté. 
Mais fa femme plus afleur ce, le réconfortant luy refpondit, qu'elle auoit des 
parens en France, deuers lefquels ils pourroient fe recirer : toutesfoisafin que 
pas vn des voifins ne f'apperceuft de leur partement , quand ils orroient fon- 
ner Matines il falioit aller en l'Egiife prier Dieu les vouloir conduire. Le Di- 
manche venu, ils fcleuent de bonne heure ,8c oyans Matines fonner, ilsPa- 
cheminent à l'Egiife: là où comme Tvn ferré contré vn pilier, & l'autre en 
quelquecoing , eftoient fort triftes , 6c ententifs & leurs prières : d'auanture le 
Secretain pour le deuoir de fon eftat , allant pat TEglifevne bougie au poing, 
trouuant L'amie à vne heure non accouftumée,l'occafion propre de parler à 
elle ayant foudain efueillé fon amour,feulement endormi, il Rapprocha 6c luy 
dit, Mal de hait ayeeeluy qui ne fefoucie de voftre ennuy, & Dieu vous en* 
uoyetoye: laquelle auffi vous pourriez auoir fi vouliez croire mon confeil^ 
ayant moyen de vous faire la plus heureufe de la ville. La dame luy refpondit, 
Sire icm^efmerueillfc de vos propos : il y a dix ans partez que me requiftes d'a- 
mour y &oncqucs puis ne m'en parlaftes, que la première année queie fuma- 
rice.Ileftvray,ce diâ le moine: mais encoresfi me vouliez oûxoyer voftre 
amour, & feulement vnbaifer pour le prefent,ie vous donneroy cent fols que 
i'ay fur moy:& auant qu'il foit midi , plus or & argent que*i'a pas vn homme 
de cefte ville. Ilfemblaàladamequeia neceffité l'admonneftoit de ne laifler 
pafter Foccafion qui fe prefentoit. De forte, que preffiée d'auan tage du Secre- 
tain , elle le pria luy donner temps d'y penfer : promettant fe trouuer à l'heu- 
re déprime au lieu mefmè , pour aduifer à leur affaire. Lôrs le Secretain 
tirant defabourfecenrfols, les luy donna en la baifant: & là dame leuée dé 
fa place, vint trouuer Hue : auquel monftrant l'argent , elle luy raconte la 
prière du moine, 8c comme il ta deoon venir trouuer chargé d'or 8c d'ar- 
gent: que Pil auoit lecourage fi bon , de lafy garder fôrt honneur, 6c je tenir 
ce qu'il apporter oit , elle continuerait i'affignatiôn. Hue pfèiwrit confeillur 
kchamp^ditquUeftoitcontan^ &raffeuraquclemôine rte-fortiroit de fea 

PPPPPPP . 



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DES ANC I EN S» FO ETES 
m^ins quitté; Lldeflusils f'eu vontiojpeurcn leur maifon , attendre Theuré 
4eprime:Uquelleronn«e,HuedcmnecongéàCafeuimed , aller à l'Eglife îrre- 
ftcr le ioar.Le Secrecain qui eftoic au chœur,la voyant venir courutau deuanc 
\jjy diee,qu'elle cftoit femme de promciTcA quoyreile rcfpondir,que de fa parr 
il fe tint p ceft pour la nuiékdu.Mardy prochain, que Hue feroit allé 4 la foire* 
& ne faillift d'apporter co qu'iLauoit promis,Dame(dit-il)par celle Meflè que 
i'ay çhan tee, v ous l'aurez & plus. Le marché concluais fe departiren t d'enfem- 
fyle:&ladamç vintaduertir Hue de leur conckifion. v Lequel dés lcLundy fiai- 
fane femhlaac d'aller à vmiointain raarchc^etourne fecrcttcmentfc cacher en 
vne chambre de fa maifon. Dautrecoftc le Sccretain qui ne craignoit ne Dieu 
ne les hommes ,va au threfor>où il prend lescalices d'or & d'argent, qu'il mer 
çn y n fac,lequel ne luy fcmblant pas aflez plein,il rompt encores vn Crucifix* 
empliflant le fac iufques au goulet. Puis la nuift venue, il fort tout ioycux par 
yne poternej&^'en vint à la maifon de s amie heurter à l'huis de derrière , où 
eU§l'a;çendoité II n'eut pas fi toft frapé que kportecftaru ouuerte^il fe four^ 
jre dedans,& iettant le fac à fespieds U monftre à ùl dame la richciïe qui eftoio 
dcdans.Maiscommeileutauflimislesbrasàfoncolpour la baifer , Hue qui 
n'eftoit pas loing de là,luy defchargpfur les oreilles vn coup de mafle, affiné fr 
dextrement Se en tel endcoi^qu iLeheut mort fans crier. Ce fai&v il <K& à fa 
femme toute efpcrduc,M'atûieil ne refte plus que nous desfairc de ce diable» 
jpais elle tremblant luy commença à dire , Helas que ferons-nous , quand au 
lieu de nous mettre horsdepauurcté,vous nous auez>cbndui&s à la mort icao 
içfçaybien que gçns viendront incontinent noua prendre poumons mener 
en prifon.Taifez-vous{di# Hue^laiflez-moy faire , ferrez feulement ceflrar-: 
gent,& puis vous allez coucher. Lors Hue qui eftoit grand & fort > charge le 
moine fur fon coI:& fçachant le chemin qu'il-cftoirvenu, porta fon corps fus» 
vnanneau des latrines communes de l'Abbaye , où il l'aflît , luymettant en la 
. main vu torchon tel qu'il faut en ce lieu. Puis retourne en fa maifoa dire à fa? 
femme,comme il s'eftoit depefché du moine. Cependant le temps defanner 
Matines appiochant,le compagnon du Secretain s'efueille^ & luy fcmblant 
que l'heure fe* paflbit , appelle-le Secrexâin : lequel ne tromiant point en fois 
lift, tout courroucé il s'en va aux latrines: là où voyant le corps du Secre- 
tain, & penfant qu'il fuft endormy, il luy dift :Dam Secretain ,vousbeu- 
ue* tant tous les foirs, qu'il ne vous fouuient de ceux oui attendent après 
vous; Et pource qu'il ne luy relpondoit , ïi le tira par le chapperon â ru- 
dement iqu'il le fit oheoit la face contre terre* Mais, voyant qu'il ne cerouoit 
point ,*& craignant l'auoii; tué , il commença foy plaindre de (a maie àduch- 
ture. En fin reprenant fes efprits , & le fouuenant des amours du deffunék* 
il charge le corps àfoncol,& fortant par la poterne , il le vin tappuyer con- 
tre l'huysde derrière delà maifonde Hue: difant que facilement on croiroie 
qu'il l'eu ft tué p^ialpufie. Quelque peu après , la femmode Hue preffee 
dcdécbaiçerfony^ntjre* #vpulant fortir dehors , comme elle eut ouuerc 
1 huy s ,1e, corps du jStçrqtawbliiy chp? fat lefront & l'abbat contie terre* De- 
qupy tqute;eftonfl4«,eIleV^ cftM#rowé 1 les 



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FRANÇOIS i LTVUE II. s % z 
detix marcs d'or que nous auons ferrez,poùr le mettre en ce poind , n'empef- 
cheront que demain ne foyons ou pendus,ou bradez! Taifez-vous , foïôt Hue 
(quis'eftoitincontkientiettéJiorsdu liâjqueles voifinsne vousenrendent: 
c'eft la raifon que te porte le mal,puis que ie l'ay faift , Se telle que ie l'ay braf- 
fee,iekboiue.Puis$'eftdntveftu,ilditàla femme, Fermez voftre porte, & 
tous allez coucher. Lors il recharge le corps du moine fur fon col, & s'en va le 
long de la rue:par laquelle il n'eut pas longuement cheminé,qu'il entendit du 
bruit de gens, dont il eut fi grande crainte (confiderant le danger auquel il 
eftoit,quil'eufttrouuéauccçe corps mort) que renconrrant vne ruelle affez 
pwfonde/ils'efcarte dedans, tout tremblant de frayeur. Cependant deslarrons 

Sut aueienr defrobe chez vn boulanger nom m c T homas , deux flèches de lard 
x ors appeliez bacons,dont vient le mot de Baconer pour faller)paflans le long 
4ulieuoùils'e(foitcachc,ilouytquelVndit: le ne fois pas d'aduis que nous 
portions chez le tauernier noftre prife , iufques à ce que nous oyons ton cry 
(car en ce temps les tauerniers faifoient crier deuant leurs huys, Cy a bon vin, 
de tel &tcl lieu)mais nous le cacherons dans ce fumier auec le factl'au tre trou- 
vant fon aduis bon,ils couurent les bacons de fiens , puis s'en vont le chemin 
de la tauerne. Hue oui auoit tout entendu , les Tentant efloignez, penfa que 
Dieuluy euftenuoye vne bonne occafion defe deliurer de fon moine. Par- 
quoy tout ioyeux, il vient au fumier découurir le fac, duquel tirant le lard, il y 
fourre fon moine dedans :accouftrancle fumier comme il l'auoit trouué. Ce 
fei^ilfàchcminevers famaifon: où d'ennuy Si de crainâe, fa femme ne 
s^eftoit peu tenir. Laquelle voyant Hue reuenir chargé , difoit en foy-mef- 
me : Heias nous fomme*morts,iecroy que ceft homme cft enragé de rap- 
porter ce moine: mon Dieu que ferons-nous ! Quand voicy Hue , qui en 
riant luy di&,M'araie noftre bien va en croiflant, i'ay changé le moine à tant 
delard,quenousnelefçaarionsmangerd'icyàla fainâ Denis: ferrons-hr,& 
puis allons dormir. L'angoiffc de la dame changée en ioye foudaine, ils s'en re- 
tournent en leur lift plus contens que deuant. Durant cela les larrons venus à 
la tauerne,('eftans fait tirer à boire dirent à l'hofte,que fil vouloitachepter du 
lardai pourroic aflez gaigner auec eux. lc tauernier refpôd qu'il n'auoit pas ac- 
coutumé d'acheter chat en poche:qu'ilsl^laff^^ & puisilsaflcure- 
roient leur marché. Les larrons dirent que. c'eftoit raifon : Se retournans au 
fumier,ils prennent le fac & l'emportent^ la tauerne» Mais comme ils l'euf- 
fent dcflic,Vhoftc n'eut pas fi toft apperceu la tefte du moine, qu'il lecogneut: 
& criant après eux,qu'ils l'auoien t tué , & falloit aller quérir fes parent : ils le 
>rientfetaire,difans qu'Us fçauoiencbicnoit ils l'auoiét pris, & ne falloit que 
e reporter au lieu mclrac,fans en faire plus grad bruit. AlleZjdh l'bofte,à tous 
c$ diables,auec voftre moine* Ainfi donc les larrons bien eftonnez,reprénent 
eurfacfeplaignansdeleur fortune:&difansl'vnàrautre,Compagnô tefem- 
bloit-il aduis que ce fuftkrd ou moine que nous prifmes'Par Dieu il n'y a 
homme qui voyant h greffe ; ii'euft iugé que ce fuft vn 'pourceau. Comment 
donc Pcft-il chaneérEn difan t cela,& l'cfmerueillans d'vne fi eftrage mutation 
ils arriuét chez le boulanger: Jà où remon tans au pignon ,par lequel ils eftotét 

PPPPPPP ij 

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DES ANCIENS POETES 
en trez, ils rependen t le moine au lieu do lard. D au tre-part, Thomas appro- 
chant. le iour appelle Robin fon garçon ,& cric qu'il fc feue pour porter fon 
bled au raoulin:luy reprochant que ç'eftoi t grand honte de dormir û tard. Ro- 
bin efueillc en furfaut,di& qu'il n'ira ia dehors, qu'il n aye à defieuner. Pren 
(di&lafemmcduboulangerjdupain pldsquetun'a*encorcs fai&Par pieu 
(Jit-il)ic n'iray ia 5 fi ie/i'ay vne charbonnée du pourceau. Et comment en 
prendras- tu à ceft' heure ? refpond la femme : ie t en dohnerois volontiers , fi 
on la pouuoit leuer fans gafter & empirer la vente, Laiflez-moy faire(dit Ro- 
bin )i en prendrayfi bien qu'il ne perra que couteau y aye touché- La Dame 
voyant qu'il ne fe pouuoit appaifer,luy donne congé de prendre ce qu'il vou- 
dra: & Robin va quérir vne efchelle,qu'il appuyé contre le fac : puis montant 
amont auecfon couteau au poing, en voulant prendre de 1 autre main le fac 
mal accroché, Robinjc fac Se 1 elchelle tombèrent tous enfemble>auec fi grâd 
bruit que leboulanger Se fa femme pen fans qu'il (e fuft bleiTé,crierent, Robin 
qu'eft-ce la? t'es-tu fai&mal? Non maiftre,refpondit-il: car ie fuis tombé fur 
le lard : roalcncontrcaitceluy qui l'attacha. Cependant la boulangère ayant 
allpmc de la chandclle,& fon mary feftant aufli leué, voyent la tefte du moine 
pairantTiors le fac:pour autant que la corde qui le tenoit lié,f'eftoit rompue en 
tombant. Deauoy tous eftonncz,& la femme pleurant de crainte : Thomas 
plus a(reuré,m6t qu'il falloir trouucr moyen de l'ofter de là: Se commande à 
Robin aller quérir fon poulain farouche. Auquel ayant mis le frein Se vne fcl- 
le fur le dos, il lie le moine dcfTus fibien qu'il ne pouuoit cheoir. Puis lux ayant 
aufli attaché vne lance foubs J'aifTelle, & mis des efperons aux talons , il con- 
duit le poulain en la rue. Lequel fe fentant piquer aux flancs , prend le galop: 
& trouuant la grand' porte de l'Abbaye ouuerte Jeietta dedans. D'aduantu- 
re il y auoit quelques moines en la court : lefquels voyans ce cheual chargé da 
corps du Secretain^equipc comme le boulanger auon voulu j penfans que ce 
fuft quelque malin efprit qui le tint, s'enfuirent fermam leurs portes en grâd 
hafte.Et le poulain courant toufiours,vinr rompre contre vn mur la lance at- 
tachée foubs 1 aifTelle du moine. Or l'Abbé defirant faire vn puits au mit- 
lieu de la court, auoit faiâ: fouiller vn trou fi profond, que defefperant d'y 
trouuer de Peau, il eftoitreiolu.de faire ceiïèr i'ouurage : duquel le poulain 
en gambadant approcha fi pres,que la terre luy faillan t foubs les pieds , il tref- 
fcocha dedans auec fa charge, en la jyrefence d'aucuns moines. Lefquels en 
grande ioye, firent fonner les cloches, pour remercier Dieu de ce qu'il les 
auoit deliurez de l'cnnemy. Et commandèrent par lebourg que chacun vint 
aider à remplir le trou du puits : oublians la perte de leur frère & de leurs 
biens » pour la grandefray cur qu'ils auoicnr eue, penfans que ce fuft i'ame du 
Sccretain. 

RENAVLT D'AVDON. XC 
JEhault d' Aùdôna faiû vne Satyre contre tous eft^ts» 4 

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FRANÇOIS LI V, IL* j% 
GV1ÀRT. X.CL: 

Vipttafaiâvnart d'amours jauqutl il infttnirvn homwecomtxieil fc 
\J doit porter pour paruenir à fes ar teintes, & pui*ftn desfaire. Entre ai*, 
très chofes il a pris ces deux vers d'Ouide de samedi* ^€moru, 

sA* matin ">4 U Iroirains qu'elle fiit leuee, 

Neauede fin fardes fiit nngte ne fardée. 
Car ce n cftpaid awourd'huy qu'elles Peu aident en France. 

GARIN. XCrL 

GArinafiu&vnfabiiaUjinm^ 
6c derrières def femmes. Il dk, 

fdblsduxfent>or moult en cotfiz ^ 'i . ? 

Maint deniers en ont enborpr 9 ■; 

Cil qui les contentez* les fortent. 

Car grant confort ement enportent, ' 

sAs 1 enuoifîei ty m oijeux: 

g^tilriiA^trofnoifeux. \%&- 

1 Neisa ceux qui fint plamsfire, Unis, 

Quant ils oient tons fabliaux lire* imm* 

Sttor fait moult grand alleiante, 

Et oublier deuil ftjènee,. * 

EtmauuaiJHé ey penfement 1 

Ce dit Garm qui fat ne ment. 
Ceftvn conte de lourde menfonge,& dontie fay mention feulement pour 
roonftrer ï quoy de ce temps-la on prenoit plaiûry& quelles iouenrionf 
cftoyentcûimces J & plus agréables. . , : . , 

KÇhJX DB CAMBRA Y. XeiIL ; 

ROix de Cambray, ie penfe que et nom monftre qu'il fut vn Roy dermes, 
ou Hérault. U a fait vne fâtyrc contre les ordres Monaftiquçs, commen- 
çant. » 

Seli J^oix de Cambray^eifi ' 
Le fiege fi bon comme il fifjt. 

Uâfiutauflîvnopufculeintitulc A. B.C. par tilts** commençant 
leTrouo dj bien en parchemin. & à la fin* 
Cil qui a nom %pix de Cambraj , 

De tel fenserde fi ^erai 
Corn il puetenfon cuer troumtr > 

. I ydtjm engin efronuer* . ... /. \ ■ ?■< Y > , / . 

PPPPPPP iij 

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DES ANCIENS POETES 



4 



GIR A RDLN5 D'AMIENS. XCIIIL 

Gltardinscl'Ainicosr aftitvn Ronuns , intitule Mdiadius, qu'il rymaaa 
rccitdVncgraml'dainc^cpicllc luy donna lcfubicâ;. Ildit dcfey, 

Girtrdtns Jt*Am$ens qui plm im 

ûi de cet conte retraire, 

tfiltoët fus menfinges atraire, 

Ne chofi dont 'M fié repris. * . 

xAinfi corn a le conte offris, 

J* yme' au mieux qu'il fiuea* . 

«VES ÇÎANCELEfiS. 

HVesPiancellesafcitlc fcbelde fircHains fie dame Aoieùfe faTerame: 
qui fc combarirent à qui porteroit les braies. Mais la dame fut contrain- 
te les qui&er, non par faulte de courage,ains pourec qu'au combat en reculant 
elle tomba dans vn tonneau à gueule bce, la tefte la première, ayant les iambe* 
cnhaulc:dc fortequ'ellejicfe pcutrelcuer. Eftant par cette infortune con-, 
. . r traintede Ce rendre 6c confefler vaincue. L'authcur dit de foy* 
Hues PianceUcs qui troua 
Cilfatel,f>ar mfinfroua r 
irobtflo c n q„i a feynme, 1 rubéfie*. 

garnis de mausùtifcjrefte. 

I EH AN B O D EL XC VI. 

I EhlatvBpdelfiltd; Asra*, & a faitvn petit œuure en forme dVfcdieuxrauqucl 
il nomme pluficurs bourgeois & autres de cette ville. . . 

IE-tfÀft-D V CHAS TE LE T. XCV1I. 

IEhàn du<Sh*ftelet a mis les dits moraux de Caton.cn vers aflez bous. Il dît 
aucommericemeriti 

Seignor *>ous qui mette? >W cures 
En fables £r en aduerttures* Set. . . . 

Ce dit Ieh^ d* chaftelet 
: - " gui nous commence cefl-E^mans. : ' • ' ' 

Ve Caton Crdefes- commens. . 

HVES DE CAMBRA Y. XCVIH. 

HVes de Cambray a fait le fabliau imitqlc La maie ltonré:qui eft vne mo- 
queriefaitte contre Henry Roy d'Angleterre: & dit de fon ouurage, ' 



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FRANÇOIS LlV. II. ,84 

ftut de Camèraj Comte cr dit » 
jgut de cet ceuitrelriàie fit. ' t " 

COVKTCnS I>XKRAS. X>fcrx;i ' ' ! > 

. . : r « " " - j - t . 

COoicois d'Arrasa fai& vn fabel de Fonobér Boi-vin*qui con wefiûfam 
niais païfan, contant fon argentan bordëau de Pconins , trompa Mabiù 
1e rufce putain :laquelklupdonha bien àdi&er>,& hcocnpa^aiexl'f ncieàno 
garfe&feruante. - ; '^ v- ^» ;,.o 

HAISIAVX. C. ' 

HAifiauxafaiûlefabeîcfcftmneau qui faifoit toid'rf lé membre. Lequel 
eftant trouué par vn Abbé,le mit en grand^peine:iufques à ce que celuv 
auquel il àppartenpit le luy euft oftcdu épigx ,auécgrâ&U rctompeftfe; t>u* 
tbcurfc nomme jdifaat: 7 1 J - 1 r 

,;ffaifi4*x ->#s dit qu^m h*m' : M,/ " zn ":-; ~; ^ \ ; V; ' t [ " ' ; 
c ffr merueiHeux aneltuoit. \ : j Jî 1 i,J,, ' 3,v ' tr: îf " .' 1 



D VR ANS. Cf. 



A- 



DVran*a fai# Je fabl^dc jroisbofli^, Pvq ^efqijels eftant préféré au* 
mariage dVhefiUerefpoufà,pcrort^ fur 
tue parvn beau gentilhomme qui aimait celle femme. . ^ ^ . ^ 

purans qui fin tonte défini' ' M ' l - n * v f -A ' 
Vitquonques Diex ne fit mefehine. ' ? i , ... 

jÉJ^m ne f eut* for deniers tuoin ' / 

H V I S T A C E S .D'A M I£ ^ S. CIL 

Hyifl^ccs d'Araicnsa fai&le fabel^ boucher ^'Abeuille$ qui fiea^mapr 
à vn Doyen rural vn fien mouton: & promettant la pçau à la chambne- 
re, puis à la garce du Prcftre,iouit de toutes deux,& encores fe fit payer Ta 
raefmcjp^au au Doyen .Qui fueillctcroû biençes fabliaux, il trouueroir les 
meilleures nouuelles de Boccacercntre autres la v. de la vu. Iournee , dVn qui 
confefl^ fa femme, de laquelle il e^oit iajpfix* La vi.dç^a iflu def ^ qui 001*1. 
cherçmaucclafe^ J. \ . ! : # J 

Or^reicliuredieChanfons ,jduqueiLi.4jr paçjécy ^eflus, ^ffjn tfejriije en* 
cores affczd'autres ; mais ecluy qaicft en la potfeflio^ de Mori&ur Mathcret 
Aduocat en Parlement ( bien eftimc)eft digne d'eftre g*rd& fc'eft vn recueil 
de xhanfoiis *n£ial^^ 
debatues pour & contre. Pluficurs defquel^ 
Se dont les principaux autbeurs fç n^mment,^ ^ ^ ^ £ N 



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D B S ANC IE K 8 P O E T E S 

FRERE- CUL 



ifnum^jf^ E Freredçmapje» De deux amans l' vu aimcpar<leuis,/£a( 
uiêim % K m J entier-J'autrc n'a fors ié 1 dofnoycr : & toutesfois il eft affeu 



t fou vouloir 
eftaffeuré que Pa- 

èaifir, mieeft tant débonnaire ,qtie (on bon luylairroit faire , mais il veut tarder 
^*?T pourfon honneur garder. Parla ir. ti demande, fil aduenoit que t'amieiuy 
JJ^^^utUnanddqu'il vinteouefoer de nuiû auec ellenud à nud/anda voir:ou bien 
gts ta- qu'ilvin t en vn beau pré de iour pour baifer & rire ,Jûms pa(Terplus.oultr*,lc+ 
meurs quel il aimeroit le mieux. 

pMk Mdifht G VILLA VME LE VINIERS. CIIII. 

tltaliem 

pm4rt~0 Lpcultéftre que maigre Guillaume le Vin iers fut frère ou confinée Cil\ç$ 
Xle Viniers , duquel nous auons parlé. Il demande à Freré, fi vn homme qui 
aimeloyauraeor ,a tant deferui que dame confente qu'il couche auec elle 
nudà nud,vnc nuit fans autre dofnoycment que de baifer & d'accoler : fi elle 
fait plus pour luy que pour elle,dainfi l'accorder. En la i i. il demande au 
moyne d' A rras ( ce peut eftre Moniot d' Arras nommé ci deflus) Si après auoir 
couché auec f'amie, ta eft moins furpr i$ d'amour que deuant. 

/ [' : .\ ADÀM DE G V I E NCI. CV. 

♦ 

ADamdeGuiencidémandeà maiftre Guillaume le Viniers; Lequel vaut 
mieux auoir ioye qui doiuc bien toft faillir , ou haut efpoir fans iouif- 
lance.Ce ieu«ft renuoyé à Pierre de Corbie:qui pourroit cftrcle Vieliars(c'eft 
à dire le vielleur ) de Corbic, nommé ci deuant. 

ÀNÎDRIEV. CVL 

ANdrieù fiûtVnetelle deinande: Vn fâtix amant faulfement prie : rnc q*M 
faulferaent oéfcroye : lequel doit eftre plus blafmé,ou il , ou elle. 

iwIEHAN 8 R ET EL OV BRETIAVX. CV1L r , 

Sireiaâh ftrëttl , oaÎBretiaux', fùrgratid maiffre de ifeurpartfc : ctft * <H- 
re de demandes,icfqueiies ii eft loytibfe de difpu ter di|6Bkbl;euléto & 
<onrt'é. G^r èricorfcs iïioÀs nous coihraûncmént , le vous! fiftè j>af ti. Cèidc- 
mandes ioyeufes feruoyent ï faire pafler le (fftnps aux cotapaigmeshonneftes: 
&ie trôiiuc que tel efbat a efté longuement pratiqué en France. Car Raoul de 
Houdauc en fait mention ail' Romans de Mcraugis de Porlcfguêz. ' ' -, 

Se miex téhcrr'que ù^é $ v ' <: ' 7 * " " l » J * 
FiT^ mj t9t frtfi de trncUr. 



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FRANÇOIS LIV. II. ,8; 
CcBretclavcfcudutcrai)8dcS.Louis:&(ccroaucncdclu)r plaide chanfons 
enjeux partif, que de nul autre queiefçache. 

Par fa t. il demande à Greiuilner , S'il aduenoit qu'il fuft en lieu fecret auec 
f'amie à Ton gré , lequel luy conuiendroic mieux , d'aller vers elle & la baîfer à 
fon gré vne fois fans plus: ou bien qu'elle vint à luy les bras rendus pour le 
baifer,mais auane qu'elle peuft le ioindre, il falluft qu'elle f'enfuift de là. 

Par là ji. il demande à Lambert Ferris : Lequel vault mieux , planté de ioy e 1 
fon aife,dix fois l'an feulement fans peine Se fans ahan : ou en péril grand' pei- 
ne,rreis fois la fcpmaine. 

. Par la ni. il demande au mefme Ferris : Vne dame eft bien aimée , & aime 
bien auffi: mais leur amour en eft venue là, qu'il faut que l'amant prenne fem- 
me autre que f'amie: ou f'en voifeen Pôuille, àla croifade prelchee contre 
Manfroy:& de ces deux partis , f'amie à le choix» Ce feul trait fuffit pour co- 
gnoiftre non feulement le temps qu'avefcuBrctel, mais encores tous ceux à 
qui il efcrit,& fait des demandes. Or Manfroy fut combatu& tué par Char* 
les Duc d'Anjou frère de fainâ Louis , l'an 1164. 

Par la un. il demande à vtt Gadifer:S'ilauoit mis fon cœur à vne iolie Da- 
raoifelle > & il l'aimait bien: -lequel il voudroit mieux , qu'elle fuft mariée , ou 
trefpaflce. f 

Par la v. il demande à O uueliiers , S'il aduenoit qu'il aimaft vne dame belle 
& fage>& vn autre l'aimait autant que luy : lequel il voudroit , que tous deux 
failliflen t à fon amour fans cfpoir de recouurer : ou que l'vn Se l'autre en euft 
ce qu'il defircrok. 

Par la vi. il propofe cède queftion à Ferris: Ils font deux loyaux araans,dont 
l'vn iouit de fa dame Se l'autre n'a aucun bien de la fienne. Or les dames fe font 
fi mal portees;que l'vnc & l'autre 0 eft abandonnée à autruy • Lequel des deux 
araans,fe doit le plus plaindre: & des dames laquelle a le plus failli. 

Par la vu. il demande à Ferris, S'il aimbi t vne damoyfelle,& fufraffeuré 
queiamaisilne iouiroit d'elle : auroitil bien volonté qu'vndc fes compai- 
gnons en iouift: & quelle fe tint à ceftuy- la. 

Par la vin. il demande à Greiuillier, Laquelle eft miçux affeurec,pour auoir 
le cœur ioy eux , celle qui a vn ami hardi en amours : ou celle duquel l'ami eft 
loyal,mais douteux & craintif. Lequel vaut mieux. 

Par la ix. il demande au mefme: Deux dames ontdonné aftïgnationà leurs 
amis, dont l'vn eft nouueau en amours & puceau: l'autre fçait affez du Ge- 
cle(c eft à dire du monde)lequel des deux amans doit auoir plus grand* ioy e. 

Par la x. il demande à Audefoy, Si quelcun pouuoit par droite raifon con- 
quefter 1 amour de femicif'il feroit bien ou mal, fens ou folie. 

Par la xi. il demande au mefme: Il aitpeloyaument,auffieft-il aimé de mef- 
me : toutesfois il ne peut trouuer moyen de baifer; ou faire d'auantage , f'il ne 
fe veut mesfaire. S'il paflera outre. 

Par la xii. il demande à Cuuelliers: Lequel doit mieux auoir ioy e, ou celu^ 
qui aime en bon efpoir , & toujours prie d auoir mercy, mais il eft nke & peu 
celant :ou le fage peu parlant, Se qui veut que fa dame croye qu'il l'aime , parce) 

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DES ANCIENS POETËS 
qoUleûrticnccknt.Ilfaitittgc^Gaiot le Petit , fie Baudefcor H MarcKatm 
Par la xui.il demande au racfmc, Lequel ilaimcroit mieux, f'ilauoit belle 
dame & fage, fie il eufteonquife f'amourde fem fens , fans autre pouruoyanec, 
à grand' peine au boutd vn anroo au bout d'vn mois. 
: Bar la xim« il demande à Adamlc Boflu : Il marchanda tant vnc dame, qu'à 
la fin elle luy o&roya qu'elle l'aimeroit: maisil n'yaeiKellc foy ne loyauté* 
pource que chacun la gaigne à fon tour. Sçauoir f'il a perduou- gaigtié* 

Par la*V. il demande au Threforier de lifte 3r à CiMieltitrs ( qu'il dit cftfe 
de mefme meftier , que luy & Lambert Ferris) Lequel a plus de ialotrfië & 
driierie en Ton cœur :ou damé qui (on raary voit aimer autr+qu'eUe : ou hom« 
ine.qui voir fafctUmeAcjcoijueraucrequcluy. Ibfâitiugo* de cette demande 
Robert le Clerc & Pierre V'Vion. 

Parlaxvi.il demande à Gteiuillier: Lequel il voudroic mieux, eftrc aimo 
dvne dame fage & feigneuriale:ou de deuxfages & feigncurialcs.» 

Parlaxvu.il demande au mefrac: Quand cfhcequc l'amant aplittde Céù 
gneurie(iecroy contentement) ouquand il fefouuiênr duplaiur^u'ilacu,- 
oui ce poin& qu'il prend fon déduit. 

Par la xvin. il demande à Gadifer ; S-ileftbir bien aime, & aimaft bien auûî, 
lequel il voudroit mieux ouir dire du bien de s'amie» fie lequel il n'f rromio- 
xoir mie:ou du mal qui n'y feroit pas* 

Par laxix.il demande i Greiuillier: Lequel des deux math a plus de tour-' 
mène ,oaccluy qui penfe que fa femme aime , fie ne fçait rien qu'elle foit ai- 
mec:ou cil qui fçait que fa femme a aimé , mais fon ami après eh auoir faid fa 
yolômé la foriurec: fie eft (eur queiamais n'y reuiendra. . 

Par la xx. ildcmande à Cuuelliers : Lequel fait plus à prifer \ Celuy qui ia- 
mais n'ai cm par amours,ou cil qui aimepar tricherie, fie toujours a aimé fan» 
foy fie fansloyauté. lien fait iuge ladamoiftlle Orude. 

Par la xxi. addreflee au mefme, il luy demande: Vn autre homme a prie d'a- 
mours fa dame, mais elle Ta efconduit,fie f'en défend biédequel fait elle mieux, 
de celer cette priere,ou la defcouurir à fon ami. 

Par la xxn. ildemande au mefme : Pourquoy on refufe en amour ceux qui 
ont del'aagc, fie les ieuncs garçons font aimez fie conjouisdes dames. 
Si tjne h bon y li Jage , h ceUhr, 
Sont mis arrier , H nouict AUânu 

far la xtni. il deraandeau mefme: Deux dames auoyent vn homme de foy; 
lvne,apres longue prière luy oûroia fa requefte , fie l'autre auflî:mais fans en- 
»ny„ Laquelle doit- il mieux feruir* 

Par la xxim. il demande au mefrac-.Lequelfak plus à blâfmer,ouceluy que 
Ion oit vanter qu'ilaiouydefadameroulevanteurqui a failli à auoir ioye. 

Par la xxv. ildemande au mefme : S'il aimoit loyaument, fie on 1 aimaft auf- 
firlequcl il voudroit mieux que fa dame fuft belle fuffifamment fie trcflàge : ou 
b^DcJefmcfurcmenr & fage ràifonnablemenr. 

Par laxvi. il luy demandeencores: S'ilauoitefpoufee femme qu'il aimaft 
bien,fie elle luy voudroitencor auoir amie , de laquelle il fuft bien aifeorc 
d'eftre fcmblablcment bien aimé. . 

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FTIANCOIS LIV. M. & 

Tar la xxvn. il .demande à Lambert Fertis : S'il aimerolt mieux que s ara ie 
(qu'il a à Abeuilleyfuft morte ou pcrie:ou qu'elle eu ft fait la folie auec vn vail- 
lant hammeJ:; die êen /epenrift. 

Parla xxIRTdemande à Grciuillier: Lequel a plus d'aduanrage, celuy qui 
iouit de fa datât par grandeur, dont tout le monde f'apperçoit: ou xcluy qui 
jVa que le deais,(ans qu'on C'en apperçoiue. 

Par la xxix. demande à Perrot de NeÛe:S'iI aimoit vne dame,& elle le priait v 
qu'il foufFrift qu'elle peuft aimer vn autre l'efpacc d'vn an ,6c luy iuuft que 
l'an parte il feroit aimé : Pil le fouffriroit. 

Par la xxx. demande à Greiuillier:Deux dames font d'vn fens, d vne vàlleur, 
& beauté;l'vne airae,cft aimee>& a aimc:hmtre n'a point d'amour : Où a plus 
belle 1 maiftrie , ou-àconquerre celle qui bien aime , & a ami : ou l'autre qui l f*tti& 
jmcq nefeeut aimer. %mt 

Par Ia*xxi* demande à Iehan Simon : Lequel fit mieux , celuy qui dés l'aage m ** 
dequiqzeans aima iufqttes à cinquante x puis felafla fain 6c fautiez :ou celuy 
en ayant quarante 6c plus fans auoir aimé , aima tant qu'il peut» 

Par laxxxn. demande à Greiuillier: Lequel vaut miqjxqu'vn ami po&r cui- 
ter noife & bacàille faille à fa ioye , de peur au on s'appcrçoiucde la iouïflancc 
de (es amours : ou qu'il iouifle , & quei'on l'en apperçpiue.xant que Ùl dame 
enayeraechef. 

Par la xxxnï. demande au mefme: Vne dame a efté fi cruelle , qu'elle a touf- 
ioursefeonduit fonamy. Et ont tellement pet feueré l'vn à pçicr , & l'autre 
refufer,que tous deux font hors le temps de leur ieunefle, & que nature leur 
défend d'aimer. Tourefois la dame aimeroit bietunain tenant ,fi l'aman t vou- 
loir. Sçauoir fil doit y entendre^ 

Par la xxxun . il demande à Robert du Cartel , ï cette heure qu'il eft marié, 
lequel vaut mieux, Grande planté d'amie (c'eft à dire, iouirà toutes heures 
comme peut faire le mary de fa femme ) ou poi de déduit auoir . 

Par la xxxv. il demande à Ferris , Lequel doit auoir volonté de faire plus 
grand 1 vafle|age:ou celuy quifert en efpoir d'auoir le fouuerain aduantage t t n 4f t 
d'amour : ou celuy qui iouit. 

Par la xxxvi. demande à Greiuillicr.Deux amans prient fouuentvne dame: 
mais l'vn eft tou fiours efeonduit fus l'heure: & à l'autre ellenel'efconduit ne 
luy o&royè:mais quand ils reuiennent, elle fait meilleur vifage & celuy qu'elle 
efeonduit foudain ; lequel doit auoir meilleure elperance. 

Par la xxxvn il demande au mefme : Deux dames font femblant d'aimée, 
deux amans : l'vn veut fans delay aller ioufter 4 Gant , 6c fa dame luy, défend. » 
L'autre prie le fien d'y aller : 6c combien qu'il n'en aye volonté, toutefois il y 
ira . lequel aime leplus cordialement. 

M APO LIS. CVIIL 

» • - " . : '■ . r . - " . . 

MA polis fu t auflî vn maiftre de Jeux partis^; il dem^pdç \ £ teiuillicr t Lo* 
quel il aimeroit mieux iouir de Garnie en dorraan t,qu'vn iour feul en & 




DES ANCIENS POETES 
?ie la tenir à fon commandement. Il fait iugevn nommé Bercelaint. 

GOMARS DE VILLIERS. CIX. 

GOmars > ou Gamars de Villiers, dit à Cuuelliers qu'il aime la femme à vn * 
Çhcualier, & elle luy : toutesfois il cft tellement fon ami , qu'il ne vou» 
droit le fatchér. S'il doit perdre l'amitié du Cheualicr. Il fait iuge la dame de 
Foulenchamp, auec Guillar t. 

De CHÏmefgnic eflêit Gdmart. 

GREI VI LLIER. CX. 

GReiuillier fut grand ami de Bretcl, & fort fon familier :ain fi que nous 
auonsveu par tant de demandes qu'il luy aaddrcflees. Cela me fait iuger 
qu'il Pen mefloit , auflî pour le moins auons nous de luy cinq chanfons de teu 
party. 

Par la x. il demande^feBretel : S'il tenoit fa dame en lieu fecret ï fa iouiflan- 
ce:qui le grieueroit plus f'il la voyoit trifle,de ce qu'elle l'aimaft tant : ou dece 
qu'elle regretaft vn ami qu'elle auroit autrefois eu. Il fait iuge Dragons & Au- 
ftoy. 

Pat la ii. encores à luy adreflee,ildemande:Quand eft-ce que l'amant a plus 
decontentement:ouaufouuenir de fon plaifir, ou durant le plaifir mefrae. 

Parla tir* il luy demande:De deux amans l'vn eftialouxfans caufe, & 1 au- 
tre cft deccu par fa dame.carpenfant eftrc aimé, f'amie le trompe. Lequel ai- 
me le mieux* 

Par la iiu.il demande au mefme:Il a aimé vne dame qui iamais ne tint com- 
pte de luy > maintenant vn autre le prie d'eftre f'amie : 1HI la doit prendre , ou 
attendre que l'autre aye pitié de luy. 

Par la v. & dernière addreffee au mefme Bretel.il luy demande: Lequel eftat 
rend les amans plus gais 8c iolis , ou quand ils font pourfuy uans en efperance 
«iciouir, ou quand ils iouiffent. { 

ROBINS DE COMPIEGNE. CXI. 

RObins de Compiegne, demande à Bretel : S'il doit aimer vne dame , que 
fon compagnon ( qui eft allé dehors ) luy a baillée en garde : & f'il doit 
fouf&ir le mal qu'il en endure , par faute de luy dccouurir. 

■*/ ' *'*-«, • - 1 ■ * 

PERROT DE NEES LE. CXII. 

PErrot de Neefle demande à Bretel, lequel il aimeroit mieux, accomplie 
ftmdefirdefadameveftue d*vne robe de drap d'or: ou cftrc dansvn lie* 
auec elle nud ànud.couoerts de deux fàcs. 



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FRANÇOIS LIVRE II. ,8 7 * 

Dàmifitte SAINTE DES PREZ. CJftlL 

DAmoifclle Sainte des Prez,demandc à la dame de la Chaucie: lequel pour 
fon plus grand Eronneur elle doit faire, ou efconduirçceluyquilapric 
auant qu'il parle:ou le laifler dire tout ce qu'il voudra. 

GIRARD DE BOVLOIGNE. CXIIIL 

Girard de Bouloigne demande à BretehVne dame que vous aimez bien,eft 
en tel par ti qu'illuy çonuient mourir, ou partir de vous pour aimer vn ' 
au trerfi vous l'endureriez,ou la lairriez mourir. 

HVE LI M ARONNIERS. CXV- 

, ♦ 

HVcliMaconniers(quipeuteftreceluy qu'on appelloit le marinier d* A*' 
mours)demande à Simon d'Athies,lequel employé mieux fon temps,ce- 
luy qui aime vne belle & fage dame fansguerdon,roais en efpoir de l'auoir : ou 
ecluy qui aime vne dame pauure Se nice*mais de laquelle il iouy t. 

Par la it.il demande au mefme d'Athies : Lequel il aimef oit mieux, ^que (à 
femme feeuft qu'il la fift vvihote, & elle en fuft ialou(e:ou elle le fift vvihdt, 6c 
il n'en feeuft rien. Ce mot de vvihot duquel vfent encores les hauts Picards» 
pour fignifier Cocu: me fait penfer que la plufpart de ces autheurs de ieux pac- 
tisèrent de ces quartiçrs,ou voifins.Tan ty a que tous ceux que i'iy nommez * 
depuis Thiebault Roy de Nauarre, fembknt auoir eu la vogue depuis l'an 
Mccxxx.iûfques en l'an mcclx.& quelque peud'auanfage* Car les Chanfons, 
les Fabliaux,& les Ieux partis d'Amours , font mention des feigneurs viuans 
deee temps- là.Et la iu.dcmande de Bretel, parlant de la Croifade, prefehée 
contre Manfroy(vfurpateur de Sictle,tué comme i'ay dit,l an MCCtxini)mon- 
ftré le temps que luy,Grciuillier,Fcrris; Cuuclliers, Perrot de Neefle , Robert 
du Caftel,& autres cy deflus nommez > ont vefeu. Mais il eft bien plus aife de 
dire le temps de ceux qui faiucnr. 

XiROIX ADENEZ. CXVL 

LIRoix Adenezvefquirdu tempsdcPhilippesin.RoydeFrance,fikdç S. 
Louys.Car il di& qu'il fut meneftrel de Henry Duc de Braban , qui mou- 
rut enuiron néo.Lequel Prince fainfi que confefle ledit Adenez)lùy fitap^ 
prendre fon meftier (le croy de fonner des inftruments ) & rymer, auquel il 
profi ta:mettant en ry me plufieurs faiâs 8c geftes d'ançics cheoaliers, renom- 
mez pour leur vaillance. Car au cômencemét du Romans deCleomadez^l dit: 
Je qui fis JCûffer le Damu 9 

Et de Bertam qui fut * "> bns, 2 fmt *• 

It de Buenm de Cemnutrehu, & **. 




DES ANCIENS POETES 

& xAï autre livre raempîis % 

•Jtâu/t ,mer#eilteux £r moult diuers* 
Ce Romans de Cleomadez eft bien pourfuiuy en Ton récit : 8c fe voit plein de 
belles comparaifons. Aufliluy fut-il compte ou didc6iinfî qu'il di&J.pak 
Marie Roy ne de Francc,filledudit Duc de Braban,& femme en fécondes nop* 
ces du déflufdit Roy Phihppc,qui l'efpoufa l'an mcclxxii. Eftan t ccfte*Royne 
aidée à di&er ce Romans, par vne autre grande dame nommée Blanche. Les- 
quelles Aderrez proteftan t ne vouloir point nommer ,defcouure aflez groffie- 
rement en vn endroit où les lettres capitales de certains vers , font celles de 
leurs noms. On peut dire de Juy, qu'il futfacile rymcur,autant qu'autre de f<H| 
tcrnps:mais il eft fafcheux en repetitions.Ie n'ay veu de luy que le Romans de 
Cleomadez, & la moitié de ecluy de Bertain , qui n'eft tel que Cleomadez. le 
croy que le nom de Roy luy a efté donné, ou pource qu'il fut chef de Menc- 
ftriez, ou que pofliblc il fut Héraut & Roy d'armes du Duc foa maiftre. A la 
fin du Romans de Cleoraadez,il addrefle Se prefente fon liure au Comte d' Ar- 
tois,que ie penfe eftre Robert tué à Court ray l'an ijoi.fils de celui qui fut aufli 
tué à la Maiïburre en Egypte. 

GVILLAVME DE LA VILLENVE VE. CXVIÏ. 

GVillaumedelaVillenueueafaiAlescrisquidefon temps fe crioient par 
les rues de Parisien bien plus petit nombre qu auiourd'huy,& diuers:en- 
tre autres il dir.veez ci creflbn orlcnois,&c. que Ton appelle communément 
AlenpisJl monftre qu'il y auoit plus d'ordres dç ttoendians^car il dit: 
Vu pain aux facs , pain aux Barrei, v 
i/fux paumes prifins enferre^ 
sAcels du Irai des ejhliers, 
Les filles Dieu'fiuent tien dire 
DupasnpQrDieitmfbreJire* 
Il fef laint 4e fapauuretc,difant: 

FnnouuiauditieynostrcHUc 
CuiHeaumedelayillenueue^ 

Puis yuefauuretc 0 ^ leiuJHce. c'eft à dire meftraye.^ 

HYON LE ROY. CXVIIL 

HVonle Roy a fait le Lai du vair pallefroy,qui amenaàv n Gentillvome de 
Chapagne nômcGuillaume Famiqfiancéeà vnautre contre fbn vouloir. 

En ce lai au "Wr pa&efrri, 
Oirre^ le fins Uuon le Xoj 3 
ïll/etit dé fis dis de^lojer^c. commence, 
Porrememtrer't^rporretrere 
Les tiens quen fuet de famé t&re, 
* ttUdouprçr h franchise, 

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FRANGOIS LIVRE IL S S8 

Zjl fête œuure en efçrft mifi* . f , 0 

RICHART DE L'ISLE. CXI*. , 



RTchart de Plfle a faï& le fabel de Honte & de Puterie , lefquelles ayans en 
débat, & HortU ne voulant fuiure Puterie fut iettéepar eHe du erâd oont 
de Paris(c'eft celuy des Changeurs)en la tiuiere de Seine, & noyée. L Authcur 



donc fe plaint,à Paris, 

gue honte ejl cr morte O* noyée, 
Et puterie ert ejfauciee. 
Il commence affez bien: 

Li cuers qui firent confentir, ivtriti 

Par femblant de 1 Trêirà mentir, 

Convient qu'il ait fins cr matirt ^ 

lAfamenfinge&kfa gtitte, 

Mes tint Itotditl&tortdetlfte, O^i 

MdiJhelEHAN DE BOVES. CXX- 

MAiftre Iehan de Boues fut eftimé bon trouueur de fabliaux, car auabcl 
des deux cheuaux F Au t heur le nomme comme grand roaiftre, 
D'~tn Autre fabel s'entremet, 
: guil necuidd ta entreprendre g 

Ne pormejhe Iehan reprendre ■■ t 
De Boucs qui dit bienO*bel* 

ADAM LE* ROC V. ÇXXI. 

A Dam le Boçu fut d'Arras,& a compofé vn petit œuure^ntitulc lé Ieu. Il 
fcmblc qu'ayant aime les femmes, &fe trouuant decc» d'vnc-il fc fit 
clerc, car il dir: 

Seignor fauex porquoy fa? mon habit changé, 

faj efii ouoec famé , or reuoù an clergé* 
le croy qu'il fe rerira à Vaticelles.C cft à luy à qui Iehan Bretel addrefle la 1 4. 
chanfon de Ieu parti. Il dit en fon Ieu comraepar dialogue: 

Onques ferras bon derenip. . ; J?uis 3 refpohd: 

Nefi mie Jaquiers £ x Arniens,. . 

fonciers cr fiutiex en fin Hure* » 

G A VLTIER DE BELLEPERCHE. CXXIL 

GAultierde Belleperche Arbaleftfifet , ou Gaultier Arbaleftrier de^IJe- 
perche,corâmença le Romans de Iudas Machabée , qu'il pourfuiuit iuf- 
çies à fa mort. 



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DES ANCIENS POETES 
.PIEROS DV RIEZ. CXXIIL 

Plcfits du Riez le continua iufques à U fin: car il dir 9 
Cit Bornons que nos fit Gantiers 
De BetU perche artalefiriers. «# 
Quête n$s tiuresfina, 
Gautier ne le pagina. 8cc 
gue fe Gdutier le eommeneha, 
Pteros in J(ie7 des lors en tha, . 
J(emitanparpùrefinlfS 9 &C. 
Mil deux cens &*s[uatre~)tingts p 
De te me fête droits deuins, 
Fn Urs partrouue\ cit Romans, 
Témoin les etçmns dormons. 
Tous ces mots fcntcnt leur Picard : toutcsfoisic n'ofc rien aflcurcr,n ayant 
autres tcfmoignages que les efcrits de ces Autheurs. 

IAQVEMARS GIELEE. CXXIII1. 

IAquemars Giclée furhabitant de Plflc en Flandres, & corapofa le Romans 
du nouueau Regnard,qui cft vnc fatyrc contre toutes fortes de gens : Roy s, 
Princes,& d'autres vocations:principalemcntEcclcfiaftiqucs. Ilfc nomme! 
Ufindefonliurc:&di&, 

lamais neny ert j{enars mis im: 
Se iiex net fit , qui 1 maint la fin. 
Ce nés ditlaquemars Gtelee. 
le temps de kcompofition du liureeft après efcrir* 
La figure efi fin de m Hure: 
FeoirlepoeT^àdeliurt, s 
Plus nen feraj o mention. 
En fan de l'incarnation, 
Mil&dos censo* quatrelringts 
Et dix , fis ci faite la fins 
De eefie branche, en~ïne~>i!U t 
Quen appelle en Flandres Tlfle, 
Et parfaite le iour Joint Denis. 

Cette figure dernière, cft vneerande roue maniée par Fortune. Sur le hault 
de laquelle fiet maiftre Renard 2 adextré d'Orgueil: ôc à feneftre de dame Guil- 
le:qui l'afleurent que iamais ne cherra , ayant pour confcillcrs deux fortes de 

Eens4c religion, lors fort haïs Se mal roulus, pour les entreprifes qu'ils fai* 
>icnt fur toutes fortes d'cftais, 

Maiftre 



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FRANÇOIS LIVRE IL s i 9 
AftftjffoGVILLE AVME DE LORRIS. CXX\T. 

MAiftrcGuilleaumedeLorriseutpcu cftrc mis auant fept ou huiâi de 
cesderniers^n euft efte qu'il fc trouue ioin t de compofition , auec mai- 
ftrelehandeMeungXcGuilleaumedeLorrisfut treft>on poète : & lequel 
amoureux d'vnedame,compofa le liurc intitule le Romans de la Rofe, conte- 
nant en forame les commandements d'Amour , pourparuenir àiouïflknce: 
imitant Ouidc(ainfi que ic çroy)cn l'art <Tairaer:& duquel ces deux ont pris la 
plufpart de |f ur matierc:y meflan t de la Phiiofophic morale. Il nomma ion li- 
urc Romans de la Rofe:ainÇ qu'il dit par ces vers, 

Et fi nul ou nule demande, * 
Comme ie 'yeuil que ce Romans 
Soit ap pelle que t ie commets: 
Ce eft h ijMMrt&Jé J^Jî, 
Ou fart a amours eft toute endofi. 
Quant à fa dame, il ne la nomç poinnne le lieu de fa natiuitc : mais il eft croya* 
blc^u'iUafurnoramce^ofeiaiofiqucluymcfmctcfmoignCjdifant, 
m C'tft celle qui a tant de pris, 
£t font eft digne ieftre amee: 
Jg£eÇ d*iteftrel{ofe damée. 
Il fut du temps de faindfc 1, ouy s : & vcfquit iufques enuiron Tan Mcctx» peu 
plus,ou moins:ainû qqc^inoaftreray tantoft. Et mourut laiflant fon liure 
imparfait: cpmjpe il (e p^ clairement comprendre par ces vers de la haran* 
gue qtf Arnourfc^ icf Baro^s;difant, 
Carfo^rma^kcedeferuir, 

Voit il comment er le Romans, + 

Ou feront mis tuit mi comment. 

Et mfyues la le fournira, 

OnilaBelacoeuildira. &c. 

Moult fui durement ejmaiefy 

Hue entroublié ne matex* : 

Si en di deuil eydeconfirt, 

Jamais niert rien qui me confirt, 

Si ie ferslfoftre bienveillance, 

Que ie nay mes ailleurs ponce. 
Onncpeutàlaveritc,afleurcrenqucl tempsilnafquitou mourut : &cnco- 
res moins dire.de quel cftat il eftoit. Sinon qu'il eft croyable,qu il fut eftudianc 
en Droit,pource qu'en vn endroit il a laiiïc ces vers. 

^inft nos dit îuftiniens, 

Qui fit nos Hures anciens. • 

Maiftre IEH AN CLOPINELdu DE MEVNG. CXXVI. 

ILeftbienplusaiféàdefcouurirletempsdemaiftrelehan Clopinel(c'eft à 
dire boitcux,& dont vient cfclopé,ccluy qui en allant trainc (a iambe) die" 

RRRRRRR 

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DES ANCIENS POETES- 
de Meung, à caufequilnafqjuitehceftevaictuaffifefurkriuicrt 4c Loire; 
quatre lieues f oubsOrleans. Au côroenceracnT du liure de la ConfoUtion/aift 
» en Latin pat Bocce,& par luy rais en François:H dit le temps qu'il a vefeu: A ta 
» Royale Majeftc,trcs-noble Prince .parla grâce de Dieu Roy des «.François 
» Philippcsl€quart,ieIehandeMeung,quiiadisâuRomans de la Roze, puis 
*> que laloufieot mis en prifon Belaceucil,enfcigncla manière du Chafteïprcn- 
» dre,& de la Rofe cueillir: & tranflatéde Latin en Fxançois,lc îiurede Vegece 
*> deCheualerie: &leliuredesmerucillçsde Hirlandc: & le liure des epiftres 
» dePierrc Abeillard&Heloisfafcmme:&leliùrcdc Aelredicfe ff iriruelle a- 
» mitic : cnuoye ores Boece de Confolation,quc i ay trariflatc en François : ia- 
» çoit ce que entendes bien Latin.Ce qui monftrc en partie , Se le temps auquel 
de Meung a vefcu,& comme nos Roys ont eft.é curieux de fçauoir la lague La- 
tine, le ne puis dire au vray fon cftat , combien qu'il me fouuienne auoir 
leu en la chronique d'Aquitaine, au'il futdo&eur en Théologie : ce que ie 
nepuiscroire. Tantya qu'il fut homme d'honneut , fort eftime & ayant 
quelaues moyens bonnettes de viure.CarauliureintiruléleSongedu Prieur 
de Saloin , dedic.à ValennneDucheflc d'Orléans : Ô^l clic prefenté auant k 
mort de Louys fon mary : il eft fai& mention d'vn iardin appartenant audidfc 
» de Meung.Ie m'en allois(ditrAutheur)en le iardin dck toùrnclle hors de Pa- 
» ris,quifut iadis maiftre Ichande Mcung.Erpuisau commencement de fondû 
liure,parlant du mefme iardnr.il dit encorcs, 
' Je fui maifirt lehon de Meung, 
QmpAr maints Iters fins nulle profit 
Eiseyle Romans delà K°%c.- 
Et cet hofiel qu'ici IryeTÇ, 
^ Prins pour decomf dit mes Jouhaits: 
s'enacheué ~ïne partie, 
xApresmèrtmetoliU'yie. 
Ce mcfmc Prieur de Saloin,reprc(ente ledit de Meung, bien veftucTvne robe 
ou chappe fourrée de menu yaincomme quelque homme d'honneur. Il conti- 
nua le Romans de la Roze xi. ans après la mort de Guillaume de Lor ris : & 
comme iepenferoy bien^u commcncementdu règne de Philippcs le Bel: ou 
pour le plus tard,l'an Mccccaril dit, 

Et puis étendra Iehan Clepinel, 
sAucueriêlUyducuer ifnel % 
Çuinaiflra fis Loire k Meung. 

& peu après encoures, r : 

il aura le Romans fichier, }5>Ç' •> 

il le Voudra partout mneien ?v 
EtquantGuilleaumeceJferê, . 
Jehan le continuera, 
~ *Apresfimortqueienemente % 
*Ans trejjrdjfez plmdequdrente. 
Ce qui (pour le moindrement au temps que i'ay dit. Les premiers vers deClo- 



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TRANCOIS LIVUE II. f90 
pmel,cofnmenten t après ces derniers de Guilleaume de Lorris: 

Jamais ttiert riens <sw me confire, 

Siieferds^ojhrbtenlfeillance: 

Que se n'ép mes allieurs fiance. 
Poialehan de Meung contipqe,di(anc: 

$t fi fy-ieferd** ejfeir, 

o€fo$ auenemlendtij^in 
continuant iufques àlafin,où il dit: 

* Etfm ce fêînt ie me réueille* 
Car il y à grande apparence, que les trente ou quarante vers quifcttouuent 
apres,en aucuns exemplaires, 

Et fuis que ie fui efueiHe* 

Et du long fommeil trauaiUe. 
se (ont pasde lui. I'ofcroy bien afleurer que le Romans de U Roze a efte corn* 
pofé auan t l'an Mcccx.pource qu'au Romans de Fauuel(qui copfciïc auoir efte 
taid cette annce^ictrouuc ces vers, 

Faux-femblant fi fiée près delujr, 

Masfdecefienedecduy, 

&eVomlreuUfatr*gfaigneur préfet 

Car en eux nul bien ne repofe. 

Et de ce au tiexte fans gUfc 9 

Parle le Romans de la Bore. 
Iehan le Maire de Belges, a non feulement opinion que de Meung aye vef- 
cudu temps de Dante poè te Florentin t mais qu'il a encores efte fon aray 
& compagnon d'eftude. Car au temple de Venus il ditt : Et puis ( comme 
autresfoisi'ayouydirejle bon maiftre Iehan de Mtfung eftoit contempo- 
rain, c'eft à dire du mefme temps & faculté que Dante, qui preteda Pétrar- 
que &Boccace. Et l'vn eftoit emulateur, Se nonobftant amy des eftudes de 
l'autre. Or les Italiens font d'accord, que Dante nafquit l'an n6$. & en vef- 
quit jé. reuenans à Tan 132t. qui eft le premier du règne de Charles le Bel,dcr- 
nier enfant de Philippes le Bel Ce xjui rapporte à ce que diâ la chronique 
d'Aquitaine,àfçauoir,que Iehan de Meung floriflbit foubs ce Roy. L'on a 
publié vn Hure intitulé Dodecaedron,qui eft vn ieu de paftetemps , pour fça- 
uoirfon aduentureparlefott desdez. Mais ie ne puis croire qu'il raye pre- 
fenté au Roy Charles j. lequel commença fon règne l'an 1364. ou ilfaudroit 
qu'il euft vefeu bien longuement. Car quand il auroit compofé le Romans 
de laRofe,cn l'aage de 1$. ans , & fziGt l'an 1300. encore le prefentant au 
Roy Charles f. le premier an de fon règne, ilfaudroit qu'il euft efté aagé de 
85.ans.Et toutesfois il femble bien que le Romans de la Rofe ( veu les traifts 
dedoârinefemez parmy )nc foit pas vn ouurage de ieune homme : com- 
me auffi le Dodecaedron , celuy d'vn vieillard v(é:puis qu'il eftoit queftion 
d'eftrefubtil en Arithmétique , pour fi bien afleoir lesrenuois& refponfes: 
à fin de fe rapporter aux poin&s des dez. Au jefte, Icln de Meung cuida eftre 
payé de la.mefine monnoye qu'Ouidc fon maiftre; pource qu'vne partie 

RRRRRRR ij 

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DES ANCIENS POETES 
des dames de coure mal renoramées,moincs,hypocrites,&autrcs gens vicieux 
qu'il auoit taxez en fes liures,luy fufeiterent beaucoup d'ennemis. Mtfroes les 
dames fafchées de ces vers trop piquans: 

Toutes eftes,fere^> ou fuft es, 

Defdiàyoudc^olqnt&putes. 
délibérèrent vu iourde T en chaftier. Duquel danger il fe fauua gentiment 
en cette manière. Maiftrc Ieban de Meung eftant venu à la Court pour 
quelque occafion, fut parles dames arrefte en vne des chambres du logis 
du Roy , eftant enuironné de plufieurs feigneurs : lefquels pour auoir leur 
bonne grâce, auoyent promis le reprefen ter, & n'empefeher la punition que 
elles en voudroient faire. Mais Ichan de Meung les voyant tenir des verges, 
fiepreffer les Gentils-hommes de le faire defpoiïiller, il les requit luy vou- 
loir, odtroyervri don: iuranr qu'il ne demanderont pas remiflion de la puni- 
tion qu'elles attendent prendre de luy ( qui ne l'auoit merïtée) ains au con- 
traire l'aduancement. Ce qui luy futacebrde à grand' peine , & à l inftante 
prière des feigneurs. Alors maiftrc Iehan commença à dire: Mes dames, puis 
qu'il faut que iereçoiucchaftiment,<ie doit cftredcceiles quei ay offenfecs.Or 
n'ay-ie parlé que des mefehantes , 8c non pas de vous qui eftes icy tou- 
tes belles, fages, & vertueufes: partant celle d'entre vous qui fe fentira la 
plus offenfçe , commence à me frapper , comme la plus forte putain de 
toutes celles que i'ay blafmées. H ne fe çrouua pas vne d'elles qui vouluft 
auoir ceft honneur de commencer , craignant d'emporter ce tiltre mfamc. Et 
maiftrc Iehan efchappajaiflant aux datées vne vcrgongne: & donnant aux 
feigneurs là prefcns,aflez grande occafion de rire : canif en trouua aucuns 
d'eux,àquiilfembloitquetelleou telle deuoit commencer, mais les mieux 
appris rompirent ce iugement , pour euiter au débit qui en fuft fuiuy. Le 
RomansdektRofca(ceneantmoins ) efte receu par les librairies des fei- 
gneurs, comme liure plaifant & rempli de beaux traifts de dodkrine, mal- 
gré les prefeheurs & Théologiens : marris de ce qu'il eftoit trop manié 
& appris de toutes fortes de gens : tellement que plufifcurs crierenteon- 
trc. Et entre autres maiftrc Martin Franc, natif en la Comte d'Aumale en 
Norraandie,Prcuoft&ChanoincdeLauzaneen 5auoye,fit vn Hure contre 
le Romans de la Rofc,intitul£ Le Champion des dames: comme fi Iehan de 
Meung euft eferit contre elles , mais ce tut longuemen t après la mort de mai - 
ftrc Ichan de Meung , pource que ce Champion eft addrefic à Philippes 
deuxiefme , Duc de fiourgongne, fùrnommé le Bon. Il fe trouue en la 
chronigue d'Aquitaine, vn traiâde riteequelcbon maiftre Iehan de Meung 
fit aux frètes prefeheurs ou Iacobins de Paris , mefmes en fon teftament. Par 
lequel ayant ordonné effre enterré en leur Eglîfe , il leur laiffa. vn coffçe auec 
tout ce qui eftoit dedans : commandant ne l'ouurir qu'il ne fuft mis en terre. 
Maiftre Iehan trefpa(Té,& fon feruice mortuaire fai t,fuiuan t ce qu'il auoit or- 
dpnnc : les frères viennent en grand hafte pour enleuer ce coffre , lequel fe 
trouuant plein de pièces d'ardoifc^fuclcfquelles poffibleil tiroir des figures 
d'Arithmétique ou de Géométrie , les moines indignez , Se penfans qu'il 



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FRANÇOIS LIV. II. S9l 
fe fufbmoquc d'eux vif & mort, déterrèrent fon corps. Maisla Cour de Pat- 
lem ent aduertie de telle inhumanité , le fit remettre e& fepulrure honorable, 
dans le cloiftre du conuen t. Cela me fait croire , fil euft efte do&cur en Théo- 
logie (comme a voulu dire Tautheur de la Chronique d'Aquitaine, ou celuy 
duquel il l'a pris) qu'il n'euft vfede telle rifeeen mourant. Si vous ne dittes 
qu'eh cetempsHa, les eftudians en l'vniucrfité de Paris eftoyent ennemis 
des Mendians, pour l'cntreprifc que faifoyentees frères ftfs les gens d'Eglife, 
& maiftres ^l'VnhierGté:(e fourrans par les cours,pour cftre confeffeurs des? 
Rots & prineçs : entre'prenans auffi les le&ures publiques, fus les maiftres 
Regens des vniuérfitcz. Dontmaiftre Ichanfe vange tan t qu'il peut , repre- 
Tentant les vices d'aucuns d'eux, fous la perfbnnedc Fauxfemblant, tant au 
Romans de la Rofc, qu'en vne Satyre fairte contre tous vices ,appellecTcfta- 
ment,&Codicille:maisparvne copie que i'ay (eferire auant deux cens ans) 
Status munit, fiueieHrina gentium. I'ay mis toutes ces raifons , à fin que toy ( lc- 
âeur ) en iuges ce qu'il te plaira. H y a xxv. ans paflez,que voulant eferire la 
vie de ce poète & autres, & rama (Tant à celle fin tout ce qui pouuok eftre diâ 
d'cux:i'allay aiunonafteredes Iacobins ,où iene peu trouuer aucune marqué 
de fa fepulrure, pource qu'on rebaftiflbit lecloiftre, par la libéralité de Ni- 
colas Henncqufrt , quand il viuo* eftiraé le plus riche de nos bourgeois de 
Paris. Et voila tout ce que ie puis dire quant à prefent , de maiftres Guillaume 
dcLorris, & Iehan Clopinel: les plus renommez de tous nos poètes anciens. 

PIERRE GENTIEN. CXXVII. 

Pierre Gentien fut natif de Paris: lequel eftant amoureux d'vne dame de 
cefte ville , compofa vn Hure auquel il nomme quarante ou cinquantedes 
plus bellesrdamcs de fon temps. Prenant occafion fus vn Tourney , qu'il feint 
auoir efte entrepris par ces dames,pour efprouuer comme elles feporteroient 
au voyage d'outre mer,où elles délibéraient aller. Il y a grande apparence qu'il 
vefquit du téps de Philippts le Bcl:& au plus tard fous Philippe de Valoié. Att > 
commencement du règne duquel, ce Roi fit femblant d'entreprendre la guer- 
re pour le recouuremen t de la terre (ainre:& onc puis il ne fe fit croi fade pour 
le païs de S une. Il fe nomme à la fin de fon liure, 
i'ay a mm Pierre Gentien, 
Qui fui Uii ie tel lien> 
Vont nus ne me puet ieloyer. 
11 n'y a doute qu'il ne fuft de la maifon des Gentiens, trefancienne:à Paris: car 
ilblafonncfes armes, telles que ceux de cefte famille por toy endors: à fçauoir, 
D'enciens guettes ey £ argent, 
Qiù contre le Soleil refilent, 
• Vne bénie y ot ouuree 

De fin *\*r, ier fleuretee. & puis après : 
loeneshom non pat antien, 
• Que on appelle Gentien, 

RRRRRRR U) 

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DES ANCIENS POETES FRANÇOIS LIV. IL 

Pm$lt tiex armes cedifyent. 
Ce Pierre peut bien eftre venu de i'vn desdeux frères qui furent tuez aidantà 
monter Philippes le Bel'.furpris par les Flainés,en la bataille donnée l'an 1304. 
'„ àMontdePirenesen Flandres. Defqucls la grand Cronique dit? Et fut le 
,» Roi defipresprisjquapeinepcutileftrearmcipoinft. Et ainçois-qu'il peut 
eftre monte à cheual > peut il voft'occir deuant luy médire Hue de Bôurile, 
„ chcua|ïer:& deux bourgeoisie Paris, Pierre , & laques Gen tiens frères. Lef- 
„ quels pour lç biçn fcfidelité quieftoient en cux,eftoicnt toujours près le 
Roi. Et ccft autheur raefifce ne cèle pas en ce liure » que Pierre Gentien neiuft 
vaillant de fa perfonne : car il l'appelle 

Le flm ~)rdtlldnsde cifi njaume. 
Ce tournoy peut eftre leu pourhuraemoirc d'aucunes familles de Paris plus 
que pour excellence du ftil. Or ie confefle qu'il fe trouue aflez d'autres Ro- 
mans,prccedcnsceux queiay nommez, defqucls tç n'ay youlQ parler : pour ce 
queiene fçauoy le nom, ne le temps dèceux quiles ont composez. Et que 
mon intention n'eftoit de mettre en ce liurc»que ceux qui ont vefeu auan t l'an 
H.CCC ayant referué ceux qui depuis font venus,pour vu autre volume. Il fuf- 
fira donc pour cette heure,d'auoir monftrc la route à d'autres yqut cingl^fônt 
plus librement par ce golfe iadis inco^beu# leur donnant ftjoyen de nous 
communiquer des liures, iufques icy raefprifcz: lesquels poflible fuflent per- 
dus qui n'euft aduerti les pofleffeurs y qu'on en peut tirer quelque congnoif- 
fance de l'antiquité Françoife. Mais aufli ie les fupplie ( en recompenfe) m'en 
vouloir aider,puis qu'en partie i'ayefté caufede lesconferuer , à U honte de 
ceux qui les ont pen fé indignes d'eftre eftimezxombicn qu'il n'y aye fi patrare 
autheur qui ne puifle quelque fois feruir,au moins pour le tefmoignage de fon 
temps.Ceqtti(àraonaduis)afaitdireàPline, que toute hiftoite tellement 
quollemcn t e&rite plaift, E t à ce propos i'ofe bien afleurer , que des Journaux 
de fimples gens, m'ont tellement aidé enaucuns endroits d'hiftoire, que ie ne 
puis appeller gafte-papiets>ceux qui fidelleraent recueillent les chofes de mar- 
que: quelque mauuais orârcou langage dont Us vfen t. Ce qui me donne cfpe- 
ranec que.ee recueil, tout lourd qu'il eft , fera bien receu de ceux qui défirent 
^informer de l'ancienne Pqc fie,ry me & Romans François. • 



F I N. 




TRAICTE DES LIBERTEZ 

DE L'EGLISE GALLICANE. 



i 

ils 



■2J Onsiivh, ily a grande apparence que les Libertez de TE* 
ï glife Gallicane viennent de l'opinion quenoz anciens Euef- 
ques eurent que les clefs auoient efté données à tous les Apo~ 



ftrcs; C'eftpourquoy ie vousr'enuoycàce que par les Théo* 
1 ogicns a effcefcrit pour & contre la primauté du Pape. Iedi* 
r a y feulement, afin d'efclaircir la rgatiere, qu'après la mort de 
noftre Seign u r,fon Eglife f'eftcndant hors lerufalem , laiudce & plus outre, 
il falut vfcr de police , refpondan t à la multitude : Et que s'il y auoit eu 72. dir 
fciples de foh viuan t , il eft croyable qu'il Pen trouua dauantage , quand la do- 
ârine pafTa en tant de Prouinces diuerfes,& que les difciples qui auoiët ouy la 
voix du Seigneur,furent dauantage eftimcz de ceux qui fe rangeoient au Chri- 
ftianifme , comme l'eau de la fontaine eft toujours plus requife, que celle du 
ruifleau: Non toutesfois que iefdits Apoftres & Difciples eulTent autre fu- 
periorité que de commander par l'aduis du Synode & des Anciens, tanr gran- 
de eftoit leur modeftie. Et jaçoit,dit Eufebe après Clément ,quc Pierre,laques 
& Iean cuflent par Iefus-Chrift eftc comme préférez à tous autres , toutesfois 
ils ne fe donnèrent oncques la gloire de la primauté , mais ils eftablirent Euef- 
que des Apoftres laques, appellé le lufte, lequel auffi fe trouue concluant aux. 
Concile, efcrit au ly des A&cs des Apoftres : De (orte que leurs ordonnances 
n'auoient lieu qu'après l'approbation de l'afliftance. Mais quand S. Pierre 8c 
(es Difciples eurent fondé l^Eglifc de Rome: Car ( quelque chofc que vucil- 
lent dire les Controlleurs de la pérégrination de ceft Apoftre , il y a cfté , puif- 
que fa 1. Epiftre eft dattée de Babylone , que les Anciens difent auoir efté Ro- 
me, & que S. Irenéc,Tertullian & S. Cyprian afleurét qu'il y fut) il eft croya- 
ble que la Primauté des Euefques Chreftiens fut donnée aux Papes Romains, 
àcaufede la grandeur de ladite ville, laquelle jadis feruant de retraite à toutes 
nations , ainfi que la Mere-villc de l'Empire desGefars , il n'y auoit celuy qui 
vne fois en fa vie n'y euft affaire : & comme toutes fortes de gens y fijiïen t auflî 
receus, ain G que tefmoignent les anciens Aurhcurs , il y a de l'apparence que 
nos Chreftiens y allèrent demeurer , foit pour leurs particuliers affaires , foit 
pouryfemer leur do&rine, defirants nos Pères gaigner vnfipuiflant & re- 
douté peuple. Ceft pourquoy nous lifons qu'il y auoit ja des Chreftiens fonbs 
Tybere l'Empereur, & qu'il fut empefché de rcccuoir noftre Religion , pour- 
ce que la Requefte n'auoit pas efté premièrement addreffée au Sénat, 00 



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PRIVILEGES JET Ç IBERTEZ 
poUtblc quittant fi /impie, & dénuée de cérémonies facilement on cuft 4 
abandonné les autres , ou il falloit vfer deSacrifices contagieux. Ils'en trouua 
enebres plus du tçmps de Néron, quileur raitfuslebruflement des mai fons, 
que J ltty-mefme aùoic commandé faire pour renouuciler la ville de Rome, 
ainfi qu'il defiroir: Et Tacite en fon xv. dit , que pour deftourner le blafme 
qu'on luy endonfipir^iljfit flamber & bruflçr des Ghreftiens , afin deferuir 
de lumière la nuiék,jaçoit qu'ils ne fuflentcoulpables de ce forfait, ains feu- 
lement hayspar vne voix publique, àcaufe des raefchants garnements , qui 
abufoienrdécenom tout houueau , 6c depuis telletnenten horreur , que 
Tertullian récite que de fon temps c'eftoit vne parole de reproche com- 
mune, quand on voyou vn homme habillccourt , & enucloppé d'vn man- 
teau à la Grecque, dédire , voylavn Grec, Sevnabufeur, dautant que de 
rhabille ment , <3e langage Grec , les Ghreftiens vferen tplus volontiers, com- 
me fimiliers en Leuant, & leru&lem, fource& origine de la Chreftien- 
té< Or la bonne vie & do&rine de ceux qui prefeherent depuis les Apo- 
ilrcs , ayant continué plufieurs années ., le nombre des Chreftieps creuc 
aufli bienàJtome, que par toutes les autres Prouinces : Tellement qué les 
Empereurs las d'en taire punition ou-de les rechercher principalement 
depuis Trajan , qui viuoit Tan 100. nous lifofcs vne Epiftre que Pline fecondy 
Gouuerncur de Bythinieluyenuoye , demandant confeil, fur ce qu'il de-* 
voit faire d'aucuns Gbrcftics prifonniers aceufez de Religion npuueUe & re^ 

Î>rouuee, l'aduerttfTant neantraoins, qu'ils n'eftoient chargez d'aucun ma- 
efiœ:ains def'aflembler cous les matins deuàt le iour pour chanter des Hym- 
nes à vn«cerrain Chrift , qu'il ne cognoiflbit : Aquoy l'Empereur refpondir^ 
qu'il ne les falloit rechercher: mais quelesopinia(lres,(il vouloit dire ceux 
qui nefacrifioient aux Dieux) fuflent chaftiez. Deflors nos Ghreftiens eurene 
paix pour le gênerai : Car il y auoit toujours quclqu'vn maffacre par la rage 
populaire , fuperftition des luges ,Gouuerneurs des Prouincesj âcl'enuiede* 
Sacrificateurs ôc Sacerdo w idolâtres. 

Toutcsfoisen trois cens ans & plus, après la mort dé noftre Seigneur ft* 
fus Chrift , ne fe remarque que 7. ou 8, générales perfecu tions des Chreftiés, 
ayant Conftanwniuccedc aux Empereurs Diocletian &Maximian , qui firent 
la dernière. Car, en ce temps-là , ceux qui Tcftoient, fe déclarèrent plu* ou* 
uertement que deuam fon Empire* pour le fupport qu'ils enattendôient, Se 
le grand nombre d'Officiers , tant de guerre que de ludicature, qui fe trou- 
uerent parmi eux, aucc ce que l'idolâtrie eftoi t deuenuë fi fuperftitieufe , Se 
pour les Sacrifices i£gypwens,& pour aflez d'au très figments à Rome, qu'il 
n'y auoit pjefquc que les Payfans,lourdauts,les femmes, & les Saccr dots Ilia- 
ques, jadiftamezpour leurorde vie, ou ceux quiauoienr intereftà lentrete- 
nement des Sacrifices , & vente des Vi&iraes, quien tinflent compte. Ce fut 
pourquoy il cft croyable, qu'en ce temps-là , nos Ghreftiens pour monftrer 
que fautf craent ils eftoient aceufez des vices , dont communément on les 
chargeoit,ayans eu permiffion de publiquement exercer leur Religion , hafti- 
icni des Temples quant & quant prindrentvne autre police, que cçlle, 



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D E L'ECU S*E G A LL I C A E. 
d^t4llattoicntvfc r qaandillcurconacnoit5aflcmblerçn cachette -dans les 
cages »beis&defett$c, crtinte d'eftrc furpris;duranti fefdiâes oeffecutifrtts* 
YOulansmQuftrer qu'ils n'eftoicnt pas mangeurs de petits cnfans , & qtfert 
leurs Afleifcblces no&urnes 9 iUoefouffloichrpas>les chandelles pour indiffé- 
remment paillarder,ainfi qu'on leur rcptochoit. llsdefcouurirentdbnccnce 
temps leur Police,& pour leur grand nôbre raonftrerent plus hardiment Tor- 
dre de leur Religion, & leurs E uefques,c'eft à dire, Surucillans,leurs Preftres, 
c'eft k dire -, Anciens, & qu'ils diftribuerent les charges de leurs Eglifcs,ou Af- 
iemblccs,fclori leur nombre.' Or,powcequ'àRome:ainfi qu'en laplùfrgran- 
de & pleine.villc , 8c par confequen t la plus libre r il le trouuoit beaucoup de 
Chreftiens ,fon Clergé,cn fut d'autant plus eftime , qu'il eftoit coropofé des 
plusgrands^onorabks , fçauants & fain&s perfonnages , defquelsles Eglifes 
des autres villes cftant prifes pour les fufditcs qualitez , auec le temps , u eut 
auflî plus d'autorité. De manière qu'es doutes & queftions qui foffroien t aux 
Egliies des petites villes, quand ccux-cycraigooient, ounepouuoient afleu- 
xéfncnt rçfpondre , léur ordinaire eftoitd'cnuoyer à Rome ou aux grands Sie- 
gc$ , tels que Ierjj&letij, Antioche fie Alexandrié,vfcIontiers pourueus d hom- 
mes d ; qxcellente { vie, Se douane, fiepour^eftecaufe intendants fur les Pro- 
vinces voifines , pour demander refolution : comme aafli vacant les places 
d'Euefchez , en receuoir de la pépinière dcfdites grandes Eglifes , où y auok 
meilleure cfcholle de Clercs. Et d'autant que les refponces fur tels aduis por- 
xoimt lenomdesEuefques rcfpondants * Si elles venoient de Rome , ce- 
ftoign* Epiftrcs Dccretales de Rome, 8c ainfi des autres endroifts, lefquel- 
les lettres pprtoicnc le nom des villes , dont elles eftoient venues , depiiis fui- 
taies des Euefques Provinciaux. Pour les caufes fufdiâes, fous Confiance, fils 
4udit Conftan tin , qui commença à régner l'an $40. TEuefqoe Romain eftoit 
. en réputation bien grande, puis que ledit Empereur prefla Libère , Pape de 
Rqme4'approuuer l'exil d'Athanaze, Euefque d'Alexandrie d'Egypte, par 
l^qt^prité derEuefque de la ville éternelle , de plus graqde eftimeque les 
autreçj çç dit Ammîan Marcdlin , qui viuoit lof s, 8c entend parler deRo- 
ipe ; àq^^y Ubetc n'ayaBîtyoulu^beyr, il fut luy-mefmc fait prifonnier, 
^confine. Paroù^acognôift que dcpuisla Çbreftientc, voire la ptetenduc 
donation de Contfan tin, le Pape eftoit fubic&à l'Empereur , comme ledi& 
Amroian , jaçpit qu'il fut Payen ,defcouurcla grandeur du Pape Romain , di- 
fan*, qu'à la brigue , que l'an trois cens foixknte-huiâ: , Damafus & Vrfi- 
cinus nrent pour le Papaf,<*n troutia ccntitrente-fept corps morts dans la 
$ajGlique, ou Palais de Siciniusiî& qu'il nefeftonnoit pas s'ils s'efforçoient 
de tout leur pouuoir de paruenir à ce xlegré , par lequel il* eftoient telle- 
ment enrichis des oblations des matrones , que leurs banquets furpaflbient 
les tables Royalles , iaçoit qu'ils peufTent efttc aflez honorez , viuan ts à limi- 
tation des Euefques Prouinciaux , lcfquels par leur bonne vie, exemple & fo- 
bxieté fe monftroicnt eftre feruiteurs dû vray Dieu. Car ce font prefque les 
mots de ceft autheur. Mais depuis que Valentinian & Valens ( ils commencè- 
rent à régner l'an 5*7. ) eurent défendu rArufpiciflc, qui eftoit comme vn 



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P R I V I I *E GîES » E TP~ VI B E R TE"Z 
des principaus fondements du Pagatûfrae (pour les rencontres véritables que 
çefte façon de deuihec 6rifotiifuriaocmfiderationduvoldcsoi£eaur,oodes 
eiu filles des bettes immolées aux facrifiecs. )Et que mefmes l'Arc , on Autel 
deviÛQijr^pofc à l encour du Palais des Sénateurs fut ofté,& que le & an de 
Theodp(îus,quir cuient à l'air 315. ceft Empereur euft fai& abbatre le Temple 
deSerapis,eftariteh Alexandrie d'Egypte, lequel refpeâé pour l'ancien re- 
nom de fa fatnûeté feruoit de rempart, comme pour laifler debout les autres: 
& que les Vierges de Vcfta,honorécs pour leur chafteté fqren t oftées,& l'ido- 
lâtrie communément mefpriCcc : Alors les Nobles voyants les Empereur» 
ouuertemeat ennemis du Paganifme,plus libremen t fe rangèrent du cofté des 
Çhreftiens: mais bien dauantage deçà les monts &TOccident,quand l'Empi- 
re des Cxfofs vint à eftre diffipé par les paflages des Alatns , Goths , Bourgui- 
gnons & Francs. Car cespeuplcs redoubtans l'ancienne Noblefle , tant qu'ils 
peurent luy ofterent le maniment des armes , & l'exercice des plus honneftes 
M agift rats. De manière qu'au dire de Sidonius Apollinaris les Gaulois Rô- 
mains furent conttzint&dinùnertàuitdtem, autcapilus, c'eft 4 dire , que les cou- : 
rageusvuiderent le pays., & les paifibles& craintifs fe firent Clercs, en Péft 
courtant les cheueux. Deflors Cette Noblefle à la foule fejetta dans Vévdrc 
Ecclcfiaftique , & pour fo»aife,& pour ne voir des Eftrangers jouyr de leur 
bien. Gar les victorieux nepouaoienc pas tant ouuertement retenir le bien 
deceux-cy, que des bannis & rebelles, & aucuns encores, par zele enuers leur 
Religion^volon tiers, dy-ie, ladite paifible Noblefle porta quant & foy vne 
partie du lien, qui eft vne descaufes , pourauoy noftre Clergé outre foh bon 
mefnage,eft maintenant fi riche. Mefmes l'on voit par l hiftoire que prcfqàè 
tous les Euefques de ce temps-là eftoient iflus de Sénateurs Roitttins , 8C tels 
choifis, ic croy, afin d'eftre dauantage refpe&ez : ainfi que Ton peut conieûu* 
rer par lesauthcurs qui lors viuoient, & principalement pat vneHarafrgue 
dudit Sidoniu* , prononcée en l'eleâion de Simple Euefque de Bourges : le- 
quel tranfport deperfonnes & de biens au Cierge aifementeftoit fduffertpkr 
les vi&orieux. D'autant que ne fçachant pas les langues Grccqttfc&Latihe, : 
par lesquelles fe pouuoir interpréter la Religion Cbreift ienrte , ja fôr t auancée : 
par tour, ils eftoient contraints, ( fils vouloient cheuirdu peuplé Gaulois, ja 
ab*cuué du Chriftknifmejflayderdeees Romains, comme pour leurferuir 
de truchements en ceft endroit, 6c en leurs autres principaux affaires.- Or, 
combien qu'àces Euefques, parle io. Article du premier Concile d'Otleans, 
appartint la moitié des biens, offerts aux Autels de leurs Euefchcz ,& l'autre 
au Clergé, fi eft-ce que lereuenu de TEglife eftôit*foubs fon nom manie pat 
les Archidiacres, comme auffi le refte de l'Eglife , par autres fuppofts du Cler- 
gé. Etfetrouuepar le difeours des Hiftoires qu'enuiron Tan 6oo. après la 
mort de noftre Seigneur, les Euefques Gaulois viuoient aoec leur Clergé , ce 
croy-ie, emeommun, pour le moins les Preftres mangeoien t enfemble , com- 
me les Moines, comme vous voyez le bled, ou pain du Chapitre leur eftre en* 
cores diftribué en plufieurs Egiifes &Colleges. Mais pour le regard de FEuef- 
que, il eftoit toufiours aflifté dea.ou j.defes Preftrcs,ou Diacres/ans lefquelâ 



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D E L'EGLISE GALLICANE, 
il n'euft ofé forcir dehors, eftanrs ce pendant les autres Clercs tenus foubs vn 
Abbé» fécond après l'Eucfque, 6c depuis nomme Doyen. Ce qur Papprend 
non feulement par l'hiftoire de Grégoire de Tours , mais encores par fes au* 
tresœuures ;Et Fortunac Euefque de Poitiers, par vn Epigrammcaddreflc à 
fefcole de Paris, femble ainfi appeller le Clergé de ce Dioceze, comme toutes 
compagnies, voire d'armes eftoicnt lors appellées efcholles: &dont le lieu % 
dédié à Paris à la mertioire de fainâ Germain Euefque d'Auxerte a retenu le 
nom. Mais les Preftres de ces Efcholles Clergées , félon l'occafion eftoicnt 
départis par les Parroifles , c'eft à dire voifmage des Villes , ou Villages pour 
prefcher la paroi le de Dieu , & adminiftrer les Sacrements , ainfi que font les 
Curez d'àuiourd'huy, Se l'autre demeuroi t près l'Eucfque , ie croy , au feruke 
Epifcopal, &cômundela Mere-villeou Eglife. Car il faut fçauoir que jadis la 
charge du Prebftre & Euefque eftoit femblable , infques à ce que pour eu i ter 
aux Schifmes fie diuifions,qui pouuoien t naiftre entre célgens pareils, & que 
la multitude des Chreftiens venant à eftre fi grande, ils ne pouuoient plus 
f'aflcmblcr en vn lieu, ou Ville , on diftribua les Prebftres par les Parroiffes , 
pour recevoir le peuple és Temples, & Oratoires, qui lors prirent diuert 
noms, félon Udcuotion des baftifleursenuers Dieu, ou les Martyrs renom- 
roez , pour ce qu'après la mort des Apoftrcs , ou anciens Martyrs , les aflem- 
blécs des Chreftiens fefaifoient volontiers à leursSepulçhres : ce qui poflï- 
blccft la caufe qu'anciennement il fut dcfenduleuer Autel , finon en lieu oit 
ftfflenfdes Reliques desfainâs Martyrs enfouyes. Pour le regard des Euef- 
ques, ils retindrent l'impofi tion des mains, c'eft à dire la Benediâion & priè- 
res qui fefaifoient fur le Prebftre enuoyé en fa ParroHTe: 6c neanrmoins 
toufiours eftimé eftre de la Mere- Eglife, don t il fortoi t , mais auec le tiltre de 
Prebftre de tel & tel lieu; comme pour exemple, N. Prebftre en l'Eglife de 
Paris, à l'Autel de la Magdelaine: N. Prebftre en l'Eelife de Paris à l'Autel 
fainftSeuerin.qui font encores les premiers Archiprebftres 6c Curez de ladi- 
te Eglife de Paris ; Apres lefqUels raren tenuayez d autres plus loing. Car les 
premières habitations de cefte Vil te furent en l'Ifle, où eft l'Eglife Epifcopale, 
&duéoftéderVniueirfité àcaufedes bonnes eaus de la Montaigne, pour ce 
que l'autre riue de la Seine eftoit lors en maraiz , afin que ce mot de l'agran- 
di (Terne nt de noftre Ville m'efehappe, comme en pa flanc. Encores pour fou- 
lager l'Euefque,&fes Archiprewtres, des Chorepifcopes, que ie n'ofe dire 
Euffques ruraux, furent cftablis ce croy- je, pour auoir l'œil fur les Curez 
champeftres î & nous anonsencotés dés Doyens, qui f'apellcnt ruraux, qui 
font des vifitations par les Parroiffes des Vilïages. 

Dèttftédiftributionde Prebftres lors Commiflaires, 6c rettocables pour 
cauCe légitime , eft aduenu qu encores auiourd'huy les Euefques ne donnent 
l'ordre de Preftre à aucun, qui n'eft moine, Pil n'a tiltre, c'eft à dire, Pil n'eft 
commis par l'Euefque ordinateur à vn Autel où l?arroiflfê : ledit tiltre main* - 
tenant réduit à Bénéfice, c'eft àdiré, pour interpréter ce mot jadiicommun : 
aux Fiefs, Terres' 6c prouifions de viute , pour feruir à vne Parr oifle de Chre- 
ftiens, ou qu'il euft tant de Patrimoine qu'il fuffift pour fonentretenem*»", 

* iij 

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PRIVILEGES ET LIBERTE Z 
autremét l'Euefaue Ordinateur eftoic tenu nourrirce Preftre, iofqu'à cequll- 
l'çuft enuoyé en lieu où il trouuaftdequoy. Ainfi furent en vn Sinode tenu par 
le Roy Guntran .condamnez, (ce dit Grégoire de ToursJBertran ,Chrefta& 
Palais Euefquesd'Aquitaine,nourrir Fauftian , que contre le gré ôc confente- 
ment dudit Roy, ils auoient facré Euefqucd'Acqs. Depuis ces Preftres Com-' 
raiflaires ont efté faits perpétuels adminiftrateurs ^nommez Curez, pour le 
(oing & cure qu'ils doiuent auoir de lçurs ParroilEens, & en aucuns lieux Rc- 
âeurs , pour ce qu'ils les doiuent régir & gouuerner -, voire encores Chappe- 
lains,quand les Chappelles ou Oratoires , où ils feruoienr » ont efté laites Cu- 
rçs, pour auoir foing des -Ames des habitans voifint defdkes Oratoires. Le 
defir de monftrer l'ordre tenu par nos anceftres, en la diftribution desEftats 
Ecclefiaftiques, m'a vn peu tranfporté hors la demonftration de la liberté de 
l'Eglife Gauloife , poffible non fans fruiét. 

Mais, reprenant ce que cy-deflus iedifoy de la contrainte, qui fit ictter no- 
ftreNoblefle au Clergé, i'adioufte que ce fut lors que la plus part des Offices 
Ecclcfiaftiques leur furent diftribuez. Et aduenant vacation des EueCcher, 
quand il fetrouuoit des Gentils-hommes bien appris, fages ôc fçauants, il* 
eftoient toujours préférez , pour le refpedt de leur qualité : & ces Euefque* 
Nobles ayants de grands biens , Se patrimoines \ en donnoicn t , comme i'ay 
' diÛt, partie aux Egfifcs : & tant qu'en fin elles fe trouucrent G riches , que les 
Euefqucseurent de très-grands moyens , depuis employez , fous leurs preu- 
d'hommiescaaumofnes ,baftiments de Temples , rachapts de, prifon&iers, 
& autres vfàges pies , non (ans grande reuerence du peuple , qui apoit en.ad- 
miration ces Prélats autant pour leur charité , que leur bonne vie,auecçc 
que la plus part des Rois , noqueaux Chreftiens , és*difputes qui fu rue noient 
au faift de la Religion, fccepftfoicnt furlafuffifancedeldits Euefqncs, ptef- 
que tous, comme i'ay diâ,i(Tus de Sénateurs* Car les autres dignités poli- 
tiques eftoient tenues par les Conquérants : & ces Prélats ne pouuants 
rendre la Seigneurie aux Empereurs àcaufe de leur trop grande lafeheté, 
ou leur efloignement ôc demeure en Conftantinople * auoient recours à 
Rome , comme leur patron , pour eftre réglez en leurs différents , fun 1a 
faid de la Religion. Toutes-fois il ne fe trouue point que les Papes Ro- 
mains prétendirent encores fuperiorité fur les autres Eglifes. Car iufquesà 
l'an Cix cents, ceux des autres villes , pour le moins des Gauloifes , gotwer- 
noient leurs Diocezes,c>ft à dire Prouinces, territoire & département par 
lçur prqdence , ôc Taduis .de leur Clergé :mefmes les premiers Conciles fc 
tenbient fous Tauthorité des Empereurs & Rois Chreft^en^, & non par la 
feule conuoeation des Papes Romains. Et encores moins leur enappartc- 
noit la conclu fion , pour la prerogatiuedeleur.Siege, fur les autres. Car, les 
Empereurs & Rois les faifoient publier, & quand les Papes Romain? y ont 
efté préférez , on voit euide^nraent que ç'a efté àcaufe de la ville de Rome, 
eftimee Mere-villc«lc l'Eglife. AuflU'*n 451.il fut dit au Concile de Çhalcedoi- 
tie, que VE uefque de Conftantinople tiendrait lefcôôdlicivapres Rome,dau- 
tant que c'eftoit l'Eglife de la fecondevillç de : l!Empirc. ■ Ce qui fut confirmé 



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DE L'EGLISE GALLICANE, 
par Iuftinian , airifi au'on voir en & Nouuelle , commençant ........ 

Toutes-fbisii ne le trouue point qu'es Conciles, tenus en Gaule, les Papes 
de Rome y prcfidâflent , ne leurs Légats , auant l'an fept cens quarante deux. 
Car outre que nos Rois fe difoient Empereurs, &Souuerains en leurs Roy- 
aumes, lewits Papes n'auoient lors tiltre qui furpaflàft , voire ne fuit com- 
mun aux autres Métropolitains : Pour ce que nous trouuons que ledit Sido- 
nius Apollinaris , Euelque de Clermonten Auuergne, qui viuoit l'an 450. 
&encores depuis, appelle LoupEuefque denoftrè Troye Champenoifc , & 
autres de pareille réputation, ( qui n'eftoientMetropoli tains ) pères des pè- 
res, Papes Apoftoliques , & à d'autres il dit, qu'il a receu les lettres de leur 
Apoftolat , auec tous lesautres filtres, que maintenant Ion donne au Pape 
faxlt, Se il ne fouffre eftre pris par les autres Euefques. 

Aceftecaufeau Concile tenu à Orléans l'an jjl les Euefques fe foubfi- 
gnereht félon Tordre d'antiquité de réception , iaçoir qu'aucuns d'eux pren- 
nent le tiltre de MetropolitainrCe qui monftre que parmi eux il n'y auoit en- 
cores point de prefeance que pour le temps de la création au Miniftere. Mais 
tort après Grégoire de Tours,qui mourut enuhronl'an $y6. nous apprend que 
les Métropolitains depuis nommez Archeuefque*; de-fon temps auoient au-* 
thorité dappeller leurs Diocefains aux Sacres. Au(S les Papes de Rome iuf- 

Sucs à faincl Sylùeftre,qui viuoit Tan 314.11e feppelloie'nt qu'Euefques. Mais 
yenaquidifentqu'àceluy-cyfutdonnélenom d' Archeuefque : Et par le 
Concile d' Afrique,tenu enuiron l'an 418. auquel afliftoient les Euefques Ro- 
mains, il fut ordonné qu'on n'appelleroit aucun Eucfaue Exarque,ne pre- 
mier &Souuerain des Euefques, ou Preftres , ains feulement Euefquedtr 
premier Siège. Outre cela il fut lors vérifié audit Concile, que l'aéke , par 
lequel le Pape Remain fouftenoit qu'il pouuoir receuoin l'appellation des 
autres Euefques, ne fe trouuoit en l'original de Nice. Etdefeitt Gratianpp. 
difiinit. au Can. frinut fedis , après auoirrecité ce que defTus du Concile d'A- 
frique , dit ces mots , tournez du Latin mefmes ; L'Euefque de Romern'eftoit 
poinra^pcilcvniuerfel.Hormifdâ, qui eftoit Pape l'an 5x4. fe lailla nommer 
Patriarche par l'Empereur Iuftin. Et comme quelque temps après , fçauoir 
l'an 592. Iean, Eùefque de Conftantinople , uirnommé l'Aumofnier , & le 
ieufneur, euftefmeucefte querelle, feftantfeiâr en vn Concile des Grecs dé- 
clarer Euefque& Patriarche vniuerfel, Grégoire, Pape de Rome, furnom- 
mé le Grand , pour fa dô&rine , le contredit , & fit bien entendre à l'Empe- 
reur Maurice , que l'autheur de cefte opiniôn,contraire à là do&rine Euange- 
lique, eftoit precurfeur del'Ahtechrift, & par icelle auançoit la ruine des 
Ghreftiens :.que c'eftoir frire tort aux Euefques d'attribuer ceft honneur à vn 
homme feul^c par tel orgueil il pouuoitiûger la venue de rAntechrift:Car, 
comme pourroit-il refpondre à Dieu le iour du iugement , fil Attribuoit- 
à luy feul tous fes membres ? auec autres pareille* raifons qu'on liten fe* 
Epiftres. Mefmes on dit que courroucé d'auoir ainfi efté qualifié par Euio- v 
giusEuefque d'Alexandrie d'Egypte, il ordonna que fes hiccefleurs Papes 
deRomemettroienten leurs lettres le tiltre de feruiteur des feruiteurs de 



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PRIVILEGES ET LIfiERTEZ 

Dieu. Toutesfois auec fi peu de refpcft de fes prochains fucceffeurs , que Bo- 
niface III. n'en fit confciencc: Car , cognoiffant que Phocasfil commença 
à régner Tan 604* ) mefeham Empereur , & meurtrier du bon Maurice 
auoit affaire de luy , il fefit accorder le tiltre d'Euefque Oecumcniq, c'eftà 
dire vniuerfel,ciaignant ceft Empereur perdre lltalie jFil rendoit les Romains 
fes ennemis.Aulli Ion dit que ce Boniface fut le premier qui en fes lettres acfc- 
ioufta ces mo ts:Nous voulons,mandons 8c ordonnons. Ce neantmoins la fu 
Ëpiflxe du 4. liure du Regiftre dudit Grégoire premier Pape, (.fi elle n'eft fup- 
pofee ) tefmoigne qu'il enuoya à Virgile , Eueique d'Arles le Pallium , qui eft 
vnaccouftrement , maintenant faiâ de lin,& de la laine de deux agneaux, 
offerts le iour fainéfce Agnes tu Ianuier ,& beneits auec certaines cérémonies, 
lors que Ion dit à k Mette l'Agnus Dei, 8c puis enuoyé par les Diacres pai- 
ftre , pour de la laine meflee auec d'autres faire le Pallium , qui en eft tiffii en 
façon de bande eftroite, pendant derrière les efpaules, & deuàt l'eftomach defc 
Prélats, aufquels les Papes les enuoyent auec grandes cérémonies, pretendats 
les Papes, venus depuis,tranfportervne légation de leur Siège à ceuxqùi rc- 
çoiuent ceft honneur , comme fik fuflcin Lieutenants du Papa t. Mais Gré- 
goire de Tours monftre bien que luy-mefmeny les autres Métropolitains de 
ion temps , n'auoient cure de ce Pallium , duquel il ne parle point , jaçoit que 
les Métropolitains Gaulois, ( comme auffi ceux des autres Prouinces ) exer- 
çaflent toute Iurifdi&ion Ecclcfiaftique , fans appeller à Rome , ainfi que Ion 
peut voir par plufieurs ptoces, faits aux Euefques de fon temps , & iugements 
donnez cont£eux , fans que les parties condamnées en appellaffentà Rome: 
Nos Euefques ne recognoiflants fouuerain que le Roy ams en fon Parlement, 
auflî appelle Sdncitum cr Placitum , lors compofé de Prélats , Comtes & nobles 
Seigneurs.Car le peuple n'y auoit point de voix, que par l'organe de fon Côte , 
lors tenat l'Eftat de Bailly ou Senefchal,côme Ion peut voir par toute l'hiftoire 
dudit Grégoire, &fuiuant ce qui feftoit pratiqué auantluy au Concile ^Or- 
léans : par la préface duquel les Euefques difent au Roy Clouis auoir receu les 
articlcs,qu'il luy auoit pieu leur enuoyer pour delibererrEt par la côclufion du 
mefine Concile luy renuoyent leur aduis , pour auoir Heu (oubs fon bon plai- 
fir:Encores que prefque tous lefdits articles foient de police Ecclcfiaftique. 
Çe qui monftre que les Euefques de ce temps-la eftimerent le Roy, affifte de 
fon confeil d'Eftat,eftre après Dieu chef terrien de l'Eglife de fon Royaume & 
non pas le Pape, auquel 0 ils l'eufient eftimé chef, ilseuflentrenuoyc la con- 
clufion dudit Concile, & les articles de tres-grande importance , ainfi qu'on 
peut voir. Outre ce tefmoignage pour monftrer que le Roy, 'affifte, comme 
îay dit , eftoit chef de l'Eglife de (on Royaume, par to^te l'hiftoire de ce téps- 
la, 8c celles qui font eferites depuis, il apert que prcfque tous les Euefques 
eftoient nommez par le Roy, & eft croyable qu'ils prenoient leurs prouihons 
de luy, foit qu'il les euft nommez, ou le Clergé , retenants nos Roy s çe droit, 
poffible àl'exemple de ceux d'If racl,pluficurs defquels nous lifons auojr nom- 
mé les grands Sacrificateurs. Que fi Von dit que le mefme Grégoire de Tours,- 
monftre que les Euefques Salonin d'Embrun, & Sagittaire de Gap furent 

renuoyez 



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DrE X'ËÔLISÊ GA^ICANl. 
* eafcôyez au Papfe leah , ic cçoy prçmier , pour cognoiftf e f» Us^uoient efté 
ifcmcnt^ofcz^rcuoirlcurproccz : fie qu'au m^uièçmênt dudicPape Us 
ïurent remis, le rcfpond que ledit Papeiugeaen vertu du tijènuôy /que le Roy 
comme Souucrain débits Euefques en auoit faidfc au Pape : c : Ét pbflSble fui- 
liant l'exemple de Conftantin Empereur,lequel ayant commis Miltiadçs, Pa- 
pe de Rome, pourcognoiftre d Vne appellation d'Afrique, quand ce Com- 
inîflaiçe euft donné ia fentence „ l'Empereur recornmift 1 Êuefquç d'Arles 
& aucuns autres Èucfaues fcauloïs & 4'jEfpagne, pour kigcr apr^s le Ro- 
main : Ce qu'il n'euftïait , fi^Ronpc il y ëuft eu Somictai^ç Pqraauré.. Mais 
au fécond procès , que fur nouuelles fautes on fit auldits Êuefques d'Embrun, 
& Gap, la condemnation du Synode Royal eut lieu , 8c d'autres furent mis en 
leurs places , fans qu'ils en appcllaflent : Ce que Ion ne peut dire qu'ils fif- 
fent par raodeftie, puis que Sagittaire fe déclara enpçmy du Roy Guntran, Se 
, affifla le faux Roy Gqmbaud , par la faueur quel il pouuoit obtenir vn ref- 
crit du Pape , afin d'appellerfb^proces en Cour de Rome, f'il enft cuidç qu'en 
France on euft eu efgard à telles appellations. Çar ep ce raefmc temps Pré- 
textât, Euefquc de Rouen, enuoyc en exil fur la calomnieufc aceufation du 
Roy Chilperic , n appella point non plus que Fauftian d'Aquitaine, priué de 
fon Euefcné : non plus que Gilles Eucfque de Reims , condamné par trahi- 
fon , & confiné par Childebert , Roy de France , & d' Auftrafie , non pas mef- 
.mes Rieulle Euefquc de Reims>& Eucher d'Orléans chafTezxnuirôn l'an 720. 
par Charles Martel . encores Maire du Palais. Mais Boniface Vvingfild , An- 
glois né près de Londres, autres difent d'Irlande & d'Éfcofle, fut le premier, 
qui auec l'authoritc des Papes de Rome , defquels il fe difoit Légat , aflcmbla 
les François ledit an 741. Et toutes-fois fous l'authoritc des Maires du Palais» 
ayant fait entendre au Pape Grégoire II I. que nos Euefques eftoient ignorât* 
delà difciplincEcclcfiaftique, Se auoient efté quatre-vingts ans, fans tenir 
Concile. Ce fut luy, qui le plus s'efforça d'introduire les cérémonies, Se or- 
dres Romaines. Car auant luy les Mefles ne fe difoient en France , qu'à la fa- 
çon qu'i} plaifoit à ï'Euefquc : Et poflSble au Prcftrc ou Curé, félon qu'il com- 
mandoit aux Diacres de fonEuachc lire vne leçon de lafainâeEfcriture» 
>commeauffi les Introites , Oraifons Se Pfalraes , fechantoient ainfi qu'il ad- 
uifoit : Ce que Ion peut iuger eftre vray , & par ledifeours des hiftoircs du 
temps , & par la diuet (lté qui encores fe trouue aux ordres des Diocefes, pref- 
que tous différents en beaucoup de chofes , voire fous vn mefme Métropoli- 
tain. .Car ,celuy de Paris n'eft pareil à celuy de Chartres f Diocezains de 
Sens, & en toutes les Feftes& Dimanches ne felifentde mcfnjes Epiftres Se 
Euangiles , en Tvne qu'en l'autre.Charlemaigne introduit les chants Se ordres 

Romains, enuiron l'an 796. ayants les Gaulois, ainfi que dit vfc, 

lau précèdent de la Meffc de faiçéfc Grégoire. Celle intt odu&ion .d'ordre Ro- 
ndin ,auec la pme qui peu auparauants'çftoi^ langue Latine, fi» 
, tereeparla venue de tant de barbares nations en Italie , apporta vne mer- 
ueilleufeauthorité aux P^pes , que bien fouuent il faloit aller t çouuer , cojin- 
mc Oracles és doutes furuenus àl'obferuarion dudit ordri , ou interprétation 



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i PKi%ttittS ET LIBERTE Z 

tfifcéluvttW 

^iSrtdrfqwfiVïîiV d^ 't>iVctâ'& KomeCrcfcirtre II. tàrnommé Dttfogae, 
& feîlïi'fôh^ pa r forcé ; dit Gufchardih , ny 

aucc vnevrayç oVey (Tance, ains lentement ,&auec le temps, & par lacon- 
niaeticede Léon Etnpereuc, oa d*Eutyches,Exatque.Car ce farla brefche,qui 
leur pourit je pàsjà' toutes leuts ^nrteprifes, n'ayants les Papes précédents eu 
dans Roitué atithorité'èotftae Magiftrats i Mais ferfs , p6uf ce que fe-Licu te- 
iianr dc&Eîrtp^ ce péndatit dt 

\k Meré-y iflè J db l*Ëm ijihé^ofàaïrr, t^tofîoilrs reueree par ceint quife repaif- 
IVnV de vanité 

que la vaillance & preud'hommic des anciens Romains fuflent attachées 
aux murailles de cefte ville. Qnifut la caule pourquoy les Papes aymer'ent 
mieux demeurer par m y ç!c$ ruines, qu'aller porter leur Primauté en la ville 
Jïabiîeêparl'Émpercur JcoueHesfcuft eftoûffrzparfaMajeftc : La où cfloî- 
giïcz tous les iours ils pouûoientemoiercr la Iurifdichon de Rome : Mais 

3uand l'àri 716. L^oii If Empereur défendit Tvfage des Images aux temples 
e$Chreftiénr,ïesme(ittè$GTegoires fàfdits aptes l'aàoir , pour celle caufe 
excommunié , quant & quant défendirent de iuy payer tribut:Et monftranrs 
qu'ils ne fecontentoient pas des clefs de S. Pierre , fondèrent du glaiue maté- 
riel , fauorifans les mutins rebelles à i'Ettipcrcur. Àinfî les Papes ,çotmncPi!s 
cuïrerit eftc I^sdcsEdpércuri,aû ou ne contredirent point la 

ra£epopulaïre,qudndl?s Rôtnajns tuèrent les Mâgiftrats Impériaux , qui & 
trouuérent la viHe d l é Roipe;foui ombre que lèfditi Magiftrats foufchoiëc 
faathbritédeleut ; maîftte > cnnemydcs images : & par confequentexcom- 
munié.Car, cela fit lcuer la tefte aux Papes, pour regarder hors le parc de leur 
bergerie, & fe méfier des affaires mondaines,defendants comme iay ditvpayer 
tribut audit Empereur excommunié,ne Paduifanspaslefdits Papes , ou méf- 
àjrifantsces mots de r£fcmure,Toute-pui(Tance vient de Dieu , ôc qttirdîfïe 
au Rôy.refifte à l'ordonnance de Bielu : & qu'il faut obtyraùx Princes , voire 
fâfchetix & rigoureux» Cette mefitie entreprife donna occafion à leurs' fuecef- 
-feurs de pafler plus outre, comme fit Zacharie.quiTan 7jo.approuualadepo- 
fititfndc Chilptric , & promotion de Pépin à la Couronne de France , iaçoic 
qu'il ne faut pas croire que lors Pépin fnft Couronné par fon commandemér* 
arnspar foncônfeil ,ainfi quetres-bien a remarqué O thon xle Frinfiriguem, 
qui viuoit il y a 400.ans.Tourfcsfois cefte courroHie Papaleamolift fcneore Pe- 
Çinjtqucl, quand Éfticniîe III. vint en France, fe profterna deuJnr luy , amfi 
qtfauoi t fait Phôcas deuant ledit Boniface,& voulut derechef effrê courohnc 
par ce Pape,jaçoirqu'il l'euft efté à Soiffons parBonifacc deMayanct Si trou- 
uons qur Charicmaignefait Parrice quant & quat en eut la puiïïance, & ioiiic 
dtf Patriciat: Car nos Chroniques diicntqu'il'ëftablh les Ettefqoès & Àrchè- 
aefqtiesparr6utesles^Prouinccs(ic crbydltaKé, jterceqùefcs predecefTcor* 
en Vfoieht êH Fhw* i'aîn G que î'ay dir) tellement l qut^ik n'eftoient par luy 
*approudiéz,fls nc^o^uibien^èftrefacrér,^pir aucun auttc^Eudqtiè. Ce que 
' aumauoit èfWaccordf à Pepinjat aueclé droiti(4ifem les àutheur*de$ Cbr o** 



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D 6 X.'fiXrl TSE G A L L I CAN E. 
m<jaefj&priuileg«^<|uepp^ temps,il peçffchoj^ 

4r4e*i*pm€pes*fc bieç tels^u'il wp^EWtfAWI Wtttfcjcn 1|l f pjacç,d« EueC- 

dit Bpnifoce de? Mayançe , ce dit Loup A^4&E&âf r*s e^Gaftirçpis > ofçcir 
UîunàMalpn, An&eqefquf 4ê Lyofi eaoirpfxi'an^p v Car* vowdçuça^içar 
noir, parce qoeaous alailTé Bertrand tfeNumburg, que les Rois qiiijeftpîçnit 
oingts, voire le&Mairc«<3uPalais de Fjçancenomraoient 3c introduifoicat les 
EucfqucsErançop ^re«mpledesHoi$dlfracl >r ainfrque i'ay dif^ <5«gpW 
4jûTp«rfieftfi*fSfaiK tefmoing^pour n^ftçcj: qpp Jes^piç dqni?piiflt : Us 
Eaefchezy^nsnonftulemcnraaxClçrcsdu Dioce*? vacant, mai$ eoepr £ 
4e purs laies., Içfquçls admis ai^xprdres gçcle^iqjLies^ppis façre^ftoienjt 
par eux , ou leurs Commiflaires mis en poflifliqn & , comme ic croy , p te- 
noient lettres des Rois ,qui fcmblcnt^n apoir vfé , comme 4>n droit dejeur 
couronne , puis que Charles leChauuccn fa plainte qu'il fiç au Concile dç 
Sauonnicrcs , aflcmtd £ près Tiour* J'an Souftin t qije I heufo n^upit pgu 
xftee fatfi Euefque de Bayepx çontrç Çon gré : ^Laquelle procogajr jpe p^iyL- 
Jege furent obfcrues pat les Rois dé Françe fes fuccefeurs , puisque noup 
voyons, que Lothajre fils de Louis d'Outremer , Tan 97 7, donna l'Euefcbéde 
Laon à Adaiberon , ainfi que dit Flodoard, ou fon continuateur , duquel & de 
Tegan, phi* ancien vous apprenez que les Rois auoiem à kur fuite des CXcxçp 
volontiers nobles par eux employez au feruice de la Chappelle Roya r 
Je : & puis, félon leur foffifanec, auancczaux Prelatures , çclçfuees pour 
4efdi#s Clercs nobles , ce qui a duré iufqu'an tem ps de Philippe Auguftc > & 
pofliblc plus tard : puis qu'il*. » .. . • (e plaint que de fon temps on rompoir 
.cette règle, difant. 

Pur fiy chanoines xiteims 
Ne Jeujt en frire de yiUias. 
C'cft à dire qu'on ne dcuoit donner les Chari oinies des Eglifes Cathedra^ 
4cs 5 ou des Citez à des Roturiers , mai? à des Noble** pour les inconuc- 
niens que fçait bien remonftrer ledit Tegan , en la fin du Prpçcs , qui fut 
faiû à l'Empereur Louys le Débonnaire. Quant à Tlnueftiture on ne la 
peut pas remarquer dans Grégoire de Tours , comme Ion fatales fauoo- 
gardes,ficen'eft au vingt-deuxicfme Chapitre du huiâiefme liurc, où Val- 
don , nommé par fon prede ce fleur & approuué par le Clergé > vient 4emta- 
-der le confentement du Roy Guntran. Toutes-fois aflez-toftawres, 

*emps de quifutenuironl aa . . . . . . continue long remgp 

depuis, ietrouue que le ÇommiflTaire du Roy raettoit en lamain deic(îea 
Euefque vnbafton , ou verge, ( ce peut eftre la croffe ) & vn aneau en foa 
doigt, ce qui a duré iufqucs à Yues Euefque de Chartres, qui^iuoit l'an 
109 ). & plus tard. Quant à l'efle&ion légitime d'vn Euefque, voicy com- 
me quelque temps Ion y procéda. Le Clergé , Nobles & Bourgeois f'aftem* 
bloient en la prefençe du Comroifta^re du^Roy, nommé Vifiteur , loys volon- 
tiers Comte, pu luge de, ,1a ville : & là, apre$ les prières faites à fticu fie 
rinuocationdufainâ Efprit,les mandez difoient quelque prud'homme à 



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PRIVILEGES Ef £ I B ER TEï 
la pluralité tics voix , cbôfeqùc l'Exarque dé Rauennc praâiquoit * mefmes 
en Ftflé&ioh du Pape<fc Rortié, jqùi n^ftoît çtèabty <|?e db contentement 
tte fesLicàitehantsImptfriatt**, aûarit q«*ils euflent perdu le gouvernement 
deliaditevillfc , par la force des Lotnbard's.Carif fe trouue que Befcflaire;Lieu~ 



quelle chaire ledit Belf flaire établie Virgile. Auflîpar le troifîefme Concile 
tfOjlcahstenu l'an mil cinqcens cinquante trois, fut dit que réflexion des 
ïûeft}ùes fe ferttit du cohfctltementda Roy , du Clergé, éu Péuple&r des 
ètîtres Euefqùes de la Pr6tHrtce,mefmês il fut vn teps que nôs Rois tnuoy oiet 
tes hortîs de troifr hommes , pour. élire choifk par les Chapitres, veuft de leùtt 
Prelativ Cotnrfie au contraire , lcfditsChapitres quelqucsfois en noramoien t 
au Roy, lequel toufiours n'approuuoit pas leurs efleâions,qui peut eftrè la 
cauferfeladiuerfe pratique obferuee en ce fait ,tantoft quand le Roy fculen 
nOrrtmoit , ou quand le Cérgé & le peuple le faifoien t , toutes- fois fous l'an- 
Àoritédû Roy , qui les approuuoit. Ef pour ce S. Louy s , ou Philippe Augu- 

fte-fcar il ne me fouuient pas bien lequel ) allant outre mer l'an admo- 

iieftaleCfergédcfon Royaume d'eflire des gens de bien ; affc&ionnezà fon 
icruice, & vtiles audit Royaume. NosChroniques Françoifesadiouftent, aa 
^iuilegc donné à Pépin , fir Charlemaigne parmoy cy-deflus allégué, que 
deceuxquirefuferoient prendre l'Inueftiture des Rots, ils pouuoient faire 
feifit le temporel: Et neantmoinsque les contreuenants demeureroient ex* 
communiez dej'au thorité Apoftoliqùe. Il y a grade apparence,qucde ce droit 
d'Ifruettirure , vient celuy de Regale, duquel nos Rois îouy fleft t aduenan t va- 
cation d'aucun Euefché , & ne fouffrent que les Efleus reçoiuent leur tempo- 
rel , ne qu'ils confèrent les bénéfices dépendais de l'Euefché vacante ,lcfquels 
durant cette vacance ils donnent horfmis les Cures,iufques à ce que ledit nou- 
ueauEuefque ait fes Bulles, & ait fait hommage au Roy, & payé fon droit en 
la Chambre des Comptes. DccfcfteRegaleioiiytCharlemaigne , ainfi qu'il fe 

}* >ditt voir par vtoééertificatiô dtttincmar Archeucfque de Reims, par laquel- 
e appert qtte le Roy mit In Jué Vominicatu , c'eftà dire comme ie croy, faifit 
àfon profit, lcsbiensdel'ArcheucfchédeReims, vacant par la mort de Til- 
pin , qui eft le Turpin dés Romans, & en bailla le Fief de Ncuillac, ouuert du- 
rant la vacance à Oger , ou Aucher, Normand. Or, ayants Pépin &ledi& 
Chatletnaigric donné l'Exarquat, Pentapole,& confirmé le Duché de Ro- 
ttie aux Papes ' y en faifant du cuir d'au t ru y large courroye , ils f'acquirent 
grande àutnotitc, & les Papes beaucoup de magnificence, de pouuoir & de 
commandement dans Rome, où l'on voit qu'ils auoient iurifdiûion fur les 
Citoyens Romains du rempsduPatriciatdenosRoisen Italie , voire depuis 
que Louys le débonnaire fut Empereur , puis que l'an 82;. ils firent ou fouffri- 
rent exécuter, dans la maifon Patriarchale de Latcran Théodore &Lcon, 
Nobles Romains , & ne voulurent rendreaux luges Impériaux les meurtriers 
5>uboutreaux;dHantlc Pape; tjulls eftdient feruiteursdefainû Pierre.Tou- 
tés-Foisilappért'quc Viriigifc, Duc de Spolctccftoit Lieutenant de Charlc- 





DE 1 tE€LISE GALLICANE. 




de (on Pere , & de luy-mefme Patrice , il retinr néanmoins le» drotéts 
Royaux , qui ne peuuent eftre autres (Pil cft àinfî qu'il ait donné àl'Egîifedc 
fainû Pierre les Terres que les Papes difent ) que le refïbrt des Appellations» 
& l'hommage. Audi dit vne de nos Chroniques Françoifes : Vadon de Vicu- 
nele confirme, que lors que Charlcmaigne fut déclaré Empereur, Je Papefe 
mit à genoux deuant luy,& l*adora,ainfi que fouloien t faire le* Anciens,comL 
me aufli firent les luges, Nobles, & autres perfonnes de qualité, 6c leriftr 
du peuple, partant l'image de ce nouuel Empereur fedesfula. Or, quand iedy 
que le Pape adora l'Empereur , i'entend dire qu'il le ietta à Tes pieds , & pofll- 
ble baifala terre, ce qui n'eft pas nouueau. Car, Salqian de Marfeille nous 
inonftre en vne Epiftrc , adreflec à fes Pere & Mere,queles Serfs baifoient les 
pieds à leurs maiftres , les nour ri (Tons les gendux,les enfans labouchc de leps» 
Pères, & pour ce ietien quel ladite Adoration.cftoit Conuhe VU •Hommage 
qqe les Papes rie doutôien t Faire, d autant qu-encores ils voyoient faint Paul» 
qui dit, Toute Amefoit fubiefte aux puiflances Souucrainta, Sainâlean 
Chryfoftome, qui fouftient qu'aucun ne peut eftre exempt de telle fubie- 
&ion. Mefmes les Papes, qui furent depuis, iufqu'à Nicolas I. viuant l'an 
8;8.n'acceptoient point le Papat ,fal)sle congé des Empereurs , ou de leur* 
Commi(raires,qùePilsl'auoientfai&ils f'cnexcufoitntenuers eux r comme 
auffi depuis la renonciation ou 'ils difent auoir efte faifte par ledit Débon- 
naire , & laquelle ils n'ont oublié de mettre en leur droiâ difi. Can. *gZti~ 
dwicm. laçoit qu'on la puifle débattre defaufleté, par cinq ou fix exemples 
de nos Annales. Quant à la iurifdiâion Impériale dans Rome , ourrel'execi*» 
tion que fit faire ledit Charlemaigne l'an 801. des mutins qui auoient bleflc le 
Pape Leon,ilfetrouua,qu'ilyauoit , ainfi quei*aydit , des Commiflaircs 
Impériaux, demeurants près fainél Pierre, lefquels cognoiffoient des diffé- 
rents du peuple Romain ( ie croiroy bien par Appellation )> & des dcbatsdçs 
autres habitans de toutes qualitez. Car, il y auoit des Lombards,des Scncs.ôc , 
autres logez pires le Vatican, & attirez par les Papes, fous ombre de dcuo- 
tion , enuers le Sepulchre de fainû Pierre. Tant y a que nous trottions , que 
les luges Romains eftoien t tenus rendre raifon à ces CommifTaires , des luge- 
ments par eux donnez, ainfi qu'a bien noté Sigonius > autheur Italien en 
fon Liure des Rois d'Italie, alléguant vne Chartre , par laquelle l'Empereur 
mande aufdi&s luges Royaux, venir rendre compte de leurs iugements,& 
vn autre ancien Italien diû, que les biens des Romains condamnez eûoféc 
înuentoriez& fcellez, pour leur eftre Rendus, fi l'Empereur ou fes Cora- 
miflairesinfirmoient leiugeraent donné par les premiers luges Criminels: 
&quandilseftoientapprouuez que les luges ou foldats de la Garde Impéria- 
le, (iecroy, demeurants à Rome,) en auoient la moitié , qui eft vne bien 
grande marque de iurifdiékion , foi r pour la participation defdites amendes» 
ou tenir IUges, & Gardjrs de; foldats Impériaux , meûnes dedans Rome, pour 




PRIVILEGES ET LIBERTES 
monftrerquclc Paperecognoift pour Souuerainsles Empereurs qui au oient 
torï&liâionfur les biens v & furlayiedes habitant de Rome. Car, de f'a* 
muser icy à débattre 6 teuerres que le Pape rient luy ont efte données par 
Goaftanrin le Grand Empereur jcçfcrpitgaftcr du papier » ayant lafaufletc 
4e telle Donation efte aflez efclaircie & deteouuertç par d'autres : il fuffira 
^tre que par celle de nos Rois, il ncftfaiû aucune mention de celle de Cqn- 
Xtantin leGrand, laquelle les Papes n'euffent oublié à raraenteuoir , fi lors on 
*nft et/eu, qu'il :y enMCufteuvne.il cftvray que du Tillet en Ton Chronicon 
François dit, que ce que Pépin donna fut au nom de Cpnft^ntin Empereur, 
lors viUant , à quoy il n'y a pas grande apparence , puis que les Annaltftcs du 
temps , 8c Paul Emil, iecroy après Paul Diacre , difent que les Ambafladeurs 
Xïrecsfaifoicntinftance, pour empefeher que les Rois François ne donnât- 
jfent l'Exarquat aux Papes , Se qu'aux doutes & procès Ion vfoir des Loix Ca- 
titulaires de Charlemaigne, tant eftimees que Gratian en a incorporé plu- 
iieurs en fon Décret, AuflS les Papes naupient en ce temps aucune iurifdû- 
£kion en France. Gar, iaçoit que l'an 835. Grégoire IIII. Pape fauorifant les en* 
fans de Lfluys Je Débonnaire, contre leur Père, fuft venu pour l'excommu- 
nier, & les Euefquesfes adhérants, fi n'exerça il rien de fa iurifdi#ion pré- 
tendue : au contraire , il fut rudoyé de paroles par ledit Empereur,qui ne l'en- 
xlinapointdeuant luy , comme il auoit fai&deuant Eftienne IIII. Pape:ains 
>rcprGNèhaai^dit Grégoire , qu'il le deuoit prendre à luy-mefme, fil n'eftoir re- 
ceacoramefe^prédcceireurs : Ençoresles Euefques François mandèrent au 
Pape, que f'ilyenoitpout les excommunier, ainfi que londifoit , qu'il Pcn 
xetournaft excommunié. Et defaift Tan 8}7,ilsnelai(fercntdefairc le pro- 
«2 à Ebon Archeucfquedc Rhcims, à caufe de trahifon, par la bouche de 
l'Empereur Débonnaire , lequel Ebon fut priuéde fon Euefché , & banny 
*k France i dont il n'appellapoint,encoresquecefuft pour auoir fou (tenu 
. la caufe, pour laquelle ledi£k Pape eftoit venu en Françe, ppis, quand les en- 
fana dudi<$ Debonnaiçe fc furent battus, en la grande bataille de Fontcnay 

ftead'Auxerxe, oû.il demeura dix m il hommes , auec prefque toute la No- 
leffedeFrànce ,qui auoitprisparty de cofté& d'autre, & que tant par leurs 
partages , que venues Se rauages des Normands, la Maifon de France decheuc 
de fa réputation , quand par la faueur de l'Empereur Lothaire ledit Ebon euft 
obtenu lettres du Pape, pour cftne remis, les Euefques François n'y voulu- 
rent poin t obey r * ce die Gui ttard:Tou tes- fois peu après le Pape Nicolas fous 
couleur que Lothaire Roy de Lorraine , auoit quitté Thieberge , (a femme lé- 
gitime, pour efpoufcr VValdradefa concubine , 8c que ce dernier mariage 
auoit eftéapprouué par les Archeuefques Gauthier de Colongne, 8c Thic- 
gaud de Trcues, il excommunia ledit Lothaire furie Compromis que ledit 
Roy, 8c Thieberge fa femme auoient fai& d'obeyr à la fentence que ledit 
Pape donnerait fur leurs différents,, & non pour puiflanec que lefdits Pa- 
pes dcRomeeulTçnt fur les Rois de France, donnant afleurance aufdits Ar- 
cheuefques pour venir à Rome, rendre raifon ck l'approbation dudit dernier 
twriage,oà ils furent condamnez foc le récit de leur s procès verbaux n&cGnes, 



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D É L'E G L I S £ GALLICANE. 
& fans autfemei* les ouyr* Mais la rcfponcequclettits Arch*uefques firent 
au Pape, & laquelle fc lit dânslcsatocitnncs Annales du temps, monftrebieti 
que la iurifdi&ion Papale fur les Métropolitains Gauloii eftoit lors nouuefc 
le , &nc fe pouuoit exercer fans la Permiffion dès Rois, & l'aifliflance de* 
Euefques, & du Clergé de leur*Prouinccs. Auffincfut-il pouruencn leur* 
places, qu'après leur morr. Enuiron ce mefme temps, & l'an «tfj. Ltiitperd, 
Afchèuefquc de Maytnce ,rcmonftraîi Louis, Roy de Germanie qu'il fe 
déuoit ioindre à Charles Roy de France; fon frère, pqu* faire-tefteatf Pape; 
lequel fe détraquant de fondeuoir fe mefloit trop des afBrires humaines, 6c 
entreprenoit furies autres Euefques, difantleditdeMayence, quetoutaiti- 
lî que le Pape peu terrer , auffi appartient-il à l'Empereur % & autres Euef- 
ques de le iuger Recorriger. Toutes-fois l'àn 868. il fut dit au Concile de éot> 
ftanrinople,raais en Tabfencc de nos Gaulois, que les Euefques eftoienr e£» 
gaux en dignité auec les Rois , afin, dit cefte A (Femblee,qn*ils ayent plus d'au*, 
thorité pour les reprendre, tnonftrancs les Papes bien- toftapres que ce Décret 
eftoit faiâ, pour les haufler par defTus le Magiftrat : encorcs pour confirme* 
lesraifons defdits ArcheueiquesdeColongne &dc Treues* Berthold, Arv» 
chèuefquede Treues Pan «73* empefcha V Valori , Euefque de Mets , dyfcr dû 
Palliumfufdit, fou (tenant que par tel priuilege, il ne pouuoit f exempter de 
laiurifdiûton deiuy , fon Métropolitain , comme en ce mefme temps Hino- 
mar, Archeuefque de Rhcims ,8c les autres Euefques /François aiïcmblez i 
Pontigon l'an 87^ refifterent aux lettres qu'Aiifcgife , Archeuefque de 
: Sens auoit obtenues, mcfmes du confcnfetnenti du Roy Charles le Chauue, 
poureftreen France Leeat du Pape, & en fon nom affembler les autres Euef- 
ques du Royaume.Carilsfouftindrent que c'eftoit contre les Canons, & que 
chacun Métropolitain auokpuifTanccd'aflembler fes Dtocezains , pour ad- 
irifer aux affaires de leur Prouince , fans que fauthorité du Pape, y entreninr. 
Or, que k Pape n'euft point de iurifdi&ion fur les Euefques Gaulois, que vo- 
lontaire & degré à gre , comme i'ayditcy-dcfltïs, parlant des Euefques de 
Ambrun , & de Gap , il apperra plainement pat l'exemple qiiîfenfuit. Hmc- 
mar , Euefque de Laon , ayant baillé au Roy Charles le Chauue vn Fief de fon 
* Eglife, lcRoy enfit donàvn Normand , dequoy l'Euefque niarfy le "vou- 
lut r'auoir , & pour la refiftahee du Normand il l'excommunia r PEuefquc re- 
pris d'vnc fi légère excommunication par vn Synode fut iugé aiioir mal pro- 
noncé : Ce qui l'aigrift dauantage contre le Roy , & ne voulut rtcôgnoi- 
ftre l' Archeuefque de Rhrims pour fon Métropolitain, à cefte caufe ledit 
Euefque de Laon , appellé en vn Synode tenu à Yerberic , l'an ...... 

fut condamné d'obeyr au Roy , 8c à l' Archeuefque de Rheims , fon Supé- 
rieur , dont ilappella à Rome. Les Euefques Poppofcrent à telleappellatio», 
fobftenants que c'cftôit contre les Canons & Concile d'Afrique, cy-def- 
fus cotre, & lents Priuileges : & d'autant que lediét Hinctnar de Laon ne 
ceflbitdetrauailler fon Métropolitain ,affigné en Cour de Rotacles Euef- 
■ ques de douze Proumces aflcmblez au Palais d' A tigny Fan 870,1e Condamnè- 
rent, ficfansttuoijrcfgard à fon Appel le contraignirent pcefenter vaefcrk 



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PRIVILEGES ET HBEUÎEZ 
èc fa nfrain , contenant vu Aequiefcettient fur la Sentence cqptre luy donnée: 
Dont Adttanll. Pape&fchc,cômandaà Hincmar Archcucfquede Rheims. 

Accufatèars dnditHincmar de Laoni venir à Rome , peur voiritiger 
l'Appel dudicEuefque deLaon:àquoy celuy de Rheims fit refponce , qu'il 
nepouuoitfbrtirdu Royaumcde France, fans le congé du Roy , fon Supé- 
rieur , & encores moins contraindre les autres d'aller à Rome. Quant à Char*- 
lôslcChauue, quelque obey (Tant qu'il fuft aux Piapes , pouri'aduantage qu'il, 
attehdoit d'eux,; & lapropre ambition , il ro*nda au met me Pape , qu'a ne lqf, 
appartenoit d'outrager vn Magiftrat; que fe* predeceflçurs Papes n auoiét on- 
ques eferit de fi hautaines lettres aux Rois de France lefquels eftoient Sou- 
uerains en leurs Royaumes ,& nonpasminiftres ny exécuteurs des mande- 
mens du Papc:Que le Pape ne fuiuoit pas l'exemple de S.Pierre , ne de S. Grc- 
•goire,sïngeran r de prendre la defenec d'vn Euclque côdamné par Tes Confre- 
rcs.aucc allez d'autres raisôs tirées de l'Efcriture, qu'on voit dans i'abrege que 
Floatdafait descwiuresdudit Hincraar,la vie duquel il aefecitau liurc dés 
faits 6c geftes des Archeuefques de Rheims.Mais le vray fondateur dé l'antho- 
ritc des Papes en France ( outré Bonifacede Mayence (ufdit)fut ledi t Châties 
le Chiuue, qui voulant fuppianter Louis Roy de Germanie, fon frère plus 
&gé, après la mort de l'Empereur Louis II. afpka à l'Empire par la faueur de 4 
Iean VIII. PapcCar ce Romain fçeut bien Patdçr de l'ambition d]i Roy Fran- 
çois,luy faifant d'entrée renoncer à l'elcûion des Papes, & autres chofes qu'il 
ftipula à fon aduantage , & de fes fuccefleurs au Papat : Toutcsfois à la honte 
des Empereurs Italiens qui vindrent depuis , & lefquels par leurs foibleflcs & 
diuifions laiftèrent les Papes en aflèz longue pofleflion d'authorité Souuerai- 
nededans Rome,pendant que les Berangers débattent le filtre Impérial cotre 
Hagues, Lothaire,Louis l'aueugle,& les autres François,ou Germains,& que 
les Papes font fôuftenus parles Comtes deTufcanelle,qui les maintindrent 
en telle infolence , que non fans caufe O thon Roy d' Allemaigne , premier de 
ce nom, fut contraint d'y mettre la main, pour chaftier leur defbordemët & la 
mefehate & fcadaleufe vie de Iean XII.Pape,petit fils de SergcPapc,& de Ma- 
fcoGe,butainRomaine.Othondonques, ayant par l'authorité d'vn Concile, 
chafTc ledit Iean Xll.eftablit en fa place vn nommé Léon : Et comme ceft Em-, 
pereur fut retourne en Allemaigne, Iean reuint, quienchafla ledit Léon. A 
cette caufe Othon fut contraint de retourner pour remettre Léon en fon 
Siège, & lequel rendit lors à l'Empereur &àies wccefTeurs, la puiflanced e- 
lire les Papes, & l'inueftituredesEuefchezde fon Royaume , & Prouinces 
à luyfubie&cs. Etaufliquedorefnauant il pour r oit ordonner ce qu'il iuge- 
roit appartenir pour l'cntretencment de l'authorité du fiege Romain , afin 
d'obuier aux feditiôs 6c malices des Romains, & à la fimonie ordinaire prati- 
quée en l'cfledHon des Papes. Mefmes il rendit à l'Empereur le Domaine,, 6c 
les placeidônees tant par Iuftinianfles autheurs ne parlent point de Conftan- 
tin le GrandJ quepar les Rois Lombards , par Pépin, & C^arlemaignç Fran- 
çois :Ce difent Luitprand , Lambert de Schafnaburg & Thierry tic Nieur. 
De manière que fous les trois Othons il femble que les Papes recogneuret les 

Empereurs, 



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DE L'EGLISE GALLICANE. 
Empereurs,çomme leurs fuperieurs, puifqurç lefdifts Empereurs nomrrtoienc 
les Papes, & iouy fïbient du Domaine, que îefdiéès Papes tiennent aujourd'hui 
en Italie. Mais après la mort d'O thon III. qui aduintl an iooj. les guerres 
ayans recommencé en Italie pour la poffeffion de l'Empire que les Seigneurs 
Italiens ne pouuoient fouffrir tranfpor ter dehors : la fimonie quant 6c quant 
recommence à troubler les efleûions Papales : ce qui dura iufqucs à Tan 
104 5. quand l'ambition & folie d'aucuns bourgeois & nobles Romains ef- 
leuaen raefme temps Sylueftre,qui Ce tint à faip&c Marie Maior, Benoift qui 
fetintàLateran,& Grégoire qui fe tint à fainâ Pierre, fedifants treftousPa- 
• pes,dans,lamefme ville de Rome, & fouz la faueur de leurs pattizans. Ce 
neantraojns ayans efté depofez l'an d'apres,Clemenr IL fut mis en leur place 

Far la diligence de Henry IILRoy de Germanie, lequel couronné Empereur 
an 1 o 4 8. pour cuiter aux feditions & brigues Papales,fe fit iurer par JcsRo- 
mains,qu'ilz ne receur oient d'autres Papes, que ceux que dorefnauant il leur 
baiileroit.Mais lcdiû Empereur retourné en Ailemagne,Clcment fut empoi- 
fonnéfept moisapres fon e(ledtion,& Benoift cha(Téreuint:cependant l'Em- 
pereur nomme Pape DamafeILlequeldefagreable aux Romains fut fifmbla- 
blementempoifonnél'an io49«AceftecaufeLeon IX. encores nommé par 
rEmpereur,craignantlï(Tuc defespredece(Teurs,quandilfut venu à Rome, 
cherchant l'amitié des habitansd'icelle,fc fit derechef par eux déclarer Pape, 
& fteantmoins venant à mourir l'an 1 o 5 4. l'Empereur nomma pour Pape 
Vi&or II. dont Frédéric Archidiacre de Rome^frcre de Godefroy de Lorraine 
fut û fafchc qu'il confpira contre lediâ Empereur, pour duauel eutter lacho- 
lere il falla rendre moine à Caflin,où depuis il fut efleu Abbe dccclieu.Vi&or 
mort l'an 10 J7.de poifon,que luy donna le Cardinal Graful,ainfi qu'il auoit 
fait à fes prcdeceffeurs,& autres oui le fuiuirenr, les Romains (ans attendre 
ladois de l'Empereur, firent Pape lediâ Frideric Abbé de Caffin, qui prit le 
nom d'Eftiennc IX Celuy-cyietta les fondements delà querelle, que depuis 
les Papes euren t contre les Empereurs Henry IIII.& fon fils. 

Mais cftantlcdiû Pape mort 7.moisapres,ilncpcut mettre i exécution 
, fes defleins de faire (on frercEmpcr«ur,&rendreau Clergé 8ç peuplcdeRo- 
melapuilTanced'eflirelesPapes.Toutesfoisondiftqu'en mourant il adiura 
les affilias d'empefeher que les Euefques priflent inueftiturc des Rois & Prin- 
ces,foubz ombre des abuz qui fe commet toient aux Collations des Bénéfices, 
dônez par les Empereurs ,& encores de faire interdire le mariage aux Prcftres. 
Car ceux qui receuoient les Bénéfices par les mains des Empereurs & Sei- 
gneurs laics,eftoient par les Romains munraez Simoniaques , comme fils les 
achetaient, & les Prcftres maricz,Nicoi|y tes^ôme Pils euflent eu leurs fem- 
mes comrauncs,ainGqu'Eufcbe raconte qu'vn Nicolas prefenta la fienne en 
vnea(Temblée,pourmonftrer qu'il n'en cftoit pas ialoux. Tout auffi toftque 
Vi&or fut mort,le Cote de Tufcanclle fit nomer Pape Guy fon fils, qui prit le 
no de Benoift ix.côtre lequel le Clergé nômaNicolas H.auffi fans attëdre l'au- 
thorité de l'Empereur.Ce Nicolas fit tenir vnConcile,auquel Benoift fon cô- 
pagnonfut depofc,& dauantageordonnéque dorefnauantles Papes feroienc 

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PRIVILEGES ET LIBERTEZ 
tfleuzpar les Cardinaux feuls » Icflcâion defquels feroic confirmée par lé 
peuplc,rcferué à l'Empereur l'honneur qui luy appartient. Mais il faut noter 
que Henry III I. Empereur, eftoit lors mineur, & loiibs la tutelle de Ta M ère. 
Nicolas mort de poifon que luy bailla Brafus compagnon de Hildebrand cf 
après Pàpe,plu (leurs Cardinaux prièrent l'Empereur ..de nommer vn Pape , le* 
quel pour cette caufc,en l'affemblée tenue à Bafle,declara Pape Cad elle.appelc 
deParme.qui pritlenô d'Honoré. Ceftui-cy fut fi peu agréable aux Romains 
& à Hildebrad,qu'ilz nommerét Pape l'Euefquc de Luques,lequel prit le nom 
d'Alexandre,dont f'cnfuiuit vn grand fcandal^pourrinfolencedecePape.qui 
Tan 1073 .enuoyavn mandement 4 l'Empereur , par lequel il luy deffendit • 
rendre les Benefices(il entendoit que l'inueftitute qu'on prenoitxie luy ,fe do- 
noit pour argent ,& appelloit cela ventej Se doiefnauant n'en conférait aucun, 
fansl'authorité duSicge Apoftolique: Puis ayant ceft orgueilleux Pape efte 
emprifonné par les Romains, aduertis qu'il fc vouloir faire emprifonner par 
PErapereur,fouzcepretcxte,& à la fufcitationdudit Hildcbradilslefirét de* 
pofer,& puis mettre en prifon,où miferablemét il mourut* Tout aufli toft le- 
dit Hildebrand moine de Clugny,& Archidiacre del'Eglife Romaine, natif da 
pays de Sene,fo t mis en fa place,lequel prenâr le nô de Grégoire vu. (e déchira 
ennemi de Henry I (H.appuy é fur les forces de Mathilde Princeflc d'Italie,da~ 
me de Tofcane^de ta tiuiere de Gcnnes,& plufieurs terres de L6bardic,quc de- 
puis elle donna au fiege Romain.Gregoire dùtic renforcé de fi grades richefles 
enuoya excommunier tous ceux qui prenoient inueftiture des Princes Sécu- 
liers^ les Princes mcfmcs qui les donnoient: Ce qui occafionna vne guerre, 
laquelle entretenue en longueur, par des fubtilitez Papales , & traucrlcs que 
reçeurent les Empereurs de leurs fubieâs, enchantez par l'authorité qu'ils 
penfoientadioindre au fiege RomainrFinalcmentfappaifa^apVesquelacolla- 
tion des bénéfices eleâifs foft demeurée aux Papes,& les Empereurs tellemëc 
abaHTez^qu'ils entrèrent en plus grande fuieâion des Papes que les Papes ne 
fouloien t eftrc foubs les Empereurs Payens.Car ce fut lors que les Pape* tout 
ouuertement main tindrent que les Empereurs ne ponuoient porter courône 
ne le tiltre d Empereur,iufques à ce qu'ils euflent cfté couronnez de leur main 
ou de celle de leurs Légats. Durant cette guerre l'orgueil dudiék Grégoire fut fi 
grand.qu'ayant excommunié ledit Henri IIII. quant Se quant il abfout les ho- 
mes de la fidélité qu'ils luy deuoient,& luy fut fi rigourcux,qu'eftant venu luy 
demander pardon ,cn toute humilité,& defpouillé de fes ornemés Impériaux» 
ille fouffrit demeurer trois iours d'hyuer^&au mois de Ianuier,nuds piedsde- 
uant faporte,auant que parler à luy.P«is,ayant fait femblant de le deflier de la 
Cenfurc Ecclefiafticfuejiradeluy ferment de-n'vfer des ornemens Impériaux 
iufqu à certain tem ps:& qu'il euft fufcnéles Euefques à couronner Empereur 
vn Rodolf,ou Roul,par luy choifi pour feruir de Compétiteur audit Henry 
IIII. Auquel Roui ledi t Pape enuoyavn Diadème auec vnvers Latin de telle 
fubftance, eferit à Pentour, 

La Pierre, à P terre td ionnt, 

£t Pierre en 4 R^sd cwnnxé. 

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DE L'EGLISE GALLICANE. 
- Mais au dommage dudiâ Roui, qai premièrement perdit la main en cefte 
-querelle, & puis la vie, vaincu en bataille par ledit Henry. Depuis ce temps-là 
Jes Papes ne gardèrent plus d*ordre,nedemodeftic Chrefticnne, ains tout ou- 
vertement femocquerent de Mroperialle Majcfté,âc tellement villenerent 
tous les Magiftrats A que Frédéric I. Empereur de ce nom fe prefen tan t au Pape 
Alexandre, & comme pénitent Peftanraçcnoiiillédeuant luy, le Papcauffi or- 
gueilleux , qu'impudent*mit le pied fur la tefte de ce Prince, lors premier des 
£hrefticns,difant,Tu marcheras fur l'Afpic , & fouleras au pied le Lyon & le 
Dragon. Et quand l'Empereur luy euft rcfpôdutCc n'eft pas à toy , ains à Pier- 
re que ie m'humilie:Le Pape encore&plus£erement répliqua: & c'eft à moy 8c 
, à Pierrc.L'Empercur donc ainfi petilté,4es Papes fuiuants porterenr moins de 
refpcûauxautrcsRoys, & plus hardiment defpouillerent les Euefques Pro- 
ninciauxde leurs filtres & priuileges honorables : comme ils firent des Arche- 
uefques de Rauenne.de celuy d'Exarque, & celuy ic Milan d'vn autre priuilc- 
ge,duquéi il ne me fouuient pas bien pour cefteheure:Con traignan ts tous au- 
rres de foire ioug,parce quél'Empcrcur n'auoir peu refifter à leur foudre. Car, 
depuis i'abaifleraent dudit Henry IIIL ils oferent ouuertement citer à leur 
Cour tous Euefques,& fans attendre l'authori té des Empereurs, & des Roys, 
enuoyer leurs Légats pour affifter aux Conciles des Prouinces,& eux-mefmes 
y.preûderen perlonne,fe monftrans luges & arbitres des différents furue- 
nus entre les Roys , auxquels bien fouuenr ils enuoyerent commander pofer 
lcsarmcs,ainû que l'an .... ils firent à Philippe Augufte, noftre Roy , qui de 
rrop près pourfuiuoit Iean,furnommé fans terre,Roy d'Angleterre, condam- 
ne parles Eftats François ,pour auoir tue le Duc de Bretagne, vaflal de Fran- 
ce : Mais ledidt Philippe en appellaau futur Concile, fans laifler la pourfuic- 
te de l'exécution de larreft de fon Parlement. Les mefmes Papes voulurent 
auffi contraindre les Roys d'aller en Leuant faire la guerre à leur appétit, ain- 
fî que fit Bonifacc vm. qui foroma Philippe le Bel noftre Roy , de s'armer à 
cefteoccafion,'&dont s'cnfuhiir la querelle de ceft orgueilleux Pape , qui 
lors cfcriuit auffi à l'Empereur, que Dieu ayantfaidk deux grands Luminaires 
pour efclairer le Monde,le Pape eftoit le Solcil,& l'Empereur h Lunejaiflant 
dans fesloix Papales ce chanitrepourferuir àlapofteritéà remarquer fapre- 
fomption.CequipofEblerutlacaufe poorquoy luy-racfmes fouftint audi& 
Philippe le Bel, qu'és chofes diuines & humaines il eftoit fubieû des Papes:Et 
par fes lettres défendit au Roy de conférer aucun bénéfice. Toutesfois nos E- 
uefques interrogez par le Roi en vne aftemblée d'eftats,s'ils y recognoiflbien t 
le Pape pour tel qu'il fe difoit,refpondirent que non , & que le Roy eftoit leur 
fouuerain Seigneur.Encores Robert Comte d' Arthois en la mefmé aftembléc 
bru (la ces arrogantes lettres du Pape, depuis enleué de fa roaifon paternelle 
parles amis du Roy pour mourir, (dit l'hiftoiredu temps ) enragé comme vn 
chien, puis qu'il eftoit entre en fa chaire,commevn renard, &y auoit régné, 
comme vnlyon, Auffi ne fut l'excommunication prononcée contre lediû le 
Bel,approuuéedu Pape,fucce(Tcurdudi& Boniface: &les Roys qui vindrenc 
depuis obtindrent lettres, par lefquelles le Roy , 8c Royaume de France 

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PRI V ILEJGEl ET LIBERIEZ 
ne petraem cftre interdi&s,aucc autres priuilcges cottez par duTillet.Dcma- 
nierequeies François continuants leur libertc:pararrcft de Tan 1 3 69.il fut 
dit que les Corps de noz comraunautcz ne pouuoient eftre excommuniez: Ec 
pou rec l'an 1 40 6.1e xi. Septembre aucuns excommuniez furent abfouz par ' 
arreft delà Cour de Parlement de Paris,cs Regiftres duquel fe trouue encore^ 
vnaduis d'Eude,Duc de Bourgongne,pour empefeher la réception des Décré- 
tâtes du Pape,lefquelles aufli n'ont lieu en France, non plus que les Loix Ira- 
pçrîalleSjC'cft à dire,pour raifon,& non pour commandemen t puis que leRot 
de France cft fouuerain en ce Royaume: AuflS les Euefques François ne fouf- 
froient que leurs procez fe fiiïent en Cour de Rome,& fuiuant leur anciepri- 
uilege,côme fçeut bien ramenteuoir Arnou Euefque d'Orléans , fur le différée 
d' Arnou & Gerberr,pour l'Archeuefque de Reims,du téps de Hugues Capcr, 
difant qu'aller à Rome,c'eftoit aller demander aduis à des mébres.Car de tout 
téps les procez,qui furuenoient en France pour le tiltre des benefices,ou cho- 
Tes facrées,fe demenoient en la Prouince, pardeuat 1* Archeuefque,ainfi qu'on 
voit en Grégoire de Tours,pour l'Abbaye S. Croix de Poitiers,debattue entre 
Lubouere &Chrodieldeenuironl'an 592. pour les limites des Eucfchez de 
Noyon & de SoiftbnsJ'an 815 .fouz Louys le Débonnaire, quand ces Euef- 
chez furent réglez en vn Synode d'Eftars:Ce quia duréiufqu'àccque les Pa- 
pes peu à peu renuerferent les efleftions,par les grâces, qu'ils appclloicnt ex* 
peftatiuesjreferuations, & autres fubtils moyens, que la Cour de Rome in- 
uenta.pour lier la main des Collateurs , ou Electeurs , Se faire tomber les gras 
Bénéfices (i'ay vfédcleur mot)en celles des Rom ipetes, ou familiers des Car- 
dinaux. Encores,pource que les, luges des Papes le plus fouuent euoquoiët les 
caufes de première inftance , pour faire venir plaider les parties à Rome: Puis, 
fouz ombre des voyages d'outremer fréquents , pour fournir difoient-ilz aux 
fraizdes armées, ayant mis fus les Annates,c'eft à dire ordonné \ut le reuema 
d'vne année de tous les Bénéfices eleâifs feroit porté à Rome,auant que les c- 
leuzpeuûentauoir leurs Bulles. S. Louys cognoifTantceftabûz&sutrespa- 
rcils,defendit l'an 126 7>payer ce tribut aux Papes, par vne ordônance depuis 
gardée en France, & iufques à ce que les Papes accordants aux Roys leuer des 
Décimes fur les Euefcbcz,& rendants vray leprouerbe : Donne m'en , ie t'en 
donneray (difen t noz Annales)rcmircnt fus lefdites Annates, Grâces expcôa- 
tiucs & referuations: E t pour faire taire le Parlement de Paris, qui Poppofoit 
à telles iniuftesleuées & ordonnances Papales enuiron l'an 141 o. (Car il ne 
me fouuient pas bien de l'année )BenediâPape,demeurant en Auignon , 8c 
depuis Manin V. Pape de Rome,accorda des Induits aux Confeillers de Par- 
lement pour cuxjeurs enfans ou amis:Mais ayant lefdiâes Grâces efté caflees 
aux Conciles de Conftancc,ou Baflc, 8c l'ancienne efleftion remife en Fran- 
ce :1c Décret de Baflefurceinteruenu,fut confirmé par le Roy Charles VII. 
en vne aflemblécd'Eftatz tenuz à Bourges Tan 1438. où fut publiée TOr- 
donnance,appellée Pragmatique San&ion, pource qu'à la reqùefte des Eftarz 
le Roy l'ordonna. Le mefme Roy,quand le Pape Eugène appella les Euefques 
François pour fe trouuer au Concile par luy affembls à Florence contre 



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DE L'EGLISE GALLICANE* 
ccluy de Bafle,auoit auflî défendu aus Eucfqucs François d'y aller au grand rew 
gretdudit Pape, qui déclara ledit Concile dkBafle nul,& Schifmatique. Â 
mcfme intention Pie IL Pape f'efforça par icmoycn du Cardinal de Balue, 
lors fauoriféduRoi Louis XL rompre ladite Pragmatique San&ion , comme 
auffi tous Tes fu<£e(Tcurs Papes,iufqu'à Léon X. qui l'an ifié. concorda auec le 
Roi François, non (ans l'oppofition des Vniucr fi tez de fon Roiaume & nom- 
mément de celle de Paris,qui en appella au futu r Concile, & volontiers fe fuft 
mutinée, fi elle euft trouué qui luy euft feruy de chef, & fi on n'euft fai & fem- 
blan t d'atteler l'artillerie, ainfi que ie tien des hommes du temps , pour la me- 
ner battre les Collèges de l' Vniucrfité de Paris,où l'on difoit queX'cftoien t af- 
femblez ceus qui vouloient empefeher la publication dudit Côcordar. Quant 
aux Induits des Confeillcrs du Parlement de Paris, ayants cfté interrompus 
depuis ladite Pragmatique, M. laques Spifame, depuis Euefquede Neuers, 
eftan t Confeiller de ladite Cour , en pourfuiuit Se obtint la remife , à l'entre- 
ueuc que k Pape Paul, & le Roi François I. firent à Nice, l'an 1538. Et pour 
conclufion de ce Traité, ic puis dire aucc les Anciens, que toutes les entrepris 
fes Papales font procedeesdes exemptions de IurifdidHon oftroyees par 1er 
Empereurs & Rois aus Papes ou Eccfefiaftiques , lefquels en vfan ts mal con- 
tre leur Majefté , doiuent perdre ces priuileges , puis qu'on n'en peu t alléguer 
aucun contre ceus qui les on t oftroy ez, ne dire, ne faire chofe préjudiciable à 
la Majefté de fes fuccefleors oude fon Eftat , principalement en France, où la 
coronne ne vient par ele&ion, ou fucceflion,ains comme vne Nobleffe,* gt- 
nere. Que fi le Pape prétend auoir le glaiue temporel & matériel , on luy peut 
répliquer ce que feeut dire tres-bien S.Bernard au Pape Eugene,à fçauoir qu'il 
nefepouùoitaiderde celuydcS. Pierre, puisque Dieu luy commanda de le 
r'engainer : & que fil en veut auoir plus dvn , il pourroit bien perdre tous les 
deux. Mais pour clorre la bouche à tous ceux qui voudroient débattre les Li- 
ber tez de l'Eglifc Gallicane, & fouftenir l'abfoluë authorité du Pape fur le 
Roiaume François, les appellations comme d'abus que dés fi long temps 
le Parlement reçoit contre les lettres & teferits duPape;la vérification que la- 
diteCourfai&dcsFacultezdesLegats,enuoiczdeRomeenFrance,monftrent 
par les Modifications qu'elle y adioufte,que le Pape n'a en France IurifdidHon 
que volontaire,puis que bien fouuent lefdits refcrits fonteaflez, &que fon 
Légat n'entre point en Frâce qu'après la permiffion du Roi , & n'exerce fa cô-. 
million qu'après la vérification de fesBules audit Parlement. Ce qui neft pas 
vne nouuelle couftume. Car, Grégoire premier , enuoyant en Angleterre fon 
Légat Auguftin , pour reprimer l'herefie Pelagiennc, luy défend d'exercer és 
Gaules aucune jurifdi£tion,pource,dit-il,qu'elles ne (ont fubiettes que de l'E- 
uefqu.e d'Arles , lequel neantmoins nous ne trouuons point , par les Annales 
du temps, auoir eu juriCdiâion deçà Lyon. Parce que deflus appert, que con- 
tre l'vfage de la primitiue, ancienne & moderne Eglife,durantles broiiillis de 
l'Empire, & qu'vn Tyran efpioitdechafler l'autre du Throne Impérial, de- 
puis £00. ans les Papes fefont auancez en l'authorité que maintenant tout 
ouvertement ils défendent, & par armes ^efforcent d'agrandir: jaçoit que 

*** iij 

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PRIVILEGES ET LIBERTEZ 
pour auoir fauorifé Phocas, meurtrier du bon Empereur Maurice» ils fc foict 
taiâ donner le tiltee d'Euefque M^iuerfel , les Gregoires Papes II. 6c III. fa- 
uorifants les rebelles à Léon , Ô^Conftantin fon fils, ayenc empiété le Duché 
de Rome,Zacharic authorizanr les mutins de France qui dçpoferent Chilpe- 
rie leur Roi légitimerait introduit Ces Légats en ce Royaume, & ietté la plache 

{>our inuiter en Italie nos pères à venir au pris de leur fane vanger les querel- 
es , que de gayeté de cœur , ou par auariceles Papes drefloieneau Rois Lom- 
bards,entretcnants leurinimirie aucc les Exarques de Raucnne,iufqu'lce que 
lcsvn$ &lcs autres deftruits,ccs Romains euflent tiré des mal-aduifefc Fran- 
çois l'Exarquat, fiege du Lieutenant Impérial, par la promotion de Chatlc- 
magne à l'Empire, ils ayenr perfuadé à ce religieus Prince d'apporter en Fran- 
ce l'ordre de l'Eglifc Romaine» fon chant , 6c fes cérémonies, pour puis après 
monftrcr à Nicolas premier Pape le chemin d'appaifer les Empereurs &Rois 
delaterrej&Iesfucceficurs à contredire ceusqui fouftcnoientdcuoir ioiiir 
dellnueftiture des Prélats de leur Royaumejcoramcd'vadroit Kohi De ma- 
nière qu'outre l'impieté.qui par telles vfurpations Papales , Peftaccreuc par- 
my nous, l'on peut dire,ain(i qu'a tres-bien remarqué Iean le Maire de Belges 
en fon promptuairedcsConciles f que les mefmcs Papes ont cfté les principaus 
boute-feux des guerres depuis 900. ans efmeuës en la Chrétienté , quand leur 
ambition a trouué des Princes de leur humeur ou bigots, Paidants toufiours 
les Papes del'inconfideré zele du peuple j>our empetcher les vertueux & vail- 
lants Empereurs , qui Ooppofoicnt aux nmoniaques Elections, oui la vie de- 
fordonnee desPontifcs,ainû que firent les O thons, Henry, Frideric, & autres 
leurs imitateurs.Que fi les Papes n'ont pas tous ouuertement aflailli nosRois: 
ç'a cfté lors que leurs marches ont efte efloignees d'eux, ou pource qu'il leur 
importoitd'auoirvnpm(Tant,Roi en France, pour faire tefte aux Empereurs 
ennemis mortels des Papes vfurpateurs de Rome leur principal Siège, Car Iu- 
les II. Papc,fuiuant la trace de Nicolas ( qui ne peut fouffrir l'entière authori- 
cé de Loui$ ILEmpereur) 6c fes ambitieus fuccefleu rs, auflî mal cotés de Guy, 
Lothaire 6è autres Empereurs Italiens de race Françoife,monftra bien qu'il 
ne vouloir point de Roy de France,pour voifinen Italie , foie que tous Papes 
craignent la liberté de nos Eglifes , ou fe desfient de pouuoir defbaucher la 
vrayeNoble£Tc,naturellcment affectionnée au feruicedefes Rois. Tant y a 
que les anciens Papes n'ont prétendu en France aucune Souueraine iurifdi- 
Âion Ecclefiaftique que de gré à gré:Et quand ils fe font efforcez de 1 auoir de 
haute lutte ils y ont efte contredits par nos Rois, lefquels de tout temps ,6c 
quand bon leur a f érable on t appellé les Euefques de leurs Roiaumes pour or- 
donner deschofcsEcclefiaftiques , fans attendre l'authorité des Papes. Ilap- 

J>cr t encores que nos Rois n'ont obferué les Décrets des Conciles tenus hors 
eurs Roiaumes , & en Fabfence de leurs Euefques, finon quand par l'aduis de 
leurs Eftats ils ont approuué le(ditsConcttes:Laquelle ancienne Liberté Fran- 
çoise Roy noftre Sire , nos reuerens :6c Chreftiens Prélats , noftre gentille 
Nobleffe 6c peuple fidelle doiuent maintenir & conlcrucr par tous bons 
moyens pour lai&r aux héritiers de Hugues Capet entière la coronne, que 



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DÊ L'EGLISE GALLICANE. 

Sfondrat foydifimt Grcgoirc, Pape XIIIL de ce nomeflayede tranC* 

porter en Efpaigne à noftre honte , & de nos luccefleurs mcfme en ce temps 
que noftre Iuftice manifeftement fe voit fauorifec de l'affiftanccdu grad Dieu, 
qui nousa donné la viûoire de tant de rencontres , & batailles. Ne craignez 
donc point,Môficur,les vains & impuiftants foudres de ce maladuifé Salmo- 
née CrcraonoisrCar , n'eftant point noftre Euefque,& ne fe monftrant point 
chef>dignc dç noftre Eglife Catholique , ains fouldrier , 6c gendarme partial, 
iln'aaucune puiftancefur nous:Etparconfequéntfesfulminationsnc peu- 
uent feruir que d'cfpouuentail decheneuieres , encores, enuoyant vne armée 
contre vn Roiaume , duquel les Romains tiennent toutes leurs richefles , ou-» 
tre Ton ingratitude ( fur tous vices des-agreable à Dieu & aux hommes)il n'efc 
plus fuccefleur de S. Pierre, à qui noftre Seigneur commanda rengainer fon 
glaiue matériel. Voila ce que ie vous puisrclpondrc fur la queftion que m'a* 
uezfaiâe:Sçauoir fi noftre Roi peut eftre excommunié par le Pape. Quelle 

Suiflancc on t eue en France les Pontifes Romains : Quelles font les Liberrez 
e noftre Eglife Gauloife. Si iauoy plusdeliures, poffible en eufle-ie dit da- 
uantage,& remply des blancs , que i'ay lai(Tez en ceft eferit. Mais n'ayant icy 
que trois ou quatre au theurs,vous- vous contenterez deeequepromptement 
i'ay peu fournir , appuyé de ma mémoire , & de ce peu de liurcs que i'ay trou- 
uez, ou apportez en ce Chafteau domicile de Mars , pluftoft que d'Apollon» 
Cependant, & pour dauan tage vous efclaircir , vous pourrez chercher Pierre 
de Cugnieres,Deffenfor Paris,le Songe du Verger,les a&es du Concile de Cô- 
ftance & Bafle, Ican le Maire de Belges, en fon Promptuairedes Conciles,Du 
Moulin fur les petites dattes, qui plus que moy vous fatisferout. I'obmets les 
nullitez de l'eleâion dudit Grégoire XIIIL foy-difant Pape,qui vne autre fois 
pourront eftre mifes <n auant , d'autant que c'eft vne queftion non feulement 
de droit , mais auffi defaid: Et pourceil faut auoir d'autres mémoires que 
ccus queprefentement iay en main , pour vérifier la nullité de fa promotion 
fans noftre confentement: Se par les faâions Efpaignoles eftabli en la premiè- 
re chaire de noftre Eglife Catholique. le ne me fuis non plus voulu aider des 
arguments des prétendus reformez , eferits contre la Primautédu Pape.ayant 
entendu traiter cette queftion pluftoft en hiftorien,queTheologien;& néant* 
moins comme François, ie n'ay feeu me contenir d'arracher le mafque à ce pè- 
re feint , qui ingrat veut efteindre le plus bel oeil delà Chrefticnté ,pour nous 
rendre Marranes. 

FIN. 



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POVR LE C O V R ON N E M EN T" 

DV ROY HENRY IIIUROY DE 
. ^ France it m-Na-varix 

/? Etqùefwtf 

: légitime Seigneur* . 

O s Tutr-Rôy Henry quatricfme , afin xPofterîc fcrupallc v d 9 àtM 
cuos qui cuident que pour m'cfoe pas encores facré /nc Coa- 1 
ittnnédcnuinsd'fiuefquesi il ne foft^ioftrc maiftrè&legitimç 
Seigneur j -Voicy ce»<£*'il pcftt dke«éuec iaifoi> «onfitmee par " 
exemples très -anciens. 

Qu'ilcientkCôutoiuic*noiîcerom de fbn pere:ains i 

comme vn bien & honneur iflu defamaïfota, & tout ainfi qu'vn Gentil- 
homme cftNobU, non feulement pofctt è« qu'il eft fils defon perc Noble, * 
mais poui ce qu'iieftdVnc famille franche de tout temps. 

Tdlcmdttt y qu'ainfccommfc là&o*e d'fn peref ne peirt huire;n ? enipçfc!ïer * 
qucle filsJVn Geatilhorataô nefoit renkipoirt Noble y & nfc iouïfie des pri- ; 
Uilegesf sïljwt'Noblcmen t .) Auf&le Roy ne peut eftre débouté de la Couron- J 
neeftantyf&icicS.JLouys. & i 

•Que fi l'on, dk qu'il luy conuienreftre State : Il peut refpcrçxdre auec ^ 
duTillet v qtie 4* Sacre n'augmente (on y pùîS que ceux Je la première ~ 
face ne l'ont efte. Voire les motsd'efle&ion eftans en laviçille formé 8ç 1 
démo ure z en aucunes Oraifott des Sacrée éc ■ Cou remnements des - R oy» 
derniers >doiuenteftre pris &: entendus pot*t dédaritibri \ ou .acceptation \ 
& fubiàiffien au Roy cfléu, defignéA predettinéde Dieuy qui l'a fait & con- 
fier uclcpli* proche de k Couronne , non pour aucun droit qurapparticn~ 1 
nc auxfuje&s de donner le Royaume parleurs, voix & efleÛion, car toufc J 
iours iUefté réputé Êtmiliake, taot durattt lePagMfitàe qiîe le ChriftiaritÊ * 
me,& tels L'ont transfaéileurpofterkc ceW quif ârtaptotlidehtc diurne, \ 
( àlaquelle&uleappirtient merrre 6c oftcï RùBtj-f ont fait les rûutz» ? 
dons.- ' ' ^ '■' ■ ; " r " ' 

Nous pouuonsadioufterà cefté propofition veritable( & tres-vtHe pbor?" 
exclurre tout raaiftrceft ranger) quedes l'cfltâion du premier Roy François, ; 
les. Barons (car le peuple n'àuoit aucune^oisparbrieux ,non phjs qù'entre 
lcApremiers.Ganllois9o»«ransfecéaaR^ te en là perfirtmè de celuy jqtiij^ 
tic^dracefte dignité tout JeuiNpouuoir^ • ■•-!» - : 

Autrement s'il eftoitloifibte aux peuples dechtfifge* de Ro? à tous leurr 
dcfirs^iLalya^ &po*iffefc \pàr i'àmkidon dfcr- 1 

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ptot en» éprenant , tout let towiJh ferbteit à recotateéneer, au grand dom* 

magedclaChrcfticntf 4r de laprpoi^ t qui fc crouucroit enuctoppccdt 
guerrespour les partis contraires. 

Le Roy donc peut dire, que les cris de ioyequefaNoblcfle & gendarme- 
rie luy firent àS.Cloud,aDrcslamortdu feu Roy > à Arques quand il ebaf- 
fa le Duc de Mayenne , àYury»rc*la bataille-gaignee, àChelles en l'aifi- 
ftance que tantjdeNoblefle hiy flt ; font plus que foffifaptes ççronations , & 
vallentbicn l'efleuation furie Bouclier &lcporr à l'enrour du camprdonc 
nosanccftrcsonxvfé pour la déclaration des Roys predecefleuw d^Pepin, 
quilc premier fut Couronné par main d'Euefque. 

Et neantmoins pour ofter route maligne obie&ion , en faine confeience 
& en vneaflèmbled'Euefques, Prélats, Ducs, Comtes, Barons & autres Sei- 
gneurs Jlpcyj prendre fa CowpwecB-leur preftwe, & faniq*51^ y mec- 
tentHrayn^uy qu'il m;la,uew point d;eu*irainfiqaei'ajrdttc^deflur, 

Carnpus, trou»ôfîs quc OarUm^igncwutWlkLotiy^ioriifik, ôde dé- 
clara Souucr/ûij JîW>fcquçte^sfqjw<W^ Cburon- 
nequ'illuy donna. 

. Des vieillçs Annalles difenr fous l!an hfctt$en4trci«. LuUvimm fUum^ 
n^^fi^nforte^imferifficirill gourons Louys fon fils, & le fit fon^om- 
Pfg» 0 ^? £rip^. *«4p4w G|?4dcfP3gaci6iiie par vniMéine «KAri* 
goulefme. Deinde habit* ^ufâwg»*^ n^^^Cjui^ 
tdnU comum imtfvi* , pi*w ajan^ean à <Ai* *A ParianciK gcoçi aj£ ilCon- 
roiuu Louy? foy : <rA<ptoin* s En U vieitaltt Lo»ydifatiSte vitelïtimem^ 
sAdcmtr'u Montât cr tunAt* tmf priait MdÀtibïtoi totomnit^ r*-wn[f*m*u m .i 
pênes eum futurdm ejfe Chrifio fauemè inmtuir. Il l'admjcmeitk.&^pms lecoa-- 
ronna du diadefrne Impérial, & dtffc r* : qu'*iiec Vaidc^c nbftro Srigjicw 
Icfus Chcifti, la^ôuuçraiçe;^]^^^ *wtesekbfe*d^ 
«ersiuy-. ; rr; znr • . . v - , • ,j .:. 5 ■* -/? , - : 

Mais cp quç4jt TçgwMq*$efe$diidie L<rtryMftfci6pkn^es*5m6ft** - 
la|fouw{«ne.j)^ 

*W //»/>*hw**ww4w Le fufdù£ftipeiicut^ditLil)V 

cognoifEqu apwoclw Ulïji 4e f**kwus ( cwilcftoûja fort vieil ^appelU 
for> fils près dp io^^tpu^fo pvi^©ce,Eucftiièrt, Abber-, Ducs, & Comtes, 

w «WIW*4w^ fittebcéiemwrs (oj«* : 

fil if Ï^AWïftS^ A 4u grjMî4 <utpl*s:p crir ^s!il me leur! plafÛrô pas* 

qu'il donnaftfon nom ( à fçauoir d'Empereur) à Louy s fon fils. Tous refpé^l. 

d 'Iot^V^'WW *i*y*fHJa C0WP»ncfurlatefte^.bientnoblamnt> 
& |jçf]!:Ç9^ DBglifeyquIil >- 

auftft fautai «JçjftiM* & y in t augurai > wAbntD.aphwhaae > 

eOeuc que les autres ,confacré en rHonacwidcci^ftni SedgèeiiorofiôCbriftv:: 
fu Ç Wf^iA 9 9W»d* *<te*rnrffe Vm:*i^Cmimimc£ittc<5lleeq0ilpoc^ 
au^hef, Apjw q?e>pefcfckiUcufcntaffiîxJbn^ r 



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-ficursNauiresne portent pas figrandfc charge. 

Eftant bditeriuiere de Seine enfleedes eaux de lariuiere d'Andelle & dé 
celled'Epre qui feparela Normandie de France ,ellecft encores Renforcée de 
larjuicre d'Eure ,qui commençant à porter îles Chartres, vient paflcràVnc 
lieue de Drcûf .P^flvLouuiers/'cmtouchedtas Sfcinq , fcmreiRkél & l*dHt 
de r Arche, apportant toutes les commodités detahautc 8fcaôtft,tehàr*raia, 
Dreux» Eureux ôc partie de Normandie, 

Maille voiûnage de la Mer Se du Haure de Grâce ( quand tien il y aurôf c 
neceffitc enuiron Paris ) peut fournir à fa nourriture ôc entretien, Voire tou- 
tes les Prouince*dç France contribuent à fa grandeur, fan$ gtattd ttatfâil & 
peine. ! . :> .i'^' 

D'autant que la riuieredc Loir<partiffimtîla France par mditié , peuteori- 
duire à Gien'tops les biens d'aual fon eau , <£omme d'Orteans, fekrts, Tours, 
Angers , Nantes : d'amont , Alier ceufcde Moulins, la rafcfme Loire ,cctix 
qui croifTeût depuis Gien iufques à Rouanne, fe peuuentalTemblerceu'x 
duLyonnois & Mafconnois, d'autant qu'il n'y a que tferelieucsiufqueVl 
Lyon , oueft la S^ofne, & de Gien que neuf iùfques à Môhtargfc , d'où 
part lariuiere du Loing on les peut cnuoyerdansSeiwe. 

Tellement què depuis Marfeille iufquesl Paris, il n'y a qtie virtgt dfctfi. 
lieues , (çauoir de Lyon à Roiïannetrewpe, de Gien à Mf ontargis neuf. Et par- 
tantla ville de Paris ,aydeede dix-fept riuieres portans batreau , & fe reri- 
dans dans la Seine, fe peut fans granddeftourbier aider de toutes les commaU 
ditez de la France. 

Àinfidoncce n'eft meruçille , fiauec rànt daifancedes habitahs,'céftevillte 
eft creue à telle grandeur que nous l'auons veuë. E rvoila(M6ft fiérir )ce <|u'eh . 
deuxhcufésicvoQs^ypcudifooitttir^ks occafions de la crèuë de h fille dè 
Paris y & comme non (ans caufe, nos Rcxys l'ont eflevë pour le^hfcf ife'toûi. 
leur Royaume, veu fon affietc. 



■ i n r , 



DES ARMES ET B A S T ON S, 

DES Cri E V A U E S. S. • . 
A Monjicw de ÇaloHp fieur de Ckaftoil y à M. 

Onsievr, i'ayrcçeula voftre du 16. Oftobre , cfcrfteen vii* 
! cou* t billet , qui me faidfc dire que vou* ertier îiàfté . Vous 
j me demandfcz beaucoup que vçat decfcutt* tes battons & armes 
' de$Gheu*liiers, ielauoyfeiâenvnliureqto iay perdu à^iar- 
Cepen4anr » f*mpai*m ie vous addift? ^ue les Ctreuallieri 
yeftoient premièrement vnGattbilTon 00 pourpoint piqàé oà CQt tonné ail 
|icu du baçfle-col de nos gens, fus lequel iU^ftoicfit vtte tûrtgbe cherbifede 
«aille wnant inCqiict à mywiaaibes, afpclke Ha&bfcrtotfAtiterti zôriu 
enLatin, fai& d'anele t's. Ccfteduanificwt .hiiftbiW jatièit+n *iàpûàién dans 

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lequel ils mettoient la telle comme dans vnecatlotte , qui lescouurditïùt» 
ques aux yeux, le col & le menton. Ils chauflbient des chauffes de mefme 
.eftpfre > ç'eftàdiredemaillesqu^lsfai(oientcouldreà leur haubert , iecroy 
afin qu'elles njggçillaflent fur leurs genouils:chai|flbientxlcycfperos à larges 
,mollcttjcsct)ra«ielapaulmcdclamain:de(rusils auoient ♦ne cotre de fbye 
peintçdeleqr s blafont, armes , armoiries ou deuifes, laquelle ils cçignoient 
' dVne courroye large où pendoit vne efpee large de deux ou trois poulces , 6c 
• deux pieds 8c demy de long , vne CToifcc pour toute garde» ayant quelquesfois 
leur archet au poing : vn poignard ou coufteau appcllé Mifericorde ,pour ce 
. que lcuçeiHiemy attenté en efloit «tté f f'il ne-demandoit mifericôrde. Ils 
vfoientd'vnhéaulmepoinâu par haut, înConum ? de plufiçurs pieceStle fer 
. tres-jlourde$j desiLatios 6c dm temps d'Àmmian Marccllinap Jjtllc clihdnw* 
pour ce qu'il eftoitfait en fourneau auec vne coeffedefer & heaumefi malai- 
se qu'aucunesfois des coupidd lacés faifoiét tourner Ja viftere derrière appel- 
Jee venraillc,à caufe au'Hs prenotent vent par ta, & le naztl/us lequel ils met- 
toient des baguée &>flcitrs d'orfaucrie par galenrerie.Us auoient auffi vn grad 
.cfçji pointu p*r bas, carre en haut qu'ils pendoien* à leur col parvne cour- 
royc,lcdît efeu long pour le moins de deu« pieds. Les bouffes ou caparaflons 
.quicouuroicntfpm leurs chenaux, depuis locdLiufqucs aux pieds» eftoienc 
auiTipçinwsdelcursWa(bns»manre2iàcheual , pour ce que leurs hauberts 
n'auoient point d'arrefts , ils appuyoient leurs lances fort longues fur l'ar- 
çon delà felle(fai tell' Angloifc^ le fer de la lance qui eftoit large de deux 
poulces 6c long d'vn pied. Cette forte d'armeure feruit aux Cheuallicrs , iuf- 
^jues au Roy Philippes le fiel , ( c'effc àdire ) ranajoo. ou enntron qu'ils com- 
^cnccreiu^ouunr leurs iâtnbes & bras de lame* de fer fus les genoiiils 6c 
Areues,& pyis^anj^oouils vferem tout communément de cuiraffesaulE de 
îcr , comt^e celles du iourdhuy. le rrouue que du temps de Charletfiaigne ces 
xorcelets f'appellerët Brugncs,mais iene fçay pas leur-façon. DepuisPhilip- 
pes de Valois, les Cheualiersvferent de baflinets 6c ebappeaux de fer, mais 
xc n'eftoit<|uepeur ai mes légères ~6c quand ils combat<ne~ri)Tpïed, La bru 
gandiçe n^ftcjit pas aTmçdeCheuaHers,fnais de gros varlét, dé portiers; 
. gai 3 es de pon t;, car le mot vient.de brigand, 4: brigandde brigue cft à dire en 
vieil langage François & Gaufloïs Pônr, tefmotng Brin* Ifdr*,Vont d'Oifc, 
Briua currttid, Briuc la Gaillarde, ta riuiere de laquelle Pappelle Curretia> Briou- 
ded'Auuergne^eft voifinç 4ugrand arcou pont Infpony,qai Pappelle déni 
fons y car Prug , Brug , Brig en viel Gaullois , f rançois, Ânglois, ou Alleman 
(ignifieponu ; . " ; 

Nos premier^ Funçqis auoient vne arme appellee fftàdfqae 8c An4 
jçon qui auoit vn feç tranchant pointu au bout , doré fus vn mancheou 
hante a(Tez longue laquelle , ils UnçoienLcontre leurs ennemis , lefquels en 
eftoienc fort endommagez f'ilseftoient atteint s à nud,ftl$1ereceuàiehten 
leurs efçus la hante pendant tournoit à terre., 6c lors le FrariÇèis mar- 
chant deflus fendoitrpfcu,ou fpn ennemy eftan t contraint de tenir la main 
baffe pourra pçfanteur de fpn e feu , & de Ja Francifquc qu A ri^on attache; 
cependant te dcfçom^oicuttX cpupsdea autres, j . .Auti'l , j:..!:.- 

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DE LA VILLE DE PARIS 

ET POVRQJOY LES ROYS L'ONT 
cboijte pour leur Capitale. 

A ville-de Paris eft paruenuc à la grandeur que nous TâuoM 
veuë pour la commodité de fonaffictte, que Dieu ferhble 
auoir eftablie pour le domicile d vn Roy des Gaules. Ce qui a 
| efté remarqué par lulles Ccfar. Auffi en fit Ton domicile Iulia 
nommé l Apoftat,penchnt qu'il fut Cefar fous l'Empereur 
I Conftance, & depuis Gratian fils de l'Empereur Vaiétinian. 
Car eftabt la Germanie lor$ mal labourée & gouuernee par peuples qui 
n'auoient point de limites ou territoires arreftez , &les plus forts chaflatrs 
les plus foiblesjelon que le riuage delà riuierc de Rhin fe trouuoit bien ou 
mal gardé, & les forts des garnifons Romaines remplis de foldats ( qui jadis 
habitèrent Colongnc, Nu* , Binge , Maience , Argentine ( c'eft Strafbotirjg) 
Spire, Vvormes, Baflc, Conftance) les Francs, Seines (ou Saxons ) les Bour- 
guignons 6c Allemans f'efforcercnt de pafler ladite riuiere pour venir habi- 
ter ut Gaulle mal peuplée du cofté de Belges , lors couucrtc des foreftsd'Ar* 
tienne 6c Vauge. 

Tellement que depuis que la difeipline Romaine commença de Pabaftar- 
«dir en la gendarmerie , de vingt en vingt ans ( par manière -de dire) quelque 
peuple Germain ne failloit de fejetter en Gaulle & fe planter deçà le Rhin. 
Ce hitpourquoy les Empereurs fuccefleurs de Conftantin le Grand» voyant 
les villes fufdites (qui fontplantees fur le Rhin &iadis auoient efté bafties 
pour feruir de forts contre les peu pies de Germanie ) trop fouuent aflailiies 
&dcfpeuplees,fe retirèrent plus auant dans le cœur desGaulles, & choifr- 
rent Paris pour fîege Impérial. Dautant qu'en mefme temps les Scots ( qui 
fontiesEfcolïbis, for tans d'Irlande aflaillirent la Grand Bretagne ( qui eft 
Angleterre) &repouflàns les garnifons Romaines logées à Camalodun co- 
lonie, Londres 6c autres villes peuplées de Romains (par eux auffi dcftrui&es ) 
menaflbient enepres depaflèr en Gaulle. 

Aceftecaufelcfdits Empereurs ou leurs Lieu tenans ,choififlàns là ville it 
Paris , non trop efloignee du Rhin ne de l'emboucheure de Seine ( en laquel- 
le ils pouuoient baftir Nauires du bois lors pris és fbrefts de Brie Se de 
Perche )aifémentpouuoientfe préparer à la refiftanec & furrprife de leurs 
ennemis, par lé moyen du grand peuple & équipage de guêtre qu ? ils pou T 
noient aflèmbler audit lieu de Paris le plus commode de tous les autres de 
Gaulle pour les raifons qui f'enfuiuent. 

Premièrement i'affiette de Paris eftant dans vne Ifle ilamon tagne qui re- 
garde le midy^fecrouua pleine d'eaux fingulierement bonnes, comme il en 
reftelamarqueés puit&desCorddiets,dcsCholecs, 4e Sain&e Geneukfne 
&âw^quifontclloigaez4clauin^. 



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Le pats d'alentour remply de carrières de toutts fortes de pierres, Le co- 
ftcdeSeptentriondcplaftre. Le haut des riiiieres de Seine & Marne vcftu 
deforefts abou tiflans iufques fur le bord du cours des eaux defdites riuieres, 
donna commoduidebaftir. 

La campagne du coftedudit Septentrion (,oà maintenant eftS.Denis en 
France & Dammartin } abondante en bleds , les Couftaux depuis Mont-l'he- 
ry iufques à Poifly , propres àporter de bons vins, tels que les blancs de Lon- 
jgeunoeau , Seaux, Bagneux , Chaftillon , les clerets de Vànues , Icy , Meu- 
don ,Seurc,S.Cloud, Surefne, Rpe^portauPcc, fournirent de viuresea 
abondance. 

AufliClouis, cnuiron Panjoo.apresUNatiuitc denoftre Seigneur , inui- 
jcdefigrapdes commoditez y eftablit fon fiege Royal, preuoyant qu'elle 
pourroiteroiftre en toute telle grandeur qu'on euft fçeu imaginer, entrete- 
nue & parle bon territoire d'alentour , & raport des riuieres qui presd'iccl* 
le de tous les endroits de la France l'embouchent dedans la Seine» 

Laquelle venant de la baffe Bourgongne & Champagne, commençant à 

rr f tcr bateau des fon ifluc de la ville de Ttoyes;pres de Pons fur Seine reçoit 
riqiere d'Aube, qui apporte les bons vins blancs dcBar-fus- Aube, Se les 
biens de partie de Bafligny & Partois. 

La tiuiered'Yonnc venant de Ioigny , Auxerre, & Sens-, après auoirre* 
ceq la riuiere d'Armen fon Se de Vanc apporte les biens d'Auxerrois,de Vc- 
zeley &du Val de Haillan & de la haute Champagne, fe ioint à Monftrea» 
pu*faut Yonne. 

Le Lpingriuiere qui commence à porter à Montatgis, apporte dubois 
bon pour la menuifer iç , 3c les biens des bas Gaftinois, & fe ioinâ: dans Seine 
.entre Moret & Melun au pont de Sanois. 

La riuiere d'E ftampes ayant receu vnc au rre de pareille grandeur, qui vien t 
delà Fer te Alcps, ameine les bleds de Qcauce , partie des vins de Gaftinois 
Se d'Eftam pes , puis fe ioinûi la Sefae à CorbeiL 

Avne lieue de Paris la riuiere de Marne entre dans Seine, ayant pris fa 
fou&ce à demie liepe de Langres , puis paflam près de Cbaumon t en Bafligni* 
trajuerfelc Partois à Vitri, paffe deuantChaalons en Champagne, Efpernay, 
Chafteau-Thwri, Meaux , Laçni, amenant les bleds & auoines de Champa- 
gne, les vins d'Ay Se delà montagne de Rheims , ceux de la haute Brie & 
par rie de Valois, A près anoir receu la riuiere d'<Jttre qui enuoye du bois & 
partie des biens dudit Valois , & entre dans la Marne au dcflTousde Meaux, 
comme le grand & petit Morin pa (Tante àCrecy en Brie fie fe cendans au dek 
fus dp Lagni, portent les biens dé la Bric. 

La riuiere de Veflepaflantà Rheims enuoyelcs tiens deRethclois, Se de 
l'autre coftédela montagne de Rheims,commcaufli celle d'Aifne, ceux de 
Laonois & Soiflbns, partant au milieu du Val de SoiiTons , pays tres-fertiie 
fc ioint à celle d'Oife, laquelle venant delà Fere en Picardie, reçoit ladite 
riptered' Aifnje , puis ccllede Thermquivient de Beauuais, fe venans ioindrç 
àlaSeineauÇonEaDiS.Iionrtinc^dcflurdePoifri. ■ . * 

La où tant d'eaux cftant a0emblees^l«8baueauxXpiuiî^and^^^e|d^ 

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parla Mou fili dcroint' toute U multitude des Euefquei&laNobleflfcJ'ad- 
rooncftant fur tout d^ymer Dieu 6c lecraindre, garder en tout fes comman- 
démens jgouueroer les Eglifes de Dieu, & les défendre des jnefcharis hom- 
rocs ^emonftrermifericordieux entiers fes fœtus & frères puifncz, comme 
auffi à fes nepucux Oc parens-.bonorer les Preftres comme fes pères, lepeuple 
comme fes eofans ; & contraindre les fuperbes Se mefehans de cheminer la 
droite voye -, & d'*ftreconfolateut des Monafteres & des panures, qu'il ritùt 
àchaffer aucun defen Eftat fâns caufeiufte: &frmonftraft foy-mefme irre- 
prehcnfible > deuant Dieu 6c l lt$ hommes. Apres qu'il eut dfrees mots 8c au- 
très deuant la multitude du peuple \ il demanda à (on fils s'il vouloit fe rendre 
obeïiftntà fes commandemens : A quoy il refpondir que très- volontiers 
(auecl'aydedeDicu Jillesgarderott.Lorsfonpereluy commanda, quauec 
les propres mains, il allaftleuer la Couronne qui eftoit fur l'Autel, & Ctlk 
xnrtfurlà tefte,eilouuenance des commandemens que fonpere luy auoic 
fucr^&lefilraccomplitlescommahdemènsdefon peré.' Voila les mots de 
l'ancien Autheortournez en François. 

Que filon dit que cefta&e eftfeul, & feift pour la Couronne Impériale,- 
l'on peut f efpondre , que les mots utrur» fummam % s'entendent de la fuccef- 
fient comme auffi l'artitJe qui pàrlede la mifericorde & charité enuersfes 
frères & parens , monftte qae l'Empereur l'enrendoit faire mâiftrc de fes 
Royaumes^dauantagequeÇharletpâignefaifanècétadeen France, &enla 
pwfence des Seigneurs François , entendoit faifir Ton fils de toute fon au- ' 
thorîtcXariih'y4uoitla,nePapéneRomàin; comme quànd il fut déclare 
Empereur. Loays le Débonnaire en fit autan ri Charles leChauue fon fils, 
ainu que dit Aymon liure j. Chapitre 17. In his Imftrmr tota aftate tonjtfiens 
iniixtt gtneralem comentum autumm tempm. L'Empereur y dctnôUrànt tout * 
l'Efté y aflîgnavnÇàrlemcntgencralaotempsd'Àutonne, &^uisàprcs, ' 
Luiomcm Imperator f/ium fuum Carolum armit lfirihbm{id efi enfe) cinxit >cmnd 
refait capttt infigniuir : fartemque regni ± quant hçnnmmm elm' Can/ut habuit id 
ejt fireujtriam, ci attribut t. La ou lTmpereur Louys ceignit d'armes viriles, 
c'eft à dire de l'Efpee, Charles fon fils ,& luy mit fur la tefte vne Couronne 
Royalle , luy donnant vne partie du Royaume que Charles duquel il portoic 
le nom ,auoit eue, c'efti dire Neuftrie. Et iecroy qu'il en faut autant pen- 
fer des autres enfans declairez Rois parleurs pères. 

Ainfi donc en quelque grande place , ou dedans ou deuant vne fpatieufe 
Eglifc , le Roy peut faire tendre vn haut dais Royal, àvn iour de Dimanche 
fortant de fon logis , affifte de fes Princes, grâds officiers,Euefques, Prélats 8£ 
Principaux Seigneurs,faire porter deuat luy vneCourône,laquelle mife en vn 
lieu eminent,il rcmonftrcraà tous; que Dieu l'ayant appelle à la fucceffion 
du feu Roy Henry III. fon tres-honoré Seigneur & frère, ilauoit eflayede 
mettre en paix le Royaumede fes predccefleurs.Toutes-fois eftant malicieu- 
sement contredit par les rebelles, qui faifoient fçmblant de vouloir, contre 
droit & raifon , couronner vn autre, il auroit fait cefte prefente afTemblec, 
comme de gens qu'il croyoiteftre les bons &lôyaux fujetsj ainfi qu'il auoit 

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expérimente , par i'afliftanec qu'en tant de lieux ils luy auôtent faîdel Icett 
hopeur immortc^ayàt aufli Dieu fauorife de leur fidélité tac de viûoires, que * 
par leur moyen il auroic obtenues. Que fi aucun vouloic luy chalcger la Cou- 
rçnne que Dieu & la Loy du Royaume luy au oient donnée , il eftoic preft de 
montrer comme loyal Cheuaiier, que iuftement & par drok , elle luy apparu 
tenoit, &neantmoinsdatuant qu'il aduenir il defiroit par bonnes Loix & • 
ordonnances gouucrner l' Eglife & peuple que Diou auoit mis en fa garde, • 
il leur promettoit & iuroit deuant Dieu 3c fes Anges , de viute félon l'Eglifie * 
Catholique, faire iufticc au ecand & au petit, garder à chacun Ces franchife*j 
Se libertcz , (ans enfraindre les iuftes & uin&cs Loix faites pat fes predecef- , 
feurs. Lors chacun ayant crié Ir'weUnpyiX commandera aux Princes du Sang > 
Royal , prendre la Couronne,^ la iuy~apporter:ce fait , luy mefme fe la met- 
trafur la tefte. Puis chacun derechef criera ^iuflejfoy. 

Ce n'e (V pas fans caufe , que i'ay mi? qu'il iurera garder les Loix du Royaa* 
xqe , fans en éftrc femond, afin de monftrer que toute la Souuerainecc depéd 
de luy, & qu'Euefqucs & Nobles font tous (es fujets-: & ne l'ont receu auec 1 
precedenteftipulation. 

Car la recognoiflance que nous ferons de Henry quatriefme , n'eft pas vne 
efleftion de Roy d'autre maifon : Ains d'vn qui reçoit la Couronne à luy ap- . 
par tenant : & qui neantmoins, fanseftre forcé ne requis , promet faire le dc- 
uoir ^que Dieu luy a commandé. 

Pareil ferment, & fans eneftre requis, fit Charles le Chauuc,appellé à la 
Couronne de Lorraine : Tan huiû cens^pixante & neuf > ainfi qu'on peut li- 
re dans Aymon,liure j-.chap. ai. chofe que Tonne doit troduer cftrangcv. 
pour ce qu'à l'inftant mefme quVn Roy prend la Couronne & le Sceptre, il 
«'çbligearendceiufticeàfon peuple, fous la mefme promette que fon perc 
«Wprcdecefieur s'obligea au mefme peuple, qui jadis les eftablù» . 

tébttTvm U6. Un*icr i/jy. Et frtfentt 4M Hp le if, IturiatnfHuwu. 



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